Éditions du Noroît

  • Choisir entre le scalpel et le couteau, se placer devant un miroir. Avoir les mains propres avant de fouiller. Marquer le centre du front, insérer la lame et percer la boîte crânienne. Poursuivre le découpage selon l'axe naturel de la tête, ouvrir chaque côté comme on ouvre un livre. Répéter l'opération afin de séparer les deux hémisphères, regarder. Aller chercher ses obsessions ; les miennes se trouvent à deux centimètres de profondeur. Sitôt repérées, pulvériser entre le pouce et l'index. Les puits se rempliront alors. Recoller le crâne, recoudre le front, avaler une tasse de café, commencer à écrire.

  • Nul si découvert est le récit des craquements qui apparaissent à la
    veille de la grande débâcle amoureuse. Ces mots couverts de braise,
    ce papier peint qui s'étiole sur le coin de la bouche, les post-it de mots
    précieux qui ne collent jamais au frigo; comme des signaux de fumée
    annonciateurs de l'incendie qui fait rage en dedans. Le pyromane, c'est
    lui. Tout y passe, le hurlement avale la lumière et prend les corps sur son
    passage, rompt les engagements. C'est sur la fine poutrelle qui le mènera à
    lui qu'il trouvera les ancrages du pardon. Nul si découvert est un dilemme
    impossible, c'est la quête d'un homme emmêlé dans les cordages de sa
    parole et qui advient en décoffrant une à une les poupées russes du silence.

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