• Trumpitudes et turpitudes

    Corbe Philippe

    • Grasset
    • 10 Janvier 2018

    A la stupéfaction du monde entier, Donald Trump a été investi à la présidence des Etats-Unis il y a un an, le 20 janvier 2017. Et, depuis un an, cette stupéfaction se renouvelle chaque jour, sous forme de tweets, d'interviews et de déclarations intempestives, absurdes, parfois violentes et vulgaires, souvent cocasses, que Philippe Corbé résume en un mot  : «  trumperies  ».
    En voici la chronique quasi-quotidienne. Les meilleures déclarations du président ou de ceux qui répandent sa bonne parole sont présentées et expliquées par Philippe Corbé, qui suit la politique américaine sur place, et quelle place  ! Celle des mots qui mentent, blessent et nuisent. Les mots sont des actes. Voici les sinistres trumperies qui nous menacent. 

  • «  ``Où est mon Roy Cohn ?''  Ce cri lancé par Donald Trump à la Maison Blanche peu après son investiture a sonné comme un aveu. J'ai suivi le président des Etats-Unis à travers le pays en tant que correspondant de RTL, j'ai observé ses méthodes, j'ai pensé le comprendre. Mais ce n'est qu'en enquêtant sur Roy Cohn que j'ai pu déceler ce qui constitue fondamentalement le président américain le plus déroutant de l'histoire.
    Lorsque, au début des années 70, le jeune Trump aborde Roy Cohn au culot dans un club, il n'est que l'héritier d'un promoteur immobilier sans éclat du Queens qui a pour conseil cet avocat vénéneux et sans scrupules, l'un des plus puissants et le plus craint de New York.
    Des années plus tôt, au service du sinistre McCarthy, il a fait exécuter Ethel Rosenberg en manipulant le juge ; il a été le plus cruel des «  chasseurs de sorcières  » communistes ; il a survécu aux inquisitions de son rival, Robert Kennedy ; il a pris ses leçons de duplicité chez J. Edgar Hoover  ; il est devenu l'ami de Nixon. Courtisan de Reagan, il lui a présenté un homme qui rêvait de prendre pied aux USA, l'Australien Rupert Murdoch, plus tard fondateur de FOX News, la chaîne de bourrage de crâne  trumpienne depuis bientôt quatre ans.
    Roy Cohn, le camarade de soirées d'Andy Warhol et d'Estée Lauder, l'avocat de l'archevêché de New York comme des grandes familles de la mafia, d'Aristote Onassis, de Bianca Jagger et de la discothèque Studio 54 où il passe ses nuits, n'a pas un dollar sur ses comptes, ne paie ni ses factures ni ses impôts, mais roule en Rolls. C'est un homosexuel dans le placard et un Juif qui a honte d'être juif. Il est devenu après sa mort un personnage du chef-d'oeuvre de théâtre Angels in America, où il est qualifié d' ``étoile polaire du mal humain''.
    C'est ce maître en cynisme, en manipulations et en coups bas qui a pris sous son aile maléfique le jeune Trump. On ne peut comprendre le second sans connaître le premier, Pygmalion maléfique d'un élève déjà très doué. 
    Roy Cohn a fait de Trump un président. »

  • Pulse, 12 juin 2016. Quarante-neuf morts sur la piste d'un night-club de Floride. Quarante-neuf garçons et filles qui voulaient seulement danser, abattus pour avoir commis le crime d'être homosexuels. Tous ne l'étaient pas, d'ailleurs, mais tous étaient coupables selon le meurtrier, qui a cette nuit-là perpétré le premier assassinat homophobe de masse de l'histoire. Quelques heures plus tard, Philippe Corbé est allé à Orlando. Mélangeant à son récit des souvenirs de jeunesse, il rappelle les prêches criminels, les tyrans de cours de récré, les ferme ta grosse gueule pédale, les hargneux, tous ceux qui veulent écraser les espoirs de bonheur, à commencer par ces lieux tranquilles, d'Orlando à Paris, de Sydney à Beyrouth, des abris pour retrouver ses semblables, se retrouver chez soi. Et c'est bien pour cela qu'ils sont menacés, les battements de coeur dérangent. Sous les pulsations de la musique couvent les pulsations de la haine.

  • Qu'est-ce que prier? Par cet appel, on s'adresse à Dieu ou à un être surnaturel. La prière que l'on balbutie enfant ou à laquelle on recourt malgré soi lors d'épreuves se tournerait d'abord vers un grand Autre, signe de transcendance. Qu'elle soit une revendication, une supplication ou un cri de désespoir, elle demeure un acte d'humilité. Les multiples manières de prier se transposent dans ce numéro en une pluralité de formes littéraires, allant du poème à la lettre pour un ami, à une série d'aphorismes ou encore un dialogue avec son chat! Que ce soit par la prière ou par l'écriture, ce numéro invite à entendre un sens, une ouverture vers ce qui nous dépasse. Un numéro piloté par Michèle Pontbriand.

  • Depuis le soir du 6 mai, vous connaissez la fin de l'histoire. Vous l'aviez peut-être devinée. Mais savez-vous vraiment comment il en est arrivé là ? Comment s'est nouée la dernière campagne du Président-Candidat, ces 500 jours pendant lesquels on a cherché à nous raconter une histoire où tout paraissait perdu et où tout renaît ?
    On connaît la chanson, cette mystique présidentielle qu'on qualifie de "rencontre entre un homme et un peu peuple". Elle occulte les généraux, les fantassins, les renforts de la dernière heure, les fidèles et les traîtres. Ceux qui tissent la victoire ou nouent la défaite. Les voici, des anciennes gloires qui vont s'effacer et des jeunes loups qui vont se déchirer, Henri Guaino, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Valérie Pécresse, Alain Minc, François Baroin, Nadine Morano, Jean-Pierre Raffarin, et tous les autres dont nous retiendrons le nom dès demain. Voici le destin d'un homme, voici le destin de la droite française.

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