• Au lendemain de son mariage avec l'innénarable Valéria, Freddo se retrouve seul et désemparé. Ça lui pèse tellement qu'il décide d'aller chez les flics: « Bonjour pardon de vous déranger mais ma femme a disparu le jour de notre mariage. ». Avec l'aide de l'inspectrice Karolien, il tente de résoudre cette inquiétante disparition. Or L'enquête, plutôt que d'avancer ou même de piétiner, recule au contraire jusqu'à prendre des dimensions cosmiques. Antoine Boute travaille à faire se chevaucher littérature, philosophie, performance et expériences sonores, notamment en écrivant des livres, en réalisant des performances, en donnant cours ou en organisant des événements.

  • « Il y avait du sang partout sur les arbres, vraiment impressionnant ; et au milieu d´un chaos de ronces, de sang, de boue et de fougères, le corps défiguré d´un homme... » Emmené par la fantasque Valéria, chanteuse et galeriste mythomane, Freddo, écrivain, s´enfonce dans la forêt, un univers peuplé de putes anarcho-autonomes, d´enfants sauvages et d´artistes barrés. Cerné par cette réalité dégueulasse, Freddo spécule tant et plus : il imagine le thriller gore qui le rendra riche, l´histoire d´un homme devenu « loup-garou-ouragan » au contact de la ville. Aux confins de notre monde civilisé, S´enfonçant, spéculer est un concentré d´action destroy et de sexe borderline, une « saloperie de polar dégénéré » qui ne fait d´ailleurs pas l´économie d´une bonne dose de philosophie expérimentale !

    Antoine Boute est écrivain, performer et organisateur d´événements.

  • Le point de départ d´un texte philosophique sur l´écriture de Guyotat pourrait être la question de l´illisibilité de cette oeuvre, avec tout ce que cela implique comme attention à porter notamment sur le « dehors » du texte. L´illisibilité des textes de Guyotat fait se porter l´attention en creux sur tout le dispositif d´écriture-lecture qui borde cette écriture : en effet, étant donné que les « trames narratives » sont sapées, tout autant que la « psychologie des personnages » et que la plupart des autres caractéristiques qui font d´un roman un texte analysable, il n´y a pas d´autre choix que de s´interroger sur la façon dont ces textes en sont venus à exister. S´interroger sur l´existence de ces textes revient en quelque sorte à s´interroger sur leur matérialité, leur « vie », leur corps, leur manière de « faire corps » avec le corps de leur auteur au moment de l´écriture puis la façon dont s´opère la rupture d´avec ce corps lors de l´édition, pour enfin en arriver à une attention portée à l´acte de leur lecture, à la passivité réceptive que celui-ci implique tout autant qu´un engagement « corporel » du lecteur dans cette matière verbale rendue illisible notamment par l´excès d´affects qui la travaille.
    L´hypothèse de travail de l´approche philosophique de l´illisibilité à l´oeuvre dans l´écriture de Guyotat qui sera tentée ici est que cette illisibilité entretiendrait des liens étroits avec diverses problématiques que l´on pourrait regrouper sous la question du toucher. En effet si un texte est délibérément fait pour que son « contenu » ne soit pas maîtrisable, si ce qu´il inscrit ne fait pas sens, ne fournit pas de signification clairement identifiable, clairement « visible », en somme, pourrait se poser la question de savoir à quoi ce texte « touche ».
    Prendre la question du toucher comme fil conducteur de cette approche de l´écriture de Pierre Guyotat devrait permettre de penser la langue du point de vue de ce qui en trace les limites : il s´agira de voir en quoi l´écriture de Guyotat « touche » aux limites de la langue, et en quoi ce « toucher » est un acte, une action. Approcher l´écriture de Guyotat en tant qu´action (action de toucher), en tant que performativité (performativité de l´illisible, donc), devrait alors permettre de dégager des enjeux éthiques qui seraient communs tant à cette pratique de l´écriture qu´à ce que l´on appelle le toucher.
    Dans un premier temps il s´agira donc, après avoir introduit à l´oeuvre de Pierre Guyotat, de s´intéresser à diverses problématiques liées à la question du toucher, puisque c´est cette question du toucher qui servira de fil conducteur tout au long de l´approche de cette oeuvre. Pour ce faire, une lecture des parties du Péri Psychès d´Aristote traitant de la question du toucher servira de point de départ pour s´intéresser à certaines problématiques ouvertes par Jean-Luc Nancy et par Jacques Derrida, toujours à propos de cette problématique du toucher.
    Dégager ces problématiques générales concernant le toucher permettra alors de s´interroger plus spécifiquement sur certains aspects de la pratique d´écriture de Pierre Guyotat, tels que son rapport à l´abjection et son rapport à soi. Il s´agira alors de relier ces deux problématiques par le biais d´une approche du rire souverain tel qu´il est thématisé par Bataille, puis de voir comment il est possible d´articuler ce rire avec une approche de la caresse telle que proposée par Levinas dans Totalité et Infini.
    Cette approche du rire souverain et de la caresse devraient permettre à la fois d´approfondir les enjeux du toucher à l´oeuvre dans l´écriture de Pierre Guyotat, et d´ouvrir la problématique vers ses enjeux plus spécifiquement éthiques.
    Antoine Boute Antoine Boute vit à Bruxelles, est bilingue et propose ses lectures performances dans les deux langues française et flamande. Il a publié : aux éditions Mix (Paris) :
    « Cavales » (2005), « Blanche » (2004) et « Terrasses » (2004) ; aux éditions de l´Ane qui butine (Lille-Mouscron) : « retirer la sonde » (2007) ; aux éditions du Quartanier (Montréal) : une co-écriture avec

  • Brrr

    Antoine Boute

    Juste pour le plaisir. Mais un plaisir qui décape.
    Dès lancé le projet publie.net, j´avais sollicité Antoine Boute : présence forte de la scène bruxelloise, performeur proche des chemins de Charles Pennequin, lisant et intervenant aussi bien en langue française que flamande. Je ne savais pas qu´il me répondrait avec deux envois presque antagonistes : un travail de fond sur Guyotat et le toucher constamment téléchargé depuis lors, et cette suite de neuf brefs polars, classés par saison.
    Alors dans un premier temps, on les a mis en ligne 2 par 2, dans les formes brèves, à chaque changement de saison.
    Mais, à les relire, c´est bien d´un bloc qu´il faut les prendre.
    Antoine Boute, lisez-ci-dessus le premier des 9 polars, déconstruit systématiquement et les codes de la fabrication du polar, ses modes de convocation du monde, de manipulation de l´intrigue, mais aussi les usages sociétaux, suspense, peur et sang, action et cinéma.
    Et il le fait en riant. Vous le verrez, dans les 9 polars (avec pelleteuses, avec chiens, ou l´ultime variation pour un roman inerte), le poète traîne toujours des pieds dans un coin. Et c´est un poète lettriste, qui s´active dans l´intérieur même des romans à en déconstruire ou démonter les mots.
    Le lien avec Antoine Boute performeur, avec Antoine Boute décortiquant le corps écrit de Guyotat, n´est donc pas si ténu. En attendant, dans les dérives les plus actuelles de la langue et du monde, les ficelles du polar apparaissent au premier plan, et on reconnaît tout ce qu´on doit au (mauvais) genre.
    C´est bien un seul livre de 150 pages qu´on propose à lire.

    FB Antoine Boute vit à Bruxelles. Pour l´écriture de Brrr... polars de saison, il a bénéficié d´une bourse de création du Centre national du livre (France).
    Brrr... sera prochainement disponible en édition papier aux éditions Voix, dir Alain Hélissen. Nous serons heureux de faire profiter gratuitement de la version numérique les acheteurs du livre.
    Autres liens :
     Antoine Boute performeur : sur MySpace Clodo3000  dans les Cahiers de Benjy  ou ces 3 récentes conférences données à la Bellone à Bruxelles pour le festival Troubles lors d´un colloque sur le burlesque (la 2ième contient de la poésie sonore, la 3ième du silence burlesque) PARTIE 1 - PARTIE 2 - PARTIE 3  Déconstruire les codes du roman policier reconstruit-il un nouveau roman policier ? 2009-09-24 ZONE RISQUE Démanteler les clichés du suspense, du polar, des mythes, et revisiter tout ça allègrement façon poésie performance... roman policier, roman, cinéma publienet_BOUTE04 publie.net

  • Comme Freddo manque d'argent pour entretenir l'immense domaine dont il vient d'hériter, il postule pour devenir professeur de philosophie. Avec une bande d'amis, il prépare des dossiers pédagogiques radicalement audacieux, à commencer par le livre que vous tenez en main. Leur objectif ? Rien de moins qu'instaurer une « contrécole » joyeusement révolutionnaire ! Tandis que tout se déglingue sur fond d'ultra-individualisme, l'entraide se présente désormais comme l'unique alternative viable. Solidairement co-écrit par ses quatre auteurs, Apnée pose une question urgente : comment apprendre à vivre par les temps qui courent ?

    "Fabuleux chant sauvage, Apnée danse comme un happening jouissif" Véronique Bergen pour le Carnet et les Instants
    Coup de coeur le Carnet et les Instants

    Antoine Boute travaille à faire se chevaucher poésie, philosophie et musique, notamment en écrivant des livres et en réalisant des performances. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres dont Opérations biohardcores (Paris, Les Petits Matins) et Inspectant, reculer chez ONLIT Editions. Chloé Schuiten dessine, écrit et réalise des bandes dessinées. Styliste des rebuts, elle utilise l'indésirable comme matériau de base. Elle travaille l'ensauvagement et les rapports entre homme et animal. Après avoir créé la galerie Le Maga à Bruxelles, elle s'implique aujourd'hui dans le lieu collectif Le Lac. Jeanne Pruvot Simonneaux est cuisinière sculptrice. Elle travaille les sensations : l'ouïe culinaire, le toucher non-anthropocentré, la vue à 360 degrés, le bouger dynamique odorant, le goût aiguisé. Clément Thiry chante, dessine et réalise des installations tout en effectuant des marches citadines nocturnes afin de collectionner les espaces sous-éclairés de la ville. Il fait partie du collectif de théâtre d'objet Boîte à clous et du groupe punk pour enfants Gyrophare.

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