Sciences sociales / Société

  • Nous sommes malades du temps, et nous l'avons toujours été. Il nous pousse, nous devance, nous ennuie, et puis un jour, après nous avoir humiliés, il s'arrête. Nous nous plaignons de son accélération et nous en profitons en même temps. Nous avons peur pour l'avenir de la planète, pour celui de nos enfants. Nous nous jetons sur toutes sortes de méthodes de développement personnel, nous rêvons de nous montrer zen et de savoir faire preuve de lâcher-prise... et nous arrivons à peine à placer dans notre agenda numérique, entre deux rendez-vous, un temps de prière ou une séance de méditation. » Christine Cayol vit en Chine depuis quinze ans. Chaque jour, elle s'étonne un peu plus de la façon dont les Chinois appréhendent le temps : un rapport à l'organisation, à la vie, à l'avenir - diamétralement opposé au nôtre - plus efficace, plus libre, plus spirituel. Sans renoncer au progrès, les Chinois puisent dans leur culture traditionnelle une discrète sagesse du temps. Là où nous rajoutons, ils vident, là où nous ralentissons, ils accélèrent. Le temps en Chine ressemble aux vagues qui se couchent sur la plage. Il faut savoir jouer avec elles. Cette agilité du temps chinois est une source d'inspiration pour tous ceux qui savent que c'est en guérissant de la maladie du temps que l'on assumera notre responsabilité du monde à venir.

  • La vie invente chaque jour du nouveau au sein de notre société où de nouvelles solidarités se tissent. Les valeurs qui les sous-tendent ne sont plus, comme au temps jadis de la Modernité, fondées sur la croyance en la maîtrise et la puissance de la technique et de la science, mais sur l'altérité, c'est-à-dire sur les relations fluides et imprévisibles qui relient les humains entre eux et, au niveau de notre planète, les humains, les vivants et les choses, ouvrant le moment écologique dans lequel nous sommes entrés. De nouvelles institutions émergent de cet en-commun qui apparaît, à bas bruit, dans l'horizontalité de la société. Elles se fondent sur la non-puissance et la non-permanence, et elles se montrent plastiques et en transformation continuelle. Pour les penser, nous devons revisiter nos philosophies. Dans cet ouvrage, l'auteur se tourne vers des philosophies pour lesquelles la raison devient seconde par rapport à la vie et à l'existence, là où les paradoxes règnent et où le discours rationnel et scientifique cède la place à la sensibilité, à l'art et à la poésie. Ces philosophies de la liberté, de l'advenir et de l'impossible, s'enracinent dans les pensées de l'existence et de l'indicible, au croisement de l'immanence et de la transcendance, marginalisées au profit des philosophies purement rationnelles dominantes aux XIXe et au XXe siècles. Elles retrouvent aujourd'hui un espace de déploiement inattendu, qu'active la rencontre, à l'échelle de la planète, entre les sagesses et les spiritualités des différentes civilisations. Irrigant une nouvelle anthropologie, elles ouvrent des chemins inédits et enthousiasmants pour la pensée et pour l'action à travers l'incertitude et l'incomplétude de notre monde

  • Chez soi

    Mona Chollet

    • Lizzie
    • 15 Octobre 2020

    La maison, le chez-soi : de ce sujet, on a souvent l'impression qu'il n'y a rien à dire. Pourtant, la maison est aussi une base arrière où l'on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs, résister à l'éparpillement et à la dissolution. Un bel essai, intelligent et sensible, par l'auteure de Beauté fatale. Le foyer, un lieu de repli frileux où l'on s'avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l'on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l'ardeur que l'on met à se blottir chez soi ou à rêver de l'habitation idéale s'exprime ce qu'il nous reste de vitalité, de foi en l'avenir.
    Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l'on croyait fuir revient par la fenêtre. Difficultés à trouver un logement abordable, ou à profiter de son chez-soi dans l'état de " famine temporelle " qui nous caractérise. Ramifications passionnantes de la simple question " Qui fait le ménage ? ", persistance du modèle du bonheur familial, alors même que l'on rencontre des modes de vie bien plus inventifs...
    Autant de préoccupations à la fois intimes et collectives, passées ici en revue comme on range et nettoie un intérieur empoussiéré : pour tenter d'y voir plus clair, et de se sentir mieux.
    Prix essai des lecteurs de L'Hebdo 2015

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