• Publié en 1938, un an après la mort de son auteur, l'historien et philosophe Élie Halévy, L'Ère des tyrannies a été élaboré par ses proches afin de transmettre une pensée essentielle à la compréhension de la crise mondiale née de la Grande Guerre et de la terreur révolutionnaire. Cet ouvrage qui propose une analyse inédite de l'émergence des États totalitaires en Europe donne aux États démocratiques des armes intellectuelles pour combattre un phénomène jamais observé dans l'histoire, rapprochant des régimes d'idéologies ennemies dans un même système de négation de la liberté individuelle et de la raison critique. Pour apprécier la portée conceptuelle et l'historicité des thèses d'Élie Halévy, la réédition du texte princeps est accompagnée d'un corpus documentaire de grande ampleur qui démontre la genèse de la pensée halévyenne et son impact sur la résistance antitotalitaire depuis la Première Guerre mondiale. Édition établie par Vincent Duclert et Marie Scot. Vincent Duclert, historien, membre du Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron, enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales. Marie Scot, historienne, est enseignante à Sciences Po et chercheuse au Centre d'histoire de Sciences Po.

  • Si la compréhension de la Grande Guerre a permis d'appréhender l'ampleur de la crise mondiale et l'entrée de l'Europe dans « l'Ère des tyrannies », elle le doit fondamentalement à Élie Halévy. Fils du célèbre librettiste d'opéras Ludovic Halévy et de Louise Bréguet, frère de l'essayiste et écrivain Daniel Halévy, le jeune Élie Halévy lance avec plusieurs de ses amis philosophes la très renommée Revue de métaphysique et de morale. Rapidement, sous l'effet notamment de l'affaire Dreyfus où il joue un rôle important, le philosophe se fait historien et s'attèle aux immenses dossiers du libéralisme anglais et du socialisme européen qu'il travaillera jusqu'à sa mort soudaine en 1937. La Grande Guerre va retenir toute son attention d'historien philosophe, alors qu'il est engagé volontaire dans des hôpitaux militaires, principalement à Albertville. Accomplissant son devoir patriotique, Élie Halévy s'estime libre d'analyser le conflit et ses conséquences avec une forte acuité, une rare lucidité et une remarquable puissance d'analyse. Ce volume très largement inédit de sa correspondance et de ses écrits de guerre, édité par Vincent Duclert et Marie Scot, préfacé par Stéphane Audoin-Rouzeau, révèle le pouvoir d'une pensée à l'oeuvre pour la liberté et la connaissance. Cet ouvrage forme le premier tome des OEuvres d'Élie Halévy publiées sous l'égide de la Fondation nationale des sciences politiques et des Belles Lettres. Vincent Duclert, historien, membre du Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron, enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales. Marie Scot, historienne, est enseignante à Sciences Po et chercheuse au Centre d'histoire de Sciences Po.

  • Le 28 novembre 1936, devant la Société française de philosophie, Élie Halévy prononçait une conférence de première importance intitulée « l'Ère des tyrannies », devenue deux ans plus tard la pièce maîtresse de l'ouvrage posthume éponyme, L'Ère des tyrannies. Véritable testament intellectuel, ce livre rassemblait une série d'écrits sur le socialisme et la guerre à même de comprendre la « crise mondiale » sortie de 1914-1918, matrice commune des totalitarismes qui allaient dominer l'Europe. Les penseurs de la démocratie, à commencer par Raymond Aron, Célestin Bouglé, Etienne Mantoux, ou Marcel Mauss surent comprendre tout ce que la pensée d'Élie Halévy recelait de pouvoir de résistance et d'engagement face aux tyrannies. Cette postérité ne s'est pas démentie même si L'Ère des tyrannies est longtemps restée dans une forme d'éclipse qui fut celle de la philosophie politique elle-même. Il était temps de revenir sur cette conférence et ce livre fondateur. Un colloque jamais organisé en France, tenu les 27 et 28 novembre 2016, à Sucy-en-Brie où vivait Élie Halévy avec sa femme Florence, et à Sciences Po où il enseignait, allait réunir autour de l'oeuvre d'Élie Halévy des philosophes, des historiens, des politistes, des sociologues. De cette rencontre internationale est né ce livre qui se déploie sur le temps des tyrannies pensées par Halévy, sur le temps de la reconnaissance au milieu de la Seconde Guerre mondiale et de ses après, enfin sur le revival que connaît aujourd'hui l'oeuvre halévyenne, invitant plusieurs générations de chercheurs, de penseurs et de professeurs à reprendre l'étude de la démocratie alors que s'aggrave une nouvelle crise mondiale.

  • Intellectuel visionnaire, Élie Halévy est un spécialiste reconnu des théories libérales et utilitaires, mais il est également un lecteur averti des penseurs socialistes de Saint-Simon à Marx. Ses travaux sur le socialisme européen, réunis de façon posthume dans L'Ère des tyrannies et l'Histoire du socialisme européen, ont fait date. Publiée en 1948 par les amis d'Élie Halévy sous la direction de Célestin Bouglé et de Raymond Aron, l'Histoire du socialisme européen a été rédigée à partir de notes d'étudiants prises lors du grand cours qu'il a professé à l'École libre des sciences politiques de 1902 à 1937. Ce texte témoigne de la réflexion originale qu'Élie Halévy, philosophe historien, a consacré au socialisme, ses doctrines comme ses expériences pratiques, du XIXe et du XXe siècle et dans une perspective comparative résolument européenne. Ce tome III des OEuvres complètes d'Élie Halévy, enrichi par le dépouillement de ses archives et la réunion d'écrits inédits, propose une analyse génétique du texte de l'Histoire du socialisme européen en le comparant à des versions antérieures du cours. Il permet la découverte d'autres études sur la théorie socialiste, comme l'essai Thomas Hodgskin publié en 1903, ainsi que de nombreux articles, entretiens et comptes rendus, inédits, qui n'avaient jamais été traduits ou republiés. Édition établie par Marie Scot. Marie Scot, historienne, est enseignante à Sciences Po et chercheuse au Centre d'histoire de Sciences Po.

  • Avant-propos, 1 CHAPITRE PREMIER Le problème politique, 5 III. LE PRINCIPE DE L'UTILITÉ CONTRE LA DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME. BURKE ET BENTHAM, 6Le sermon de Price, p. 6. - Burke, pour répondre à Price, se fonde sur le principe de l'utilité, p. 7. - Utilitarisme expérimental et utilitarisme déductif, p. 9. - Théorie du préjugé, p. 10. - Théorie de la prescription, p. 13. - Burke et Bentham, p. 16. - Lord Lansdowne en 1789, p. 17. - Romilly, Bentham et la Constituante, p. 18. - L' "Essai de tactique politique", p. 19. - Le "Code d'organisation judiciaire", p. 20. - Bentham n'est pas démocrate, p. 21. - Lord Lansdowne et la Révolution, p. 23. - Romilly et la Révolution, p. 25. - Bentham et la Révolution, p. 27. - Bentham fait citoyen français, p. 28. - Les "Sophismes anarchiques", critique de la Déclaration des droits de l'homme, p. 29. - Ecrits divers de Bentham, p. 32. - Dumont de Genève et la Révolution : les lettres de Groenvelt, p. 35. - Préparation et publication des "Traités de législation civique et pénale", p. 36. III. MACKINTOSH, PAINE ET GODWIN, 37Répliques à Burke, p. 37. - La théorie du gouvernement simple contre la théorie du gouvernement complexe, p. 39. - Mackintosh, incertain entre la philosophie de l'utilité et la philosophie des droits de l'homme, p. 41. - Le principe des droits naturels chez Paine, p. 43. - Nécessité d'une Constitution écrite, p. 45. - Egalitarisme et individualisme, p. 47. - Le principe de l'identité naturelle des intérêts chez Paine, p. 48. - La société sans gouvernement, p. 49. - La transition de Paine à Godwin, p. 50. - Godwin et le principe de l'utilité, p. 51. - Il se fonde sur le principe de l'utilité pour critiquer la notion de droit, p. 53. - La liberté de conscience, p. 56. - Critique de l'idée de loi, p. 57, - et de l'idée de peine, p. 58. - Godwin et son temps, p. 61. - Godwin, républicain et utilitaire, p. 62. - Mais éléments intellectualistes qui distinguent sa doctrine d'avec le Benthamisme, p. 63. CHAPITRE II Le problème économique, 65 III. LE DROIT A L'ASSISTANCE. WILLIAM GODWIN, 66Le droit à l'assistance peut se déduire du principe de l'utilité : droit à l'assistance et droit au travail, p. 66. - La loi des pauvres en Angleterre, p. 67. - Le bill de Pitt, p. 69. - Paine et le droit à l'assistance, p. 70. - Godwin : la critique du droit de propriété individuelle fondée sur le principe de l'utilité, p. 71. - Les trois degrés de la propriété, p. 73. - Germes de cette théorie chez les précurseurs de la philosophie de l'utilité, p. 74. - Le principe de l'identité des intérêts chez Adam Smith et Godwin, p. 75. - La critique du luxe chez Godwin, p. 77. - Désharmonie des intérêts dans la société actuelle, p. 79. - Godwin n'est pas un révolutionnaire violent, p. 81. - Le problème de la population, p. 83. - Paley, p. 84. - Wallace, p. 84. - Condorcet, p. 85. - Les machines, p. 87. - Avec Godwin, la doctrine de l'utilité tend au socialisme anarchiste, p. 90.Le radicalisme philosophique III. LE PRINCIPE DE POPULATION. ROBERT MALTHUS, 91L'anomalie de l'état économique, p. 91. - L'école d'Adam Smith hostile aux lois des pauvres ; la loi du travail dans la doctrine de l'utilité, p. 92. - Germes de la théorie de Malthus chez les précurseurs de l'utilitarisme : Hume, p. 93, Adam Smith, p. 95. - Joseph Townshend, p. 96. - L'optimisme conservateur de Burke, p. 98. - Bentham hostile au droit à l'assistance, p. 101, discute le Poor Bill, applique le plan du Panopticon et le principe de l'identification artificielle des intérêts à la solution du problème, p. 102. - L'éducation du peuple, p. 103. - Malthus donne sa forme définitive à la doctrine orthodoxe, p. 104. - Ce qu'il doit à Condorcet, p. 105. - Il opère la fusion entre les idées fondamentales d'Adam Smith et celles de Godwin, p. 107. - Condamnation de la loi des pauvres, p. 109. - La seconde édition, p.&n

  • Avant-propos, 1 CHAPITRE PREMIER Les lois naturelles de la société économique, 5 II. RICARDO, 7Double origine des recherches économiques de Ricardo ; double caractère de sa philosophie économique ; lois statiques et lois dynamiques, p. 7. - Le point de vue statique : la théorie de la valeur, p. 9. - Restrictions à l'optimisme : la loi du travail, p. 9 ; diversité des qualités du travail, p. 11 ; prix de monopole, p. 12 ; oscillations du prix marchand, p. 13. - Tendance de Ricardo à négliger l'influence des actions perturbatrices, p. 15. - Le libre-échangisme et la théorie des échanges étrangers, p. 16. - Le point de vue dynamique : la théorie de la rente foncière, p. 21. - La loi des salaires, p. 23. - La loi des profits, p. 25. - Profits et salaires : Ricardo et les premiers socialistes, p. 27. - La baisse des profits, p. 28. - Durabilité du capital et valeur, p. 29. - La doctrine et l'époque, p. 30. - La politique du laisser-faire et du laisser-passer, p. 33. - Le problème de l'impôt et en particulier de l'impôt foncier, p. 34. - Ricardo au Parlement, discours optimistes, p. 36. - Pourquoi, chez Ricardo, l'optimisme prend le dessus sur le pessimisme, p. 38. II. JAMES MILL ET MACCULLOCH, 39James Mill et MacCulloch, p. 39. - La théorie de la valeur : objections de Torrens à Ricardo, p. 40, et réponse de MacCulloch, p. 41. - Objections de Malthus, p. 41 ; embarras de Ricardo, p. 45. - Torrens répète ses objections, p. 46 ; réponse de James Mill, p. 47. - La théorie de MacCulloch, p. 49. - Découragement de Ricardo, p. 50 ; sa mort, p. 51. - James Mill et de Quincey, p. 52. - Objections de Bailey, p. 53. - MacCulloch et James Mill, p. 54. - La théorie de la distribution des richesses, p. 56, - 1o chez James Mill, p. 56 : - Loi de la rente foncière, p. 57 ; des salaires, p. 58. - Nouvelle démonstration du malthusianisme, p. 59. - Loi des profits, p. 60. - Impossibilité d'accélérer artificiellement l'accroissement du capital, p. 61 ; le problème de l'impôt, p. 61. - Nécessité de ralentir artificiellement l'accroissement de la population, p. 63. - Néo-malthusianisme de James Mill et de Francis Place, p. 65. - Objections des Benthamites à l'égalitarisme, p. 68 ; - 2o Chez MacCulloch : tendance à l'optimisme, p. 69. - MacCulloch sur la rente foncière, p. 71. - La révolution industrielle et la nouvelle philosophie économique, p. 73. CHAPITRE II L'organisation de la justice et de l'État, 77 II. PROCÉDURE ET ORGANISATION JUDICIAIRE, 80Le radicalisme philosophiqueLe droit adjectif : fins directe et collatérale, p. 80. - Le système technique et le système naturel, p. 82 ; Bentham et Montesquieu, p. 84. - De la procédure, p. 85 ; critique du special pleading, p. 86 ; la procédure sommaire, p. 88. - Des preuves, p. 89 ; critique du principe d'exclusion, p. 89. - Admission des preuves de pis-aller, p. 90 ; des preuves circonstancielles, p. 91. - Origine du principe d'exclusion, p. 92. - Critique des formalités religieuses, p. 94. - Restrictions au principe d'universelle admissibilité des preuves, p. 97. - Critique des préjugés libéraux en ces matières, p. 98 ; de la règle : nemo tenetur seipsum accusare, p. 100 ; de la règle : testis unus, testis us, p. 102. - De l'organisation judiciaire, p. 103. - Critique du paiement par fees, p. 104 ; du principe logique de division des cours, p. 105 ; du système de la pluralité des juges, p. 106. - De l'appel, p. 109. - Du jury, p. 110 : le quasi-jury, p. 112. - De la publicité des débats, p. 113. II. DROIT CONSTITUTIONNEL, 115Rédaction d'un "Code Constitutionnel", p. 115. - Les trois principes de la philosophie politique de Bentham, p. 116. - Moyens de maximiser l'aptitude officielle, p. 118. - Critique des préjugés libéraux, des "

  • Après de nombreux voyages en Europe, Élie Halévy, grand historien du socialisme, se décide en 1932 à visiter l'URSS. Sa femme, Florence, l'accompagne. Elle a laissé un journal précis, vivant, souvent drôle. Soucieuse de se fair

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