• La maladie n'est pas seulement un événement biologique qui affecte l'individu et mobilise le savoir médical. Elle est aussi une réalité sociale qui met en jeu des rapports de pouvoir. Incorporation de l'inégalité, pouvoir de guérir et gouvernement de la vie constituent les trois dimensions de ce que l'on se propose de nommer l'espace politique de la santé.

  • Les questions morales pénètrent nos représentations, nos pratiques, nos politiques. Qu'il s'agisse, dans le monde privé, d'interpréter les conduites des autres et de disci-pliner les siennes propres, ou bien, dans l'espace public, de sanctionner des déviances et de réguler des populations, nos sociétés mobilisent des normes, des valeurs et des affects, qu'illustrent notamment les tensions entre la raison humanitaire et l'ordre sécuritaire. Redonnant toute sa force critique au concept d'économies morales, les auteurs réunis ici par Didier Fassin et Jean-Sébastien Eideliman en explorent les multi-ples facettes à travers une série d'enquêtes conduites sur quatre continents.
    Des lieux d'enfermement des étrangers en France aux prisons de haute sécurité aux États-Unis, de la stigmatisation des familles roms en Italie à la marginalisation des enfants de migrants en Chine, de la condamnation du tourisme sexuel en Thaïlande à l'évaluation des transactions amoureuses au Mali, des pratiques de charité en Inde aux politiques contre la pauvreté au Chili, les auteurs s'attachent à comprendre comment on gouverne et on juge, comment on assiste et on exclut. Mais ils montrent aussi que les professionnels et leurs publics n'adoptent pas de manière passive et uniforme ces modèles moraux : ils déploient des subjectivités éthiques pour résister ou " faire avec ", autour du handicap et de la toxicomanie, de l'asile et de la naturalisation, de la violence et de la finance.
    Cet ouvrage nous propose ainsi de penser la vie sociale et politique de la morale.

  • Avec une estimation de près de six millions de personnes contaminées, l'Afrique du Sud est le pays du monde le plus gravement affecté par l'épidémie de sida. Elle est aussi le lieu des débats les plus virulents au sein de la communauté scientifique internationale sur les causes et les traitements de la maladie, des mobilisations les plus spectaculaires et des procès les plus retentissants pour l'accès aux médicaments. Que ces faits surviennent dans le contexte de l'après-apartheid, dans une " nouvelle Afrique du Sud " où la reconstruction d'une " nation arc-en-ciel " affranchie des barrières raciales semblait enfin possible, confère à cette situation une dimension particulière-ment dramatique. En ce sens, la chronique sud-africaine du sida, de ses morts annon-cées et de ses polémiques incessantes, forme le contrepoint de la Commission vérité et réconciliation, qui s'est efforcée de solder un héritage douloureux. Fruit de cinq années d'enquête dans les townships comme dans les milieux savants et politiques sud-africains, ce livre retrace les enjeux politiques d'une crise épidémiologique qui met en cause les discours de la science autant que la gestion du pouvoir : il montre, à partir des biographies de malades et de l'anatomie des controverses, comment l'histoire de la colonisation et de la ségrégation demeure vivante, dans les inégalités et les violences, dans le racisme et les accusations de racisme. Le passé est intensément présent, se dévoilant sans cesse à travers une économie de la souffrance et du ressentiment. Il s'agit donc ici de comprendre, de la manière la plus littérale, comment les corps se souviennent. Au-delà de la singularité historique de l'Afrique du Sud, l'auteur propose ainsi une réflexion sur la mémoire vive des afflictions dans les sociétés contemporaines et sur l'anesthésie politique que perpétue notre indifférence à l'égard de ces injustices.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

  • Aujourd'hui, la question raciale vient apporter un démenti aux discours qui se réclament de l'universalisme républicain ; mais elle ne permet pas davantage de représenter la société exclusivement en termes de classes. À l'ombre des émeutes urbaines de l'automne 2005, c'est la représentation d'une France racialisée qui s'est imposée dans le débat public. On n'ignorait pas le racisme, mais on découvre combien les discriminations raciales, dans l'emploi, le logement et à l'école, face à la police et à la justice, structurent des inégalités sociales. En retour, se font jour des identifications ainsi que des tensions dans le langage politique de la race, naguère encore interdit de cité. Faut-il donc parler de races, ou pas ? Comment nommer ces réalités sans stigmatiser les groupes qu'elles désignent ? Doit-on se réjouir que les discriminations raciales soient enfin révélées, ou bien se méfier d'un consensus trompeur qui occulterait des inégalités économiques ? D'ailleurs, en a-t-on vraiment fini avec le déni du racisme ? À ces interrogations, les auteurs de ce livre ne proposent pas une réponse univoque, mais leur réflexion collective donne des outils pour penser l'actualité d'une société héritière de l'histoire de l'esclavage et de la colonisation. Ensemble, ces études composent un éloge de la complexité, autour d'un engagement problématisé : comment articuler, plutôt que d'opposer, question sociale et question raciale ?
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)

  • La morale et l´éthique sont aujourd´hui invoquées dans les domaines les plus variés, qu´il s´agisse de politique ou d´économie, de guerre ou de sexualité, de justice internationale ou de recherche biologique. Si ces préoccupations ne sont pas entièrement

  • El Seminario "Mujeres De Los Andes: Condiciones De Vida Y Salud" tuvo lugar en la ciudad de Quito, del 6 al 10 de junio de 1991. Reunió investigadores de distintas disciplinas académicas y actores de variados campos, de cuatro países del área andina-Bolivia, Colombia, Ecuador y Perú-, en los cuales está presente el Instituto Francés de Estudios Andinos, principal instigador del evento. Este libro, que reúne la mayor parte de las ponencias en él presentadas, se inscribe en la línea de las corrientes actuales de investigación sobre las mujeres. Estas se caracterizan por una nueva relación con la realidad social y una mayor atención a los sujetos que la construyen. Más a la escucha de las mujeres, de su historia y de sus historias, intentan recuperar la complejidad y subjetividad de los hechos, situaciones y relaciones sociales. Desde esta perspectiva, estos trabajos muestran a las mujeres como actores del cambio y no únicamente como víctimas de los fenómenos de discriminación y opresión, y resitúan las relaciones sociales entre los hombres y las mujeres en el conjunto de relaciones de desigualdades y violencia constitutivas de la sociedad.

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