• Une somme sur la violence des rapports économiques dans le monde, du Moyen Age à nos jours.

    La guerre économique est à l'économie ce que la science de la guerre est à la politique, un affrontement pour capter les ressources. Dès la préhistoire, les hommes s'affrontent pour conquérir les meilleurs territoires de chasse et de cueillette, tandis que Phéniciens, Égyptiens, Romains et Chinois de l'Antiquité sécurisent leurs routes commerciales pour éliminer la concurrence. Au Moyen Âge, les marchands allemands regroupés au sein de la Hanse mènent des guerres, déclenchent des blocus économiques, le tout au nom de la défense de leurs intérêts commerciaux. Avec les grandes découvertes, les États européens prennent les rênes et se livrent de terribles batailles pour s'emparer des épices des nouveaux mondes. Lors du premier conflit mondial, détruire le potentiel commercial de l'adversaire est un des buts de guerre affichés, tandis qu'aujourd'hui les multinationales affrontent l'hyperconcurrence avec leurs propres armes, lesquelles n'ont souvent rien à envier à celles des services de renseignements et de sécurité des États.
    On comprend, à la lecture de cette synthèse, pourquoi le mythe libéral du " doux commerce " a toujours nié cette évidence : la politique n'a pas le monopole de la violence. Elle le partage avec l'économie.
    " La guerre économique est incessante, protéiforme et nous donne l'occasion, grâce à cet excellent livre, de revisiter l'histoire du monde sous un autre angle. " Les Échos.

    1 autre édition :

  • Depuis une dizaine d'années, les États-Unis mobilisent une arme économique dont les élites européennes sont en train d'évaluer les dégâts et que l'opinion publique ne soupçonne pas : leur droit, leurs lois, qu'ils appliquent au-delà de leurs frontières et qui leur permettent de s'ingérer dans la politique étrangère et commerciale de leurs ennemis comme de leurs alliés. Cibles prioritaires : les entreprises européennes en général, et françaises en particulier. Méthode : sanctionner en infligeant de lourdes amendes, fragiliser, racheter. Washington joue au shérif économique pour préserver et enrichir ses intérêts nationaux.

  •    Le 11 septembre 2001, les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone ont plongé le monde dans la stupeur, au point que beaucoup ont été tentés d'y voir un changement de paradigme, le moment où est « mort le monde ancien ». Cinq ans plus tard, il est temps que nos yeux se décillent : ce monde partagé en deux blocs n'est pas mort en 2001, nous dit Ali Laïdi, mais en 1989 avec la chute du Mur. Avec l'émergence d'une unique hyper-puissance, la guerre froide, de nature idéologique, s'est muée en une guerre économique mondiale, une guerre menée par tous contre tous, qu'on appelle par euphémisme mondialisation.   Les effets de cet affrontement non-violent sont ravageurs pour des civilisations traditionnelles, dont les modes de vie et les valeurs plient sous la déferlante d'images, de sons et de mots venus d'ailleurs, porteurs de modernité et de promesses de mieux-être que rien ni personne ne peut satisfaire.   Chez les populations musulmanes, elle se heurte à une résistance plus farouche qu'ailleurs. L'inertie de leurs gouvernements et de leurs élites, voire la compromission de celles-ci avec l'Occident, ne font que décupler la frustration et la rage de populations arabes qui ont l'impression de ne plus maîtriser leur destin. La religion devient alors pour les plus exaltés d'entre eux le seul refuge de leur identité menacée, le dernier sanctuaire de leur souveraineté personnelle et collective. Loin d'être la source de leur haine, comme le veut un contresens couramment répandu en Occident, elle en est le vecteur, le mode d'expression.   Face au danger d'une « guerre sans fin » où le terrorisme, larme des faibles, susciterait une réponse toujours plus belliqueuse des forts, Ali Laïdi plaide pour que l'Occident prenne enfin conscience des dommages collatéraux occasionnés par la mondialisation, et pour que les élites arabes, de leur côté, fassent sauter les verrous qui enferment leurs peuples dans le cercle vicieux de l'échec et du ressentiment.

  • "Cette enquête de plusieurs années dans les coulisses des gouvernements, aux États-Unis, en Chine, au Japon, en Europe, dévoile les stratégies des États pour protéger leurs fleurons industriels. Ali Laïdi détaille les différents systèmes d´intelligence économique. Il montre que certains États ne se gênent pas pour mettre leurs organes de sécurité et de renseignement au service du chiffre d´affaires de leurs multinationales. La guerre économique fait rage et les États montent au front. Des fonds souverains du Sud peuvent acheter l´ensemble du Cac 40. La Chine mène l´offensive en Afrique. La CIA décrète que la crise économique est la plus grande menace pour la sécurité des États-Unis. Nicolas Sarkozy crée un fonds d´investissement made in France. Des pays acquièrent ou louent des terres à l´étranger pour préserver leur sécurité alimentaire. Le commerce à l´heure de la mondialisation est un champ de bataille qui oblige les États à transformer leurs fonctionnaires en guerrier du business. Économistes, diplomates, policiers, espions et militaires...tous partagent le même objectif : défendre les intérêts économiques de leur pays."

  • La guerre économique est partout. Elle oppose les États entre eux, les entreprises entre elles, les États aux entreprises, les marchés aux États... Ses champs de bataille sont sans limites. Subventions déguisées, espionnage industriel, guerre de l´information, manipulation des monnaies, évasion fiscale... tous les coups sont permis. Les tensions montent et la tentation du protectionnisme revient en force.
    Hier, la guerre économique était totalement ignorée. Ceux qui osaient en parler passaient, au pire, pour des adeptes de la théorie du complot, au mieux, pour des incultes en matière économique. Pas étonnant, car la guerre économique est rejetée aussi bien par les libéraux que par les penseurs de la gauche et de l´extrême gauche.  Or, comme le montre l´auteur, dans cette investigation généalogique, ses racines intellectuelles et philosophiques sont très anciennes. Elles puisent dans les textes des grands auteurs depuis Sun Tzu jusqu´à Raymond Aron en passant par Rousseau, Hobbes, etc., pour aboutir à sa forme contemporaine. La guerre économique n´est pas une idéologie. Elle n´est que le symptôme d´un nouveau malaise de la civilisation.  Ali Laïdi, docteur en science politique, chercheur à l´IRIS, est chroniqueur à France 24, chargé du journal de l´intelligence économique. Il a récemment publié Les États en guerre économique, Le Seuil, 2010, prix Turgot IES.

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