• La Question musulmane en France développe un certain nombre de points qui sont le signe d´une évolution récente de l´islam à l´intérieur de nos frontières européennes.
    Les évolutions géopolitiques du monde musulman, les échos de l´affrontement entre Israël et le Hamas bouleversent en effet en profondeur la réalité de l´islam dans notre société. Marqué par l´affirmation de deux hégémonies,  marocaine et turque,  sur nos propres communautés, l´islam traditionnel tend à être décrédibilisé depuis l´apparition d´un islam combattant, voire terroriste,  apparu depuis l´affaire Merah  et surtout depuis la guerre en Syrie. Celle-ci a suscité de nombreuses vocations djihadistes au coeur même de notre pays.
    Quel est le rôle des imams, quelle place pour les mosquées dans la cité, pour les écoles coraniques, quelle est l´influence d´Internet dans cette évolution?  Voici quelques-unes des  interrogations, parmi de nombreuses autres, que soulève ici  Bernard Godard. Il analyse également en profondeur les arrière-plans de l´islamophobie et la guerre des cultures que ces questions génèrent au coeur de notre société.Bernard Godard est un ancien fonctionnaire du ministère de l´Intérieur. De 1997 à 2014, il a été un acteur important des politiques publiques liées à l´islam en France. Titulaire d´un master 2 de sociologie des religions et d´un diplôme de l´Inalco, il est le co-auteur de plusieurs ouvrages sur l´islam et le monde arabo-musulman.

  • À droite comme à gauche, on a fait du «travail» un absolu, une norme incontournable. En s'attaquant à sa position centrale dans nos vies, les auteurs entendent mettre à mal ce consensus afin de «penser contre le travail» et ainsi dépasser un système qui souvent nous broie. Car quelle est la véritable nature du travail dont on nous serine tant les vertus? N'y a-t-il pas une hypocrisie récurrente à encourager un système qui défend encore que le travail rend libre alors qu'il devient de plus en plus rare? Plutôt que chercher à aménager le travail pour le faire perdurer, les auteurs tentent d'imaginer des voies de sortie. Leurs critiques rejoignent plusieurs sphères du travail: le mythe du plein emploi, le salariat, le management et ses ravages, la servitude volontaire des cadres et des classes moyennes ou encore le rôle de l'éducation arrimée au monde de l'entreprise. Leur but commun: un désir de remettre en cause le dogme du travail pour tous, du travail comme élément structurant de la vie individuelle et collective, de l'activité rémunérée comme horizon existentiel prépondérant. Sans orthodoxie, c'est dans un ici et maintenant, sur nos lieux de travail et dans notre quotidien, que les auteurs nous invitent à prendre le parti de limiter, de contrer ou de refuser ce qui nous nie et nous détruit, en fonction de nos propres capacités. Mettre en question le travail devient un impératif quand tout un monde gravite autour de ce paradigme: celui de la (sur)production et de la (sur)consommation qui ne prend pas en compte les limites de la planète. Cela n'est plus possible; l'heure est venue de réfléchir à son après.

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