Editions Allia

  • Son intention, André Gide l'affirme sans ambages dès le début de cette conférence : "faire l'apologie de l'influence". Il dénonce en effet la fausse originalité de ceux qui cherchent à se distinguer, qui se privent volontairement d'influences par crainte de perdre une personnalité qu'au fond ils ne possèdent pas. Or, un texte peut d'après lui pénétrer son lecteur et révéler une part de lui-même dont il n'avait pas conscience. Ce que l'artiste emprunte aux autres peut devenir source d'une nouvelle oeuvre personnelle. Et Gide ne manque pas d'étayer son propos d'éminents exemples : ainsi est-ce Pouchkine qui insuffla à Gogol l'idée de son chef-d'oeuvre, Les Âmes mortes. Pour Gide, seuls les grands hommes ne craignent pas de se laisser influencer comme, en retour, l'imité a besoin de ses imitateurs pour devenir un grand homme. Au fond, Gide anticipe ici sur le problème de la création littéraire posé plus tard dans Les Faux-Monnayeurs.

empty