• S'inscrivant dans l'actualité politique du débat parlementaire sur la loi bioéthique au printemps 2019, Daniel Borillo s'interroge : sommes-nous vraiement maîtres de nous-mêmes? Il propose ici une réflexion philosophique accessible sur des qestions sociétales majeures relatives à la vie, la mort, la sexualité ou l'intimité: GPA, transexualité, suicide assisté...

  • Au départ, dans les années 60, la "bioéthique" est apparue comme un simple domaine de débats entre conceptions morales. Puis, elle est devenue une discipline sur les normes, visant à réguler les effets de l'activité des sciences de la vie et de la santé. Les dilemmes éthiques suscités par certaines pratiques controversées de la science ont rendu nécessaire de développer un savoir spécifique.sur l'état d'avancement des recherches scientifiques. sur les implications des expériences réalisées.sur les enjeux sociaux des différents choix possibles.et pour permettre, aussi, d'établir un ensemble de règles, afin d'unifier les pratiques scientifiques qui impliquent l'être humain.Cet ouvrage présente au lecteur, de manière critique, les principaux textes juridiques et analyse l'idéologie sous-jacente des normes bioéthiques françaises.

  • En cinquante ans, le modèle dominant de la famille nucléaire unie pour la vie a volé en éclats. Les impératifs économiques, la circulation accrue des personnes, l'égalité des femmes et la reconnaissance des sexualités minoritaires ont changé en profondeur les agencements familiaux. Les familles sont nucléaires, monoparentales, recomposées, homoparentales, composées d'enfants biologiques, adoptifs ou issus d'une assistance médicale à la procréation. Face à cette réalité multiple, l'État doit reconnaître la légitimité d'un tel pluralisme et ne saura privilégier aucune forme familiale sur une autre, sous peine de compromettre l'égalité et la paix sociale. La famille apparaît progressivement comme un instrument d'autoréalisation des membres qui la composent plutôt que comme une fin en soi, et le choix de la fonder relève désormais d'une décision personnelle et intime. Sa contractualisation permet d'accompagner ce processus de subjectivation qui place le fait familial au sein de la vie privée. Au communisme familialiste des sociétés traditionnelles, la modernité fait émerger l'individuation domestique de type relationnel. Le seul moyen de garantir la pluralité et la démocratie familiale est celui où l'Etat se bornerait à protéger des contrats privés.

  • À partir d'une lecture désacralisée de la sexualité (c'est-à-dire émancipée des traditions, des doctrines ou des idéologies données et non problématisées) et d'une conception modeste du droit, l'étude proposée dans cet ouvrage est divisée en deux parties : une partie générale consacrée aux questions relatives à la liberté sexuelle (évolution du fondement des interdits sexuels, marge d'appréciation de l'État en matière sexuelle, intervention du droit pour limiter la volonté individuelle, tension entre liberté, égalité et dignité humaine, entre autres), à l'égalité des sexes (hommes-femmes) et des sexualités (homosexualité-hétérosexualité), et à la criminalité sexuelle. Et une seconde partie au sein de laquelle se décline un certain nombre d'exemples concrets de régulation des sexualités (prostitution, pornographie, pédophilie, harcèlement sexuel, etc.) en fonction de la summa divisio classique : sexualité consentie versus sexualité subie. Enfin, les principales conventions internationales relatives aux droits sexuels et reproductifs font l'objet d'une analyse spécifique tout comme le droit d'asile pour les minorités sexuelles, la lutte contre le tourisme sexuel et la traite d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle. Sans prétendre à l'exhaustivité, l'étude critique proposée dans l'ouvrage donne aussi bien au spécialiste qu'au profane les principaux éléments juridiques pour connaître et mieux comprendre les règles qui gouvernent le sexe et la sexualité.

  • Le pacte civil de solidarité (Pacs) est partout présenté comme l'une des grandes réformes sociales de la gauche française. La loi du 15 novembre 1999 a été adoptée à l'arraché après beaucoup d'incertitudes gouvernementales, de guerres d'experts, de mobilisations sociales, et après un marathon parlementaire très conflictuel. Avec deux ans de recul, la victoire finale est-elle aussi éclatante ? L'un de ses enjeux fondamentaux était la place que la société accorde à l'homosexualité. Certes, depuis vingt ans, nous sommes entrés dans l'ère de la tolérance que l'épidémie du sida a mêlée de compassion solidaire. Mais dès qu'il s'agit d'aller au-delà et de raisonner en termes d'égalité de droits ou en termes de respect des différences dans les orientations sexuelles, force est de constater que l'homosexualité retrouve une partie de sa marginalité. Dans cet ouvrage, Daniel Borrillo et Pierre Lascoumes montrent que, malgré l'adoption du Pacs, l'homophobie demeure une composante forte de nos sociétés qui, pour démocratiques qu'elles prétendent être, se révèlent en réalité incapables de se penser hors de la norme hétérosexuelle. Retraçant les grandes lignes de la controverse qui a conduit de la revendication d'un partenariat pour les concubins jusqu'au Pacs, ils s'attachent à montrer comment la gauche a finalement contourné l'une de ses valeurs cardinales, l'égalité : si la droite politique assume souvent une homophobie explicite, la gauche est " hétérosexiste " par sa croyance dans une hiérarchie des sexualités qui met l'homosexualité dans une place subordonnée. Les auteurs montrent comment homophobie et hétérosexisme se sont alors associés pour refuser de reconnaître l'existence d'un véritable pluralisme des orientations sexuelles justifiant une égalité réelle dans l'exercice de la citoyenneté, et pour cantonner l'homosexualité dans une place mineure.

  • L'homophobie est l'attitude d'hostilité à l'égard des homosexuels, hommes ou femmes. Quelles sont ses origines ? Quels sont ses rapports avec les autres formes de stigmatisation et de discrimination ? Comment, et à partir de quels discours, la suprématie hétérosexuelle, ainsi que la dévalorisation corrélative de l'homosexualité, ont-elles été construites ? Existe-t-il une personnalité homophobe? Et par quels moyens peut-on lutter contre cette forme de violence ?

  • La gestation difficile du PaCS n´interdit pas de penser au-delà, la réflexion savante n´est pas circonscrite par le débat parlementaire. Politiquement, il s´agit d´ouvrir à l´homosexualité le couple, mais non la famille. Scientifiquement nul n´est obligé de reprendre à son compte un partage qui trouve sa logique dans la négociation politique. Rien n´empêche de revenir sur les évidences qui posent la différence des sexes et l´hétérosexualité au principe du mariage et de la filiation : peut-on au nom de la science, en interdire l´accès aux homosexuels ? Cet ouvrage collectif se réclame d´une logique anti-expertise. Cette démarche suppose un retour critique sur les arguments scientifiques mobilisés dans le débat, mais aussi sur la légitimité d´une argumentation de type savant pour fonder des choix politiques. Le meilleur moyen d'échapper à l'alternative d'une science indifférente et d'une expertise instrumentalisée 'est de croiser des savoirs différentsen vue d'une réflexion commune entre sociologues et anthropologues, psychanalystes et juristes, dans un dialogue avec des philosophes, en se plaçant au-delà de l'atualité politique. Engager un débat scientifique a une signification politique, mais ce choix ne dicte en rein une solution. Le savoir n'a pas plus le pouvoir de prescrire que le pouvoir d'interdire, il invite au débat démocratique, il peut aussi l'éclairer, voire le nourrir, il ne saurait en tenir lieu. La fonction politique du débat intellectuel est en effet d'ouvrir non de clore le débat démocratique.

  • Grâce au droit européen, le genre, l'orientation sexuelle et l'identité de genre ont enrichi l'arsenal juridique français. Si l'affirmation du principe d'égalité constitue une exigence ancienne, la lutte contre les discriminations est récente. Le mouvement féministe et l'activisme LGBTIQ ont tenté de modifier le droit en permettant non seulement l'égal accès aux institutions (mariage, filiation ou état civil), mais aussi en interrogeant la nature sexiste et l'hétérosexualité implicite de la norme juridique. En analysant l'évolution du droit national, des jurisprudences des Cours européenne et interaméricaine des droits de l'homme, mais également à l'étude comparée, cet ouvrage vient combler une lacune dans le paysage académique français : y sont abordés les violences faites aux femmes, les injures homophobes, ou le changement du sexe à l'état civil.

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