Sciences humaines & sociales

  • En une cinquantaine d'esquisses, qui ont la valeur de motifs aisément mémorisables, Jean François Billeter éclaire le moment historique actuel, la crise que nous traversons et le moyen pour tenter d'en sortir : la critique ne suffit plus, il faut des idées neuves, en particulier une façon juste de se représenter l'être humain et ses besoins. Ces esquisses forment un essai philosophique (car c'est de l'homme en tant que sujet qu'il s'agit) et politique. Elles s'inscrivent dans le prolongement des travaux précédents de l'auteur, mais constituent une proposition nouvelle, présentée avec la limpidité, la sobriété et la clarté dont Billeter est coutumier. Comme Un paradigme, c'est un outil de compréhension de soi et du monde, un livre à conserver, en toutes circonstances.

    Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé jusqu'en 1999 le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a notamment publié aux éditions Allia Leçons sur Tchouang-tseu, Études sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme, Lichtenberg et Trois essais sur la traduction. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards, aux côtés de Jean-Luc Godard et de l'organiste et clavecinsite Lionel Rogg.

  • " Tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas garder leur chambre " : quand, méditant le confinement, l'immense journaliste qui a réinventé et réenchanté la religion dans la presse s'empare de la formule de Pascal, cela donne le plus formidable des livres de sagesse ouverte à tous. Un guide pour réapprendre à respirer après la crise.
    Que reste-t-il de la vie profonde quand l'emporte l'instinct de survie ? Comment réapprendre à respirer après la crise ? Qu'est-ce, d'ailleurs, qu'une catastrophe ?
    Impasses de la science et impuissances du politique, clashs culturels et conflits militaires, dérèglements climatiques et désastres épidémiques : à l'heure de l'épuisement des philosophies et de la fatigue des démocraties, que nous disent nos sources spirituelles et intellectuelles ?
    Lire en Pascal, Spinoza et Descartes les critiques de notre modernité, les rend nos meilleurs guides face à nos incertitudes.
    Questionner l'héritage de Nietzsche permet de saisir l'origine et l'étendue de nos désenchantements.
    Explorer les pensées de Confucius, Lao Tseu et Bouddha éclaire l'offensive de la Chine contre les valeurs occidentales.
    Redécouvrir le message du Christ, libérateur de nos inconscients et de nos imaginaires, apporte une vraie sérénité.
    Les expériences d'hier doivent servir la sagesse de demain. Mais cette sagesse devra être humble. Ouverte à tous et propre à chacun.
    En voici le dévoilement, l'éloge et le chemin.

  • « La parole est cet instrument précieux qui nous lie aux autres, elle est au coeur de toutes les relations sociales. En ce sens elle est fondatrice de la condition humaine. Cependant la parole contemporaine témoigne d'une nette ambivalence. Jamais elle n'a connu un tel déploiement, mais elle sert le meilleur et le pire. Si elle contribue en permanence à transformer le monde dans une réciprocité aux autres, elle est aussi manipulée ou brisée par les puissants. Souvent elle est difficile à prendre ou bien elle reste sans écho, et nombreux sont les sans-voix dans nos démocraties contemporaines.

    Le silence est nécessaire à la parole, il introduit un espace de respiration, de méditation. Il est le souffle des conversations et leur tempo. Mais le silence tend à être chassé de mille manières de l'environnement social. Le bruit ne cesse de gagner et de rendre parfois la parole inaudible.

    Il est difficile aujourd'hui de s'abstraire, de trouver les conditions d'une intériorité. Le silence se fait rare. Mais peut-on parler sans se taire et donc sans écouter l'autre, peut-on penser dans le bruit ? La parole, dans ce sens, est étroitement solidaire du silence. » P.B. et D.L.B.

  • La déshabitation des certitudes marque le monde contemporain. Alors que la pratique religieuse proposée en Occident par le judéo-christianisme décroît et que l'intérêt pour les sciences humaines, notamment la psychologie et la psychanalyse, s'est affranchi des illusions et des adhésions excessives, les déçus ont-ils réinvesti la spiritualité ?

    À l'exception d'une frange restreinte de fondamentalistes de toutes obédiences, ce n'est pas la religion qui attire, mais une quête plus profonde, plus risquée, plus vivifiante aussi, à savoir la volonté de comprendre comment se tisse pour chacun le rapport entre sa spiritualité et l'Être censé la motiver.

    L'auteur, attentif à la théologie apophatique, qui ne propose aucune certitude mais interroge par la négative l'espace divin, souligne l'importance du Moi idéal, de l'Idéal du Moi et des questions sur l'origine et la finitude qui jalonnent la nouvelle démarche des chercheurs de déité.

  • Le but de l'ouvrage est d'ouvrir un champ de recherches sur le thème trop peu exploré de la position des mères dans les cas d'inceste père-fille. À l'heure où, dans nos sociétés occidentales, les fonctions parentales pourraient apparaître comme désexualisées à l'excès ou référées à une idéologie naturaliste de la différence anatomique des sexes (un papa, une maman), cet ouvrage met en lumière la part non délégable de la fonction maternelle dans la construction de la féminité. L'exemple de l'inceste agi du père sur sa petite fille démontre l'importance de la mère non seulement comme ancienne enfant (souvent ancienne victime) mais aussi comme femme pour la construction/reconstruction de sa fille victime.

  • Dans sa cellule, une jeune femme de vingt quatre ans écrit ses Mémoires : Marie Lafarge vient d'être condamnée à perpétuité pour avoir empoisonné son mari, malgré les doutes que les expertises ont laissé subsister. La France entière s'est passionnée pour son procès. Ces Mémoires, écrits à la manière d'un roman, ne dissipent pas le mystère qui entoure l'affaire, mais constituent un témoignage remarquable sur la condition féminine au XIXe siècle : rêves d'adolescence brisés par un mariage arrangé avec un rustre, qui conduit son épouse au fin fond de la Corrèze, dans une bâtisse lugubre au milieu d'une famille hostile. Lorsque M. Lafarge succombe à un mal non identifié, Marie est soupçonnée de meurtre. L'historienne Arlette Lebigre, spécialiste du droit criminel, prend alors la plume pour faire revivre ce procès dans lequel, pour la première fois, les magistrats eurent recours à des experts en toxicologie.

  • Les soins de l'âme contemporaine nécessitent l'analyse la plus fine des rapports entre le sujet parlant et ces nouvelles passions, les addictions. Si le discours sur les addictions se fait largement entendre chez les spécialistes et dans les médias, la parole des sujets est souvent réduite au rôle d'illustration, d'exemple. Cet ouvrage propose au contraire de s'attacher aux discours en eux-mêmes des sujets comme point de départ et présente une approche ancrée dans l'écoute étayée.

  • Cet ouvrage singulier traite d'une question qui concerne bon nombre de professionnels de la relation d'aide, à savoir : Comment notre impuissance à aider suffisamment notre propre famille nous a amenés à développer des compétences particulières pour prendre soin des autres, de nos patients, de nos clients.

    Conçu comme un récit qui se déploie à travers de multiples bifurcations, ce livre est d'abord  la révélation d'un drame familial qui va droit au coeur du lecteur. C'est ensuite l'histoire de la création d'une association, « Parole d'enfants », qui transforme la douleur en une passionnante aventure collective. C'est enfin, 20 ans plus tard, la question de la confiance et de la transmission au moment de passer le relais aux plus jeunes.

    En dévoilant les difficultés rencontrées comme intervenant lorsqu'il s'agit d'aider des familles en grande difficulté, l'auteur partage avec le lecteur différentes stratégies thérapeutiques originales et de nouveaux outils d'intervention concernant différentes problématiques : la négligence grave et le déficit de protection, les abus sexuels,  les deuils compliqués, les conduites délinquantes, les conflits chroniques opposant des parents et dont les enfants sont les otages, etc.

    Un beau partage d'humanité et un plaidoyer pour une clinique de l'engagement, de l'audace, de la créativité !

  • Le silence peut-il favoriser la rencontre entre deux individus ? L'originalité de cet ouvrage réside dans l'exploration de ce paradoxe. Il met en contraste le phénomène social du silence, déterminé par les codes du théâtre de la vie, et l'expérience phénoménale de celui-ci, vécue au plus intime de soi.

  • L'eglise des pedophiles Nouv.

    Lorsqu'un catholique prophétique s'en prend aux catholiques de bénitier sur les scandales de l'Église, cela donne le livre le plus dérangeant, le plus implacable et le plus vital de la saison. D'une plume sans pitié mais pleine de piété, Quantin s'affirme ici comme un grand écrivain et un polémiste inégalé. Un essai flamboyant qui fera horreur ou régal. En 1958, à l'occasion du procès du curé d'Uruffe qui avait tué sa maîtresse, Claude Lanzmann rêvait de faire comparaître l'Église tout entière, évêques et pape compris. Soixante ans plus tard, l'affaire Preynat, vite devenue l'affaire Barbarin, semble avoir réalisé son voeu. Une grande opération vérité a eu lieu, mêlant analyses judicieuses et déductions hâtives. Le procès médiatique a abouti à tant d'imprécisions qu'il est nécessaire de tout reprendre à zéro.
    Dénonçant à son tour le crime révoltant des violences sexuelles sur enfants, mais s'appuyant sur des faits rigoureusement établis, l'auteur renvoie dos à dos les accusations anticléricales simplistes et les défenses cléricales commodes. Soucieux de dépasser l'écume de l'actualité pour plonger dans les profondeurs oubliées du mal qui ronge l'homme, il fait défiler à la barre victimes et pédophiles, évêques et historiens, romanciers et thérapeutes, cinéastes et théologiens.
    Un livre-choc dicté par une seule certitude : " La Vérité rend libre ".

  • Personne ne connaît réellement ces hommes en noir qu'un hélico vient de déposer aux abords d'un petit village d'Afghanistan. Et ces autres qui sortent d'un marais pour abattre un criminel de guerre en Croatie; qui assurent la garde protégée d'un général canadien au Rwanda; qui sévissent contre des preneurs d'otages au Pérou ou qui font mentir le président Milosevic, en faisant la preuve, sur place, du non-désarmement de la Serbie.

    DENIS MORISSET a fait partie des seize premiers membres de la Deuxième Force opérationnelle interarmées (FOI2 ou JTF2) de 1993 à 2001. Sa formation et son parcours stupéfiant en secoueront plus d'un et il tient du miracle qu'il soit encore là pour tout raconter. Sept de ses compagnons ne peuvent en faire autant.

    Plus encore et pour cause, le Canada ne rendra jamais hommage à ces combattants anonymes dont les vraies médailles de bravoure se résument aux nombreuses marques encore visibles sur leur veste pare-balles.

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