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  • Son métier, aux éditions Hurtebise, c´est de " mettre en forme " les romans des autres. Essentiellement, en l´occurrence, les innommables salades de Bannister, le best-seller maison. Qui produit à la chaîne des romans vaguement politiques, vaguement policiers, vaguement sentimentaux et totalement nuls. C´est à lui, Jérôme, de leur donner du ton, du style, de les faire tenir debout.

    Mais sa vraie passion, à Jérôme, c´est Santenac. L´auteur génial et météorique de trois livres, au début des années 1960, racontant des histoires de famille.
    Trois livres et puis plus rien : Santenac, soudain, a disparu, plus personne ne l´a jamais revu.

    Avec Jean-Paul, son ami d´enfance devenu journaliste, Jérôme n´a qu´une idée en tête : retrouver Santenac. Et lire les livres qu´il a forcément écrits, au fin fond de sa retraite. Justement, ce matin-là, alors qu´il vient de prendre livraison du nouveau manuscrit de ce crétin de Bannister, Jérôme reçoit un coup de téléphone de Jean-Paul : il a retrouvé Santenac, il sait où il se cache. Ils vont tout de suite partir, quelque part dans un coin perdu de l´Aveyron, pour enfin réaliser leur rêve. Santenac, pour l´un et l´autre, est beaucoup plus qu´un simple écrivain. Ses livres sont une question de vie ou de mort. Surtout pour Jérôme, qui y trouve ce qu´il n´a jamais eu : une famille.

    Car les livres, c´est la vie. Et lire, c´est vivre. Mais le rideau va se déchirer. Santenac n´est peut-être pas à la hauteur du rêve. À la hauteur de la passion des livres...

    On n´en dira pas plus sans gâcher le plaisir.

  • « Voici que me reviennent soudain, violemment, intensément, les deux ou trois années autour de mes vingt ans. C´est tellement loin, c´est tellement vieux ! Mes vingt ans, c´était en 1967. J´étais coopérant en Algérie, à Djemâa-Saharidj, un petit village de Kabylie. J´avais vingt ans et le sentiment d´avoir déjà trop de souvenirs. J´essayais de comprendre qui j´étais, ce qui était en train de se jouer dans ma vie. J´allais devoir choisir : la fidélité à ma ``vocation´´, ce désir d´être prêtre, depuis mon enfance. Ou le basculement dans une autre vie, un autre destin. Mais on ne sait pas comment les choses se passent. On ne voit pas les signes que nous fait le destin. Ou alors après, longtemps après. Et c´est pourquoi je vais parler de Jacques Vallot. Du rôle qu´il a joué, mystérieusement, obscurément, dans ce que fut ma vie d´après.»

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