• Le colon, figure mitoyenne qui ne se trouve ni dans la position invivable du colonise ni dans celle, indefendable, du colonisateur, est généralement relégué au statut de figurant du récit colonial. Complétant le diptyque de Memmi, Alain Deneault révèle ici l'idiot utile, voire indispensable, de l'accaparement du territoire, une figure qui n'existe qu'en solidarité absolue avec la classe qui le domine, mais dont l'impuissance politique et économique l'autorise à s'identifier, lorsque opportun, au colonisé.

    Le decor ou Alain Deneault campe son personnage : le Canada. Coince entre un passe colonial qu'il veut oublier et un essor republicain sans cesse ajourne, ce territoire qu'on appelle « pays » n'excelle que dans la mediocrite de ses politiques d'extreme centre, mais il livre a la pensee politique un objet d'importance : la condition du colon qui fut celle de la majorite de sa population et qui le reste de mille facons inavouees.

  • Principe de suspension

    Vanessa Bamberger

    « 10% de talent, 90 % d'efforts. » C'est la devise de Thomas pour défendre son usine et ses salariés. Depuis qu'il a racheté Packinter, une PME de la filière plastique, il lutte pour conjurer le déclin de l'industrie dans sa région du Grand Ouest. Un hiver pourtant, tout bascule, et il se retrouve dans la chambre blanche d'un service de réanimation, relié à un respirateur artificiel. À ses côtés, Olivia, sa femme, attend son réveil. Calme, raisonnable, discrète. Comme toujours. Dans ce temps suspendu, elle revit les craintes des ouvriers, les doutes de Thomas, les trahisons intimes et professionnelles qui les ont conduits à ce grand silence, ce moment où les machines et la mécanique des sentiments se grippent. Parce que la vie s'accommode mal de l'immobilisme, il faut parfois la secouer un peu, selon le « principe de suspension ».
    Un premier roman juste et subtil sur le blues du petit patron et le fragile équilibre du couple.

  • La revolution industrielle des régions du Japon Nouv.

    Comment expliquer les origines de l'impressionnant développement économique japonais au cours du XXe siècle ? Alors que les thèses habituellement avancées soulignent le rôle du pouvoir central (gouvernement et zaibatsu), Nakamura Naofumi nous fait parcourir le Japon de l'ère Meiji (1868-1912) dans toute son étendue, du nord au sud, à la découverte des fondations régionales de la « Révolution industrielle ». Analysant la mentalité des acteurs, leur capacité à l'échange d'informations, à l'activation de réseaux de proximité, à la mobilisation de capitaux, l'auteur décrit une pléthore d'entrepreneurs et d'agents publics locaux dynamiques. Engagés dans le lancement d'entreprises innovantes de dimension régionale, ils réalisèrent des aménagements industriels (filatures, charbonnages, chemin de fer ou secteur électrique) dans tout l'archipel entre les années 1880 et 1900. À l'heure où la désindustrialisation des régions s'accompagne d'une croissance économique en berne, la démonstration de Nakamura Naofumi n'apparaît que plus riche de sens.

  • Acculé par la misère et brûlant d'ambition, un jeune homme accepte le pacte que lui propose une entremetteuse : qu'il épouse Flavie Danvilliers, reconnaisse l'enfant illégitime qu'elle porte, et l'argent de cette fille de baron est à lui ! Pour prix de s

  • La mondialisation décompréssée Nouv.

    Onde de choc sans precedent a l'echelle du globe, la crise du coronavirus a revele plus que jamais les limites de la mondialisation, accelerant notre prise de conscience des desequilibres qui frappent la planete.

    A rebours des discours sur la demondialisation, la decroissance ou l'imminence d'une catastrophe ineluctable, Dominique Mockly demontre que nos societes peuvent rebondir positivement et reprendre la main sur la spirale d'emballement caracteristique des dernieres decennies.

    Face a un monde en « surchauffe », choisir la voie de la « mondialisation decompressee » nous donnera l'occasion de grandir collectivement, de franchir un stade de maturite supplementaire et d'ecrire une nouvelle page de creation de valeur partagee pour l'humanite.

    Convaincu que les entreprises ont un role complementaire de la puissance publique a jouer dans ce mouvement progressif de decompression, Dominique Mockly plaide pour une meilleure articulation entre les differentes echelles territoriales et l'ensemble des acteurs de l'economie, afin de donner naissance a un systeme plus resistant, reactif et respectueux de la diversite. Son message, pragmatique et volontariste, offre des solutions et des eclairages inedits a tous ceux qui souhaitent reinventer la mondialisation. 

  • Lauve le pur

    Richard Millet

    Il est professeur dans une banlieue difficile de Paris. Mais ses racines plongent au coeur de la province française : le Limousin, cette Corrèze des Piale, des Pythre, de tous ceux qui se débattent contre la maudissure. Dans ses classes les enfants sont durs et violents, peut-être le sont-ils d'autant plus qu'il est, lui, resté un enfant, l'enfant soumis d'un père tyrannique qui n'aime rien tant que contempler ses propres excréments tout en rêvant de forêts légendaires, l'enfant abandonné d'une mère trop tôt enfuie et qu'il recherche dans chaque femme. Lauve, Lauve le pur, est à jamais du côté de ceux qui ont tout perdu, qui ont toujours tort, ni là ni ailleurs, sans cesse autre part : intellectuel chez les paysans, provincial chez les parisiens, faible parmi les forts, innocent avec les innocents.

  • Jacques Lambert, notaire à Rouen, est mort. Trois mois auparavant, il a rédigé un testament afin de détruire sa famille : il lègue à sa fille Claire la direction de l'étude que réclamait son fils aîné, Jean-Baptiste.Pour surmonter sa déception, JB peut compter sur sa mère Philomène, épouse trophée qui découvre la joie d'être enfin veuve. Mais il doit se méfier de Michel, l'associé de Jacques, qui rêve de devenir le patron. Quant à Gilles, le troisième enfant, généalogiste, il plonge dans le passé de ce bourgeois manipulateur. Les secrets remontent à la surface et entraînent l'effondrement du clan des Saint-Soens, la plus grande fortune de la région.Avec un humour corrosif, Pierre Sérisier dresse le portrait d'une famille bourgeoise qui lutte pour son statut... et pour le statu quo.

    Pierre Sérisier est journaliste et écrivain. Auteur du blog "Le Monde des Séries", il enseigne à l'École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille et est co-fondateur du Paris Podcast festival.

  • Fairy tale

    Hélène Zimmer

    Pour son premier roman, Hélène Zimmer a voulu faire le portrait d'une femme rongée par le quotidien. L'installation en couple, la naissance des enfants, les obligations financières, tous ces éléments constitutifs de la famille participent de la dégradation identitaire. Plus les statuts s'empilent, plus les couches sociales se superposent - femme, mère, vendeuse - plus l'être se disperse, perd en épaisseur. Coralie existe pour les autres. Sa vie appartient à ses enfants, au père de ses enfants, à son patron. Elle pense avoir choisi librement ce qui l'entrave. Son histoire est celle d'un emprisonnement consenti. Au lieu d'essayer d'échapper à la servitude, Coralie cherche à maintenir le peu d'équilibre qu'il reste du système qu'elle a fabriqué autour d'elle. Elle résiste. Elle ne renonce pas. C'est une victime pugnace et endurante. Surtout victime d'elle-même. C'est ce paradoxe qu'Hélène Zimmer met en évidence. Quand le choix est encore possible, pourquoi subir une réalité agressive et destructrice ? Pourquoi ne pas la changer ? Pour Coralie, la vie s'est réduite à une unique et longue voie matérielle. Elle est engluée, figée dans un système qui néantise sa volonté. De cette impasse matérielle, affective, mentale, Hélène Zimmer rend compte grâce à l'incroyable efficacité d'une écriture, précise, violente, fouailleuse, de dialogues qui font mouche à tout coup, et d'un talent d'observation sociale rare.

  • « Chaque fois que je regarde cette photo, je me dis qu'à ce moment précis, il était déjà trop tard. C'est un instantané sépia des années quarante, pris dans ce jardin qui fut aussi celui de mon enfance. Ma mère, personne frêle, transparente, se tient debout, presque évanouie dans l'encadrement d'un buis et d'un rosier blanc. Jeune femme trop mince, de ses mains longues et délicates, elle retient le cordon de sa robe de chambre comme s'il était le fil de sa vie. »

    Le Jardin du fond est le récit d'une jeune fille élevée sans mère dans les années d'après-guerre, de sa quête d'affection, de sa fuite en avant des vallons de l'Auvergne aux forêts africaines. C'est aussi la chronique d'une lutte existentielle : quitter le refuge de l'enfance, affronter ses angoisses, tomber, se relever, pour apprendre à donner ce que l'on n'a pas reçu.

  • L'Ardèche est une mosaïque connue pour ses paysages, ses sites touristiques et ses monuments ; bordée par le Rhône majestueux et son long balcon courant du Pilat aux Cévennes par les monts du Velay, c'est aussi un assemblage de terroirs, où chacun est producteur du meilleur de lui-même.Héritière historique du Vivarais, province épiscopale du bien-vivre, l'Ardèche contemporaine offre au cuisinier la multitude de ses laits et de ses miels, sa profusion de fruits, de viandes, de poissons et d'aromates.Ces préparations d'aujourd'hui et d'hier ont été collectées et testées, comme le sont les contes ou les belles histoires, et elles portent souvent le nom de leur terroir de collecte ou de leur transmetteur ; on ne sera donc pas surpris par les « bouches d'anges de Borée », les « caillettes de sanglier des cabanes d'Arcens » ou le « miromando de Maître Jacques ».Le Petit Magistère de Cuisine Ardéchoise présente la quintessence d'une cuisine de province au sens le plus positif du terme ; les produits ne sont pas difficiles à trouver, c'est souvent simple à faire, c'est délicieux et on s'y réjouit de soleil et de poésie gastronomique.Cela vaut la peine de s'y mettre.A vos cuisines ! Ecrivain et cuisinier, Olivier-Marie Delouis dirige ses collections sous La Bannière en y développant ses propres ouvrages gourmands.

  • Le Henan, une province du centre de la Chine, a traversé dans les années 1956 et 1957 une violente crise politique, sociale et économique déclenchée par une des entreprises les plus délirantes que le XXe siècle ait connues : le Grand bond en avant. L'ouvrage de Jean-Luc Domenach éclaire les événements et leurs causes à partir d'une étude détaillée de la presse locale, mettant au jour la vie politique dans une province chinoise et ses discordances d'évolution par rapport à la politique centrale. La richesse des sources utilisées permet à l'auteur de décrire les réactions populaires aux initiatives du pouvoir et les données inédites sur le fonctionnement interne du régime communiste chinois aux niveaux provincial et local.

  • Quels enjeux politiques le Québec et l´Ontario partagent-ils ? Le livre fait le point sur l´état des relations entre les deux provinces, que ce soit en matière politique, économique, sociale ou administrative, dans une approche à la fois historique et comparative.

  • L'absurdité du quotidien dans une ville de province dévisagée par Les démondeurs, Paul Bossé en témoigne, promeneur urbain lucide, le regard aiguisé et le propos cinglant, à la fois ludique et imagé, toujours humain, jamais avare d'un brin de tendresse ou d'ironie.

    Les démondeurs est le cinquième recueil de poésie de Paul Bossé aux Éditions Perce-Neige.

  • Sentiments, humour, frissons, policier, histoire vécue... Les 10 histoires de ce livre abordent tous ces genres ! Autour du thème de l'Antiquité, voici de quoi s'embarquer dans d'extraordinaires aventures, aux côtés de héros qui ne manquent pas d'audace. Les auteurs : Marie Bertherat, Patrick Cappelli, Barbara Castello et Pascal Deloche, Jacques Daniel, Giorda, Johan Heliot, Katherine Quenot, Emmanuel Viau.

  • Hors de Paris, point de salut ? Pas sûr : de plus en plus d'artistes choisissent de vivre loin de la capitale. Qui sont-ils ? Quelles motivations les animent ? Est-il possible d'être reconnu comme un créateur innovant sans le label made in Paris ?

    Chiffres et références à l'appui, les auteurs s'interrogent sur la création en région et sur des sujets tels que le financement de la culture et la démocratisation culturelle, tout en proposant une réflexion sur les enjeux de Marseille Provence 2013, future capitale européenne de la culture.

    Entretiens avec Sofiane Belmouden, Pierre Fava, Samuel Karpienia, Anne Lévy, Lisa Mandel, Catherine Marnas, Jean-Marc Montera, Stephan Muntaner, Florence Pazzottu, Franck Pourcel, Angelin Preljocaj, Pierre Sauvageot, Bruno Schnebelin, Tatou.

  • Passage du témoin

    Michel Jamet

    Un homme vient passer quelques mois à J..., chef-lieu du département de la Haute-Seine.
    L'étranger loge auprès du canal. Enseignant, il a obtenu un congé sabbatique pour travailler à sa thèse. Il consulte des archives conservées à J... Bientôt il a ses habitudes et se fond dans le décor.
    Un jour, il est témoin de l'enlèvement d'un enfant. Il voit une voiture s'arrêter à sa hauteur, un homme en sortir... On retrouve le cadavre de la jeune victime mais le narrateur garde son secret pour lui. Un second enfant est tué. Un troisième. Un suspect a été arrêté. Il ne ressemble pas au conducteur mystérieux. Le témoin raconte tout à la police. Il est aussitôt soupçonné, d'autant plus qu'il a reconnu la voiture d'un personnage éminent de J...
    Roman à énigme, Passage du témoin tient le lecteur en haleine. Qui est « l'ogre du canal » ? C'est aussi un portrait fidèle et acide de la province. Il y a beaucoup de « J... » en France.

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