• Lorsque, depuis son portable, dans la rue, Brigitte rompt avec son amoureux Jérôme Epilogue au prétexte qu'il a reçu un texto d'amour d'une certaine Sophie, la vie de Jérôme s'effondre. Et lorsqu'en rentrant de sa banque, les affaires de Brigitte ont disparu, il sait que c'est vraiment fini. Un seul objet, symbole de leur amour, semble oublié sous un meuble. Une boule de neige avec un couple d'esquimaux. Quand on la secoue, ils se frottent le nez en un baiser sans fin ...

    D'une situation banale, Alain Rémond tire une comédie où l'absurde le dispute au réel. A la manière d'un Raymond Devos, il nous embarque dans un récit cocasse où s'invitent les travers, les chimères et les mensonges de notre monde contemporain. On rit, un peu, beaucoup. Beaucoup.



    Journaliste et écrivain, Alain Rémond, auteur de nombreux ouvrages, retrouve ici la verve et l'humour de sa célèbre chronique Mon Oeil longtemps publiée dans Télérama.

    Alain Rémond est journaliste et écrivain. Il a longtemps travaillé à Télérama, où il tenait la rubrique Mon oeil. Il a publié une vingtaine de livres, dont Les Chemins de Bob Dylan (Ed. de l'Epi, 1971), Montand (Ed. Henri Veyrier, 1977), parmi lesquels plusieurs récits autobiographiques très remarqués dont Chaque jour est un adieu (2000), Un jeune homme est passé (2002) publiés au Seuil comme son dernier ouvrage: Un putain de vent de nord-est (2018).

  • « Il y a un complot dont personne ne parle : c'est celui des cintres. Je suis convaincu qu'ils veulent notre peau. En vérité, le cintre est l'ennemi du genre humain. Ce ne sont pas là paroles en l'air. Encore moins propos de paranoïaque. Si j'accuse le cintre, c'est à la suite de longues années d'observations scientifiques. Et surtout de douloureuses expériences personnelles. Car si le cintre en veut à l'humanité, il m'en veut d'abord à moi, personnellement. Le cintre est mon ennemi intime. Le cintre est intrinsèquement pervers. Le cintre est né pour tuer. Pierre Desproges avait vu juste : dans l'un de ses sketches les plus métaphysiques, il avait démasqué la méchanceté ontologique des cintres. Lui aussi parlait d'expérience. Mais on ne l'a pas écouté. On a laissé sévir les cintres. Et voilà pourquoi ils auront notre peau ».

    Soixante deux petites chroniques de la vie quotidienne, savoureuses, incongrues ou désopilantes. Ces méditations amusées sur l'état du monde ont été publiées initialement dans Marianne. Un régal d'intelligence et d'ironie.

  • " Il est partout, il souffle de partout, il nous attaque de partout, ce putain de vent de nord-est. Un vent mauvais qui nous déprime, qui nous fait nous claquemurer, nous enfermer. Nous voilà transis de froid, rêvant de nous retrouver bien au chaud entre nous, dans un monde qui serait comme avant, un monde rassurant, comme quand on était petits. Nous voilà fantasmant sur ce monde d'avant, ce monde où il ne faisait pas froid, où chacun était à sa place, où tout n'était qu'ordre, rigueur et discipline, autour du poêle de l'école primaire d'antan. Mais on ne va pas se laisser faire. En tout cas, moi, je n'ai pas l'intention de me laisser faire. Je me dis que je vaux mieux que ça. Que ma vie vaut mieux que ça. " Alain Rémond est né en Bretagne dans une famille de onze enfants. Il a raconté sa jeunesse dans des récits devenus de grands succès d'édition (Chaque jour est un adieu, Un jeune homme est passé, Comme une chanson dans la nuit). Il écrit un billet quotidien dans La Croix.

  • Les images

    Alain Rémond

    Jérôme et Sylvie disent adieu au Paris des années soixante. Ils vont diriger, à Bordeaux, une agence de publicité. Ils sont jeunes, ils sont dynamiques, ils ont l'intention de réussir, de former un couple à part. Ils se rêvent provinciaux comme on l'est dans les revues haut de gamme. Portés par la vague de mai 1968, ils deviennent des publicitaires à la mode, mi-gourous mi-sociologues, qui vendent des « nouilles libres » et des « yaourts antiracistes ».
    Mais les choses ne se passeront pas exactement comme prévu. Paris les rappelle, et voici Jérôme et Sylvie embarqués dans le maelström de la télévision nouvelle. C'est l'ère des conseillers en communication, du sponsoring, des clips littéraires, des chaines privées et des reality-shows.
    Du milieu des années soixante à celui des années quatre-vingt-dix, Alain Rémond, avec humour et ironie, nous conte le cheminement d'une génération qui a commencé par échanger l'existence contre les choses, et qui finit par ne plus voir le monde au-delà des images.
    A moins que Jérôme et Sylvie ne se rebiffent. Qui sait ?

  • Aprs le rcit de son enfance et sa jeunesse, Alain Rmond voque cette fois ses engagements de toujours, les ides qui le portent, confrontes l'preuve du rel et du temps qui passe.Mai 68 et Vatican II, la contestation dans les universits amricaines, la lutte pour les droits civiques, Martin Luther King... C'est ce jeune homme qui a chant "We Shall Overcome" que nous verrons, au fil des pages, chercher s'accomplir sans se trahir, quitter la religion pour embrasser la politique, puis dcouvrir que ses combats exigent dsormais un nouvel outil. Le journalisme devient sa discipline quotidienne, l'autre nom de son engagement citoyen. Et la condition de son bonheur.Un rcit la fois intime et passionn, dans la veine de Chaque jour est un adieu, qui nous donne en partage des moments rares. Alain Rmond au meilleur de lui-mme.

  • «Mon lieu préféré, à Rome, c'est un grand parc qui vient tout juste d'être ouvert au public, la villa Pamphili. J'y vais à pied, les fins d'après-midi. C'est l'heure où j'ai rendez-vous avec moi-même, avec mon enfance, avec ma famille. Je pense à mon père, à la mort de mon père, à la guerre entre mes parents, au silence de mon père, à notre silence à nous, les enfants. Je suis heureux et j'ai peur. L'étrange douceur de la villa Pamphili me serre le coeur. Il va bientôt faire nuit. Les promeneurs sont des ombres. De violentes odeurs montent de l'herbe. Je rentre au Collegio tel un fantôme, glissant dans l'air comme à travers l'absence. C'est l'heure de retrouver mes amis américains. Ce soir, Mike va sortir sa guitare et chanter We shall over-come - oui, nous vaincrons nos ennemis.» Après Chaque jour est un adieu, Alain Rémond, avec la même sincérité et la même sensibilité, évoque ses années de formation.

  • « Je veux rire, une fois encore, de nos délires ensemble. Sur les chemises bicolores. Sur Twin Peaks, sur Urgences. Sur les vaches. Sur tant d'histoires qui n'avaient pas forcément de rapport avec la télé parle de tout et de n'importe quoi (surtout de n'importe quoi). Oui, je pense à vous. Chacun se battant dans sa vie, pour sa vie. Contre la bêtise et le mensonge, contre tout ce qui manipule et avilit. Mais je n'ai pas envie de sortir les grands mots. Ça ne vous ressemble pas, les grands mots. Je vous vois au quotidien. Dans le jardin, au soleil. Dans les manifs. Les bagarres. Les fêtes avec les amis. Pas les grands mots, non. Les balades au bord de la mer. Le chat qui plisse les yeux sous la lampe. Les confidences et les secrets. Un livre qui fait vivre. Une vieille chanson qui se réveille dans la tête. Le plaisir tout bête de rigoler d'un taré à la télé... »

  • « Toutes ces années à faire un métier qu'on aime, dans un journal qu'on aime. Et puis c'est fini. Toutes ces questions qui font revenir l'enfance, le long film de la vie. On débusque des énigmes. On croise des fantômes. On bute sur des secrets. Tout arrive par bouffées, à l'improviste, par effraction. Qu'est-ce qu'une vie ? Qu'est-ce qui fait qu'on peut dire: voilà, c'est ma vie ? Le travail, les rencontres, l'amour, les enfants, les deuils, les échecs, les souffrances... Et ces moments d'incroyable bonheur avec celle qu'on aime, avec les enfants, avec la couleur du ciel et l'odeur de la terre. Ces moments qu'on se jure de ne jamais oublier, comme un viatique pour affronter la vie quand on ne sait plus, quand on a peur. » AR

  • «Après trois récits autobiographiques, après avoir dû répondre, encore et encore, aux mêmes questions sur ma vie, j'ai eu peur de me faire voler l'intime de mon intime. Et j'ai eu envie de me cacher, de me protéger, en écrivant un roman, une fiction. Et puis je me suis aperçu que j'avais fait fausse route. Que ce roman était raté, nul et non avenu. Alors j'ai voulu comprendre ce qui m'était arrivé. S'il n'y avait pas quelque chose de plus obscur derrière ce désir. Et j'ai tiré le fil de multiples questions. Qui ramènent toutes, en définitive, à celle-ci : que veut dire raconter sa vie ?

    J'ai essayé de remonter jusqu'à la source. Jusqu'à cet enfant habillé de blanc sur une photo oubliée.»

  • Son métier, aux éditions Hurtebise, c´est de " mettre en forme " les romans des autres. Essentiellement, en l´occurrence, les innommables salades de Bannister, le best-seller maison. Qui produit à la chaîne des romans vaguement politiques, vaguement policiers, vaguement sentimentaux et totalement nuls. C´est à lui, Jérôme, de leur donner du ton, du style, de les faire tenir debout.

    Mais sa vraie passion, à Jérôme, c´est Santenac. L´auteur génial et météorique de trois livres, au début des années 1960, racontant des histoires de famille.
    Trois livres et puis plus rien : Santenac, soudain, a disparu, plus personne ne l´a jamais revu.

    Avec Jean-Paul, son ami d´enfance devenu journaliste, Jérôme n´a qu´une idée en tête : retrouver Santenac. Et lire les livres qu´il a forcément écrits, au fin fond de sa retraite. Justement, ce matin-là, alors qu´il vient de prendre livraison du nouveau manuscrit de ce crétin de Bannister, Jérôme reçoit un coup de téléphone de Jean-Paul : il a retrouvé Santenac, il sait où il se cache. Ils vont tout de suite partir, quelque part dans un coin perdu de l´Aveyron, pour enfin réaliser leur rêve. Santenac, pour l´un et l´autre, est beaucoup plus qu´un simple écrivain. Ses livres sont une question de vie ou de mort. Surtout pour Jérôme, qui y trouve ce qu´il n´a jamais eu : une famille.

    Car les livres, c´est la vie. Et lire, c´est vivre. Mais le rideau va se déchirer. Santenac n´est peut-être pas à la hauteur du rêve. À la hauteur de la passion des livres...

    On n´en dira pas plus sans gâcher le plaisir.

  • ' Je sursaute à cette seule idée : d'autres gens y habitent, dans notre maison. Et ça reste complètement insupportable. Combien de temps a-t-elle été à nous ? J'avais six ans quand on s'y est installés. J'en avais vingt-cinq à la mort de ma mère, quand e

  • Voici le portrait bourré d'humour des vacanciers que nous finissons toujours par être un jour ou l'autre, quand nous oublions pour quelque temps les obligations du quotidien, pour n'avoir plus comme seule préoccupation : " Alors, on déjeune dehors ou dedans ? " Croquées sur le vif, ces scènes pleines de malice font ressurgir les souvenirs et venir aux lèvres un sourire vaguement nostalgique. À lire d'urgence en période de rentrée, et même après !

  • Bordebec, c'est un vieux routier de la gauche. Il en a vu d'autres, des partis, des gouvernements, des programmes. Malendroit, c'est un jeune ministre du centre. Il est encore tendre mais ses quenottes s'aiguisent. Blaise Rascal, c'est le journaliste. Des duels, il en provoque chaque mois et sait mieux que quiconque stimuler les adversaires. Le rouge est mis, la caméra s'allume une fois de plus. L'émission démarre comme d'habitude. Et puis...

  • Pourquoi ne pas faire un peu de bricolage le 31 décembre ? À moins que vous ne préfériez vous ouvrir la main en essayant d'ouvrir les huîtres, ou bailler d'ennui en entendant les commentaires habituels des journalistes après les voeux présidentiels... Ah ces fêtes de fin d'année que l'on attend pendant des semaines et qui ne sauraient aller sans leur lot de drôleries et de douces déconvenues ! Vivement l'année prochaine...

  • « Voici que me reviennent soudain, violemment, intensément, les deux ou trois années autour de mes vingt ans. C´est tellement loin, c´est tellement vieux ! Mes vingt ans, c´était en 1967. J´étais coopérant en Algérie, à Djemâa-Saharidj, un petit village de Kabylie. J´avais vingt ans et le sentiment d´avoir déjà trop de souvenirs. J´essayais de comprendre qui j´étais, ce qui était en train de se jouer dans ma vie. J´allais devoir choisir : la fidélité à ma ``vocation´´, ce désir d´être prêtre, depuis mon enfance. Ou le basculement dans une autre vie, un autre destin. Mais on ne sait pas comment les choses se passent. On ne voit pas les signes que nous fait le destin. Ou alors après, longtemps après. Et c´est pourquoi je vais parler de Jacques Vallot. Du rôle qu´il a joué, mystérieusement, obscurément, dans ce que fut ma vie d´après.»

  • « Écrire sur mes parents, écrire sur ma soeur Agnès, c'est ma litanie des saints à moi, c'est ressusciter des visages, des paroles, des secrets, c'est ressusciter des vies disparues. Comme j'aurais voulu ressusciter les vies disparues sous le hangar, près de la ferme abandonnée, alors que tombait cette pluie de fin du monde, quand j'ai ramassé les papiers de famille de ces inconnus, toute leur vie dispersée, jetée aux quatre vents, livrée aux passants. » A. R.

    Dans ce récit à la fois simple et prenant, porté par une langue musicale, Alain Rémond poursuit la quête qui a fait le succès de ses récits autobiographiques, depuis Chaque jour est un adieu.

  • L'abstentionnisme électoral a longtemps été négligé par la science politique. L'école française d'étude des élections s'est curieusement désintéressée de ce phénomène, tenu sans doute pour négatif et par nature peu politique.

    L'ouvrage d'Alain Lancelot est ainsi la première étude d'ensemble qui lui soit consacrée. Etude historique qui fait appel à toutes les expériences électorales que la France a connues depuis la Révolution, étude géographique qui complète un atlas départemental par une analyse cantonale détaillée, étude sociologique utilisant les résultats des sondages d'opinion, étude juridique enfin, ce travail ne voudrait laisser dans l'ombre aucun des aspects de l'abstentionnisme.

    Or ce phénomène est divers : la typologie qui termine le volume permet de distinguer des catégories d'abstentionnistes dont le nombre, l'évolution et les motivations sont fort différents. Pour les uns l'abstentionnisme est purement accidentel, pour d'autres c'est une attitude politique conditionnée par la conjoncture électorale du moment, pour d'autres enfin il s'agirait plutôt d'une norme culturelle traduisant un défaut d'intégration à la société.

    Illustré par beaucoup de graphiques et de cartes, dont six cartes hors texte par canton, et complété par de nombreuses annexes (textes, statistiques, bibliographie), ce livre constitue également un ouvrage de référence pour l'étude des élections françaises.

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