• Maximilien Destroy, musicien de profession, retrouve lors d'une promenade au jardin du Luxembourg un ami, Clément, qu'il avait récemment perdu de vue. Max va rentrer dans le cercle intime de Clément et découvrir au fil de ses visites, la vie tumultueuse de cet ami...

  • Louis-Charles Barbara est le fils d'un luthier originaire de Dausenau (près de Coblence), établi à Orléans. Extrait : Insensiblement, le jour arrivait où le débile jeune homme était dirigé sur Paris et interné au Conservatoire. Objet tout d'abord d'une bienveillance unanime, en même temps qu'il émerveillait les professeurs par une étonnante facilité, il les contristait par sa détestable éducation, et recevait de toutes les bouches le conseil de fréquenter les classes élémentaires. Il s'y glissait en effet par obéissance, mais pour s'en échapper presque sur-le-champ, par honte de se voir confondu avec des enfants qui le caillaient de sa haute taille et de ses bévues. La dextérité de ses doigts y gagna ; ses progrès sur l'instrument n'en furent que plus rapides.

  • Charles Barbara

    Charles Barbara

    Le Classcompilé n° 122 contient les oeuvres de Charles Barbara.
    Charles Barbara, né à Orléans le 5 mars 1817 et mort à Paris le 19 septembre 1866, est un écrivain français. (Wikip.)
    CONTENU DE CE VOLUME :
    LISTE CHRONOLOGIQUE DES CONTES
    RONDE FANTASTIQUE,1846
    L'OMBRE DU MANCENILLIER,1847
    L'ASSASSINAT DU PONT-ROUGE,1855
    HISTOIRES ÉMOUVANTES,1857
    MES PETITES-MAISONS,1860
    LES ORAGES DE LA VIE,1860
    MADEMOISELLE DE SAINTE-LUCE, 1868

  • Extrait : Son chapeau en soie, roux de vieillesse, était moucheté de papillons qui y étaient fixés à l'aide d'épingles noires. Les petites bêtes étaient à l'agonie. Serrant comme un livre, sous son bras, une boîte oblongue, garnie, sur une face, d'une grille en fil de fer très-ténu, il cheminait le long des plates-bandes, sans remarquer les curieux. Je le voyais de temps à autre plonger le pouce et l'index dans le calice des fleurs, et en retirer un objet qu'il emprisonnait dans sa boîte, par une petite porte qui y était pratiquée. Il fut bientôt évident pour moi, que, dans cette boîte, grouillait une multitude d'insectes vivants, auxquels mon homme faisait la chasse.

  • Extrait : Depuis long-temps il s'efforcait d'étouffer en lui les germes d'une passion que, par suite de sa défiance de lui-même, il supposait sans espoir. Marie Desvignes, fille d'un oncle maternel qu'il avait à Paris, était, et par sa beauté et par son coeur, digne de cet amour. Elle savait apprécier Vilfride et l'aimait pour le moins autant qu'elle en était aimée. Mais, incapable de deviner les sentimens qu'il lui cachait avec le plus grand soin, elle n'osait s'abandonner à une inclination à laquelle son cousin paraissait insensible.

  • Extrait : Dès le début de l'adagio, je fus entraîné au travers du monde des réalités navrantes. Le volume, la rondeur, la suavité des sons eussent fait croire aux vibrations d'une voix magnifique. D'une tendresse profonde, le chant atteignait graduellement au pathétique et amenait les larmes dans les yeux. On n'y trouvait point trace de ce sentiment fébrile, poignant, déchirant, qui coule à flots dans les compositions maladives de quelques Italiens modernes, et aussi dans les mélodies énervantes du tendre Schubert ; c'était cette mélancolie forte, saine, du génie robuste, qui, loin de dédaigner la vie, en accepte les douleurs et essaye de s'en consoler et d'en consoler autrui à l'aide de plaintes touchantes, mélancolie dont sont empreintes notamment les oeuvres de Beethoven.

  • Les jumeaux

    Charles Barbara

    Extrait : Notre père était un homme fantasque et emporté à l'excès, que son humeur despotique isolait au sein de sa famille, où il régnait sans contradiction. Il essuyait, sans dire le mot, les plus dures contrariétés au dehors, et venait les ressasser et éclater contre elles dans son intérieur. Il fallait que notre mère subît les scènes qu'il n'avait point osé faire à qui de droit, et assumât les douleurs de l'orgueil blessé du despote ; car il n'était pas tranquille qu'il n'eût, en quelque sorte, transvasé ses ennuis, de son cerveau dans l'âme de la pauvre femme, à moins toutefois qu'il n'eût un prétexte de déverser sa colère sur nos reins. Il nous battait : cela entrait dans son système d'élever les enfants.

  • Dédicace

    Charles Barbara

    Extrait : J'ai eu l'émouvant plaisir d'assister à vos cours sur les maladies mentales. Un attrait puissant y enchaîne l'attention ; il en jaillit des lueurs qui, à force d'éclat, sont parfois cruelles. Sous le charme de votre parole, on tremble pour son voisin, on est pour soi-même plein d'angoisses. Qui oserait se flatter, après vous avoir entendu, d'échapper incessamment aux mirages de l'hallucination ?

  • Extrait : A l'instar de l'araignée, j'ai tramé une si merveilleuse toile, que le plus imperceptible mouvement de l'ennemi ne saurait m'échapper. Pensez-vous qu'on ait jamais réalisé le moyen efficace d'entrer aussi avant dans une poitrine d'homme, dans sa cervelle, dans sa conscience ? Je m'applaudis d'autant plus volontiers, que le sujet soumis à mon analyse, soupçonné, à bon droit, j'en ai la conviction, de pensées ténébreuses et de projets coupables, est insondable comme la mer, discret comme la tombe, et semble se plaire à dérouter les yeux qui l'étudient.

  • Héloïse

    Charles Barbara

    Extrait : Ceux qui restent font l'histoire de ceux qui s'en vont : c'est dans l'ordre. Ils ont la mémoire pour perpétuer les souvenirs funèbres, des yeux pour traduire en larmes les douleurs des existences éteintes. Vainement ils essayent d'éloigner d'eux la tristesse de cette tâche : la pensée les y ramène par un chemin que jalonnent des tombes. La part des absents n'est-elle pas préférable ? Est-il donc si doux de voir agoniser ceux qu'on aime et le vide se faire autour de soi ?

  • Irma Gilquin

    Charles Barbara

    Extrait : Mes chers parents, jusqu'à nouvel ordre gardez le silence sur ma disparition et soyez sans inquiétude à mon sujet. Je pars de mon plein gré avec un homme qui a fait le serment de me donner son nom. Vous me verrez d'ici à trois mois digne de vous, c'est-à-dire mariée à un honnête homme, ou vous ne me reverrez plus. Croyez au respect inaltérable d'une fille qui vous aime tendrement.

  • Extrait : Il n'y a qu'un instant, je m'étais dit : « Si je pouvais trouver un billet de banque ! » et j'avais, pendant quelques minutes, cherché minutieusement sur le trottoir, ramassant tous les chiffons de papier que j'apercevais. J'avais bientôt rougi de ma sottise et délaissé cette besogne pour revenir à des idées qui cadrassent mieux avec le sens commun. Or, c'était précisément à l'instant où je songeais d'autant moins à trouver quelque chose que tout à l'heure l'idée m'en avait paru plus absurde, que je touchais un portefeuille de la main. Ce que j'éprouvai est impossible à dire.

  • Extrait : La porte s'ouvrit d'elle-même. A peine le magistrat et les deux secrétaires qu'il avait emmenés avec lui furent-ils entrés, que la porte se referma comme elle s'était ouverte, par un mécanisme invisible. Tout ce qu'ils embrassèrent d'un coup d'oeil était étrange, la maison, le jardin, jusqu'au terrain qu'ils avaient sous les pieds. Un domestique venait à eux. Leur surprise fut extrême : ce domestique, revêtu d'un ample pardessus de couleur noisette, droit et roide comme un poteau, ne marchait pas, il glissait sur des rails ; ses yeux, du plus bel émail, manquaient d'expression ; il ne semblait pas que du sang coulât dans ses veines, et ses lèvres dessinaient une ligne sèche et inflexible. Il s'arrêta. Un bruit de rouage se fit entendre.

  • Le rideau

    Charles Barbara

    Extrait : « Voisin, me dit-il un jour en passant sa tête chenue au travers des pois de senteur et des capucines qui enjolivaient sa fenêtre, vous m'inquiétez. Voilà quinze jours que vous êtes emménagé, et en voilà quatorze, sans compter les nuits, que vous passez à votre fenêtre, les yeux fixés sur ce lambeau de toile verte qui est en face. Je concevrais votre patience si, au lieu de cela, vous aviez pour vis-à-vis quelque jolie fille perchée là comme un oiseau en cage ; mais... »

  • Extrait : Il prit tout à coup fantaisie au baron, dégoûté de son intérieur par l'humeur tracassière et les emportements de sa femme, de tirer d'un étui un violon qui y dormait depuis son mariage, et de jouer des sonates avec la gouvernante de ses filles. Ces relations musicales décidèrent d'un goût très-vif du baron pour Hélène. Mais la baronne Stéphanie, à qui la découverte de cette passion, inspira une haine implacable pour sa rivale, devint graduellement d'une exigence outrée avec celle-ci, saisit passionnément les occasions de la blesser, et cela jusqu'au jour où, d'épigrammes en épigrammes, elle en vint à l'insulte. Hélène, dans l'ignorance du motif de ces persécutions, ne savait que s'étonner et pleurer en secret.

  • Les sourds

    Charles Barbara

    Extrait : Du même côté de la route, à cinquante ou soixante pas en aval, une vieille femme coupait de l'herbe pour sa vache. Cette vieille courbait à la fois sous l'âge et sous le poids d'une réputation détestable. On la redoutait non moins comme sorcière que comme voleuse. Nonobstant ces détails bien connus, notre homme, pressé par la faim, n'hésita pas. Il joignit cette femme.

  • Romanzoff

    Charles Barbara

    Extrait : Depuis son entrée dans la maison, qui remontait au mois de novembre 1841, Romanzoff avait marqué presque chaque jour par quelque acte de générosité. Bien des gens commençaient même à être las d'entendre perpétuellement l'éloge de cet homme, et prêtaient volontiers l'oreille à certains railleurs assez courageux pour tourner sa bienfaisance en ridicule. D'autres, en qui Romanzoff avait attisé une curiosité proche de la passion, murmuraient au souvenir du mystère dont il s'opiniâtrait à entourer sa vie. Insensiblement, l'indiscrétion, la jalousie, la médisance, l'injustice, se liguaient contre lui et faisaient en quelque sorte le siège de sa mystérieuse individualité.

  • Ronde fantastique

    Charles Barbara

    Extrait : Mon horreur se changea en épouvante ; je me mis à trembler comme une feuille sèche au souffle d'un vent d'automne... Je voyais devant moi une Johanna fantastique, plus blanche qu'un linceul, les traits aiguisés comme une lame de poignard, l'oeil atone, la lèvre décolorée, dans une attitude dont la puissance m'écrasait. Deux grandes ailes grivelées embrassaient ses contours et s'agitaient en cadence, comme celles d'un scarabée qui va prendre son vol.

  • extrait : Elle pouvait avoir quinze ans ; si elle était laide ou jolie, je ne l'avais pas encore remarqué. La vie de collège avait déjà singulièrement entamé mon bon naturel ; un petit monstre d'orgueil gonflait mon habit de collégien. Je savais parfaitement mesurer la distance qui me séparait de la jeune fille, et je commençais à trouver ses tutoiements à mon endroit d'une intolérable impertinence. Je m'appliquai à le lui faire sentir. Je m'efforçai de me donner en sa présence un air froid et hautain ...

  • Vieille histoire

    Charles Barbara

    extrait : ... je revenais de voyage. On m'accueillit avec une nouvelle qui me fit dresser l'oreille. Pendant mon absence, un locataire de la maison, un jeune homme, s'était pendu à sa fenêtre, et cela à cause d'une femme presque ma voisine. J'eus quelque peine d'abord à me souvenir du jeune homme, de M. Paul, comme on disait, garçon joufflu, qu'un mot suffisait à rendre rouge. Quant à la femme, madame Clémence, ironie du hasard ! je me rappelai fort bien m'être croisé fréquemment avec elle dans l'escalier, et avoir même remarqué plus d'une fois son oeil vif, ses cheveux noirs, ses épaules, sa taille, son air jeune et riant ...

  • Extrait : Un moment accablée par la menace d'un mariage qui n'allait à rien moins qu'à ruiner sa considération, Mme Marcille se remit promptement de la secousse. Au souvenir d'un passé exemplaire que n'avaient troublé ni grandes joies ni grandes peines, elle se rassura contre un malheur sérieux. Les gens gâtés par la fortune ne croient point aisément à des douleurs capables d'empoisonner leur vie entière. D'ailleurs, moins ferme que son fils, elle se savait bien plus habile, et les moyens pour l'empêcher de consommer une alliance honteuse affluaient déjà à son esprit. N'eût-elle songé qu'à ses frères, n'était ce pas assez pour apaiser ses craintes ? Leur caractère, leur autorité, leur qualité d'oncles riches, devaient infailliblement lui apparaître comme autant d'entraves que son fils n'oserait jamais briser.

  • En proie à une curiosité indomptable, bien jeune, j'assistai à une exécution publique. Je me sentis à la fois épouvanté et heureux, en songeant que je n'aurais jamais à craindre un sort pareil. Qu'en savais-je cependant ? Qui peut prévoir quel sera le dénoûment du drame de sa vie et dire : « Je mourrai ici ou là, d'un accident ou d'une maladie, en tel temps, en telle occurrence ? »Dans un détachement absolu de la terre, n'aspirant plus qu'à mourir, uniquement en vue d'obéir aux instances de mon défenseur, je raconte succinctement ma vie.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Extrait : "Dans une chambre claire, inondée des rayons du soleil d'avril, deux jeunes gens déjeunaient et causaient. Le plus jeune, d'apparence frêle, avec des cheveux blonds, des yeux extrêmement vifs, une physionomie à traits prononcés où se peignait un caractère ferme, faisait, à côté de l'autre, qui avait des joues encore roses, des buissons de cheveux bruns et cet oeil langoureux particulier aux natures indécises qu'un rien abat et décourage, un contraste saisissant."
    À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN :
    Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants :
    o Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin.
    o Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

  • Coffret Frisson n°2 - Charles Barbara, Anatole France, Gaston Leroux Nouv.

    Ce coffret numérique contient L'Assassinat du Pont-Rouge de Charles Barbara, Le Crime de Sylvestre Bonnard d'Anatole France et Le Parfum de la dame en noir de Gaston Leroux.

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