• En 1890, débute la première guerre franco-dahoméenne qui aboutit, trois ans plus tard, à la création de la colonie du Dahomey et Dépendances, ancêtre de l'actuelle République Populaire du Bénin. Cet ouvrage étudie, à partir d'une approche quantitative et pendant les trois premières décennies de la colonisation, le processus d'intégration de différents territoires au sein d'une entité coloniale créée de toutes pièces par une volonté extérieure. Le bilan, effectué à l'aide d'indicateurs "classiques" (mouvement des prix, termes de l'échange...) ou élaborés spécialement pour pallier l'insuffisance de nos sources ("indices de capacité monétaire", "indices de pression fiscale") fait apparaître un taux de croissance soutenu. Il met au jour d'une part les limites de l'extraversion économique et, d'autre part, la vitalité du pays en face des exigences coloniales.

  • Avocat, thé, cacao, curry, épices, mais aussi couscous ou macaroni : la liste est longue des saveurs et des cuisines venues d'ailleurs qui ont enrichi notre gastronomie. Comment sont-elles venues jusqu'à nous ? Ce mouvement lent et discontinu, sur plusieurs siècles, reflète-t-il notre rapport avec les mondes étrangers ? À des périodes d'ouverture liées à l'évolution des mentalités, ont succédé des moments de rejet au gré des crises et des résurgences du nationalisme. Car manger la nourriture des autres, c'est entretenir à la fois notre imaginaire et notre corps.
    En l'espace de deux siècles, l'intérêt pour les culture culinaires différentes s'est accru dans le monde : la gastronomie a, dans un souci de renouvellement des plaisirs de la table, intégré ces nouveautés, tout en les adaptant aux cuisines nationales.
    Intimement lié aux mouvements de population, aux aventures coloniales, aux guerres et aux crises, ce « goût de l'étranger » se révèle ici un exercice subtil qui, au fil du temps, a connu grâce à des moyens de diffusion accrus, une démocratisation de plus en plus large.
    À partir des sources privilégiées que sont les recueils de recettes, les revues culinaires, les guides gastronomiques, les oeuvres littéraires... cet ouvrage invite à découvrir le regard porté sur les nourritures étrangères, et, par-delà, sur l'Autre.
    Hélène d'Almeida-Topor est professeure émérite à l'Université Paris I. Spécialiste des mondes africains, elle a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels : L'Afrique au XXe siècle (Armand Colin), Naissance des États africains (Casterman), Les Professeurs (Seili Arslan).
    Traditions culinaires et influences étrangères au tournant du XIXe siècle. Les cuisines des autres au XIXe siècle. Les plaisirs gustatifs de l'exotisme. Les transferts intercontinentaux de modèles culinaire. Les influences culinaires étrangères jusqu'aux années 1960 : entre extension et restriction. Une gastronomie renouvelée. Une restauration ouverte sur l'étranger. La démocratisation des saveurs. Confectionner chez soi des mets étrangers

  • « L'Afrique a toujours été une terre d'aventures et d'exotisme », « La colonisation a exploité l'Afrique », « L'Afrique n'a pas surmonté les handicaps hérités de la colonisation », « L'Afrique vit dans la pauvreté, sous la menace de la famine et de la maladie », « Les Africains ne sont pas mûrs pour la démocratie », « L'Afrique vit de l'aide internationale », « L'Afrique noire n'intéresse pas le reste du monde » ... Hélène d'Almeida-Topor nous convie à la découverte des multiples facettes d'un continent complexe dont on ne montre trop souvent que guerres, famines et autres pandémies.

  • L'ancien royaume du Danhomè, qui se développe à partir du XVIIe siècle sur la côte du golfe de Guinée, fonde sa puissance sur une organisation militaire rigoureuse. L'existence, au sein de son armée, de troupes d'élite féminines est un fait unique à cette époque. Ce sont ces guerrières que les Européens ont appelé les « amazones », par référence aux héroïnes de l'antiquité. Admirées par leurs compatriotes, craintes par les populations voisines, ces femmes soldats sont, aux yeux des Africains, des personnages extraordinaires. Les Européens, habitués à croire que les vertus militaires sont des apanages de la virilité, les trouvent tout aussi exceptionnelles. Elles-mêmes se sentent différentes, fortes, invulnérables. Éduquées pour la guerre, vouées au combat, elles attaquent toujours les premières, galvanisent le courage des soldats masculins par leur stupéfiante intrépidité. Cependant, à la fin du XIXe siècle, l'Afrique est le champ des rivalités européennes. La France convoite le Danhomè, qu'elle baptisera Dahomey. C'est la guerre. Les amazones se battent contre les troupes françaises, défendent le royaume, succombent devant un ennemi mieux armé. Elles disparaissent en même temps que l'indépendance de leur pays. Ce livre est leur histoire, que raconte Hélène d'Almeida-Topor, après une longue enquête en Afrique.

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