• Cette édition bilingue est précédée d´une introduction qui offre de nouvelles perspectives sur ce texte canonique. Ce que nous savons des pratiques festives des chapitres des grandes églises séculières permet de croire que le Jeu d´Adam provenait d´un tel établissement : la composition appartenait vraisemblablement au répertoire d´une importante église séculière. Pour ce qui est des nombreuses irrégularités métriques, nous pensons qu´une grande partie d´entre elles résulte de modifications apportées par les acteurs ; d´après le témoignage remarquable du Jeu d´Adam, texte joué, il apparaît que les acteurs médiévaux, tout comme ceux de notre temps, n´hésitaient pas à retoucher leurs répliques. En ce qui concerne le rapport entre les textes latins de la composition - les répons liturgiques - et le texte vernaculaire, une analyse précise des textes latin et français nous a amené à rejeter l´interprétation traditionnelle qui voit dans le texte français la farciture des répons : en réalité, les répons ont été probablement ajoutés dans un second temps au texte français qui n´en dérive nullement.
    Deux études enrichissent l´introduction. L´analyse détaillée de la langue de la composition, due à Catherine Bougy, revient sur la question de son origine linguistique et remet en question l´interprétation, devenue traditionnelle, qui y voit une composition anglo-normande plutôt que continentale. L´analyse des répons par Andrea Recek, quant à elle, présente l´usage liturgique de ces textes. Grâce à son caractère bilingue, la richesse de l´introduction et des études, cette édition doit permettre l´accès d´un large public à cette oeuvre majeure du répertoire français du Moyen Age.

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