Collection XIX

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    Eh bien, non, jamais je n'écrirai : CONCUBINE !Concubine, concubinage, c'est atroce. Il écorche la bouche et offense les yeux. Jamais une femme ne se décidera à l'écrire, encore moins à le prononcer. Vous aurez beau dire qu'il est bien fait, qu'il a pour lui les parchemins d'une étymologie classique, que les juges et les avocats n'en emploient pas d'autre, la moins prude de toutes répondra par un grand « Fi donc ! » et ouvrira les ailes de son éventail.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • MON CHER AMI,Mon procédé est bien simple ; quand j'entends parler d'un grand homme je me procure son portrait - sa photographie. J'analyse ses lignes, et je sais presque toujours, au bout de très-peu de temps, s'il est au-dessus ou au-dessous de ce qu'on dit de lui, ce que les événements auxquels il est mêlé ont de concordant avec son être physiologique, si sa destinée est de les dominer ou de les subir ; à quel héros de l'antiquité, à quel dieu de la fable, à quel animal il correspond ; j'établis les rapports, les influences, ne faisant fi de rien, ni de ce que la science pure démontre, ni de ce que l'observation spéculative propose.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Puisque, à la première nouvelle de mon arrestation, sans vous demander ce qu'il y a de vrai et de faux dans les bruits contradictoires qui courent sur mon compte, vous vous êtes souvenu de nos amicales relations et que vous m'avez décidé à vivre le plus longtemps possible, au nom de mon enfant et de mon honneur, je commence aujourd'hui, je ne dirai pas seulement le mémoire des faits dont la connaissance exacte est indispensable à l'avocat qui veut bien se charger de ma cause, mais le récit confidentiel, scrupuleux, inexorable des événements, des circonstances, des pensées qui ont amené la catastrophe du mois dernier.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • 20 août 1880. Mon cher Claretie, Vous avez publié le 24 août un long article dans le Temps, sur les derniers procès de mademoiselle Dumaire et de madame de Tilly. Cet article contenait à la fin les lignes suivantes : Je m'attendais à ce que M. Dumas prît la parole dans ce vif et poignant débat. Il est le grand avocat consultant de ces causes saignantes, et je ne sais pas de président qui puisse résumer comme lui les faits de semblables procès et en déduire toutes les conséquences. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • J'avais vingt-quatre ans, l'ouvrage manquait ; il n'était question en France que des mines de la Californie. A tous les coins de rue, des compagnies s'organisaient pour le transport des voyageurs. C'était entre tous ces accapareurs à qui se ruinerait en promesses, à qui s'épuiserait en magnificences. Je n'étais pas assez riche pour me croiser les bras ; j'étais assez jeune pour perdre un ou deux ans à la recherche de la fortune. Je résolus de risquer mille francs et ma vie, les deux seules choses qui fussent bien complétement à ma disposition.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • A dix-huit lieues à peu près de Munich, que le Guide en Allemagne de MM. Richard et Quetin désigne comme une des villes les plus élevées non-seulement de la Bavière, mais encore de l'Europe ; à neuf lieues d'Augsbourg, fameuse par la diète où Melanchthon rédigea, en 1530, la formule de la loi luthérienne ; à vingt-deux lieues de Ratisbonne, qui, dans les salles obscures de son hôtel de ville, vit, de 1662 à 1806, se tenir les états de l'empire germanique, s'élève, pareille à une sentinelle avancée, dominant le cours du Danube, la petite ville de Donauwoerth.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Vers les premiers jours du mois d'avril 1784, à trois heures un quart à peu près de l'après-midi, le vieux maréchal de Richelieu, notre ancienne connaissance, après s'être imprégné lui-même les sourcils d'une teinture parfumée, repoussa de la main le miroir que lui tenait son valet de chambre, successeur mais non remplaçant du fidèle Raffté ; et, secouant la tête de cet air qui n'appartenait qu'à lui : - Allons, dit-il, me voilà bien ainsi.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Un soir pluvieux du mois de février 1846, je pris une grande résolution. Je décidai que j'irais au bal de l'Opéra.En conséquence de cette résolution subite et bizarre, je rentrai chez moi à minuit, et je m'habillai. Comme Murat, je me faisais beau pour la mort.Certes, le bal de l'Opéra est chose bien lugubre ; certes, il est impossible de réunir, dans une des plus grandes salles du monde, plus de gens qui s'ennuient, et cependant, par une attraction que j'ai souvent subie sans la comprendre, j'allais, ce soir-là, encore tenter l'aventure et me mêler à cette réunion de fous tristes qui font, chaque semaine, veiller, pendant une nuit, la moitié de cette ville qui s'intitule la ville la plus intelligente du monde civilisé.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Black

    Alexandre Dumas

    M. le chevalier de la Graverie en était à son second tour de ville.Peut-être serait-il plus logique d'entrer en matière en apprenant au lecteur ce que c'était que M. le chevalier de la Graverie, et dans lequel des quatre-vingt-six départements de la France était située la ville dont il longeait l'enceinte.Mais nous avons résolu, dans un moment d'humour qui nous a probablement été inspiré par le brouillard que nous avons respiré dernièrement en Angleterre, de faire un roman complètement neuf, c'est-à-dire de le faire à l'envers des autres romans.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le 22 mars de l'an de grâce 1718, jour de la mi-carême, un jeune seigneur de haute mine, âgé de vingt-six à vingt-huit ans, monté sur un beau cheval d Espagne, se tenait, vers les huit heures du matin, à l'extrémité du pont Neuf qui aboutit au quai de l'Ecole. Il était si droit et si ferme en selle, qu'on eût dit qu'il avait été placé là en sentinelle par le lieutenant général de la police du royaume, messire Voyer d'Argenson.Après une demi-heure d'attente à peu près, pendant laquelle on le vit plus d'une fois interroger des yeux avec impatience l'horloge de la Samaritaine, son regard, errant jusque-là, parut s'arrêter avec satisfaction sur un individu qui, débouchant de la place Dauphine, fit demi-tour à droite et s'achemina de son côté.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Pauline

    Alexandre Dumas

    PAR
    ALEXANDRE DUMAS - Tous droits réservés - Vers la fin de l'année 1834, nous étions réunis un samedi soir dans un petit salon attenant à la salle d'armes de Grisier, écoutant, le fleuret à la main et le cigare à la bouche, les savantes théories de notre professeur, interrompues de temps en temps par des anecdotes à l'appui, lorsque la porte s'ouvrit, et qu'Alfred de Nerval entra.Ceux qui ont lu mon Voyage en Suisse se rappelleront peut-être ce jeune homme qui servait de cavalier à une femme mystérieuse et voilée qui m'était apparue pour la première fois à Fluélen, lorsque je courais avec Francesco pour rejoindre la barque qui devait nous conduire à la pierre de Guillaume Tell : ils n'auront point oublié alors que, loin de m'attendre, Alfred de Nerval, que j'espérais avoir pour compagnon de voyage, avait hâté le départ des bateliers, et, quittant la rive au moment où j'en étais encore éloigné de trois cents pas, m'avait fait de la main un signe, à la fois d'adieu et d'amitié, que je traduisis par ces mots : « Pardon, cher ami, j'aurais grand plaisir à te voir, mais je ne suis pas seul, et.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le 4 décembre 1846, mon bâtiment étant à l'ancre depuis la veille dans la baie de Tunis, je me réveillai vers cinq heures du matin avec une de ces impressions de profonde mélancolie qui font, pour tout un jour, l'oeil humide et la poitrine gonflée.Cette impression venait d'un rêve.Je sautai en bas de mon cadre, je passai un pantalon à pieds, je montai sur le pont et je regardai en face et autour de moi.J'espérais que le merveilleux paysage qui se déroulait sous mes yeux allait distraire mon esprit de cette préoccupation, d'autant plus obstinée, qu'elle avait une cause moins réelle.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Amaury

    Alexandre Dumas

    Il y a une chose qui est à peu près inconnue à tout le reste de l'Europe et qui est particulière à la France, - c'est la causerie.Dans tous les autres pays de la terre, on discute, on parle, on pérore ; en France seulement on cause.Quand j'étais en Italie, en Allemagne ou en Angleterre, et que j'annonçais tout-à-coup que je partais le lendemain pour Paris, quelques-uns s'étonnaient de ce brusque départ, et demandaient : - Qu'allez-vous faire à Paris ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La Hollande est la patrie des chemins de fer ; de la Haye à Amsterdam, les ingénieurs hollandais n'ont pas eu un ravin à combler, pas une taupinière à fendre. Au reste, le pays est toujours le même : une vaste prairie toute coupée de cours d'eaux, des bouquets de bois du vert le plus frais, des moutons ensevelis dans leur laine, des vaches avec des paletots.Rien n'est plus scrupuleusement vrai que les paysages des maîtres hollandais.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Conscience

    Alexandre Dumas

    Sur les limites du département de l'Aisne, à l'ouest de la petite ville de Villers-Cotterets, engagées dans la lisière de cette magnifique forêt qui couvre vingt lieues carrées de terrain, ombragées par les plus beaux hêtres et les plus robustes chênes de toute la France peut-être, s'élève le petit village d'Haramont, véritable nid perdu dans la mousse et le feuillage, et dont la rue principale conduit par une douce déclivité au château des Fossés, où se sont passées deux des premières années de mon enfance.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le Capitaine Paul

    Alexandre Dumas

    PAR
    ALEXANDRE DUMAS Vers la fin d'une belle soirée du mois d'octobre de l'année 1779, les curieux de la petite ville de Port-Louis étaient rassemblés sur la pointe de terre qui fait pendant à celle où, sur l'autre rive du golfe, est bâti Lorient. L'objet qui attirait leur attention et servait de texte à leurs discours était une noble et belle frégate de 32 canons, à l'ancre depuis huit jours, non pas dans le port, mais dans une petite anse de la rade, et qu'on avait trouvée là un matin, comme une fleur de l'Océan éclose pendant la nuit.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • PUBLIÉES PARALEXANDRE DUMAS - Tous droits réservés - J'étais depuis longtemps lasse de ma vie telle que je la menais. Mes étés à Sceaux, que l'on m'enviait, me semblaient durs à passer, je vous assure ; et ma maison de la rue de Beaune, qui se remplissait chaque jour, où l'on dînait, où l'on soupait, était réellement trop lourde pour ma bourse.J'étais entre M. de Formont et le président Hénault. Dans la première partie de mes Mémoires, j'ai conté comment j'avais fait connaissance avec Formont.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • PRÉSIDENT du Comité de l'oeuvre qui nous réunit aujourd'hui, c'est un devoir heureux pour moi d'adresser de chaleureux remercîments à tous ceux qui nous ont donné un si généreux appui.Notre entreprise était difficile, et souvent de vives inquiétudes venaient paralyser notre initiative.Mais un jour, - un heureux jour ! - un éminent artiste nous tendit la main, et tous les obstacles s'aplanirent devant sa grande notoriété. Avec un désintéressement sans égal, Gustave Doré nous offrit d'exécuter la statue de l'auteur d'Henri III, de Mademoiselle de Belle-Isle et des Mousquetaires.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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