• Ce roman se présente comme le journal du maître d'oeuvre qui, au douzième siècle, édifia en Provence l'abbaye du Thonoret, exemple d'Architecture cistercienne. Jour après jour, nous voyons ce moine constructeur aux prises avec la faiblesse des hommes et l'inertie des choses, harcelé par les éléments contraires et, plus encore, par ses propres contradictions. La vie d'un chantier médiéval, les problèmes techniques, financiers ou doctrinaux que posait sa bonne marche, les solutions d'une étonnante modernité qui leur furent données apparaissent ici bien peu conformes à ce Moyen-Âge de convention dont l'image encombre souvent nos mémoires.Cependant, cette vivante chronique de la naissance d'un chef d'oeuvre, appuyée à la fois des recherches historiques originales et sur une longue expérience du métier de bâtisseur, est aussi une réflexion passionnée sur les rapports du beau et du nécessaire, de l'ordre humain et de l'ordre naturel. Et elle est encore une méditation lyrique sur l'Ordre en lequel tous les ordres ont leur place, et sur cet art qui rassemble tous les autres : l'architecture.Mais elle est, d'abord, un acte de foi.

  • ans une chambre où il s'est réfugié à Fiesole, un évadé parle. Il est recherché par toutes les polices du monde. Il s'appelle Fernand Pouillon.
    Sa réussite a été sensationnelle ; il a couvert de ses chantiers la France, l'Algérie, l'Iran. Et finalement, le CNL – sombre " affaire " – l'a plaqué au sol.
    Livré par la presse en pâture à l'opinion publique, il veut à son tour, sans contrainte, dire sa vérité, dire tout : ses débuts à Marseille, les étapes d'une carrière fulgurante, les hommes qu'il a affrontés, les succès qui lui ont révélé sa solitude intérieure, les avanies qui l'ont forcé jusqu'en son recreux.
    Le récit continue en prison : c'est le journal d'un " grand procès " où l'on découvre l'envers du décor...
    Depuis lors, le bâtisseur a repris son œuvre ; il a fait sortir de terre des dizaines de chantiers. Mais ceci est une autre histoire.
    Fernand Pouillon est décédé le 24 juillet 1986.
    Un demi-siècle après sa parution, les Éditions du Seuil rééditent ce grand livre de Fernand Pouillon, offrant à lire le testament d'un grand bâtisseur, un de ceux qui ont pensé l'architecture.

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