• Ils étaient trois amis de jeunesse à partager le même appartement : Franz de la Prazière, sa soeur Louise et le narrateur, à fréquenter les mêmes bistrots populaires, à évoquer Mariemaine la tante de Franz et Louise, qui les éleva, collectionneuse d'armes et marginale, à côtoyer les milieux de la presse ou des mannequins, avec leur cohorte de personnages extravagants. Ils s'étaient, par les circonstances, par la vie, éloignés, puis retrouvés récemment. Mais le drame : rendant visite à Franz, le narrateur découvre le corps de son ami, tué par balles. Il faut quitter les lieux, ne pas risquer d'être soupçonné, composer avec Madame Thomson, la curieuse gardienne, ancienne chanteuse de cabaret. Le danger passé, le narrateur tente de revoir Louise devenue infirme, Louise qui sait comment est mort son frère, Louise à l'adolescence brisée ; il comprendra alors qu'à travers elle il avait tant aimé Franz.

  • Ce nouveau roman d'Angelo Rinaldi se déroule dans trois villes - Rome, Paris, Amsterdam - qui, toutes, jettent un jour particulier sur le destin de Diego, le narrateur de cette histoire... A Rome, en effet, Diego a longtemps vécu. Il y a fréquenté aussi bien les mondains de la Via Appia que les bouges du Trastevere. Il y a été, aussi, l'ami d'un Evêque flamand et bizarre. Mais, au début de cette histoire, Diego est à Paris. Il y retrouve d'anciens amis, dont l'un est atteint d'une maladie "moderne" qui lui laisse peu d'espoir. Diego va organiser une petite fête pour l'anniversaire de cet ami - un intellectuel qui, autrefois, fut le "nègre" d'un grand écrivain catholique. Et, comme cadeau, il songe à lui offrir... un jeune gigolo. Pour trouver celui-ci, le narrateur se rend donc à Amsterdam... Les héros de ce roman mélancolioque cherchent, dans un perpétuel désarroi, à dire leur difficulté d'être.

  • Fidèle à son goût pour l'autodérision, ainsi décrit-il cette corporation des critiques littéraires à laquelle il appartient : " Paisibles alligators dont l'oeil blasé affleure, depuis le jurassique, à la surface du marigot des lettres. " Lui, Angelo Rinaldi, c'est depuis moins longtemps, mais tout de même depuis plus de trente ans - et toutes ses dents - qu'il observe ce qui paraît et reparaît : romans, essais, poésies, biographies. De ses chroniques, il ressort une galerie de portraits qui " décoiffe ", où le cocasse le dispute au tragique, et un tableau des moeurs certes à ne pas laisser entre toutes les mains. En même temps qu'on découvre, jamais blasé, un mémorialiste de la vie comme elle va : parfois belle à pleurer, si souvent donnant la nausée, tout de même à ne jamais désespérer, décidément foldingue.
    Recueil de 120 chroniques parues au Nouvel Observateur entre 1998 et 2003, on croisera ici des admirables et des affreux, des auteurs de toutes les époques et aussi différents qu'Elizabeth Taylor, Vialatte, Sciascia, Camilleri, Cassady, Mishima, Wilde et Max Jacob, les cardinaux de Retz et de Bernis, Céline, Racine et la Palatine, Beauvoir, Garcia Márquez, Chandler, O'Faolain, mais aussi Marc Levy et Christine Ockrent, et tant d'autres. Un florilège et un guide.

  • "Souvent vous avez pris position, avec la rigueur qu'on vous connaît, pour le métier d'écrire se suffisant à lui-même, contre ceux qui n'hésitent pas à confondre les genres. Nous souhaitons parmi nous un littéraire. Vous êtes un littéraire pur. (...) Votre père vous a fait un cadeau, sans doute pour vous récompenser d'une bonne note, que vous n'oublierez pas non plus. Il vous offre un dictionnaire, un "petit" Larousse. Vous devez avoir huit ans. Vous ne serez plus jamais tout à fait seul. Vous avez trouvé des milliers et des milliers de compagnons fidèles : les mots. Aujourd'hui, le dictionnaire, c'est vous qui le ferez."

  • Torrent

    Angelo Rinaldi

    • Fayard
    • 12 Octobre 2016

    Tout commence par deux coups de feu en écho à la mort d'un père tué dans un accident de chasse. Tué par qui ? François, obsédé par l'assassinat, revient quarante ans plus tard sur le « lieu du crime », dans l'envoûtement de ce paysage méditerranéen où il passa son enfance et parmi les rares témoins survivants de ce temps qui ne s'efface jamais. Sa mémoire affolée fait aussi surgir avec attendrissement et une certaine cruauté un monde où, une fois adulte et parisien, il a été lâché par hasard et voisine parmi les futurs partenaires de ses ambitions et de ses tourments : Lina, la femme peintre, Thaddée, l'ancien officier de l'armée américaine aux origines diverses, Sauval, le compositeur, dont l'oeuvre fut autrefois révolutionnaire, Molinier, victime de la puissance occulte d'un ex-collabo, Maria, la cuisinière, et tant d'autres figures qui vont et viennent. Le narrateur retrouvera-t-il Anna, qui l'a élevé ? Deux coups de feu, encore un crime ? Avec Torrent, Angelo Rinaldi nous offre l'un de ses meilleurs romans.  Angelo Rinaldi, critique littéraire, romancier, est membre de l'Académie française. Il a reçu par le passé le prix Femina et le prix Prince-Pierre-de-Monaco pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Le roman le plus riche et abouti d´Angelo Rinaldi, on ose écrire son chef-d´oeuvre. À travers lui, Proust continue l´oeuvre d´autopsie d´une société qui n´a plus de hauteur que celle de ses étages, de ses liasses, de ses talons ou de ses prétentions, se repaissant de son propre spectacle quand, en contrechamp de ce théâtre, de ses poncifs et de ses trompe-l´oeil, la remémoration d´une enfance humble autour d´un bistrot-lupanar de province jette les éclats d´une nostalgie relevée d´humour et de tendresse. Conti, qui fut cet enfant, est le célibataire vieillissant qui, entre les jardins du Palais Royal, l´entrée d'un théâtre, la terrasse d´un café, embrasse d´un ample maelström mémoriel qui donne son unité de lieu à cette explosion du temps, un tourbillon de scènes trouvant son axe autour d´un anniversaire dans un restaurant chic du quartier, célébré naguère pour les quarante ans de son ami anglomane et homosexuel. Le fameux dîner est comme ces scènes de théâtre où, en prévision du baisser de rideau, l´auteur a fait se rassembler acteurs principaux, seconds rôles et figurants, et la férocité rinaldienne s´en donne à coeur joie pour camper des types imaginaires aux traits, pour certains, assez reconnaissables, mais avec, en contrepoint, cousins parigots des figurants de province, le petit peuple des grooms, gigolos et filles du trottoir, pigistes à la manque et poètes sans oeuvre.Rinaldi reste un des rares à entretenir la flamme d´une littérature digne de ce nom, celle qui ne paraphrase pas le monde, mais le pare d´un éclat qu´il n´avait pas ou que notre oeil casanier ne voyait plus.

  • Ou finira le fleuve

    Angelo Rinaldi

    • Fayard
    • 12 Avril 2006

    Ce livre d'une vie commence par un terminus, une arrivée en gare, une gare au nom de défaite, Waterloo, à Londres où Pierre, dit Peter, journaliste français sur le point de perdre son emploi contre une aisance indemnisée de quelques mois, a été envoyé interviewer un peintre fameux pour son éthylisme et qui le fait lanterner.

    Dans l'attente de ce rendez-vous et d'un coup de fil de Paris le fixant sur son avenir, Peter, sans qu'il ait eu besoin de changer de fuseau horaire, à la faveur de ce modeste déplacement voit son passé affluer à sa mémoire comme s'il datait d'hier: farandole de gens de 1a famille, images des rivières et des collines d'autrefois, d'amis et amants de passage, de logeuses, de colocataires, d'animaux de compagnie, de collègues de la presse; France profonde et Tout-Paris; meublés, chambres d'hôtel, maisons de passe; journal local, périodique parisien, spécimens variés d'une rédaction ...

    Entre rapides, répits, lacs, défilés, bras, détours et retours, le fleuve du temps roule en aval ses eaux dont pas une goutte ne sait quel sort l'attend mais qui n'en suit pas moins son cours. À moins que, ce faisant, en vérité il remonte à la source? Ainsi du roman.

empty