Littérature générale

  • Il existe à New York une rue au nom évocateur : Division Avenue. Elle se situe dans une partie spécifique de Brooklyn, le quartier juif orthodoxe.
    C'est là que vit Surie Eckstein, qui peut s'enorgueillir d'avoir vécu une vie bien remplie : mère de dix enfants, elle passe des jours tranquilles avec sa famille. Alors qu'elle pensait être ménopausée, Surie découvre qu'elle est enceinte. C'est un choc. Une grossesse à son âge, et c'est l'ordre du monde qui semble être bouleversé. Surie décide de taire la nouvelle, quitte à mentir à sa famille et à sa communauté. Ce faisant, Surie doit affronter le souvenir de son fils Lipa, lequel avait - lui aussi - gardé le silence sur une part de sa vie. Un secret peut avoir de multiples répercussions : il permettra peut-être à Surie de se réconcilier avec certains pans de son passé.
    Avec Division Avenue, Goldie Goldbloom trace le portrait empathique, tendre et saisissant d'une femme à un moment charnière de son existence. Et nous livre un roman teinté d'humour où l'émancipation se fait discrète mais pas moins puissante.

  • C'est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément, où l'on ne sait pas très bien qui l'on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d'une guerre qu'il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d'autant plus forte qu'elle se fonde sur un déséquilibre : la famille de Baptiste est l'image d'un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui. Flanqué d'une grand-mère à l'accent prononcé, et d'une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Il entre dans une zone trouble où le sentiment d'appartenance est ambigu : vers où va, finalement, sa loyauté ?
    Écrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu'on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. L'auteur y explore les méandres des sentiments et le poids des traumatismes de l'Histoire.

  • "Vicente Rosenberg est arrivé en Argentine en 1928. Il a rencontré Rosita Szapire cinq ans plus tard. Vicente et Rosita se sont aimés et ils ont eu trois enfants. Mais lorsque Vicente a su que sa mère allait mourir dans le ghetto de Varsovie, il a décidé de se taire.
    Ce roman raconte l'histoire de ce silence - qui est devenu le mien."

  • Au début, on dirait des ombres. Un homme et une femme parlent ensemble de ceux qui les ont trahis. Ils en parlent sans cesse, obsessionnellement, à chaque fois qu'ils se revoient. Jusqu'à ce que se noue entre eux, et presque malgré eux, une étrange relation amoureuse, dont l'accomplissement semble continuellement retardé. Comme si l'envoûtement de la conversation leur faisait oublier tout le reste.

  • À l'école, quand on nous demandait ce que nos parents faisaient dans la vie, je n'avais rien à répondre, car mes parents ne faisaient rien. Ce n'était pas leur faute. Je ne comprenais pas pourquoi ils avaient fait un enfant. Ils m'ont eue, mais nous avons failli être deux. Souvent je me dis qu'ensemble il aurait été plus facile de vivre avec eux, d'obéir à ceux qui ne désiraient rien créer. À la place, je suis deux. Je ne peux ni te libérer, ni t'avaler pour de bon. J'ai dû apprendre. J'ai grandi avec toi, je suis partie avec toi, vers une lumière que moi seule arrive à voir. Ce n'est pas juste, mais c'était la seule solution.

  • Histoire d'une prostituée criminelle, La Fille Élisa (1877) jette une lumière crue sur deux mondes en marge : les maisons closes et les prisons. En retraçant la décomposition psychique d'une fille de rien, condamnée dès sa naissance à l'effacement et à la déréliction, Edmond de Goncourt, hanté par le souvenir de son frère Jules, mort aphasique sept ans plus tôt, fait ici un grand roman sur le silence. Saisissante étude où le « style artiste » se mêle à la nudité violente de l'intrigue, La Fille Élisa remporta à sa parution un succès qu'aucun des romans antérieurs des deux frères n'avait connu.

  • White

    Marie Darrieussecq

    Où? Au Pôle Sud.
    Quand? Dans un futur proche.
    Qui? Un homme et une femme.
    De l´aventure! Du froid! Du chaud! Des spectres! Des bons et des méchants! De l´amour!

    Jusqu´à quel point faut-il se débarrasser des fantômes pour faire l´amour?

  • Après Naissance de l'oubli, Jeanne Benameur aura attendu plus de vingt ans pour donner à lire un second recueil de poèmes. Comme si l'écriture poétique était le voyage d'une vie, comme si les mots, le souffle du poème, les noms égrenés au fil du temps étaient l'essence même de la littérature. Avec Notre nom est une île, la poésie n'est ni fleuve ni tempête, mais pesée du silence, paroles en archipel, murmures qui laissent entendre ce que les mots ne disent pas. L'écriture simple, limpide et épurée de Jeanne Benameur creuse l'écorce du doute, de la fragilité, pour y trouver la sève, ou le sel, d'un autre rivage. D'île en île, de visage en visage, de solitude en solitude, la poésie déplace les lignes d'horizon.

    Née en 1952 en Algérie, Jeanne Benameur devient professeur de lettres et l'écriture s'impose à elle comme une force émancipatrice et revendicatrice, à la fois intime et partagée. Ses romans - Les Demeurées (2000), Profanes (2012), plus récemment L'Enfant qui (2017) - l'ont révélée à un large public. Au point de nous faire oublier que son premier livre était un recueil de poèmes : Naissance de l'oubli (Guy Chambelland, 1989).

  • Un premier roman brillant, caustique et érudit : lorsque Ramón, avocat renommé, perd l'usage de la parole, c'en est fini de sa vie tranquille. Entre superstitions et médecines alternatives, il embarque sans le savoir dans une épopée tragi-comique.
    À cinquante ans, Ramón, avocat brillant et père de deux adolescents, découvre qu'il est atteint d'une forme rare de cancer. Il se voit alors obligé de subir une ablation de la langue, seule solution pour permettre la guérison.
    Désormais privé de parole, Ramón se lie d'amitié avec un perroquet amateur de grossièretés et fait la connaissance de Teresa, sa psychanalyste friande de gâteaux au cannabis, et d'Aldama, son médecin, convaincu que le cas de Ramón pourra lui apporter une renommée internationale.
    /> Confrontés à leurs incertitudes, tous les trois vont faire l'expérience des bouleversements engendrés par la simple mutation d'une cellule microscopique.
    Avec un humour cinglant, Jorge Comensal, nouvelle voix de la littérature mexicaine, nous livre une tragicomédie fascinante.

  • Serrée dans le carcan des coutumes, en butte à la dureté et au sommeil des coeurs, ne trouvant aucun écho à sa voix, à ses soifs, n'ayant aucun moyen de se « délivrer », une jeune femme, Samya, s'enfonce, seule, peu à peu, dans le silence et dans la tragédie. Ce premier livre d'Andrée Chedid est plus que jamais un livre d'aujourd'hui. Traversant le temps et les frontières, le cri de Samya rejoint d'autres appels, d'autres refus, d'autres espérances. « D'autres, comme moi, ont dû sentir leur vie s'effriter au long d'une existence sans amour. Si je crie, je crie un peu pour elles... Mais nos filles, nos filles peut-être ne seront plus semblables à ces mousses qui végètent autour des troncs morts. Nos filles seront différentes. Elles surgiront de l'engourdissement... »Roman à suspense, écrit dans un style dépouillé et sobre, mais lourd d'une chaude poésie, Le sommeil délivré nous atteint et nous bouleverse.

  • Et si le secret du bonheur se trouvait dans quelques échappées solitaires au bord des plus belles rivières du monde ? Si le monde trouvait enfin son sens alors qu'armé de sa canne à pêche, on tente pour la millième fois le lancer parfait ? Avec ce récit autobiographique, Thomas McGuane nous ouvre la porte d'une enfance et d'une vie passée au contact de la nature et nous invite à une parenthèse salvatrice pour mieux savourer la richesse du monde qui nous entoure et éveiller de plus grandes réverbérations en nous-mêmes.

    Icône du nature writing américain, enfant terrible de l'Ouest, Thomas McGuane nous berce de sa prose sans égale nous entraînant dans un monde sauvage dont il sait parfaitement révéler la lumineuse splendeur.

  • Pina

    Titau Peu

    Livre « coup de poing » qui dit les misères contemporaines à Tahiti, où Pina brosse le portrait dune Polynésie déchirée où deux mondes parallèles se côtoient sans se voir. Tahiti, île des différences qui séparent.
    Prix Eugène Dabit 2017

  • La possibilité d'un poème qui, anéantissant la pose poétique, donnerait consistance à une phrase dont la diction (l'énonciation, la dictée) serait véridiction... et le rapport surtendu de cette phrase à ce qui s'entend dans la musique ou dans l'interruption (rythme ou silence)... et la possibilité qu'à travers tout cela ce soit la vie qui remonte et se souvienne d'elle-même comme si elle s'en allait... Telle fut l'extraordinaire condensation d'expérience à laquelle Philippe Lacoue-Labarthe lia sa vie. Tel est l'espace de réflexion des trois essais composant ce livre qui lui rend hommage. Collection « Détroits » fondée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe

  • Rêves de train Nouv.

    « Ce livre concis et poétique sent la morille et le bois calciné. C'est une fable transpercée par les hurlements des loups et les jappements des coyotes en délire, un hymne à l'odeur âcre des épicéas géants que des bûcherons loqueteux débitent en billes, là-bas, au fin fond de l'Ouest américain, pour construire, au péril de leur vie, des ponts de chemin de fer en équilibre au-dessus des canyons. [...] Un roman qui vous emporte loin dans le silence et dans l'azur. »
    Florence Noiville, Le Monde des livres
    Au début du XXe siècle, Robert Grainier travaille à la construction des chemins de fer qui, très vite, parcourront l'Amérique. Un combat de l'homme contre la nature dans des paysages à l'immensité sauvage. Mais ce n'est pas le seul combat que mène Grainier : ébranlé par un drame personnel, il tente de donner un sens à un monde qui en a perdu, alors que son pays connaît des années décisives qui transforment profondément son identité.

  • La mort suspecte du curé Charles-Eugène Aubert dans l'hôpital où elle est infirmière va contraindre Rosalie Lambert à se confronter à des souvenirs qu'elle avait jusque-là enfouis. C'est plus de vingt-cinq ans plus tôt, dans le dispensaire où elle exerçait, qu'elle avait fait la connaissance de ce curé si charismatique. Le soupçonnant d'avoir commis des actes allant à l'encontre de son devoir, elle avait dû s'enfuir, laissant derrière elle son grand amour. Alors que ses souvenirs reviennent la tourmenter et se mêler au présent, elle va devoir convaincre les jurés qu'elle n'est pas coupable du terrible crime dont on l'accuse...

  • « L'imitation de la rose » appartient au recueil Liens de famille, dont les textes se construisent autour d'événements, apparemment anodins, mais à l'origine pourtant de profonds bouleversements chez les personnages. Ici, Laura, rentrée chez elle après un séjour en hôpital, repasse dans sa tête les conseils du médecin : calme, repos... C'est la contemplation d'un bouquet de roses, des roses trop belles, qui provoque chez elle le basculement redouté... Hélène Fillières lit trois autres textes, courts, introspectifs et poétiques, extraits du recueil Où étais-tu pendant la nuit ? « C'est là que je vais » « Silence » et « Tant de douceur ». Sa voix, sensible et délicate, offre une lecture à fleur de peau, se tenant au plus près de l'écriture de Clarice Lispector et donne ainsi à entendre le murmure étouffé des mouvements les plus secrets de l'âme.

  • Journal d'un silence

    Michel Manière

    "Qu'est-ce que c'est que ce silence ?" demande la femme. Et l'homme, au lieu de s'empresser de refermer par une réponse toute faite la brèche ouverte par la question, et ainsi tuer dans l'oeuf toutes les insinuations promptes à proliférer, marque un temps... interroge à son tour ce silence... et tombe dedans. Dès lors il va se taire et, depuis sa retraite, tenir, des mois durant, le journal de ce qui lui arrive, de ce qu'un tel silence déjoue entre les êtres d'enfermements, de sentiments convenus, d'itinéraires tracés d'avance. Et s'entrouvrir ainsi, peut-être, les portes d'un nouveau possible...

  • Une précarité, une perte : ce petit art de vivre pourrait-il arriver dans ses retranchements, fragilisé par le temps et une certaine usure des efforts ? Une crainte, mais empreinte de désir, car il s'y glisse aussi une persévérance, une prédisposition pour quelques échappées de lumière et de beauté.

    J'ai pensé trouver au retour un paquet, une lettre, une fleur. Cela suffisait pour me donner l'envie de rentrer. J'étais déjà préparée à ce qu'il n'y ait rien, mais ce rien avait déjà une aura.

  • Le poème involontaire est une brèche ouverte sur l'interrogation de la poésie. Il est celui qui s'écrit malgré soi et où le lecteur devient à la fois confident et témoin.

    Le poème involontaire ne sait pas.
    Il sent la puissante largesse du temps,
    la rupture et l'effacement. La fuite.

  • Dans les salles du Musée des beaux-arts de Montréal, Antoine et Cassandra se croisent souvent. Antoine se décide un jour à adresser la parole à Cassandra. Elle l'écoute, intriguée par cet homme fantasque, mais ne lui répond pas.

    Pour meubler le silence, Antoine raconte chaque samedi l'histoire de personnages féminins qui figurent sur certaines toiles exposées au musée.

    Mais pourquoi Cassandra est-elle incapable de sortir de son mutisme ? Et pourquoi Antoine s'entête-t-il tant à lui parler ?

    Ce roman évoque l'exil, la perte de repères et la reconstruction identitaire sur un nouveau territoire. Il évoque aussi la force de la bienveillance et de l'amitié.

  • Trou de memoire

    Pierre Devriendt

    Qui n'a jamais eu le souhait de laisser une trace, que ce soit par les liens du sang ou de la mémoire ? Seulement, cette trace est parfois loin d'être honorable...
    En Bretagne, le village sans histoire de Skerrec se retrouve soudain au coeur d'une enquête bien inquiétante. Un journaliste, venu débusquer de la matière pour son roman historique, affirme en effet que des bavures dramatiques ont eu lieu à la fin de l'Occupation. Et rien ne semble pouvoir l'empêcher de faire éclater la vérité.
    Mais de quelle vérité s'agit-il après tout ce temps, de celle qu'on voudrait trouver ou de la réalité ?
    Chronique d'une bourgade amnésique et de ceux qui l'habitent, Trou de mémoire est le second opus du cycle amorcé par Le Faiseur de blasons.

  • Élaine Audet poursuit le parcours amorcé en 2014 avec les quatrains de L'épreuve du coeur. Voyage au bout de la langue, où les mots jettent les dés du sens, de la connaissance de soi, de l'autre, et du monde. Une poésie envoûtante par sa musicalité et l'éclat de ses images. Au fil des mots, au fil de l'eau, Au fil de l'impossible dessine une quête insatiable d'infini, seule capable de faire reculer les limites.

  • Une jeune femme revient sur son passé pour tenter de comprendre les raisons de la disparition de son père.
    Anna mène une vie de famille paisible en Afrique du Sud lorsqu'elle reçoit une lettre d'Europe qui vient tout chambouler. Elle replonge avec effroi dans les années de son enfance en Corse où elle tente de comprendre pourquoi on lui a caché la vérité sur le décès de son père. Et s'il était mort pour d'autres raisons que la version officielle ? Et si cette lettre intrigante disait vrai ?
    Au creux du souvenir est la quête initiatique d'une jeune femme qui remonte minutieusement le fil de ses souvenirs et de ses blessures pour tenter d'achever un deuil impossible. Un livre sur les non-dits familiaux et les ravages du silence, toujours actuels dans la société du XXIe siècle.

  • « Commencer un beau jour à écrire pour vider mon sac (le 5/06/19) puis ne plus m'arrêter, c'est la plus grande surprise de ma vie ! Si l'écriture a été ma bouée de sauvetage, j'espère que ce recueil sera le canot me permettant d'atteindre le rivage.» 
    Ce témoignage, sous forme de poèmes et chansons, est avant tout un cri du coeur. C'est cela qui le rend si émouvant. Des traumatismes de son enfance au covid19, de la nature à l'écriture, du sport à la musique, de la souffrance à l'espérance, la plume d'Anne balaie large et chante son amour de la Vie. Si elle traite de sujets graves, cette plume sait aussi se montrer légère jusqu'à nous envoler.
    De nombreuses chansons de la variété française réécrites de façon inattendue, c'est là l'originalité de cette oeuvre, unique en son genre.
    Si vous êtes compositeur ou interprète et que vous désirez défendre une noble cause, alors vous serez peut-être inspirés par les chansons consacrées à la protection de l'enfance, chansons qui ne demandent qu'à être chantées pour faire passer leurs messages.
    À noter, ce recueil est agrémenté de superbes photos réalisées par un jeune photographe, qui vous permettront de méditer si cela vous tente.    Un témoignage fort, en poésie et en musique, qui touchera tous les blessés de la vie et ne laissera aucun lecteur indifférent.

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