Sciences humaines & sociales

  • C'est en observant la répartition des richesses et leur distribution que l'on met en lumière la façon dont elles sont partagées et que l'on perçoit le fonctionnement des sociétés, l'accaparement par certains des ressources et des privilèges et les inégalités socio-spatiales qui en découlent. Il n'existe pas de définition universelle de la richesse. À quelque échelle que ce soit, la richesse est toujours multidimensionnelle et toutes ses formes sont liées entre elles, qu'elles concernent le revenu, le patrimoine économique ou ce qui a trait au pouvoir, au savoir, à la santé, à l'accès aux ressources naturelles et culturelles, etc. Le livre repose sur l'étude d'expériences locales comparées en France et au Brésil dans les territoires du Nord-Pas de Calais et du Minas Gerais, à différentes échelles et sur des terrains variés : de la région à la métropole et au quartier, des espaces miniers encore en activité ou reconvertis aux espaces naturels protégés.

  • Surgie de l'eau et de la boue, au coeur des lagunes, Venise a été l'objet d'un façonnement et d'un soin jaloux et quotidien qui n'ont connu aucune trêve. Car il fallait mener dans un site fragile, que l'on pensait providentiel, la défense contre les périls des eaux saumâtres au milieu desquelles les hommes s'étaient tôt installés. Sans cesse des pilotis furent enfoncés et remplacés, des digues élevées et renforcées, des canaux creusés et curés, de la terre charriée et amassée pour conquérir toujours plus d'espace. Le travail de création vénitienne fut aussi un immense effort et une longue oeuvre de construction de ponts et de quais, de palais et d'églises, de maisons et d'entrepôts... De la sorte, jour après jour, année après année, la ville a été inventée, dans un mouvement toujours continué qui tendait vers l'élaboration d'une beauté formelle ; par cette exigence de théâtralité monumentale, il s'agissait de mettre en représentation l'imaginaire d'une grâce divine. Mais Venise, aux derniers siècles du Moyen Age, ne fut pas qu'un décor de pierres et de briques : elle a été aussi façonnée par les pas, les postures et les mots des hommes. Et fut ainsi modelée une culture urbaine dévoilant les rapports que les Vénitiens entretenaient avec leur histoire. C'est cette invention de Venise qui est ici reconstituée jusqu'au moment où, vers 1500, elle semble atteindre une plénitude.

  • La représentation que l´on se fait des déserts est souvent loin d´être exacte. Aussi, parler du Sahara revient-il très vite à confronter imaginaire et réel. Il faut pourtant se rendre à l´évidence : le Sahara contemporain est d´abord urbain, constellé de

  • Lyon 1250-1550. Réalités et imaginaires d'une ville, propose un voyage entre Rhône et Saône au temps où la ville rayonnait par ses foires, ses livres et ses poètes. Le parcours commence par deux brèves synthèses qui font revivre la ville au premier XVIe siècle et les rapports qu'elle a entretenus au fil des siècles avec ses fleuves. Il se poursuit par une analyse du célèbre Plan scénographique de 1550 et s'attarde sur les gens des métiers. Les belles séries fiscales conservées aux Archives Municipales permettent de définir un groupe socioprofessionnel original, les affaneurs, et de comprendre la spécificité des confréries lyonnaises à la fin du Moyen Âge. La vie politique de la cité rhodanienne entrée en 1312 seulement dans le royaume de France et longtemps située à sa frontière, est étudiée sous l'angle de l'historiographie, des emblèmes de la ville et de la production documentaire considérée comme un acte politique. En suivant la plume alerte de Jacques Rossiaud, le voyageur s'intéressera aussi aux manières de vivre des Lyonnais et Lyonnaises entre XIVe et XVIe siècle : l'alimentation, les langues et les façons de s'exprimer, l'éducation que recevaient les jeunes et les formes souvent violentes que prenait leur sociabilité, les relations amoureuses enfin. L'itinéraire s'achève par une reconstitution des rituels et des représentations urbaines. L'étude d'une procession d'un exceptionnel intérêt, la fête des Merveilles et ses métamorphoses, conduise le lecteur du temps où l'archevêque de Lyon régnait en seigneur sur la ville à l'aube de la Contre-Réforme. Tout au long du parcours, on rencontre des Lyonnais célèbres, les François Garin, Pierra Sala ou Symphorien Champier, mais on découvre aussi de multiples destins forgés par une étonnante mobilité sociale et géographique (tels les Meynier alias Lyure) . L'ouvrage comble un manque de la production historiographique et procure une vue riche et originale sur l'histoire de l'une des grandes villes d'Europe entre Moyen Âge et époque moderne. Fruit d'une longue familiarité avec les archives lyonnaises, le livre est une synthèse qui ouvre de nouvelles pistes de recherche.

  • Pratique privée autant que sociale, l'hospitalité est souvent évoquée et même requise dans les interrogations sociales actuelles : du droit d'asile à la solidarité familiale en passant par l'accueil des réfugiés et la resocialisation des marginaux et exclus, l'hospitalité est simultanément objet d'admiration et cultivée comme une vertu morale et de défiance, source de conflits. Proche de l'expérience concrète, ce livre envisage l'hospitalité comme une pratique sociale critique de la vie quotidienne, dans laquelle bon gré mal gré, l'être humain se réalise.

  • Villeneuve d'Ascq, c'est aujourd'hui plus de 60 000 habitants et seulement 40 ans d'histoire. Nombre de Villeneuvois d'aujourd'hui ont vécu en direct sa naissance au milieu des années 1970. Leur témoignage permet de comprendre comment les aspirations à « mieux habiter » y ont été vécues, comment une mémoire locale s'est sédimentée autour de quelques événements rassembleurs - mobilisations collectives à la suite de nombreuses malfaçons dans les constructions, lancement des chartes d'aménagement et de concertation, fêtes de quartier. On retrouve certaines valeurs et utopies « post soixante-huitardes » portées par les aménageurs et par beaucoup des premiers Villeneuvois. Les récits recueillis participent d'une véritable « poétique sociale », pour reprendre les termes de l'anthropologue Michael Herzfeld, par exemple ceux qui évoquent les pratiques et les représentations de ce que nous appelons l'« espace public de proximité », les multiples manières de se l'approprier, de ruser avec ses limites, de le partager. Villeneuve d'Ascq a été une ville d'utopistes rêvant d'une ville plus humaine, plus conviviale, qu'ils soient aménageurs ou habitants « pionniers ». Avec le temps, l'arrivée de nouveaux habitants, elle se transforme. Ce que tous nous disent finalement, c'est que si une ville procède de politiques d'aménagement et des manières de l'habiter, une « bonne ville », celle où l'on se sent bien, c'est aussi une ville qu'on peut rêver et imaginer. Ainsi ce livre, tout en apportant des données nouvelles sur l'histoire de Villeneuve d'Ascq et sur sa sociologie, appuyées par de nombreux témoignages, entend montrer qu'une ville ne peut se comprendre hors du recueil des représentations que s'en font ses habitants.

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