• Partis de Taschereau, en Abitibi, à la recherche de territoires de coupe au tournant des années 1950, les quatre frères Dubreuil - Napoléon, Joachim, Augustin et Marcel -, en viendront à fonder, sur une terre isolée du Nord de l'Ontario, une entreprise forestière prospère entourée d'une collectivité entièrement francophone.

    Dubreuilville, village fermé où tout, maisons, commerces, école, appartenait à la compagnie, occupe une place privilégiée, quasi mythique, dans l'imaginaire des gens du Nord. C'est qu'il ne s'en ouvrait plus, en 1961, des villages de la sorte...

    Quant à Dubreuil Brothers, elle est considérée par ses contemporains comme une entreprise exemplaire, qui a fait preuve d'audace et d'innovation dans la récolte et la gestion du bois durant une période de grands bouleversements dans cette industrie au Canada.

    Les histoires imbriquées de la compagnie et du village méritaient d'être racontées. Elles témoignent des événements heureux et tragiques qui nourrissent la mémoire du lieu et des personnes qui ont contribué à sa vitalité. Dubreuilville fascine : ce livre, qui s'appuie sur une recherche exhaustive et des entrevues réalisées avec nombre d'acteurs - membres de la famille, anciens travailleurs et résidents -, lui rend un hommage bien mérité.

  • Deux poids, deux langues

    Dupuis Serge

    En 1763, la Grande-Bretagne prend possession du Canada. Après une période d'accommodation marquée par la volonté de certains d'assimiler les Canadiens français, ces derniers se regroupent pour faire reconnaître leur langue. Commence alors une longue histoire au cours de laquelle différentes conceptions de la dualité linguistique se succèderont.

    Serge Dupuis souligne l'inégalité des rapports de force entre le français et l'anglais, puis les efforts déployés par l'État fédéral, le Québec et les autres provinces pour rétablir une certaine équité ou, dans les moments malheureux, marginaliser la langue de la minorité.

    Cette synthèse suit l'évolution du bilinguisme franco-anglais au Canada, de la Conquête jusqu'à nos jours, en mettant de l'avant les tendances qui se sont imposées et les évènements marquants.



    Serge Dupuis (Ph. D.) est spécialiste de l'histoire sociale et politique des rapports entre le Québec et la francophonie nord-américaine et membre associé de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord (CEFAN) de l'Université Laval. Son cabinet RRCDUPUIS.com offre des services de recherche et d'analyse à des ministères et à des organisations communautaires. Serge Dupuis a remporté le prix Richard-Arès pour son ouvrage sur le mouvement Richelieu (Septentrion, 2017).

  • Plus d'un million de touristes francophones du Québec et du Canada, dont cent cinquante mille « snowbirds », selon l'expression consacrée, se rendent chaque hiver en Floride pour profiter de son climat idéal.
    Si cet engouement ne se dément pas, l'histoire des migrations canadiennes-françaises en Floride, qui dépasse largement le cadre du tourisme saisonnier, est quant à elle mal connue. «Plus peur de l'hiver que du Diable» retrace donc, sur plus de cent ans, cette épopée passionnante : de la colonisation agricole du 19e siècle aux vagues d'émigration économique des années 1930, de la naissance du tourisme de masse de l'après-guerre aux enfants d'immigrants, l'étude traite des enjeux entourant toutes ces formes de migration et analyse ses caractéristiques.
    Appuyée par des données tirées de fonds d'archives et des enquêtes de terrain, de même que par une solide historiographie, «Plus peur de l'hiver que du Diable» effectue une première véritable synthèse historique du rôle joué par les Canadiens français dans l'état balnéaire.

  • Fondée à Ottawa en 1944 pour concurrencer l'arrivée au Canada français des Lions, Rotary et autres service clubs anglo-américains, la Société Richelieu a développé dans le nord-est du continent américain un archipel de clubs qui réfléchissaient à la question nationale, posaient des gestes caritatifs et participaient à une culture masculine des loisirs.
    Au cours des années 1960 et 1970, le Richelieu a été investi d'une nouvelle mission, plus libérale et mondialisée, devant les mutations profondes qu'ont entraînées l'effritement du nationalisme canadien-français, l'avènement de l'État providence ainsi que la montée du féminisme et de la contre-culture des jeunes.
    Dès 1976, les cercles se sont également diversifiés sur le plan du genre, plusieurs clubs masculins devenant mixtes et de nouveaux clubs féminins se joignant à la chaîne. Ainsi, le mouvement est devenu plus démocratique, inclusif et libéral, conformément aux idéaux que chérissaient les promoteurs de la Francophonie mondiale.
    Titulaire d'un doctorat en histoire, Serge Dupuis est membre associé à la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord (CEFAN) de l'Université Laval. Spécialiste de l'histoire sociale, politique et intellectuelle des relations du Québec à la Francophonie nord-américaine, il est l'auteur de nombreux articles et de Plus peur de l'hiver que du Diable : une histoire des Canadiens français en Floride (Prise de parole, 2016). Le Canada français devant la Francophonie mondiale est sa deuxième monographie.

  • Tous les discours des personnalités économiques ou politiques qui s´expriment dans les médias ont un propos commun : la reprise est en vue, la croissance va revenir, on va s´en tirer. Certes, il y aura des sacrifices à faire, des réformes à effectuer, mais, grosso modo, le cours ordinaire des choses va reprendre. Or nous sommes à l'aube d'une période particulière. C'en est fini du cours des choses à l'ancienne, comme nous l'avons connu jusqu'à la fin du XXe siècle. Pourtant, ici, nul n'arrive à se projeter dans le grand bouleversement de demain et à anticiper les mutations. Où va le monde dans les dix prochaines années ? Yves Cochet souhaite que nous nous préparions au choc et que nous le pensions comme tel : choc versus crise, versus catastrophe... Pour Jean-Pierre Dupuy, on doit changer de mode de pensée ("Faire comme si le pire était inévitable") ; pour Susan George, il est urgent d'inverser politiquement l'ordre économique ; enfin, Serge Latouche nous invite à anticiper et nous adapter à la grande transition qui va nous conduire, de gré ou de force, à la décroissance.

  • Politique et Sociétés célèbre en 2017 ses 35 ans d'existence. D'abord parue sous l'appellation Politique en 1982, puis devenue Revue québécoise de science politique en 1993, la fondation de la revue constitue une étape cruciale dans le développement et la consolidation de la science politique québécoise. C'est dans les années 1970 que les départements de science politique (francophones) essaiment dans la province et que les premières générations de chercheurs, de chercheuses, de professeurs et de professeures développent une appartenance disciplinaire qui s'ancre dans la société québécoise. Comme le mentionne le premier directeur de la revue Denis Monière, dans sa présentation du premier numéro, celle-ci répond à des besoins spécifiques : la volonté de créer un espace pour permettre aux politologues québécois de publier leurs travaux en français (une préoccupation toujours d'actualité) ; diffuser la recherche auprès des collègues francophones et des étudiants afin de créer une communauté académique ; engager un dialogue avec les acteurs sociaux et politiques de la société québécoise et ancrer la recherche universitaire dans son temps. Elle se veut donc au départ un outil de diffusion des connaissances et de débat académique pluraliste et accessible permettant de suivre l'évolution de la science politique, ou « un reflet de la science politique telle qu'elle se développe au Québec » (Monière 1982, 6).

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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