• Par un rappel des grandes étapes de l'histoire des Allemands au cours des deux derniers siècles, propose des repères qui permettront au lecteur de comprendre les rapports, parfois complexes, que les Allemands entretiennent avec le fait national et la démocratie. Une réflexion sur la réalité de la division et sur le processus de réunification.

  • Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Qui définit ce nous ? Qui disons-nous qu'ils sont ? Quels fondements ce ils ? Chacun possde des identités multiples, que ce soit dans son vécu, au sein de la société, d'institutions et d'organisations, ou dans des champs transnationaux. La notion imprécise d'identité européenne constitue cet égard un bon exemple d'entrecroisement des facteurs d'identification.
    Le vécu est en partie déterminé par la mémoire individuelle, et plus encore par une prétendue mémoire collective dont la transmission s'effectue essentiellement par la famille, par l'école, et par les médias dont les influences modlent les identités.
    Le tout acquis est aussi absurde qu'un tout inné auquel fait croire le développement de la génétique et de ses applications. Pas plus qu'un tout sexe n'équivaut l'identification la relation autrui, commencer par l'amour. Les conceptions de l'identité sont liées aux questionnements ultimes et les réponses psent en retour sur la façon dont les groupes humains conçoivent et organisent leur avenir, donc sur la politique.
    Une réflexion précieuse au moment o les questions identitaires ressurgissent avec tant de force.

  • J'agis et je porte des jugements sur les actions d'autrui. J'approuve et je désapprouve. Au nom de quoi ? Je choisis, je préfère. Par référence à quelles valeurs ? Je reste à l'écart ou je me joins à d'autres. À quels autres ? Au nom de quelles solidarités ? La politique n'est pas seulement le comment et le quand. C'est aussi le pourquoi. Pourquoi dira-t-on d'un régime qu'il est efficace ? Pourquoi acceptera-t-on ou rejettera-t-on la légitimité de tel ou tel pouvoir ? Pourquoi tel acte de violence sera-t-il un crime pour les uns, un exploit pour les autres ? La trahison passe pour un crime. Mais qu'est-ce qu'un traître ? Au nom de quoi les épurations ? La politique n'est pas tout, mais la politique est en tout. Dans le difficile rapport que chaque société, que chacun de nous établit entre les fins sociales et les fins privées. Dans la relation de toute collectivité avec son passé et dans les choix qu'elle fait entre la mémoire et l'oubli. Dans toute pédagogie, puisque toute influence se réfère à des valeurs qui doivent la justifier. Et c'est ainsi que tout naturellement, la recherche des pourquoi politiques conduit à l'interrogation sur les justifications ultimes, sur la façon dont chacun, le marxiste ou le chrétien - ou encore l'auteur -, fonde les valeurs qui donnent un sens à ses jugements et à ses actions.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Publié en 1958, cet ouvrage l'Alfred Grosser tente de donner l'image globale de la République fédérale d'Allemagne, "pays à la fois proche et mal connu". Comme il l'indique en préambule, il est toujours difficile d'achever le portrait d'un État contemporain, notamment en ce qui concerne sa politique extérieure. L'auteur s'est donc attaché à offrir à ses lecteurs une concision et une lisibilité aussi grandes que possible, en signalant autant que faire se peut ce qu'il considère comme des manquements dans son ouvrage.

  • "Chacun contribue à changer le monde, ne serait-ce que par sa façon de se comporter à l'égard de l'Autre.
    Puis-je immodestement affirmer que j'ai exercé une influence sur mon temps un peu plus que la plupart des gens ? Grâce à un ensemble de chances, même si, au départ, les circonstances ont relevé plutôt de la tragédie". Né en 1925, professeur à Sciences Po pendant trente-six ans ainsi qu'à Polytechnique, HEC, Stanford University, journaliste à La Croix, au Monde, à Ouest-France et dans les radiotélévisions allemandes, Alfred Grosser a effectivement été, durant soixante ans, un homme de réflexion et d'influence.
    Engagé pour la compréhension franco-allemande depuis 1947, il tient en Allemagne la place d'observateur-participant. Athée, il ne cesse de jouer un rôle un peu analogue dans le catholicisme français. Dans ce livre-bilan, il expose sa méthode de pensée et d'action, son rapport au politique, et fustige les abus des puissants de l'économie et la béance des inégalités dans notre société. La dénonciation de "la foire sur la place" que constitue le milieu parisien ne l'empêche pas de présenter ses joies culturelles qui comprennent aussi le sport, mais surtout la musique.
    Ces joies - étendues à celles du couple et de la famille - n'empêchent pas son interrogation insistante sur la souffrance et la mort, dans leur réalité et dans la façon dont elles sont perçues aujourd'hui. En fin de compte, Alfred Grosser rectifie l'image donnée par Albert Camus : il est un Sisyphe heureux parce que, à chaque chute, la pierre reste un peu plus haut qu'à la retombée précédente.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les Occidentaux, ce sont les gouvernements - ceux de la France, de la Grande- Bretagne, de l'Allemagne fédérale, de l'Italie - en harmonie ou en conflit avec les dirigeants américains. Ce sont aussi les entreprises et les partis communistes, les syndicats et les Églises. De Gaulle et Roosevelt, la défense de Berlin, la guerre américaine succédant en Indochine à la guerre française, l'Europe organisée comme alliée et comme rivale, le dollar secourable et le dollar égoïste ; les accords et les désaccords face à l'Union soviétique ou au Tiers Monde, mais aussi la contestation étudiante à Berkeley, à Berlin et à Nanterre : les Etats-Unis sont présents, comme acteurs ou comme image, dans la plupart des évolutions que vivent les Européens.
    Montrer les permanences et les changements; tenir compte des situations nationales sans négliger les données politiques, stratégiques, économiques, psychologiques communes ; ne pas négliger l'accidentel, mais dégager les composantes de base de relations multiformes - le lecteur dira si l'auteur y est parvenu.
    Comme il en a l'habitude, il a voulu aller à contre-courant, c'est-à-dire présenter au lecteur des éléments de réalité qui ne lui sont pas familiers et lui faire remettre en cause sa vision des choses. Comme le livre paraît simultanément en allemand à Munich, avant de paraître en américain à New York, il fallait en même temps montrer au lecteur français que son anti-américanisme néglige des éléments essentiels de la réalité, au lecteur américain que l'anti- américanisme français n'a certes pas seulement des fondements psychologiques, et au lecteur allemand que la situation particulière de son pays a réduit considérablement son esprit critique à l'égard des Etats-Unis. Cette exigence contradictoire a constitué pour l'auteur un défi stimulant.

    Alfred Grosser est à la fois professeur d'université, journaliste et, selon la formule du jury du prix de la Paix qui lui a été remis à Francfort en 1975, " médiateur entre Français et Allemands, entre incroyants et croyants, entre Européens et hommes d'autres continents ".

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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