• Edition enrichie (Introduction, notes, commentaires, chronologie et bibliographie)Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s'efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l'Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l'expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s'il nous apporte la preuve que l'art ici se dénoue de la morale, il n'en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes.
    D'où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » et l'obligea à retrancher six pièces du volume - donc à remettre en cause la structure du recueil qu'il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d'écrire pour son livre d'autres poèmes encore. Mais après la censure, c'est la mort qui vint l'empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu'il souhaitait - et que nous ne connaîtrons jamais.

  • Ces pages, lues à deux voix, sont issues de deux recueils, « Textes pour un poème » (1949-1970) et « Poèmes pour un texte » (1970-1991), creuset de quarante années de la poésie d'Andrée Chedid. Accompagnées des notes légères de fifre, tambour, mandoline et flûte de Pan, les voix entrelacées du comédien et de la poétesse donnent souffle, corps et rythme à ces poèmes lumineux et remplis d'espérance.

    « Chaque poème achevé devrait apparaître comme un caillou dans la forêt insondable de la vie ; comme un anneau dans la chaîne qui nous relie à tous les vivants.
    Le Je de la poésie est à tous
    Le Moi de la poésie est plusieurs
    Le Tu de la poésie est au pluriel. » A.C.

    Textes pour un poème, Flammarion, 1987.
    Poèmes pour un texte (1970-1991), Flammarion, 1991.

  • La ville est là, cachée derrière ces vers, cité précaire, peuplée de noctambules destinés à s'échouer sur son rivage. Quelques chiens qui rôdent et jouent à la bagarre, mais surtout des humains aux prises avec leurs désirs. Les amours brûlent et se succèdent, comme des clopes. Simon Johannin travaille ses obsessions poétiques avec rage. Certains motifs reviennent incessamment : un ressac d'urine, de sang et de boisson...

    Sa poésie avance le plus souvent sans ponctuation, à l'image de ces jeunes qui courent lacets défaits, sans trébucher. La sensualité se gorge d'ivresse, les lettres titubent, s'écrasent puis se relèvent. Avec ce premier recueil de poésie, Simon Johannin ouvre sur un monde peuplé d'anges meurtris aux ailes cramées : « Le mal est fait/ Le plaisir est partout ».

    Né à Mazamet dans le Tarn en 1993, Simon Johannin grandit dans l'Hérault. Il quitte le domicile parental à 17 ans et s'installe à Montpellier pour suivre des études de cinéma à l'Université, qu'il déserte rapidement. Il travaille ensuite en intérim, puis comme vendeur de jouets, avant d'intégrer l'atelier d'espace urbain de l'école de La Cambre à Bruxelles de 2013 à 2016. Il publie son premier roman L'Été des charognes en 2017, puis Nino dans la nuit en janvier 2019 avec Capucine Johannin.

  • Ce volume rassemble des poèmes de Paul Éluard (1895-1952) publiés pendant la Seconde Guerre mondiale, le plus souvent dans la clandestinité sous des pseudonymes tels que Jean du Haut ou Maurice Hervent, dans divers recueils, revues et brochures (dont L'Honneur des poètes, Minuit, juillet 1943 et Europe, Minuit, mai 1944). Ainsi le recueil Poésie et vérité 1942, publié en octobre 1942 aux Éditions de la Main à la Plume, et dans lequel figurent « La Dernière Nuit et quelques autres poèmes dont le sens ne peut guère laisser de doutes sur le but poursuivi : retrouver, pour nuire à l'occupant, la liberté d'expression ».
    L'un de ces « quelques autres poèmes » est Liberté.
    « Et partout en France, écrit Paul Éluard dans la bibliographie du recueil, des voix se répondent, qui chantent pour couvrir le lourd murmure de la bête, pour que les vivants triomphent, pour que la honte disparaisse. »
    Ces poèmes d'Éluard furent recueillis en un volume publié aux Éditions de Minuit en avril 1945, avec trois autres poèmes inspirés entre 1936 et 1938 par la guerre d'Espagne. C'est cette édition qui est reprise ici.
    Table des matières.
    AU RENDEZ-VOUS ALLEMAND : Avis - Courage - Les belles balances de l'ennemi - Chant nazi - « Un petit nombre d'intellectuels français s'est mis au service de l'ennemi » - Les sept poèmes d'amour en guerre - Critique de la poésie - L'aube dissout les monstres - Enterrar y callar - Les armes de la douleur - Tuer - Bêtes et méchants - D'un seul poème entre la vie et la mort - Pensez - On te menace - À celle dont ils rêvent - En plein mois d'août - Le poème hostile - Comprenne qui voudra - Gabriel Péri - Dans un miroir noir - Charniers - Le même jour pour tous - Chant du feu vainqueur du feu - À l'échelle humaine - Les vendeurs d'indulgence - Faire vivre // POÉSIE ET VÉRITÉ 1942 : Liberté - Sur les pentes inférieures - Première marche, la voix d'un autre - Le rôle des femmes - Patience - Un feu sans tache - Bientôt - La halte des heures - Dimanche après-midi - Douter du crime - Couvre-feu - Dressé par la famine - Un loup - Un loup - Du dehors - Du dedans - La dernière nuit // RAISONS D'ÉCRIRE, ENTRE AUTRES, ET BIBLIOGRAPHIE : Novembre 1936 - La victoire de Guernica - Les vainqueurs d'hier périront.

  • Dans Le Silence des mots, le temps est comme suspendu. Dans cet arrêt devant le gouffre, le ressac de la mémoire se déploie autour d'êtres esseulés, des « déportés de l'intérieur ». Des échos du réel nous parviennent, un ballet d'ombres malmenées par les rues.Il y a aussi un désir intact : la lumière, une femme, l'odeur de la pluie. Ces moments ne sont suspendus que par les vers qui les retiennent, avant qu'un oubli effrayant et libérateur ne les avalent.Composés de strates de visions, d'inscriptions relevées, peut-être, au dos d'un livre ou sur un mur, ces poèmes sont autant de balises pour nous mener au-delà des « vérités avariées », des mensonges et des faux semblants.Cet exil ne cessera qu'au terme du livre, une fois passé derrière les mots. « On ne se sépare pas du rien. »

    Né en 1950, Gérard Berréby fonde les éditions Allia en 1982. En 1985, il établit l'édition des Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste puis publie les oeuvres de Leopardi, dont le Zibaldone. Il a publié trois recueils de poésies : Stations des profondeurs (2010), Joker & Mat (2016) et La Banlieue du monde (2019). Fin 2014, a paru Rien n'est fini, tout commence, volume d'entretiens avec Raoul Vaneigem. Gérard Berréby a également une activité de plasticien.

  • Derrière chaque poème se cache une histoire passionnante, laissez-vous mener dans la tête des poètes ! " Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,Dans la nuit éternelle emportés sans retour,Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âgesJeter l'ancre un seul jour ? "Ces vers vous rappellent probablement de doux souvenirs d'adolescence. Mais connaissez-vous leur histoire, les raisons mystérieuses qui ont conduit Lamartine à les composer un jour d'août 1817, alors qu'il attend Julie au bord du lac du Bourget ?
    Suivez Jean-Joseph Julaud dans la tête des plus grands poètes, à la découverte d'histoires insensées, empreintes de bonheurs, de drames, de déceptions, et qui donneront un goût tout nouveau à ces vers familiers.

  • De Ronsard à Grand corps malade, en passant par Baudelaire et Mallarmé, savourez les plus beaux poèmes de l'histoire de la littérature française !
    Cette anthologie retrace toute l'histoire de la poésie française, de la poésie courtoise aux formes les plus récentes que sont le slam et le rap.

  • De Ronsard à Hugo, en passant par Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé, savourez les plus beaux poèmes de l'histoire de la littérature française illustrés !L'amour, la tendresse, le désir, la passion, l'émotion, l'humour, la mélancolie, la nostalgie... Tout cela vous attend au fil des pages de ce livre. Vous allez croiser des poètes, des plus anciens aux plus récents, de Marie de France à Cadou, en passant par Ronsard, La Fontaine, Hugo, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, et tant d'autres. Redécouvrez ainsi les plus beaux poèmes de la langue française, accompagnés des illustrations de Pierre Fouillet, pleines de finesse et d'élégance.

  • Moisson

    Charles Juliet

    Ce livre, s'il contient quelques poèmes inédits, est une anthologie, composée par Charles Juliet lui-même, de ses poèmes au long de plus de cinquante années de recherche, de tâtonnements, de découvertes. On y retrouve donc cette écriture si simple, si évidente mais aussi âpre, dure comme le silex et dense comme une terre nourricière, qui redonne leur sens immédiat aux mots, et leur valeur, et leur sonorité. Les titres des parties qui composent ce recueil révèlent bien l'itinéraire de l'auteur : "Enfance", "Effondrement", mais aussi "Ouverture", "Avancée", "Lueurs"...

  • Le collectif Othon réalise des documentaires consacrés à l'urbanisme et la démocratie du territoire, les deux jambes de la politique.

    Personnage principal de ce livre, Valenciennes est emblématique des villes moyennes françaises. Le collectif Othon a voulu éprouver les données générales à la réalité quotidienne des habitants de tous milieux. Se révèle alors une vérité faite de contrastes, d'inégalités, de contradictions. S'il y a une « France à deux vitesses », chaque ville, même moyenne, vit également à deux vitesses.

    Un éclairage passionnant au plus près de la France et ses réalités.

  • Le psychanalyste

    Leslie Kaplan

    Simon est psychanalyste, il est vif, joueur, ouvert au hasard. Avec lui, dans son cabinet, nous suivons un certain nombre de ses analysants, ce qui se passe pendant les séances et dehors, parfois (et de toute façon, pendant une séance d'analyse le monde ne se prive pas de rentrer). En contrepoint une femme, Eva, qui, elle, essaie de penser le monde et la vie à travers la lecture et la relecture de Kafka. Car dans l'un et l'autre cas, c'est de cela qu'il s'agit : penser. Vivre et penser, ne pas vivre sans penser. Tous les personnages de ce livre sont des héros (peut-être même est-ce le premier roman qui contient autant de personnages et dont aucun ne soit secondaire?) parce qu'ils affrontent le conflit entre leur désir de vérité et leur passion pour l'ignorance : ils sont des héros par la pensée, des héros de la pensée. En même temps ils sont tout le monde, chacun de nous. Si on pense on est vivant, on change, on peut changer. Alors, évidemment, il arrive plein de choses, exit le ressassement, exit l'ennui de l'absence de questions : le récit est toujours en train de se faire, comme l'identité, jamais donnée car c'est dans chaque détail que tient le sens et le sens est lié à chaque détail. C'est pour ça que le dernier mot est au monde, cette accumulation innombrable de détails révélateurs.

  • Signal d'alerte

    Neil Gaiman

    Magie, monstres, mythes et miracles...
    Neil Gaiman décline librement poésie, fantastique, science-fiction, conte de fée.

  • à la cyprine

    Eugène Savitzkaya

    Le moindre vent nous décoiffe, le plus petit cri nous fait sursauter, l'acidité nous fait grimacer, l'aigre émeut nos sinus, la douceur nous appelle et nous écoeure, le sel relève les saveurs des aliments, le poivre révèle l'amertume de l'orange, la nuit attend le jour et les années s'étirent, le châtaignier doit revivre, le coeur active le sang. Mais, sans la cyprine, point de bonheur en ce monde, ni d'appétit.

  • Fairy queen

    Olivier Cadiot

    Invitation à déjeuner chez Gertrude Stein, pour celle qui, Fairy queen ou Super soeur, ne stocke rien, à la différence de certains, Robinson par exemple, ce bavard des livres précédents. Robinson qui, tout seul dans son île, passe son temps à imaginer que tout compte, que chaque chose compte et qu'il faut la garder, qui passe son temps à calculer le taux d'abandon de chaque endroit pour savoir s'il peut y habiter un peu abandonné, mais pas trop. Non, plutôt l'imagination, vitesse et ralentis, plutôt passer au neuron'art, au vocal-en-relief art. Au théâtre direct-brut. 'On trouvera un nom plus tard, vaut mieux dire tout simplement Ce sont des poèmes'. Elle va avoir du mal à avaler, la Gertrude...

  • «[...] Ceci est donc le premier tome d'une série dont le but est de rendre compte de la diversité et de la richesse de l'oeuvre de l'un des écrivains les plus importants de notre temps. Bernard Noël est en effet un poète, mais aussi un romancier, un reporter, un polémiste, un sociologue, un historien, un critique d'art. Chaque volume, centré sur une des thématiques de l'oeuvre rendra aussi compte de cette grande diversité d'approche et de la non moins grande variété formelle des modes. On l'aura compris, Les Plumes d'Éros reprend les écrits érotiques de Bernard Noël, part importante, voire déterminante de son travail puisqu'elle lui a permis - les textes réunis ici s'étalent sur cinquante ans - d'expérimenter très tôt les rapports qu'entretient le corps avec la langue, avec les mots, et à quel point la phrase, la pensée, les sens forment ensemble une réalité qui dépasse chacun des éléments qui la constituent. Il y a dans ce volume des récits, des disputes et discussions, des poèmes, des essais, des textes aussi qui mélangent les genres et les subliment. Il y a, évidente et troublante, une écriture dont la sensualité donne à la pensée qui l'anime une présence et une épaisseur bouleversante alors même que l'humour comme la plus grande profondeur n'en sont jamais exclus.» Paul Otchakovsky-Laurens.

  • Les gilets jaunes révèlent la fracture et les écarts de la société française - neuf millions de pauvres contre cinquante-sept milliards de dividendes -, les vies invisibles sur les écrans de nos représentations collectives, les existences à moins de mille euros par mois dans l'absence ou la difficulté de tout...

    Dans des formes très diverses, analyses, nouvelles, poèmes, tribunes, micro-fictions... les écrivains réunis ici, qu'ils décrivent avec empathie des gilets jaunes, leur donnent parole, racontent, s'insurgent ou s'enthousiasment, témoignent de leur solidarité ou de leur proximité avec la France populaire.

  • Cochon farci

    Eugène Savitzkaya

    Personne ne peut dire si c'est la farce qui améliore le cochon ou si c'est le cochon qui donne à la farce sa pleine saveur. Ce qui est sûr c'est que le contenu participe du contenant, et vice versa, pour donner au tout l'agrément nécessaire à sa consommation. Ce cochon-ci est farci avec les éléments de sa propre constitution agrémentés d'épices exotiques et d'herbes de saison.

    Ce recueil de poèmes est paru en 1996.

  • Pourquoi ne pas écrire des poèmes tranquillement assis sur une berge effondrée, en pêchant sans espoir, en mangeant des baies d'églantier, en toussant ou sans bruit, entouré de rats presque discrets, de crapauds, face à la gare désaffectée, au pied de l'autoroute, en dormant, ravi, colérique ou plein de frayeur ? Pourquoi ne pas pêcher l'ombre ? Pourquoi ne pas manger les fruits ? Pourquoi ne pas demeurer silencieux ? Et aussi pourquoi écrire des poèmes ?

    Ce recueil de poèmes est initialement paru en 1986.

  • Poème après poème, Césaire, auteur et lecteur de lui-même, bâtit, de l'intérieur, sa part de liberté. Recueil après recueil, entretien après entretien, il ne cesse de présenter son aventure poétique comme un récit de soi à partir duquel arpenter et conjurer le désastre que l'histoire a inscrit dans les corps et l'esprit de ces diasporas qui, comme des îles déportées, rêvent, à voix basse, leur innocence à retrouver.

  • Après avoir publié la biographie de Maître Dôgen, moine zen, philosophe et poète, Jacques Brosse présente, sous un titre emprunté à l'un des poèmes du Maître, les traductions inédites et commentées de ses oeuvres les plus importantes.
    On trouvera le coeur de l'enseignement spirituel de celui qui, au Xllle siècle, introduisit au Japon le Zen Sôtô : le Bendô-wa, "sur le discernement et la pratique de la Voie" , le Gakudôyoiin-shû, "pour inciter l'esprit à étudier la Voie", et douze chapitres complets du chef-d'oeuvre de Dôgen, le Shôbôgenzô, le "Trésor de l'oeil du vrai Dharma" ; enfin, les merveilleux poèmes du Sanshô Dôei : les "Chants de la Voie du pin parasol" et les Poèmes chinois, peu connus, imprégnés de tout l'esprit abrupt et subtil du zen.

  • Dans cet ouvrage, Louis Chevaillier nous propose une sélection thématique (fatigue démocratique, féminisme, inégalités et solidarité, écologie...) trouvant chaque fois une illustration poétique qui fait sens, par sa profondeur historique et esthétique. Créant des jeux d'opposition, mêlant des textes célèbres à d'autres moins connus, d'auteurs parfois francophones et parfois pas, contemporains ou plus anciens, l'ouvrage étonne par son originalité et son intelligence.
    À chaque poème son commentaire, permettant de le relier au mieux au thème, et d'approfondir ainsi la connaissance de chaque auteur. Vous l'aurez compris : cette lecture est plaisir, cette lecture est beauté, et cette lecture est culture !

    Louis Chevaillier est poète et éditeur. Chaque semaine, il propose dans Le 1 un poème lié à l'actualité traitée par l'hebdomadaire.
    Afin de renforcer la cohérence et l'esthétique de l'ouvrage, Pascal Lemaître, illustrateur dans la presse et l'édition internationales, apporte sa touche créative.

  • Maryse et Masumi Shibata continuent à nous livrer le fruit de leurs recherches de textes, inédits en France, du Tch'an chinois et du Zen japonais. Ils nous offrent ici les dix-sept kôans principaux tirés du Recueil de la Falaise verte, la bible des fameuses phrases énigmatiques parfois employées par les maîtres du bouddhisme extrême-oriental pour éveiller leurs disciples. D'une rare et surprenante poésie, ces kôans, appelés également "règles", sont commentés par des grands maîtres de la tradition.
    Cet ouvrage présente aussi d'autres oeuvres empreintes des subtilités de "l'esprit d'éveil" cher au Tch'an et au Zen : La Montagne froide réunit des poèmes de Han-chan, ermite chinois du IXe siècle ; Le monde est lamentable et mélancolique est un conte inoubliable de Kunikida Doppo, écrivain japonais de l'ère Meiji, qui assista aux bouleversements vécus par le Japon traditionnel au XIXe siècle ; enfin, des poèmes de Sengaï (1750-1837) regroupés sous le titre Le monde est éphémère mais je suis joyeux.

  • « Un livre n'est que le portrait du coeur, chaque page une pulsation », écrit Emily Dickinson. À cela Andrée Chedid ajoute qu'un livre est aussi la soif d'un ailleurs, une salve d'avenir. Dans L'Étoffe de l'univers, la poétesse née au Caire remonte aux origines de sa vie, explore à travers de courts poèmes le mystère du passage sur terre, la beauté et la force, mais aussi la fragilité, surtout quand l'aventure est malmenée par la vieillesse, la mort qui rôde.
    En revenant à saint Augustin et Shakespeare, Rilke ou encore Dylan Thomas, Andrée Chedid éclaire sa propre écriture. Sans qu'aucune certitude ne tienne le haut du pavé, elle précise : « Ne vous méprenez pas / Je ne suis que de passage / Un être fictif sur un trajet/Sans itinéraire / Je pousse des portes / Qui s'ouvrent / Sur la vie / Et d'autres portes / Qui mènent je ne sais où ».

  • Au fil de l'année 2012, l'auteur se rend dans douze villes du littoral, entre Zeebrugge et l'île d'Yeu. Le poème qui s'écrit en XII chants au fil de ce périple n'a pourtant rien du carnet de croquis ni de la déambulation touristique : il relate au contraire une lente traversée intérieure, une plongée souvent agitée dans un paysage aussi géogra¬phique que mental, où planent l'ombre des dieux anciens et les durs travaux du songe. Abordant pour la première fois l'écriture poétique, Anne Calas a composé avec Littoral 12 une singulière épopée contemporaine, d'une tension exemplaire : un chant féminin où s'affrontent dans leurs ténèbres et leur lumière propres les figures bouleversées du désir.

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