• Cent sonnets

    Boris Vian

    Cent infâmes sonnets. C'est ainsi que devait s'appeler ce recueil à l'origine. Il comporte en réalité cent douze sonnets, rédigés au début des années 1940 par le jeune Boris Vian.
    Infâmes, ces poèmes ne le sont pas vraiment... sauf à considérer que les pieds de nez à la poésie, les alexandrins à treize syllabes et les calembours relèvent du sacrilège ! La poésie joyeuse de Boris Vian s'empare de toutes les thématiques chères à l'auteur - le cinéma, le jazz, les surprises-parties, l'anticléricalisme... - avec la même fantaisie langagière, le même humour où point parfois un brin de mélancolie. On y retrouve, en germe, le parolier de génie que deviendra Boris Vian.
    Dans le manuscrit autographe des Cent Sonnets conservé à la BnF figurent des illustrations réalisées à l'époque par Peter Gna, le beau-frère de Boris Vian. Cette édition présente pour la première fois au public le texte avec ces dessins burlesques qui l'ont toujours accompagné dans le plus grand des secrets.

  • Sonnets

    William Shakespeare

    • Grasset
    • 13 Février 2013

    C'est un monument. L'une des merveilles du patrimoine littéraire de l'humanité. Les 154 Sonnets de William Shakespeare sont peut-être moins connus que ses tragédies, mais pas moins qu'elles, ils n'ont cessé, depuis quatre siècles, d'ensorceler les lecteurs et de passionner la critique, à la fois par leur beauté, expression suprême de l'art poétique élisabéthai, et par leur mystère."C'est le propre de l'oeuvre accomplie, en musique comme en poésie, que de permettre une infine quantité de lectures, de traductions", écrit dans sa préface Jacques Darras qui, après avoir redonné vie et vigueur à l'oeuvre de Malcolm Lowry et à celle de Walt Whitman, nous offre aujourd'hui ces sonnets comme on ne les avait jamais lus - ou, faudrait-il dire plutôt, comme on ne les avait jamais entendus. Car tout l'enjeu de cette nouvelle traduction est bien de nous faire entendre la musique, si singulière, des vers de Shakespeare : une symphonie baroque, échevelée, d'une audace contemporaine et d'une splendeur inépuisable.

  • Dans des poèmes tout autant attachés à leur inspiration classique quà son dépassement, domesticité, jardinage et questionnements métaphysiques procurent la joie et installent le doute. Le nord des heures suivi de Sonnets des jeunes heures évoque ainsi lécoulement des jours et des mois que dure une année à travers des événements minimalistes. Non sans humour, les poèmes rendent le vent audible dans le jardin odorant. On peut fermer la radio et la télé : le merle chante, les roses sépanouissent, laraignée tisse sa toile dans les thuyas, le chat dort près du bain deau. Les tâches courantes, auxquelles on échappe ainsi grâce à la fenêtre ouverte, portent cependant lécho des déchirements humains, sociaux et politiques ; le réel et son train quotidien font ainsi naître une réflexion sur linsécurité face au changement et sur la pesanteur de la responsabilité.

  • Poète ce n'est pas un métier
    Ce n'est pas une fonction
    Ce n'est pas une occupation
    C'est un état.

    Tu t'assois sur les marches
    Tu entends crisser les étoiles
    A tête de diamant
    Tu te les insères.

    Surtout
    Ne photographie rien
    Il faudrait que tu n'écrives rien

    Car poète le soir sur l'escalier
    Dans le flux des fleurs
    C'est un état muet.

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