• Lacan, Foucault, Derrida, Nerval, Rimbaud, Balzac, Flaubert et H. James sont ici convoqués autour d'une même question : qu'en est-il des rapports de la folie et du texte littéraire ? Du signifiant folie, ce livre recherche non pas tant le sens que la force ; non pas ce qu'il est (signifie) mais ce qu'il fait - les actes textuels et les événements énonciatifs qu'il déclenche et auxquels il donne lieu. Et ce n'est pas par hasard si ce faire de la folie, Shoshana Felman le cherche dans des textes tout autant théoriques que poétiques ou romanesques. Alors que, souvent, on croit qu'il est donné à la théorie de savoir et à la littérature de faire, on voit ici que la folie déjoue ce partage, en révélant dans la littérature un savoir et, dans la théorie, un acte. Au terme, on ne dira pas seulement que la littérature nous informe sur la folie, mais que la folie ouvre un nouvel aperçu sur la spécificité de la chose littéraire.

  • La parole est une promesse corporelle. Que promet-elle ? Le scandale. Celui du rapport incongru entre la parole et le corps. Celui de la promesse d'amour. C'est cette promesse - séductrice - qui est ici étudiée, à partir du Don Juan de Molière et de la théorie d'Austin, découvreur des actes de langage. La psychanalyse, elle aussi, vient au rendez-vous : mais, dans ce contexte inédit, elle est nécessairement déplacée, repensée. Cette étrange rencontre entre un philosophe anglais moderne, et une figure mythique du théâtre classique français, débouche sur la question de ce qui se passe, dans la langue, entre connaissance et jouissance, entre le français et l'anglais, entre la séduction théorique et la séduction rhétorique. Le mythe et la théorie se laissent interroger l'un par l'autre pour que puisse se révéler, au-delà de leur sens, leur pouvoir, au-delà de leur discours, leur force d'acte. Que tente cette approche autre ? L'important, ce n'est peut-être pas tant la façon dont le discours théorique informe l'analyse littéraire, mais celle - insolite - dont la littérature fait retour sur la théorie. Je voudrais dire comment et pourquoi la littérature m'instruit d'un savoir qu'elle ne se sait pas posséder, alors que la théorie, en ayant l'air de parler de concepts, en réalité fait acte - de la vie, de la mort, de l'amour. Car, c'est en un sens Don Juan lui-même qui, ici, fait la théorie des actes de langage, alors qu'Austin, par les tours et détours de sa propre rhétorique, met en acte le donjuanisme foncier du langage même de la théorie.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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