• Empire du Japon, époque Heian, xiie siècle. Être le meilleur pêcheur de carpes, fournisseur des étangs sacrés de la cité impériale, n'empêche pas Katsuro de se noyer. C'est alors à sa jeune veuve, Miyuki, de le remplacer pour porter jusqu'à la capitale les carpes arrachées aux remous de la rivière Kusagawa.Chaussée de sandales de paille, courbée sous la palanche à laquelle sont suspendus ses viviers à poissons, riche seulement de quelques poignées de riz, Miyuki entreprend un périple de plusieurs centaines de kilomètres à travers forêts et montagnes, passant de temple en maison de rendez-vous, affrontant les orages et les séismes, les attaques de brigands et les trahisons de ses compagnons de route, la cruauté des maquerelles et la fureur des kappa, monstres aquatiques qui jaillissent de l'eau pour dévorer les entrailles des voyageurs. Mais la mémoire des heures éblouissantes vécues avec l'homme qu'elle a tant aimé, et dont elle est certaine qu'il chemine à ses côtés, donnera à Miyuki le pouvoir de surmonter les tribulations les plus insolites, et de rendre tout son prestige au vieux maître du Bureau des Jardins et des Étangs.

  • Catherine Kitty Genovese n´aurait pas dû sortir seule ce soir de mars 1964 du bar où elle travaillait, une nuit de grand froid, dans le quartier de Queens à New York. Sa mort a été signalée par un entrefilet dans le journal du lendemain : « Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle. » On arrête peu de temps après Winston Moseley, monstre froid et père de famille. Rien de plus. Une fin anonyme pour cette jeune femme drôle et jolie d´à peine trente ans. Mais savait-on que le martyre de Kitty Genovese a duré plus d´une demi-heure, et surtout, que trente-huit témoins hommes et femmes, bien au chaud derrière leurs fenêtres, ont vu ou entendu la mise à mort ? Aucun n´est intervenu. Qui est le plus coupable ? Le criminel ou l´indifférent ?
    A la fois récit saisissant de réalisme et réflexion sur la lâcheté humaine, traversée d´un New York insalubre et résurrection d´une victime, le roman de Didier Decoin se lit dans un frisson.

  • Avec vue sur la mer

    Didier Decoin

    «J'ai fait ce livre pour dire que je n'habite pas une maison mais que je suis habité par elle»0500La lumière du jour avait disparu lorsque la voiture, dont la carrosserie gémissait sous la griffure des fougères, s´engagea sur la route étroite qui, à travers une lande courue de murets de pierre sèche, dévalait en longues virgules jusqu´au hameau de La Roche. À un virage, juste à l´amorce du raidillon de terre qui menait au premier des chalets, le pinceau des phares éclaira, l´espace d´un instant, quelque chose de livide et de furieux. ? C´est la mer, annonça Mme T* du ton à la fois respectueux et embarrassé qu´on prend pour présenter une aïeule acariâtre.Sans doute voulait-elle plaisanter. Car j´eus beau écraser mon nez contre la vitre, je ne vis que les cheveux blancs d´un vieil ogre hurlant sa faim, une gigantesque marmite de vomi en ébullition d´où montait un remugle sauvage et musqué, un charivari de bêtes écumantes qui crachaient au ciel. ? La mer n´est pas du tout comme ça, dis?je avec assurance à la fille de la cuisinière (Baptistine, Bathilde, Bénigne? Un de ces vieux prénoms, c´est sûr...) qui, elle, ne l´avait encore jamais vue que sur des calendriers.Déjà la voiture s´engageait dans une allée envahie par les hortensias qui poussent dans la Hague avec une insolence d´ivraie. Avec sa courte tour trapue et ses gros murs de granit, la maison semblait sortie tout droit d´un roman de Daphné du Maurier dont je venais de lire, avec des frissons de terreur jubilatoire, «L´Auberge de la Jamaïque». On n´imaginait pas y arriver autrement qu´en calèche à capote de cuir attelée à des chevaux squelettiques menés par un cocher patibulaire, tandis que des nuées effilochées couraient devant la lune et que des chiens féroces hurlaient sur la lande. Le menton presque dans la mer ? enfin, dans cette fureur qui tenait lieu de mer ?, le chalet où nous allions loger calait sa nuque contre une falaise pâle qui évoquait irrésistiblement ces canyons sur la crête desquels on voit soudain, dans les westerns, se profiler des silhouettes d´Indiens. D´ailleurs, comme pour forcer letrait, des hordes de chevaux y galopaient en liberté. La fille de la cuisinière (Calixte? Camille? Caroline?...) se serra contre moi. Bien qu´on fût en été, le gardien avait allumé un feu dont les hautes flammes, attisées par le suroît, se contorsionnaient dans la cheminée. Ce n´était pas tant, nous appritoeil, pour assainir la maison restée longtemps inhabitée, que pour empêcher le Diable de descendre par le conduit, tout en rendant service, à peu de frais, aux gnômes des bruyères qui sont toujours en quête de tisons pour rallumer leur pipe. Il était toujours utile, en un lieu aussi éloigné des bienfaits ordinaires de la civilisation, de se concilier les faveurs des gnômes, conclut le gardien du chalet sur le ton le plus sérieux du monde.Les embruns avaient mis sur les vitres des fleurs de sel pareilles aux cristaux de neige. Un volet, quelque part, claquait au vent. La mer était invisible, mais on l´entendait feuler comme une bête féroce.0300Lorsqu´il était enfant, Didier Decoin a passé des vacances dans la Hague, au Nord du Cotentin. Il est tombé amoureux de cette région et a passé des années à y rechercher une maison. Il nous raconte joliment ses mésaventures immobilières, les péripéties inévitables liées aux travaux, les tempêtes, son jardin, les petits bonheurs du voisinage et des nourritures terrestres qu´offre ce pays normand battu par la mer et le vent.«D´une certaine façon, ce livre est traduit d´un autre livre ? de granit celui-là, où depuis vingt-cinq ans je grave quelques unes des plus belles pages de l´histoire de ma vie.» Pour un écrivain, parler d´une maison que l´on aime, c´est une autre façon de parler de soi... Le Combourg de Chateaubriand, la Treille Muscate de Colette, le Malagar de Mauriac, le Manosque de Giono ou les Charmettes de Rousseau appartiennent autant à la biographie de ces auteurs qu´à leurs oeuvres. Ici, Didier Decoin nous offre de très belles pages autobiographiques où se retrouvent, mêlés aux souvenirs d´enfance et aux évocations d

  • John l'enfer

    Didier Decoin

    Triomphante, folle de ses richesses, de sa démesure et de ses rêves, New York se délabre pourtant, rongée de l'intérieur. John L'Enfer, le Cheyenne insensible au vertige, s'en rend bien compte du haut des gratte-ciel dont il lave les vitres. Il reconnaît, malgré les lumières scintillantes des quartiers de luxe, malgré l'opacité du béton des ghettos de misère, les signes avant-coureurs de la chute de la plus étonnante ville du monde : des immeubles sont laissés à l'abandon, des maisons tombent en poussière, des chiens s'enfuient vers les montagnes proches... Devenu chômeur, l'Indien rencontre deux compagnons d'errance : Dorothy Kayne, jeune sociologue qu'un accident a rendue momentanément aveugle, et qu'effraye cette nuit soudaine ; et Ashton Mysha, Juif hanté par sa Pologne natale, qui vit ici son ultime exil. Trois destins se croisent ainsi dans New York l'orgueilleuse, New York dont seul John L'Enfer pressent l'agonie. Trois amours se font et se défont dans ce roman de l'attirance et de la répulsion, de l'opulence et du dénuement. Abraham de Brooklyn chantait la naissance de New York. Avec John L'Enfer, voici venu le temps de l'apocalypse. L'apocalypse possible dès aujourd'hui d'une cité fascinante et secrète, peuplée de dieux ébranlés et d'épaves qui survivent comme elles peuvent dans le fracas et les passions.

  • Allemagne, 1945. L'exécuteur en chef du Royaume Britannique, envoyé en mission, pend la gardienne de camps nazis Irma Grese. Même s'il éprouve un réel dégoût à exécuter des femmes, surtout si elles sont jeunes et jolies, le bourreau fait son devoir : c'est un as dans l'art de la longueur des cordes, un expert dans le minutage de la mise à mort. Pourtant, le reste du temps, c'est un homme comme un autre, époux modèle, bon citoyen.
    Londes, immédiat après-guerre. Ruth Ellis ressemble à Betty Boop, enjouée et désirable, elle plaît aux hommes, et sans doute les choisit-elle fort mal. Mais derrière son sourire et sa bouche trop maquillée, que cache-t-elle ? Dans le Londres charbonneux de l'après-Blitz, d'entraîneuse, Ruth devient prostituée. Un jour, malheureuse, jalousée, violentée, mais toujours belle, et mère de famille, elle tue son amant, à bout portant. La voici condamnée à la pendaison. Bourreau, fais ton oeuvre ! Et si le bourreau avait une âme ? Et s'il répugnait soudain à supprimer une innocente aux boucles blondes ?
    Dans ce roman envoûtant, reconstitution en cinémascope d'un Londres luisant de « fog » et de pluie, théâtre de vices cachés dans une société bien-pensante, Didier Decoin alterne le chant du bourreau et de la victime. Saisissant.

  • Tout commence par un massacre d´Indiens en décembre 1890 dans le Dakota du Sud. Jayson Flannery, un photographe anglais veuf de son état, recueille une petite fille de trois ans dont la mère a été victime du massacre. Il songe bien sûr à confier Emily à un orphelinat, s´apprête à reprendre son paquebot pour l´Angleterre, mais il ne repartira pas seul et décide d´enlever la petite Emily aux soeurs qui l´ont prise en charge.
    On les retrouve tous les deux dans un manoir du Yorkshire où Jayson a toujours vécu. Emily grandit, va à l´école, apprend à lire. Tous dans le village se posent mille questions à son sujet. Jayson l´a-t-il adoptée, kidnappée ? Viendra-t-on un jour la chercher ? Un policier mène son enquête, s´obstine et s´entête à rechercher les véritables origines d´Emily. Jayson comprend bientôt que, s´il veut donner une véritable identité à son Indienne d´Emily et donc des papiers et donc une appartenance sociale, il n´a d´autre choix que celui de l´épouser. Le mariage sera grandiose et mettra fin à la suspicion de tous, y compris celle du policier.
    Emily rêvait d´un cheval, dans sa corbeille de noces elle trouve une bicyclette. Jayson ne pouvait imaginer que ce cadeau de mariage allait changer la destinée d´Emily. Elle commence par rouler pendant des heures, puis pendant des jours, puis pendant des nuits. Au terme de ses randonnées, elle fait une découverte spectaculaire : deux fillettes de quatorze et seize ans dans un village lointain prétendent fréquenter des fées au bord d´une rivière. Tout le monde a envie de les croire, Emily la première. Le père des jeunes filles, lui aussi photographe, demande à ses enfants de photographier la preuve de ce qu´elles avancent. Les fillettes s´exécutent et rapportent cinq clichés stupéfiants. Le village où a grandi Emily avait des doutes sur sa véritable identité, l´Angleterre toute entière va se diviser en croyants et non-croyants de l´existence des fées. Dans cette Angleterre qui entre dans les années folles de l´après-Première Guerre mondiale vieillit Sir Conan Doyle, qui se console et se passionne jusqu´à l´obsession pour le spiritisme. Cette fabuleuse histoire de fées tombe si bien dans sa vie. Il y croira dur comme fer, en fera son dernier combat et entraînera Emily dans la protection de la vérité et des mensonges des petites filles.
    Hélas, il y a toujours une vérité, aussi parfois vaut-il mieux la taire.

  • Didier Decoin nous rappelle que la Bible en fait est une bibliothèque, que chacune de ses deux grandes parties, l'ancien et le nouveau testament se compose d'écrits forts différents et qui nous parlent de la destinée humaine.0300 Des décennies plus tard, ma bible d´homme parle du (et au) monde entier. Amoureuse et nomade, elle m´a entraîné en Terre sainte, chez les imprimeurs du ghetto de Venise, à Doura Europos, dans les champs de coton de laBible belt, à Babylone, sur les pentes du mont Ararat, chez les Amish, dans les grottes de Qumran, sur les traces des chasseurs d´Eden qui traquent sans relâche le Paradis perdu d´Adam et Eve, etc. Mes étoiles pour ce grand voyage dans le temps et dans l´espace ont été toutes ces bibles dont la vie m´a permis de tourner les pages : la Bible des pauvres, la Bible du Diable, la Bible paysanne, la Bible de Voltaire, la Bible d´argent, la Bible de Marcel Carné, la Bible du dernier des Mohicans, la Biblelow cost, la Bible de l´Homme noir qui assure que, de Moïse à Jésus, tous les personnages bibliques étaient noirs, sans oublier la Bible des Gédéons et enfin la bouleversante Bible-vitrail que Chagall fit en mémoire d´une jeune fille noyée.
    D.D.0300 Des décennies plus tard, ma bible d´homme parle du (et au) monde entier. Amoureuse et nomade, elle m´a entraîné en Terre sainte, chez les imprimeurs du ghetto de Venise, à Doura Europos, dans les champs de coton de laBible belt, à Babylone, sur les pentes du mont Ararat, chez les Amish, dans les grottes de Qumran, sur les traces des chasseurs d´Eden qui traquent sans relâche le Paradis perdu d´Adam et Eve, etc. Mes étoiles pour ce grand voyage dans le temps et dans l´espace ont été toutes ces bibles dont la vie m´a permis de tourner les pages : la Bible des pauvres, la Bible du Diable, la Bible paysanne, la Bible de Voltaire, la Bible d´argent, la Bible de Marcel Carné, la Bible du dernier des Mohicans, la Biblelow cost, la Bible de l´Homme noir qui assure que, de Moïse à Jésus, tous les personnages bibliques étaient noirs, sans oublier la Bible des Gédéons et enfin la bouleversante Bible-vitrail que Chagall fit en mémoire d´une jeune fille noyée.
    D.D. 

  • Il fait Dieu

    Didier Decoin

    • Fayard
    • 8 Octobre 1997

    "Vingt-deux ans après sa première publication, ai-je un mot à ajouter ou à retrancher à Il fait Dieu ? Non. Même si, depuis, j'ai largement avancé dans mon âge d'homme, l'éblouissement de cette rencontre ne s'est pas fané. Il y a des choses trop fortes pour être dites avec d'autres mots que ceux de la toute première émotion. D'ailleurs, le "temps" de Dieu n'oscille pas du jour à la nuit, du soleil au brouillard : quand il fait Dieu, c'est pour toujours. Mais si Dieu résiste à toute usure, les livres meurent. Celui-ci était devenu introuvable, alors même que de nombreux croyants - et incroyants - le réclamaient. C'est pour ces nouveaux lecteurs que j'ai accepté cette réédition sans retouches." Didier Decoin - juin 1997 Prix Goncourt 1977 pourJohn l'Enfer,Didier Decoin, secrétaire général de l'Académie Goncourt, est l'auteur d'une oeuvre considérable. On peut citer, parmi ses plus grands succès,Abraham de Brooklyn, La Femme de chambre du TitanicetLa Promeneuse d'oiseaux.

  • Là-haut, tout au bout de la France, c'est la Hague, terre de granits et de landes fauves, qui poignarde l'une des mers les plus dangereuses du monde.
    Babe Ozouf, Catherine et Carole sont filles de la Hague. Leur saga - qui s'étend sur trois générations - est scandée par un même geste, un acte que l'amour inspire : faire naître la lumière et le feu dans la nuit. Par trois fois, ce geste simple et fatal provoquera un naufrage : naufrage de navires et naufrage de trois destins.
    Emmenée par deux gendarmes, Babe Ozouf va vivre une mise à l'épreuve qui sera aussi une délivrance. Sa fille Catherine, mariée à quinze ans, connaîtra l'exil, de l'autre côté de l'océan. Et Carole, la fille de Catherine, sera irrésistiblement rappelée vers cette falaise, lieu de rencontre avec la nuit et le brouillard.
    Trois hommes traverseront la vie de ces jeunes femmes : Michael Bernstein, le pianiste ; le peintre Louis Asfrid et le mystérieux Recruteur qui hante les quais de Liverpool. Ils apprendront que l'amour est aussi ce calme effrayant qui précède et annonce les tempêtes.
    "La Hague, dit l'auteur, ne m'a pas inspiré ce roman : elle me l'a imposé. Je l'ai écrit dans la solitude, le tumulte et la passion, à l'image du pays étrange qui l'a fait surgir."

  • Didier Decoin raconte sa passion pour le monde des fait divers, leur environnement, leurs langages, leurs tics et leur manies, leurs accessoires, de la malle sanglante aux machines à écrire Underwood, tous ces terrains vagues où ils aiment à éclore et à proliférer : les arcanes de la police, de la justice, des médecins et des bourreaux -qui parfois sont interchangeables-.

    Les faits divers imprègnent, irriguent notre monde. Ils prolifèrent partout, depuis Aokigahara que les Japonais appellent la forêt de la mort, jusqu'à l'ancien Belleville du temps des apaches, dans les forêts profondes de la Papouasie jusqu'aux plus hautes terrasses de New York. Ils sont de la ville et de la campagne, ils sont de tous les temps.
    Ils concernent tout le genre humain, des plus misérables aux plus opulents, du brutal assassin, comme le curé d'Uruffe, aux saints moines de Tibérine. Ils touchent même les petites bêtes, comme en témoigne cet ahurissant procès intenté contre des... hannetons !
    Les faits divers de cet ouvrage sont les pièces de la collection personnelle de l'auteur, ceux qui, depuis son enfance, le fascinent ou l'émeuvent, comme l'histoire de cette jeune noyée repêchée dans la Seine et devenue " la femme la plus embrassée du monde ".
    Les faits divers ont le mérite, au-delà du sang et des larmes, d'avoir inspiré des créateurs de tous les domaines. Que serait la littérature si, d'Emma Bovary aux héros morbides de Truman Capote, elle ne s'était nourrie de personnages monstrueux et prodigieux, mais issus du réel ? Que serait l'opéra si Lucie de Lamermoor et Carmen n'étaient pas nées de faits divers ? Et le cinéma ! Et la presse, et le journalisme qui doivent la vie, au sens propre, à la bonne fortune du fait divers !

  • Oui, la vie dHenri Decoin valait bien un roman. Et elle valait bien un roman de son fils. On na pas retenu de Decoin père quil avait été dans sa jeunesse, recordman de France de natation et sélectionné pour les Jeux olympiques de 1912. On ne se souvient plus de lui comme ayant fait partie de lescadrille de Guynemer durant la Première Guerre mondiale. Cest pourtant durant la Grande Guerre quHenri Decoin se met à écrire des nouvelles. Démobilisé, il se lance dans une carrière de journaliste sportif puis dans le cinéma et cest avec sa deuxième femme, Danielle Darrieux quil a épousée en 1935 quil commence à connaître le vrai succès.

    Le couple ayant signé un contrat avec Universal (elle comme actrice, lui comme superviseur ), ils partent tous deux aux Etats-Unis fin 1937. Parce que cela fait plus américain, Henri fait place à « Henry ». De retour en France, ses films jusque-là plutôt légers deviennent plus noirs, plus profonds, des films qui pour certains deviendront de vrais chef-duvres du patrimoine cinématographique français : La Vérité sur bébé Donge (1952), Razzia sur la Schnouf (1955)...

    De la vie de ce père au destin exceptionnel, Didier Decoin a fait un roman où tout est vrai. Un livre irrésistible, drôle, sensible. Un livre dans lequel transparaît léblouissante personnalité dHenri Decoin et le formidable amour que lui voue son fils.

  • « Voilà l'histoire d'un amour si étrange, dit l'auteur, que je n'étais pas sûr d'oser jamais l'écrire. Mais l'envie de raconter aura été plus forte que mes pudeurs.Raconter la passion qui, durant l'année 1912 - l'année du Titanic -, a entraîné un docker de cinquante-deux ans, Horty, et Marie Diotret, une très jeune femme de chambre du transatlantique, dans un monde qui n'était pas fait pour eux. »Dans le sillage d'Horthy et de Marie, de la taverne de la Tête d'Écaille aux quais mouillés de Southampton, des terrains vagues de New York aux lacs rêvés de l'État du Maine, des lumières du Grand Théâtre à la nuit des docks où rodent amants et assassins, cette « extrême histoire d'amour » met en image Zoé, la petite épouse rouquine et patiente qui attend qu'Horty rentre enfin à la maison ; Zeppe, le garçon de cirque qui croit pouvoir tirer fortune de l'amour d'Horty pour Marie ; la trop fragile Aïcha à qui le destin ne laissera même pas le temps d'apprendre à compter jusqu'à onze ; Sciarfoni, le lamaneur qui gîte comme une bête sauvage sous une grand barque renversée ; Maureen, la voleuse de bijoux qui opère dans les théâtres de Drury Lane ; et tout le peuple du port - dockers, soutiers, filles de joies, riches voyageurs, émigrants misérables... Le roman à la fois le plus imaginaire et le plus vrai de l'auteur d'Abraham de Brooklyn et de John l'Enfer.

  • Abraham de Brooklyn

    Didier Decoin

    Simon est ouvrier sur le chantier du pont de Brooklyn. Le soir, il traîne son ennui le long des docks. Il y rencontre Kate, évadée du pénitencier. À 20 ans, cette jeune fille étrange et mutique ressemble à une gamine. Simon tombe amoureux, d'un amour chaste, mystique ; il la croit pure, veut la sauver. Il quitte Brooklyn, cet enfer de poutrelles et de boue, pour l'emmener dans l'Ouest.Didier Decoin, né en 1945, est journaliste et scénariste (pour Marcel Carné et Henri Verneuil). Il est l'auteur d'une vingtaine de romans dont John l'enfer, prix Goncourt 1977, et La Femme de chambre du Titanic, disponibles en Points.« Un livre net, sûr, fort, beau. Un vrai roman. » EllePrix des Libraires 1972
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  • " Tout monastère est une presqu'île où la finitude des terres pénètres comme une lame dans l'infini de la mer ; où le moine, tel Jacob encore mal réveillé et luttant pourtant avec l'ange jusqu'à la parution de l'aube, affronte le choc énorme et silencieux du divin. Or on sait le destin des presqu'îles : peu à peu, l'océan les use, les ronge et les effrite. "

  • 1880, dans l'île anglo-normande d'Alderney. Parce qu'un accident a réduit sa voix à un murmure et l'isole des autres jeunes filles. Sarah McNeill passe le plus clair de son temps à courir les landes sauvages. C'est dans cette solitude qu'elle découvre l'histoire de lady Jane, qui, pendant un quart de siècle, espéra contre toute raison le retour de son mari, John Franklin, disparu au cours d'une expédition polaire.Un soir de bal. Sarah rencontre Gaudion, un maraîcher breton faisant route vers l'Angleterre et dont la goélette chargée d'oignons s'est échouée sur le rivage. Le temps que la mer remonte, tous deux vont connaître une telle passion qu'à la fin de cette nuit unique la petite paysanne comprend que l'homme aux mains de géant est l'amour de sa vie. «Je désire, écrit-elle à lady Jane, dont elle a décidé d'imiter l'extraordinaire fidélité, que vous m'expliquiez comment on peut aimer comme ça, c'est-à-dire comme vous. C'est la manière dont je voudrais être capable d'aimer moi aussi.»Et Sarah de s'élancer à la recherche de Gaudion. D'abord sur les docks de Londres, où elle survit en livrant des oiseaux naturalisés aux clients d'un étrange empailleur, puis sur les côtes de Normandie, où une société brillante mais cruelle s'adonne à la nouvelle mode des bains de mer.Aucune déchéance, pas même celle de la prison, ne fera renoncer Sarah à la quête éperdue de son amour. Alors, ébranlé par tant d'obstination, le destin finira peut-être par céder.

  • Docile

    Didier Decoin

    • Seuil
    • 25 Août 2013

    Pleine de colère et de jalousie, Catherine s'insurge contre son ami Blaise :« De toute ma vie, je n'ai rien vu d'aussi stupide que cette femme et toi... Est-ce que tu l'as embrassée ?_Tu es folle !_ Essaie seulement, ça te donnera mal au coeur, et ça te fera très peur. »Blaise essaierait volontiers. Sauf que la libraire, que toute cette ville du nord de la France appelle Docile, a trente-deux ans, et qu'il est encore un enfant. D'ailleurs, Docile sait-elle seulement qu'il l'aime ?Blaise a beau l'aider à vendre ses livres trop beaux, trop étranges et trop chers, et voler pour elle, les jours de disette, aux étalages de la rue Tournemonde, Docile ne se gêne pas pour le mettre à la porte quand le soir tombe et qu'elle reçoit des cclients d'un genre particulier dans sa réserve, au premier étage.Malgré la guerre, les dérobades de docile et l'amour de Catherine, Blaise accomplira son rêve : partir à la découverte d'une terre encore sans baptême pour lui donner le nom de la femme qu'il a encore aimée quand il avait douze ans...Pris entre la lumière et l'ombre, la faute et la pureté, otages de leur propre histoire comme de la grande Histoire, Docile et Blaise iront jusqu'au boit du double destin, inattendu et bouleversant, que leur a tracé le romancier de La Femme de chambre du Titanic.

  • Un policeman

    Didier Decoin

    "c'est un véritable conte de Noël qu'a inventé Didier Decoin en écrivant Un policeman. il se révèle à la fois policier, amoureux, vagabond, plein de douleur, de tendresse et d'enfance. Tout se passe à Londres et dans la campagne anglaise. Aussi pense-t-on à Dickens et à ses enfants menacés."Kléber Haedens."Il est parmi les très rare jeunes romanciers qui nous parlent de leur monde personnel avec assez de clarté et de conviction pour nous obliger à interroger le nôtre."Robert Kanters.

  • "A l'instar de la Manière de visiter les jardins de Versailles (seul ouvrage qu'écrivit jamais Louis XIV), Je vois des jardins partout est une sorte de manière de visiter les jardins de ma vie.
    Ceux que j'ai possédés, et ceux des autres, publics ou privés, que j'ai arpentés. En me penchant sur tous ces jardins, c'est aussi sur mon passé que je me penche, et si je vois des jardins partout, c'est que les jardins ont été, quantitativement et qualitativement, le paysage le plus récurrent et le plus constant de mon existence. En ce sens, ce livre est peut-être une autobiographie déguisée. Cézanne disait que « peindre signifie penser avec son pinceau ».
    Jardiner, c'est penser avec un sécateur, des semelles gadouilleuses, un mal de dos et des engelures aux doigts. Ou un coup de soleil sur le nez. Oui, jardiner, c'est penser, mais penser par avance, imaginer, anticiper ce qui va sortir de terre - et dans quel désordre ou quelle harmonie innés ça va surgir. Et c'est avant tout faire confiance à la terre. En écrivant ce livre, je me suis aperçu qu'il n'y avait pas d'école de vie plus sûre ni plus charmante qu'un jardin, que ce soit le paradisiaque et génial Jardin Blanc conçu par Vita Sackville-West dans son domaine de Sissinghurst ou le très modeste recoin qu'on m'avait alloué dans le potager familial pour y faire pousser ce que je voulais - j'avais opté pour quelques épis de blé, dont j'avais tiré quelques grammes de farine, dont je fis un pain minuscule mais tellement délectable que j'en ai encore le goût en bouche.
    L'admirable Epicure, qui affirmait que le plaisir est le souverain bien (comme je suis d'acord avec lui !), avait installé son école philosophique dans un jardin où il passa son existence. Vingt-trois siècles après la mort du philosophe grec, les jardins continuent de nous enseigner l'essentiel de la vie : on y apprend la patience, l'humilité toujours, la déception quelquefois, le silence, l'harmonie, les parfums et les saveurs, la beauté, on peut y faire l'expérience de la mort (je l'ai croisée dans un jardin anglais sous la pluie) - et de l'amour, bien sûr, car qui n'a pas fait l'amour dans un jardin au printemps ne sait pas encore tout de l'amour. J'ai essayé de concevoir ce livre pour qu'il soit lu comme on visite un jardin : sans trop de logique, donc, sans que son parcours soit guindé ni rigide, ni surtout pédant - mais une simple déambulation parmi des souvenirs jardiniers qui m'ont enchanté et parfois bouleversé."  Didier Decoin

  • En 1865, Charles Lutwidge Dodgson, mieux connu sous le nom de Lewis Carroll, ecclésiastique indécis et professeur de mathématiques inemployé bien que vivant au Christ Church College, connaît le plus grand, et peut-être le seul, chagrin de son existence : la jeune Alice, objet unique de ses feux, est devenue nubile. Quand tout le pouvoir d'aimer que l'on porte en soi se concentre sur l'enfance, le passage à l'âge adulte est en effet pire qu'une trahison, c'est la mort même.
    La confession de ce malheur, Lewis Carroll ne nous l'a pas donnée. Mais Didier Decoin a repris sa plume, imaginant que l'auteur d'Alice aux pays des merveilles, pour lui conter sa vie, ses bonheurs et ses tourments avait, jusqu'à sa mort, adressé une correspondance sans échos à Charles Dickens, qu'il avait peut-être croisé et dont l'image d'écrivain glorieux, presque officiel même, était l'inverse exacte de la sienne. Et il n'est rien de plus délicieux que ces deux musiques confondues, quand la sensibilité, touchante et singulière, de l'Anglais se trouve prolongée par l'écriture subtile et la fine culture du Français.
    Comme l'avoue l'auteur, ce livre "relève davantage de l'intuition que de l'érudition". Récit épistolaire (une quinzaine de missives imaginaires datées de 1865 jusqu'à 1898, pastichant Lewis Carroll) qui décrit sa situation à Charles Dickens quand Alice (du pays des merveilles) passe le cap de l'adolescence. Avec humour et tendresse, une biographie plausiblement imaginée.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le 20 juin 1791, avec l'aide du Comte de Fersen, Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants s'enfuient des Tuileries. Le Roi, ayant été reconnu à Sainte-Ménéhould, par le maître de poste Drouet, sera arrêté à Varennes et ramené à Paris le 25 juin. Dans les strictes limites de ce cadre historique, Didier Decoin a "imaginé" ce que fut ce voyage qui dura une nuit et un jour. Un soleil éblouissant. A l'angoisse à succédé une sorte de joie naïve faite de bonheurs retrouvés et souvent inconnus. Haltes improvisées, pique-niques, petits incidents de parcours. L'inquiétude s'évanouit vite pour laisser place au plaisir et aux rires. La famille royale ne s'enfuit plus. Elle part en vacances. Louis sort peu à peu de sa trop grande réserve et Marie-Antoinette s'en émeut. Ils se regardent, étonnés, devinant un bonheur possible et s'essayant maladroitement à une nouvelle tendresse. Mais la nuit tombée, le retour à la réalité se fait d'autant plus brutal. C'est déjà Varennes et son cortège de mort.

  • Karim a trouvé le moyen de vivre riche et heureux avec Natalia: gagner un pays en guerre, acheter une voiture, et faire le taxi pour les reporters. Cinq dollars par journaliste et par minute de trajet, tarif un peu cher mais comprenant les risques d'embuscades et de rafales perdues...

    En attendant, il faut quitter Cherbourg. Qui dira l'utilité d'une balle de ping-pong pour voler une Honda groseille sur le parking de la zone portuaire?

    Reste le plus difficile: rejoindre un bon petit conflit bien rentable.

    Prix Goncourt 1977 pour John l'Enfer, Didier Decoin, secrétaire général de l'Académie Goncourt, est l'auteur d'une oeuvre considérable. On peut citer, parmi ses plus grands succès, Abraham de Brooklyn, La Femme de chambre du Titanic et La Promeneuse d'oiseaux.

  • "Les gens ne t'aiment pas pour de bon, Marie. Enfin, si, ils t'aiment. Mais comme une prière. Pas comme une vivante. C'est ma différence. Peut-être choquante, scandaleuse et coupable. M'en fous, d'ailleurs. Je ne rugis pas ce livre pour faire bonne impression. Dis, je ne vais pas me mettre à glapir en public le contraire de ce que je te murmure en secret ? Le chrétien en moi n'a pas squatterisé toute ma nature d'homme. J'ai été créé charnel, charnel j'existe, charnel je mourrai. C'est vêtu de peau d'homme, ma jolie jeune fille du Ciel, que je m'effondre à tes genoux."
    Didier Decoin

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