Langue française

  • Il y a seize ans, Alexandra a quitté son village en disgrâce. Elle était la Cassandre des lieux : elle avait le don de prophétie, mais la malédiction qu´on ne la croit jamais. Son départ a laissé un trou béant que sa tante Marguerite a cherché à combler par un culte de seize femmes muettes dédié à son souvenir.

    Aujourd´hui, après seize ans de pérégrinations, Alexandra rentre, épuisée, au bercail. Celle qui troublait par ses visions ne dit plus rien. Aphone, elle inquiète d´autant les villageois par son silence. Que cache-t-elle de si terrible qu´elle n´en dit rien? Pourquoi est-elle revenue après seize ans?

  • Réédition en un volume de trois oeuvres de Patrice Desbiens : «Poèmes anglais», «Le pays de personne» et «La fissure de la fiction».

    Ces trois titres marquants retracent l'évolution du poète au tournant décisif des années 80 et 90.

    «Poème anglais», paru en 1988, marque la fin de la période où Desbiens vivait et écrivait à Sudbury. Ce recueil marque un point de rupture dans sa relation aigre-douce avec le milieu où s´étaient définitivement révélées sa vocation et sa problématique de poète. Il y intériorise on ne peut plus profondément la condition du francophone minoritaire et la solitude de poète dans une société banalement marchande qui n´a que faire de lui.

    «Le pays de personne», paru en 1995, a été écrit à Québec, où Desbiens a vécu de 1988 à 1991 et aussi au début des années 70. Parue à l´origine dans Un pépin de pomme sur un poêle à bois (où elle côtoyait ce dernier recueil ainsi que Grosse guitare rouge), cette oeuvre est celle où son malaise personnel rejoint le malaise collectif québécois tout aussi étroitement que le malaise franco-ontarien. L´amour, l´espoir, la poésie n´y ont pas plus facilement droit de cité.

    «La fissure de la fiction», parue en 1997, peut être considérée comme la première grande oeuvre de sa période montréalaise. Sa voix devient plus narrative pour relater une aliénation toujours aussi terriblement familière, incarnée dans le réalisme hallucinatoire d´une quotidienneté cauchemardesque. Le poète aspire au roman, mais se heurte contre l´inéluctabilité de la poésie qui le voue à la solitude, sans pays, sans amour, sans amarre.

    L´ouvrage est précédé d´une préface de Jean Marc Larivière, cinéaste et ami de l´auteur, qui fournit une synthèse fort adroite de l´ensemble de son parcours et de ses publications. Riche en balises interprétatives, cette préface est une excellente introduction à l´oeuvre de Desbiens. En postface, on trouvera des extraits de la critique et une biobibliographie détaillée.

    L'ouvrage paraît dans la collection Bibliothèque canadienne française.

  • L´ouvrage réunit une collection de courts textes (quelques lignes, quelques paragraphes, parfois deux pages tout au plus) qui portent un titre en un seul mot, comme s´il agissait d´une entrée dans un lexique personnel. Il se présente comme un carnet de réflexions détendues portées par l´humeur du moment et l´esprit d´un homme de lettres.

    Les thèmes y sont des plus divers: souvenirs de voyage, d´enfance ou de lectures, réflexions sur les travers de la société ou encore sur sa pratique de l´écriture. Mais cette diversité est traversée par l´aspiration de cerner une sagesse personnelle que les années et l´expérience ont apportée.

    Maurice Henrie a déjà signé des recueils de textes courts, mi-nouvelles, mi-essais, qui ont connu du succès. Celui-ci, cependant, pourra sembler encore plus personnel et authentique que les autres. On a l´impression d´y feuilleter un carnet, un journal intime.

  • Pourquoi s´attarder à suivre, en menu détail, le mouvement de la fumée crachée par une haute cheminée ? Le trajet d´un chant de tourterelle qui s´insinue jusqu´à la conscience du dormeur ? La montée irrépressible d´un éternuement ? Pourquoi décortiquer le désir et la timidité enchevêtrés lors d'un tête-à-tête qui prépare, peut-être, un corps-à-corps ? Pourquoi débusquer la joie dans une petite envie à peine consciente de chantonner ? Henrie est le maître des détails de la vie quotidienne. Un recueil d´une beauté et d´une simplicité brillantes qui a remporté le prix littéraire de la municipalité d´Ottawa-Carleton en 1993.

  • «Si longtemps déjà» est un recueil qui semble vibrer dans vos mains tant la voix y est authentique et assumée. La fougue dénonciatrice de la jeunesse et la sagacité de la maturité s´épousent intimement en un alliage luisant et retentissant. Comme un tocsin, l´oeuvre bat des coups de conscience qui font résonner la lucidité désespérée comme des affronts aux oppressions flagrantes, aux aliénations sournoises, aux compromissions inéluctablement consenties.

    Avis aux lecteurs qui ne la connaissent pas encore : cette Rose Després a des épines. Qui transpercent sans pitié les complaisances. Qui en soutirent goutte à goutte la dignité de l´espérance.

  • Ces «Rouleaux de printemps» ont décidément une saveur presque orientale : une écriture dépouillée, mais déchirante de vérité, une tendresse presque violente à force de désespoir, une sérénité apaisante au sein de la révolte, une pudeur presque indécente...

  • Essai, nouvelle, fragment, journal intime ou carnet d'écrivain ? « Fleurs d´hiver », c'est un peu de tout ça. Mais surtout, c´est un livre qui défie les genres, abolit les frontières et se moque allègrement des catégories que les esprits chagrins voudraient imposer à l'artiste. Au fil de textes colorés, audacieux, Maurice Henrie s´interroge, avec humour et humeur, sur le silence, l´hiver, la liberté, l´enfance, l´immortalité, l´amour et quoi encore ! Un festin inoubliable !

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