Littérature générale

  • Le lion

    Joseph Kessel

    "Un lion dans toute la force terrible de l'espèce et dans sa robe superbe. Le flot de la crinière se répandait sur le mufle allongé contre le sol.

    Et entre les pattes de devant, énormes, qui jouaient à sortir et à rentrer leurs griffes, je vis Patricia. Son dos était serré contre le poitrail du grand fauve. Son cou se trouvait à portée de la gueule entrouverte. Une de ses mains fourrageait dans la monstrueuse toison."

  • Les cavaliers

    Joseph Kessel

    Kessel a situé en Afghanistan une des aventures les plus belles et les plus féroces qu'il nous ait contées. Les personnages atteignent une dimension épique : Ouroz et sa longue marche au bout de l'enfer... Le grand Toursène fidèle à sa légende de tchopendoz toujours victorieux... Mokkhi, le bon sais, au destin inversé par la haine et la découverte de la femme... Zéré qui dans l'humiliation efface les souillures d'une misère qui date de l'origine des temps... Et puis l'inoubliable Guardi Guedj, le conteur centenaire à qui son peuple a donné le plus beau des noms : "Aïeul de tout le monde"... Enfin, Jehol "le Cheval Fou", dont la présence tutélaire et "humaine" plane sur cette chanson de geste... Ils sont de chair les héros des Cavaliers, avec leurs sentiments abrupts et du mythe les anime et nourrit le roman.

  • L'armée des ombres

    Joseph Kessel

    • Hatier
    • 21 Mars 2012

    OEuvre en extraits longs, en lien avec le thème « Agir dans la société » du nouveau programme de français en 3e.
    Résumé
    Dans un roman construit comme un thriller, Joseph Kessel retrace le parcours de ces hommes et de ces femmes - incarnés ici par Philippe Gerbier, Le Bison, Lemasque, Mathilde, Petit Jean - qui ont choisi la voie difficile de la Résistance au péril de leur vie.
    Un des chefs-d'oeuvre de l'écrivain et le roman-symbole de la Résistance.
    L'auteur
    Fils d'émigrés juifs, Joseph Kessel (1898-1979) a été engagé volontaire durant la guerre de 1914-1918, puis résistant pendant la Seconde Guerre mondiale. Son oeuvre de journaliste et romancier se signale par son goût de l'aventure et son engagement.
    L'édition Classiques & Cie collège
    Soigneusement annoté, le texte est associé à un dossier illustré, qui comprend :
    - un guide de lecture intitulé « Un roman engagé sur la Résistance », avec des repères, un parcours de l'oeuvre et un groupement de documents,
    - une enquête documentaire, « Pourquoi et comment est née la Résistance ? ».

  • En 1956, Joseph Kessel approche les soixante ans. Devant cet écrivain et journaliste reconnu, les patrons de presse et les éditeurs consentent aux projets de reportages les plus audacieux. Saisi par un désir d'Afghanistan, il se revoit à Orenbourg : dans le grand magasin de son grand-père, où passaient des caravaniers venus de Samarcande, Tachkent, Mazar-y-Chérif. Cela fait longtemps que l'Afghanistan est devenu la patrie de ses rêves, celle de l'enfance évanouie. Kessel veut découvrir ce pays.
    Ce qu'il fera du voyage ? Des images, des notes... Accompagné d'une équipe de tournage dont le jeune Schoendoerffer fait partie, Kessel est saisi par ce qui sera le sujet de son aventure : le bouzkachi, sport national, affrontement de centaures où l'homme et le cheval ne font qu'un. Un jeu à la mesure du géant Kessel.
    Le Jeu du roi est le journal de cette expédition afghane, un récit et un hommage à ce pays irréductible.

  • En Syrie

    Joseph Kessel

    «La Syrie ? Que savons-nous d'elle ? Avouons-le sans faux orgueil : quelques réminiscences historiques sur les croisades, quelques pages célèbres, les beaux noms de Damas, de Palmyre, de l'Euphrate, voilà tout notre bagage pour une grande et féconde contrée placée sous Mandat français. Mais qui discerne l'importance de ce Mandat ? Qui - à part de très rares spécialistes - pourrait tracer la physionomie politique de ce pays ? Qui expliquerait pourquoi l'on s'y bat et qui se bat ? Ce berceau des civilisations, ce lieu de passage prédestiné, dont la richesse et la beauté ont retenu, sans les mêler, tant de peuples, cette terre où poussent avec une force ardente les croyances et les hérésies, déroute et confond.» Le premier reportage de Joseph Kessel, publié en 1926. Des pages d'une surprenante actualité.

  • Belle de jour

    Joseph Kessel

    "Ce que j'ai tenté avec Belle de Jour, c'est de montrer le divorce terrible entre le coeur et la chair, entre un vrai, immense et tendre amour et l'exigence implacable des sens. Ce conflit, à quelques rares exceptions près, chaque homme, chaque femme qui aime longtemps, le porte en soi. Il est perçu ou non, il déchire ou il sommeille, mais il existe." Joseph Kessel.

  • "C'était avant la guerre quatre inséparables dont le plus âgé avait 82 ans et le plus jeune 75.
    Toujours à la même heure, toujours dans la même direction, par tous les temps, ils faisaient leur promenade sur la fine route blanche, ombragée par les charmes, qui passe devant Arras. La guerre vint.
    Et toujours à la même heure, dans la même direction, sur la fine route blanche, éventrée par les obus, vérolée par la pluie des shrapnells, sous les charmes élancés qui gémissent au vent des balles, quatre silhouettes se profilent, grêles, qui vont de nouveau à pas menus, avec des gestes calmes et lents."

    Première Guerre mondiale est un recueil de textes - témoignages et nouvelles - écrits par le jeune Joseph Kessel. Il est marqué par son expérience à l'hôpital de Nice où affluent les premiers blessés du front, mais aussi par les bouleversements des hommes et du monde en temps de guerre, sur lesquels il porte un regard poignant, tour à tour optimiste et révolté.

  • L'équipage

    Joseph Kessel

    "L'ombre d'un avion sur le sol vint détourner le cours de sa rêverie. Virense rentrait avec Michel. La douceur de l'atterrissage montra la science du pilote. Jean se dirigea vers l'appareil pour interroger les camarades. Mais aucun d'eux ne sortait des carlingues. Herbillon appela sans obtenir de réponse. Sourdement inquiet, il se hissa sur le marchepied du pilote et poussa un cri. Le gouvernail, les parois, le coussin de cuir étaient couverts de sang et Virense affaissé sur le siège avait les yeux clos." Enrôlé dans l'aviation française durant la Première Guerre mondiale, Joseph Kessel remporte avec L'équipage son premier grand succès, et fait entrer, dès 1923, l'aviation en littérature.

  • Le coup de grâce

    Joseph Kessel

    Le coup de grâce est le roman d'une amitié virile, d'abord passionnée, puis trahie, enfin restaurée dans sa pureté intransigeante. Hippolyte Bibard, sergent cassé de grade, est envoyé à Damas pour une mission inconnue. Là, il rencontre le commandant Féroud, alias Mehemet Pacha. Éminence grise des États de tout le Moyen-Orient, Féroud règne au centre d'un réseau immense d'où émanent des ordres implacables exécutés par une armée invisible. Entre les deux hommes naît une relation de chef à subordonné exemplaire, renforcée par une amitié profonde. Jusqu'au jour où Hippolyte découvre que Féroud est l'esclave d'une courtisane libanaise, Violette, qui se jette entre les deux hommes et les précipite l'un contre l'autre.

  • Joseph Kessel pose un éclairage cru et impitoyable sur Hollywood.

    En 1936, Joseph Kessel débarque aux États-Unis. Hollywood ville mirage, publié en 1937, est le récit de son voyage au sein de l'industrie florissante du cinéma. Malgré les trois quarts de siècle écoulés depuis, nombre d'aspects dépeints par le reporter-romancier n'ont en rien changé.

    Dans une langue limpide et précise, Joseph Kessel dépeint le lieu comme une cité ouvrière, semblable, malgré son luxe, aux villes minières. Les habitants d'Hollywood, producteurs, techniciens ou stars, sont tous, selon Kessel, des ouvriers ficelés à leur travail par une drogue puissante : le cinéma. Ils en sont tous arrivés " au dernier stade : celui où l'on considère l'intoxication comme un état naturel ".

    Hollywood fascine et rebute l'auteur qui a pourtant déjà arpenté la moitié de la planète ; il l'appelle le " lieu le plus artificiel de la terre, qui convertit en industrie colossale les visages et les sentiments, qui les débite pour le monde entier comme des conserves ". Tentant de comprendre la société américaine, il croit saisir comment Hollywood parvient à tenir l'Amérique entière sous hypnose : " Le peuple des États-Unis est un peuple qui s'ennuie. " Hollywood s'adresse selon lui aux " déshérités du plaisir, aux damnés de l'ennui ". Kessel ne fait donc pas de quartier. Il pose sur Hollywood un éclairage cru et impitoyable. Il affirme néanmoins : " Ce n'est ni mépris, ni haine. Mais plutôt, en vérité, de l'amour déçu ". Qui aime bien...

  • Montmartre au petit jour. Chaque matin, l'auteur, attablé au Sans-Souci, voit passer une femme dans la rue. Elsa Wiener, il l'apprendra bientôt, a fui l'Allemagne. Son mari Michel y est resté, enfermé dans un camp. Elle chante dans les boîtes de nuit. Elle vit seule avec un enfant juif, Max, que les nazis ont rendu infirme.

    On suit avec fascination la lente chute d'Elsa, sa déchéance, au nom d'un amour qui n'existe peut-être pas.

    Avec le portrait de cette passante des aubes transies de Pigalle, Kessel semble dire adieu au Paris des années folles. Ce livre, publié en 1936, parlait pour la première fois sans doute des camps de concentration hitlériens.

  • "Il n'est point de romancier, a écrit Joseph Kessel, qui ne distribue ses nerfs et son sang à ses créatures, qui ne les fasse héritières de ses sentiments, de ses instincts, de ses pensées, de ses vues sur le monde et sur les hommes. C'est là sa véritable autobiographie." Il en est ainsi du Tour du malheur, ce grand roman que Kessel mit vingt ans à mûrir, dix ans à écrire. Tout son temps s'y retrouve, en une ronde de personnages qui apparaissent, disparaissent, reviennent.
    Le personnage central en est Richard Dalleau. Engagé volontaire dans la guerre de 1914-1918, grand avocat ensuite, Richard est un de ces jeunes hommes qui aiment la vie, entièrement, furieusement. Dans toutes ses beautés et toutes ses jouissances. Fort et vite. Trop fort. Trop vite.

  • "Il n'est point de romancier, a écrit Joseph Kessel, qui ne distribue ses nerfs et son sang à ses créatures, qui ne les fasse héritières de ses sentiments, de ses instincts, de ses pensées, de ses vues sur le monde et sur les hommes. C'est là sa véritable autobiographie." Il en est ainsi du Tour du malheur, ce grand roman que Kessel mit vingt ans à mûrir, dix ans à écrire. Tout son temps s'y retrouve, en une ronde de personnages qui apparaissent, disparaissent, reviennent.

    Le personnage central en est Richard Dalleau. Engagé volontaire dans la guerre de 1914-1918, grand avocat ensuite, Richard est un de ces jeunes hommes qui aiment la vie, entièrement, furieusement. Dans toutes ses beautés et toutes ses jouissances. Fort et vite. Trop fort. Trop vite.

  • De son périple africain du début des années cinquante, Joseph Kessel rapporte des expériences inoubliables, du lac Victoria au Kilimandjaro : la rencontre d'une tribu de Pygmées au bout d'une piste improbable ; la traversée en bateau à moteur du Nil, fleuve mythique ; l'authentique récit, au cours d'une soirée au coeur de la brousse, de l'amitié entre une lionne et une petite fille... Les captivants reportages d'un géant de la littérature du XX e siècle : un sens du détail sans égal, une troublante magie.

  • Joseph Kessel voit plus de choses en une page que dautres en un volume. En publiant Hong-Kong et Macao en 1957, il nous offre lhistoire dun mythe. Celui du plus grand centre de lopium et de la capitale du jeu, métamorphosés en deux postes fronticres du monde occidental et de la Chine. Défilent les personnages les plus étranges, les récits les plus singuliers, entre police secrcte, no mans land, richesses insoupçonnées, prostituées et miséreux.

  • La steppe rouge

    Joseph Kessel

    Des scènes de la vie privée en Russie bolchéviste. Un professeur de mathématiques calme et pondéré devient communiste et commissaire du peuple, maltraite sadiquement un village ; il meurt chef d'une bande antisoviétique après avoir brûlé vifs dans la grange où ils dorment ses compagnons prêts à le trahir.
    Un père et son petit garçon de dix ans sont fusillés ; mais le petit garçon n'a pas été tué, il revient chez sa mère et sa soeur qui soignent sa blessure ; une cousine le dénonce ; la mère empoisonne l'enfant avec du laudanum plutôt que de le rendre à ses bourreaux.

    Un jeune bourgeois poursuivi est caché dans une cellule de fou furieux par son ami médecin aliéniste ; il passe une nuit entière à se défendre contre le dément qui occupe avec lui la cellule : quelques mois plus tard, parvenu à se mettre en sûreté, il rencontre dans la ville où il a trouvé refuge... le dément, autre bourgeois en parfaite santé mentale et qui, de son côté, durant la terrible nuit, l'avait cru fou furieux.

    Ce livre, le premier de Joseph Kessel, a révélé d'emblée un écrivain formé à l'école de la vie.

  • En octobre 1918, on demande des aviateurs volontaires pour la Sibérie. Joseph Kessel, sous-lieutenant de vingt ans, s'embarque à Brest. Vladivostok est une ville soumise à la loi de la jungle. Une ancienne caserne enferme six mille prostituées. À bord de leur train de luxe, l'ataman Semenof et ses cosaques font régner la terreur.

    Une nuit, au cabaret L'Aquarium, Kessel rencontre Léna, une chanteuse mince, triste, qui murmure : "Aime-moi noire..." Ainsi commence une étrange et poignante histoire d'amour, à la mesure de cette fin du monde.

  • L'épopée du bataillon de parachutistes français entraîné en Écosse au cours de l'année 1944, et dont l'action héroïque paralysa les mouvements des troupes allemandes cantonnées en Bretagne, rendant ainsi possible la progression des Alliés en Normandie après le débarquement.

  • Vent de sable

    Joseph Kessel

    Vent de sable a été écrit à la suite du voyage que fit Kessel avec Émile Lécrivain sur la ligne Toulouse-Casablanca-Dakar. Lécrivain était le plus ancien pilote de cette ligne qu'il avait ouverte officiellement le 1er juin 1925. Casablanca et ses boîtes de nuit, Agadir et son quartier réservé, le fort Juby et le pénitencier militaire, Villa Cisneros et sa garnison espagnole sont les différentes étapes de ce raid. Pendant son voyage et aux escales, Kessel apprend à connaître les pionniers de l'aviation civile parmi lesquels comptaient Mermoz et Saint-Exupéry. Audacieux, simples et modestes, envoûtés par le désert, ces hommes considéraient le transport du courrier comme une religion. Chaque semaine, ils accomplissaient un tour de force pour apporter les sacs à bon port, au péril de leur vie.

  • Trois nouvelles composent ce recueil. La première se déroule dans l'Irlande déchirée par la guerre : Mary de Cork arme la main de son fils et l'engage, pour raison politique, à commettre un parricide. La deuxième se passe en Russie : on prête à Nestor Ivanovitch Makhno toutes les audaces, toutes les cruautés, mais, un jour, une jeune fille juive lui tient tête. Dans le dernier récit, nous sommes à Paris, l'hiver : Sogoub a froid, il entre chez des émigrés russes - c'est un être vil, un déclassé douteux.

    Mary, Makhno, Sogoub sont pourtant des coeurs purs, car, selon Kessel, "les coeurs instinctifs sont purs sans qu'intervienne aucune notion morale, purs à la manière d'un vin, d'une pierre ou d'un poison, purs par leur violence et leur intégrité".

  • La rose Java

    Joseph Kessel

    1919, Extrême-Orient. Après avoir parcouru la moitié du monde pour servir en Sibérie, deux lieutenants aviateurs français regagnent leur patrie. Ils sont très jeunes, ardents à vivre vite et fort : alcool, jeu, rixes et femmes. Ils embarquent à Kobé (Japon) sur un vieux cargo hollandais, la Rose de Java, qui doit les mener à Shanghaï. Ils croyaient y trouver quelques jours de repos, mais ils découvrent à bord une jeune femme surnaturellement belle, séquestrée dans une cabine par un vieil Anglais. Qui est cette femme ? Et lequel des deux jeunes gens en fera sauvagement la conquête au péril de sa vie ? Telle est l'histoire que nous conte sans laisser un instant de répit au lecteur, l'un de nos plus grands romanciers de l'aventure.

  • Contes

    Joseph Kessel

    Ce volume réunit les contes que Joseph Kessel a publiés sous forme de plaquettes à tirage limité de 1926 à 1928. Plus proches de la nouvelle que du conte merveilleux par leur facture, ces quinze récits brefs mêlent les souvenirs d'une jeunesse aventureuse aux relations orales recueillies lors d'un tour du monde effectué à la fin de la Première Guerre mondiale. Ils introduisent le lecteur dans un univers violent et tragique, peuplé de personnages cosmopolites gravés à la pointe sèche, et où résonnent les échos de la barbarie bolchevique. Envoûtants par leur puissance dramatique, ils révèlent les talents d'un conteur à la plume nerveuse et incisive.

  • Wagon-lit

    Joseph Kessel

    Alerté par la silhouette d'une femme entr'aperçue dans la rue, Estienne est assailli par le souvenir d'une histoire vécue onze ans plus tôt. C'était en 1921. Il voulait rejoindre sur la Volga, pour faire un reportage, une équipe de secours aux affamés envoyée par les Américains. Après une journée d'errance et une nuit de débauche à Berlin, il repart vers l'est et s'arrête en Lituanie où son visa pour la Russie se fait attendre. Il rencontre Nicolas Naoum et ses amis, Russes exilés, militants révolutionnaires animés d'un bel idéal, Nastia, la Tzigane, reine de ses nuits de plaisir et d'ivresse, et surtout la déroutante Nina, tantôt lointaine et tantôt folle, tenaillée par son désir de connaître Paris. Estienne l'aidera à réaliser ce rêve. D'une bien étrange manière, sans quitter la Lituanie.

  • Les captifs

    Joseph Kessel

    À deux heures de l'après-midi, comme un couvercle ouaté, sur le Pelvoux le silence tombe. La cure commence qui porte son nom.
    Aux balcons, les grands stores sont baissés. Ils protègent contre le vent, la neige, le soleil et les sons. Sur leurs lits, les malades s'allongent immobiles. Ni livres ni jeux. Il faut que le corps et l'esprit, livrés à eux-mêmes, connaissent l'absolu repos.

    Ils sont tous là, parallèlement alignés comme pour une étrange revue que passe un chef invisible et sévère.
    Alors, tandis que s'endorment les agitations, un regard intérieur s'ouvre sur les malades. Les plus frivoles n'y peuvent échapper. Du recueillement auquel chaque jour les oblige la cure, naissent des pensées vagues et sourdes. Le corps engourdi communique à l'esprit une torpeur féconde. Tout ce qui l'encombrait dans les heures passagères, les vanités, les fièvres mesquines, - tout se décante, s'apaise.
    Des nuages flottent. De lourds choucas s'abattent sur la neige.
    Comment ne pas saisir l'essentiel des choses ?

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