• La fée Amphète

    Arnaud Modat

    Ces onze nouvelles ont été écrites entre 2006 et 2011, ce qui en dit long sur la propension de l'auteur à se laisser distraire par le moindre pigeon. On y rencontre des pièces d'échec qui s'engueulent, un type qui cherche la sortie sur la piste des auto-tamponneuses, un autre, au contraire, qui ne veut plus quitter l'autoroute, un psychopathe performant, de la guitare au coin du feu, une fée accroupie au milieu d'une forêt de jambes... Nombreux sont les textes qui prêtent à sourire, mais le recueil ne sera pas remboursé en cas de suicide au gaz. Certaines nouvelles peuvent contenir des résidus de cynisme et des traces de noisette, en quantités infimes.

  • Arrêt non demandé

    Arnaud Modat

    Dans la maison Modat on rit, on pleure, on s'énerve, on blague, on s'insurge, le tout sous l'égide d'un humour décapant et de coups de théâtre enchanteurs pour le lecteur. Roman à six portes, J'existe, je ne fais que ça raconte, sous différentes identités, l'histoire d'un être doté d'une vitalité hors du commun qui s'échine à donner le meilleur de lui-même - et, plus radicalement, à être là. À huit ans, il nous annonce : " J'aimerai raconter mes vacances si ça ne dérange personne, ou plutôt une chose qui m'est arrivé pendant les vacances et qui a failli gâcher ma belle jeunesse. " Un peu plus tard, employé intérimaire chargé de répondre au courrier du père Noël, il s'adresse à un enfant en ces termes : " Tu me demandes si je vole ? Je vole si je veux, car telle est ma force. C'est comme ça depuis que je suis né. Je suis l'élu. Je te conseille de regarder des films comme Matrix ou Piège de cristal afin de mieux comprendre ce dernier point. " Après trois ans de vie conjugale, notre être reçoit de sa douce un sms envoyé depuis la salle de bains :" Je pense qu'il est temps que nous ayons un enfant. Accuse réception, s'il te plaît, de mon cycle menstruel au format Excell. La bise - préservez notre environnement, n'imprimez pas ce message, etc. " Le résultat ne se fait pas attendre. En cas de surchauffe, le jeune homme, exténué mais retors, nous livre d'amènes réflexions comme celle-ci : " Pour la première fois de ma vie, j'envisage de me plaindre du bruit auprès des voisins. La vieillesse me tombe dessus sans prévenir, comme on découvre son jardin blanc de neige un matin d'automne. La vieillesse n'est pas un combat c'est un massacre. J'ai trente-deux. L'agonie commence. " On l'aura compris, s'il y a agonie c'est celle d'un personnage incroyablement juvénile, résistant, entreprenant, qui transforme sa vie en péripétie et son franc-parler en pépites imagées. De ce subtil dosage entre légèreté et gravité, rire et sourire, de cet art de prendre la vie comme elle se présente - c'est-dire souvent de travers, Arnaud Modat fait sa marque de fabrique. Dès son premier roman en six histoires. Un auteur est né.

  • L'époque n'est plus au rire ; pire, il a été interdit... Le seul moyen de s'en payer une tranche : un petit tapin comique Boulevard Desproges. Entre les clowns roumains, les recalés du Jamel Comedy Club et les têtes d'affiche déchues de la grande époque, on n'a que l'embarras du choix...

    Mais, si le rire est contagieux, ne risque-t-on pas d'attraper une saloperie ?

  • À la fin de ce livre, Arnaud Modat meurt par balles sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, sous le regard insolent de Christine Angot. Il est vrai que cela avait plutôt mal commencé... Au cours de la première nouvelle, en effet, cet habile narrateur est prié de restituer dans les plus brefs délais l'ouvrage Destins Yaourt (Édika, collection La Pléiade) à la médiathèque Olympes de Gouges. La trajectoire reliant ces événements dramatiques, bien qu'elle semble d'une limpidité d'eau en bouteille, se révélera pourtant périlleuse et haletante. Entre les deux, l'auteur (à peine grimé) n'ira pas visiter le château de Phalsbourg avec ses parents, offrira une flûte de Pan à son fils roux, négociera avec un téléprospecteur la conservation au congélateur de l'orteil de son épouse, sera touché en D4 (la colonne vertébrale, pas le porte-avions), tapera à suivre, vieillira sur un plongeoir de cinq mètres, enseignera le conditionnel à un enfant de trois ans et demi dont la mère est alcoolique, achètera un calendrier à un gothique, et vendra sa femme sur eBay.
    Lui, l'enfant du rock, tirera sa révérence sur un ultime slow, la tête posée sur l'épaule confortable de la démence. Et il mourra donc par balles sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, sous le regard insolent de Christine Angot.

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