Fayard

  • Roman traduit de l'italien par : Dominique VittozSicile, entre août 1929 et janvier 1930. La petite ville de Vigàta entre en effervescence car un hôte d´exception est attendu : le jeune prince Grhane Sollassié, neveu du Négus Ailé Sellasié, vient poursuivre ses études à l´école d´ingénieur des Mines. Mussolini en personne exige que le prince soit traité avec tous les égards car il veut obtenir du jeune homme qu´il appuie favorablement les visées expansionnistes de l´Empire italien en Éthiopie. Cet appui consistera principalement en deux gestes concrets : une lettre manuscrite du prince à son oncle pour vanter l´accueil que les Italiens ont su lui réserver ainsi que la grandeur du régime fasciste, et un voyage du prince à Rome pour participer à la rencontre de Mussolini avec deux ras d´Abyssinie. Tout le livre retrace les efforts conjugués de la hiérarchie d´État (ministres et préfets) et de l´administration locale (commissaire de police, secrétaire local du parti fasciste, directeur de l´école des mines, évêque) pour obtenir lettre et voyage diplomatique de ce cheval fou qu´est un prince de 19 ans, grand amateur de femmes et joueur invétéré dont les besoins d´argent sont inépuisables.
    Reprenant la même structure (lettres, articles de journaux, conversations rapportées « en direct ») que celle de la Concession du téléphone (l'un des meilleurs romans de l'auteur), Andrea Camilleri dénonce ici la stupidité collective qui, à mi-chemin entre la farce et la tragédie, marqua l'époque de la dictature mussolinienne.

  • La révolution de la lune

    Andrea Camilleri

    • Fayard
    • 9 Septembre 2015

    Palerme, en 1677, est la capitale d'une Sicile sous domination espagnole. Quand son vice-roi, don Angel de Guzmàn, meurt en pleine séance du Conseil, les notables siciliens cupides et dépravés exultent : cette brève vacance du pouvoir est une aubaine inespérée. Mais don Angel a laissé un testament, et le successeur qu'il désigne pour l'intérim n'est autre que...sa propre épouse, donna Eleonora di Mora. Si la stupeur est grande dans la ville, elle tourne vite à la fascination, car cette femme tirée de l'ombre se révèle d'une beauté envoûtante, d'une intelligence redoutable et d'une équanimité révolutionnaire.

  • Le coup de filet

    Andrea Camilleri

    • Fayard
    • 31 Octobre 2012

    Roman traduit de l'italien par : Dominique Vittoz Palerme, de nos jours. Le personnage central, Michele Caruso, est directeur du journal télévisé d'une chaîne publique. Un scoop vient de tomber : Manlio Caputo, fils d'un député en vue du parti de gauche, vient d'être inculpé pour le meurtre de sa fiancée, Amalia Sacerdote. Le roman s'ouvre sur le différend qui oppose Michele à son rédacteur en chef, Alfio Smecca, concernant l'écho à donner à cette nouvelle : mettre la pédale douce pour ne pas mécontenter le puissant Caputo (position défendue par Michele) ou y aller avec toute l'emphase du scoop et du scandale (ce que préconise Alfio). Michele impose sa prudence et la nouvelle est glissée au détour du dernier journal de la soirée, de façon presque anodine. Tout le roman consiste à suivre pas à pas les rebondissements de l'enquête et la façon dont Michele - qui, en outre, ne souhaite pas mécontenter un autre politicien puissant, son ex-beau-père, le sénateur Stella, rival en politique de Caputo - va réagir au coup par coup en donnant ou ne donnant pas d'écho télévisé aux décisions prises par la police, le juge d'instruction, les avocats, la famille, etc. Clouant au pilori un certain journalisme non indépendant, ce roman est une leçon brillante et implacable de politique appliquée, aux teintes très siciliennes : le cynisme, l'intérêt personnel, l'esprit de caste, la défense de son pré carré, le respect d'une hiérarchie naturellement mafieuse et paternaliste ne laissent guère de place à la déontologie journalistique ni à la vérité policière.

  • Billets d'humeur écrits au fil de la plume ou petites chroniques sur des sujets d'actualité, ces " récits au jour le jour " ont été publiés dans la presse italienne entre 1997 et 1999. Qu'il évoque les enfants modernes convaincus de l'existence des poulets à six cuisses, la disparition des saisons, l'importance des files d'attente, la Journée de la femme, le massacre de Portella della Ginestra le 1er mai 1947, son admiration pour Simenon ou la substitution des impitoyables mafieux au brave contrebandier d'antan, Andrea Camilleri exerce son talent de conteur, mêlant avec l'humour et la générosité qu'on lui connaît passages autobiographiques et références historiques.


    Traduit de l'italien par Dominique Vittoz

  • Femmes

    Andrea Camilleri

    • Fayard
    • 2 Mars 2016

    Chacun des trente-neuf courts chapitres qui composent ce recueil est consacré à une figure féminine. Dans cette galerie de portraits inédite, Andrea Camilleri rassemble aussi bien des femmes de son entourage (sa grand-mère, son éditrice Elvira Sellerio, des amies, des rencontres d'un jour, des amantes d'amis, etc.) que des personnages littéraires ou historiques (Antigone, Néfertiti, Desdémone, la Béatrice de Dante, Jeanne d'Arc...).Classées par ordre alphabétique de prénoms, ces destinées intenses, originales, émouvantes, parfois drôles, sont toujours racontées avec admiration par un Camilleri ouvertement du côté des femmes. Loin de tout voyeurisme ou parfum de scandale, le grand écrivain italien livre ici le jardin secret de ses images féminines et rend avec pudeur un hommage plein de gratitude à celles qui ont marqué son parcours d'homme et d'écrivain. Traduit de l'italien par Dominique Vittoz

  • Grand cirque Taddei

    Andrea Camilleri

    • Fayard
    • 5 Février 2014

    Dans la Conjuration, un tailleur ambulant déploie avec générosité des talents d´amant qui aiguisent la convoitise de la présidente de l´association des femmes fascistes... Dans Grand Cirque Taddei, le jeune Pippo profite de l´arrivée d´un cirque pour tenter de se débarrasser de sa richissime tante Michela, dont il est le seul héritier... Dans le Trésor enfoui, la voyante Arsenia attire une clientèle nombreuse, parmi laquelle figure le chef mafieux local... La Vigatà de l´époque fasciste offre à Andrea Camilleri matière à huit nouvelles drôles et truculentes, qui épinglent la bêtise et la cupidité, le pouvoir et la lâcheté, et font triompher la joie de vivre, sous forme de joyeux désordres amoureux. Un condensé de moquerie salutaire dans une langue qui, elle aussi, se joue des carcans.

  • Le garde-barrière

    Andrea Camilleri

    • Fayard
    • 25 Janvier 2012

    Roman traduit de l´italien par : Dominique Vittoz La petite ville de Vigata, 1942-43.Nino, garde-barrière de son état, vit avec son épouse Minica dans une maison au bord de la voie ferrée. Ils s'aiment et veulent un enfant. Minica finit par tomber enceinte et Nino gagne même à la loterie une coquette somme d'argent. Tout va pour le mieux malgré la guerre qui gronde autour d'eux et le fascisme aux abois mais toujours virulent. Mais survient une série de malheurs : Nino et son copain Toto sont payés chaque samedi pour jouer de la musique dans le salon du barbier afin de distraire les clients; censure aidant, ils sont contraints de ne plus jouer que des hymnes militaires et patriotiques. Pour ne pas décevoir les clients, ils en jouent des versions remaniées, plus gaies. Le fanatique de service les dénonce aux autorités et Nino passe 48 heures en prison, avant d'être relâché. Mais entre-temps, le drame s'est joué : Minica a été sauvagement agressée par Barrafato, un nouveau collègue de Nino, garde-barrière un peu plus loin. Violée et laissée pour morte, elle perd son bébé et ne pourra plus avoir d'enfants. Elle récupère ses forces mais, obsédée par sa stérilité, devient de plus en plus lointaine jusqu'au jour où elle met en pratique une idée : s'enraciner dans la terre de leur jardin pour pouvoir devenir arbre et donner des fruits. Nino comprend qu'il ne peut que l'aider dans sa douce folie et il se démène pour la protéger et l'assister...

  • La secte des anges

    Andrea Camilleri

    • Fayard
    • 8 Octobre 2014

    Palizzolo, bourgade imaginaire de Sicile, 1901. Deux familles d´aristocrates ayant été discrètement placées en quarantaine par le médecin, d´inquiétantes rumeurs de choléra se répandent. La situation s´aggrave quand sept des huit prêtres de la ville désignent en chaire la brebis galeuse responsable de ce châtiment divin : maître Teresi, l´avocat défenseur des petites gens. Contraints d´intervenir, les carabiniers rétablissent vite la réalité des faits : le secret médical ne cachait pas une épidémie, mais deux grossesses scandaleuses de jeunes filles dont la morale et la piété étaient pourtant exemplaires. Or elles ne sont pas les seules, et toutes refusent de révéler l´identité du père.
    Le grand romancier nous régale ici d´un nouvel épisode de sa comédie sicilienne, dont les figures fortes sont avant tout des justes.
    Né en 1925 près d´Agrigente, en Sicile, homme de théâtre et de radio devenu romancier sur le tard, Andrea Camilleri est aujourd´hui un des écrivains les plus aimés des Italiens. Auteur de la série policière des Montalbano, il écrit aussi, dans la langue surprenante qui a fait son succès en Italie, des romans basés sur des faits réels exclus de l´histoire officielle, comme le Roi Zosimo ou la Concession du téléphone. Maître dans l´enquête comme dans l´invention, Camilleri cultive un humour savoureux et tonique.

  • La reine de Poméranie

    Andrea Camilleri

    • Fayard
    • 11 Février 2015

    Nouvelles traduites de l´italien par Dominique Vittoz Que se passe-t-il, dans la bourgade sicilienne de Vigàta, quand deux marchands de glace aussi imaginatifs qu´obstinés sont rivaux en amour et en affaires ? Ou qu´en plein fascisme un brave maraîcher hérite d´un âne particulièrement têtu baptisé Mussolini ? Ou que, la démocratie revenue, les Vigatais s´adonnent au petit jeu risqué de la lettre anonyme ? Le bal de la roublardise est ouvert. L'ingénuité s'y invite. Et le gagnant est rarement celui qu´on croit.
    Le charme des huit nouvelles qui composent ce recueil réside dans la description d´une société à taille humaine où vices et vertus finissent toujours par prêter à sourire. Dans l´atmosphère tantôt bon enfant, tantôt féroce d´un microcosme savoureux, la vision de l´homme que Camilleri nous livre n´est jamais pessimiste, même si sa plume épingle volontiers les abus des plus puissants.

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