Sciences humaines & sociales

  • Les écrans, la peur du risque, la diminution des espaces verts... Nos enfants, qu'ils résident en ville ou à la campagne, sont toujours plus coupés de la nature. Pour cause : en France, celle-ci n'est pas pensée comme prioritaire dans l'éducation. Partout dans le monde, des chercheurs affirment pourtant le contraire. L'accès régulier à la nature pourrait bien être une réponse à la situation alarmante que nous traversons, au mal-être infantile qui augmente, au niveau des enfants, notamment en lecture, qui baisse, et aux capacités de concentration qui déclinent.
    Durant plusieurs années, professeure des écoles et pionnière de la classe dehors, Crystèle Ferjou a donné cours en plein air. Chaque semaine, elle a utilisé les ressources extérieures comme des outils du programme, respectant le développement naturel de l'enfant. Les résultats ont été exceptionnels et dans tous les domaines : ses élèves ont appris à aimer l'école, ont développé leur sensibilité et leurs compétences... Si bien qu'elle diffuse maintenant la classe dehors dans tout l'Hexagone.
    Dans ce livre, Crystèle Ferjou partage son expérience et rend compte des études et preuves attestant du besoin vital de nature et de contact avec le vivant dans l'éducation. Elle encourage ainsi parents et enseignants à emmener, dès qu'ils le peuvent, les enfants dehors !

  • Et l'Homme découvrit l'intelligence animale...   Savez-vous que les poissons ont des peines de coeur ? Que les fake news existent chez les gallinacés ? Que le rat sait faire preuve d'intelligence émotionnelle ? Que le poulpe utilise une carte de navigation cognitive pour s'orienter ? Avez-vous déjà entendu parler du podomètre de la fourmi, de l'art de la consolation chez les corbeaux, ou du drongo, un passereau machiavélique qui imite les cris d'alerte d'autres espèces afin de les faire fuir et de leur voler la nourriture ? Les preuves d'une intelligence animale s'accumulent : la mémoire, l'aptitude à résoudre des problèmes, mais aussi la créativité, la sensibilité, et même la culture censée être la dernière barrière infranchissable entre l'être humain et l'animal. En évitant le piège de l'anthropomorphisme, l'auteur raconte, de nombreux exemples à l'appui, cette recherche en plein bouillonnement. Une avancée dans la connaissance qui devrait rendre l'Homme plus conscient de sa place au sein de la nature.

  • Dans les sources médiévales, le vol humain est rarement abordé de front : la tentative catastrophique du moine anglais Eilmer de Malmesbury, la machine à voler rêvée par Roger Bacon ou la nef flottant au-dessus de l'air imaginée par Albert de Saxe et Nicole Oresme font figure d'exceptions célèbres. Pourtant, cette question des vols fut un véritable défi intellectuel pour la pensée médiévale. Qu'ils soient portés par la force naturelle des oiseaux, par les esprits (âmes, anges ou démons) ou encore par l'ingéniosité humaine, les vols mettent en jeu de riches spéculations explicites ou indirectes. Et ce fut une gageure pour la science scolastique de penser le possible maintien d'un corps lourd dans l'air par projection, grâce au feu ou à l'air chaud, grâce au magnétisme ou par l'effet de l'horreur du vide. Dans cet essai historique original, Nicolas Weill-Parot enquête sur la confrontation de la science avec la magie, la technique ou la théologie. Travaillant au plus près de nombreuses sources, il trace une nouvelle histoire de la pensée du vol dans les airs : celle de la conceptualisation scientifique d'une réalité inaccessible.

  • Résoudre les énigmes posées par les règles du mariage aux ethnologues, notamment celle de la prohibition de l'inceste, telle est la tâche que se proposaient initialement Les Structures élémentaires de la parenté. Les deux chapitres introductifs, objets de la présente édition, n'en abordent pas moins des questions philosophiques cruciales : où finit la nature et où commence la culture ? quelles sont les parts respectives de chacune en l'homme ? comment l'homme se distingue-t-il, sous ce rapport, de l'animal ?C'est ainsi du point de vue de l'ethnologie que le texte de Claude Lévi-Strauss apporte matière et méthode à la réflexion philosophique.

  • Considérant les ravages du tourisme et les effets délétères de son industrie, il est généralement de bon ton d’opposer à la figure du touriste celle du voyageur, dont les intentions seraient nobles et les agissements respectueux des populations et des environnements. Or, est-il encore possible de concevoir le voyage comme mode d’être au monde et comme moyen d’aller à sa rencontre? Et d’où nous vient ce «besoin» de voyager? C’est à partir de ces questions d’ordre philosophique que Rodolphe Christin nous invite à penser le voyage, lui pour qui cette notion doit avant tout constituer «un acte de l’esprit, une expérience particulière de la pensée et du corps. Autrement dit, une certaine expérience du monde que les infrastructures touristiques mettent à mal et qu’il conviendrait cependant de sauver».

  • Je veux te révéler les principes des choses, te montrer où la nature puise les éléments dont elle crée, fait croître et nourrit toutes choses, où elle les ramène de nouveau après la mort et la dissolution. (I, 55-57)

  • Initialement sans titre ni date, Heisenberg avait distribué ce texte à quelques proches seulement, sous le sceau du secret, en raison des critiques qu'il contenait à l'encontre du régime nazi. À cette époque, il est engagé dans un travail dans le domaine de la théorie des particules élémentaires. À travers l'exposé des théories de la physique quantique, qui bouleverse notre mode de pensée en introduisant le concept apparemment paradoxal de "loi d'incertitude", c'est le problème général de la connaissance qu'il aborde, posant notamment la question de la responsabilité du savant face au politique. Il examine en conséquence la répercussion, dans les disciplines traditionnelles comme dans l'existence quotidienne, de cette "nouvelle position à l'égard de la réalité" qu'induisent les sciences.

    /> Prix Nobel de physique en 1933, l'allemand Werner Heisenberg (1901-1976) est l'un des principaux fondateurs de la mécanique quantique. De culture encyclopédique, il laisse une oeuvre scientifique et philosophique, dont Le Manuscrit de 1942 est sans doute l'expression la plus aboutie.

  • La technique représente l'ensemble des moyens par lesquels l'homme modifie le monde naturel. À ce titre, elle constitue aux yeux d'Ortega y Gasset un palliatif pour l'humanité malade de son imagination. Pour le philosophe, nous sommes ces "enfants de l'imaginaire", faculté chez nous si puissante qu'elle fait déborder nos désirs bien au-delà de notre capacité à les satisfaire. Aussi la technique fait-elle fonction de "gigantesque appareil orthopédique". L'homme s'exclut de la nature en cherchant à la transformer par la technique. Il se trouve perpétuellement en quête d'un monde nouveau et capable de combler ses désirs. En cherchant à apprivoiser son imagination, à lui donner une réalité, il se confronte inévitablement à l'insatisfaction. Ne serait-ce que par son environnement bâti, qui n'est que la béquille de son désir d'un monde autre. Ortega y Gasset renverse le paradigme du progrès, démontrant que le développement des civilisations humaines n'est que le symptôme de leur agonie.

  • Une France en transition ; urbanisation, risques environnementaux et horizon écologique dans le second XXe siècle Nouv.

    Dans la seconde moitié du XXe siècle, les sociétés humaines ont vécu une double transition : vers un mode de vie et un environnement sans cesse plus urbanisés, et vers une prise en compte accrue de l'impact environnemental de leurs activités.

    A partir des années 1970, les deux phénomènes se sont nourris mutuellement, suscitant une multitude d'initiatives pour défendre des espaces « naturels », ou lutter contre la pollution industrielle ou automobile. Une enquête collective menée dans les agglomérations de Lyon et de Grenoble, mais aussi au niveau des politiques nationales, restitue la richesse d'innovation sociale de cette époque, les bouleversements subis par les territoires urbanisés, et apporte une profondeur historique indispensable à la réflexion sur la situation contemporaine.

    Stéphane Frioux est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lyon 2 et membre du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (UMR CNRS 5190 LARHRA). Il a coordonné le projet de recherche TRANSENVIR.

  • Il n'est pas de société humaine qui n'ait soulevé la question de ses origines. Notre propre culture ne fait pas exception. Mieux : elle se singularise par la pluralité des discours d'origine qui y circulent. Véritable
    originologie, la présente enquête identifie quatre types de discours d'origine :
    les discours mythiques (comme la Genèse) ;
    les discours rationnels (de Thalès à Auguste Comte) ; les discours scientifiques (Big bang, origine de la vie, origine de l'homme, etc.) ; et, enfin,
    les discours phénoménologiques (qui mobilisent, dans le sillage de Husserl, la notion d'" originaire "). Sont ainsi examinées les diverses façons par lesquelles il nous est donné de parler de ce qui fût
    avant toutes choses. Thèse dans la thèse, il est montré que c'est la biologie qui a ouvert la voie à la physique pour l'élaboration de discours d'origine de type scientifique et non l'inverse. Pascal Nouvel invite ainsi le lecteur à l'analyse détaillée de ces discours et des rapports multiples, de légitimation ou de
    délégitimation, qu'ils entretiennent entre eux, y compris dans leurs dimensions éthiques, sociales et politiques.

  • Qu'est-ce que la technique ? Pour répondre à cette question simple, Ortega Y Gasset revient à ce qui, fondamentalement, s'impose à tout homme : la nécessité de vivre. Or, pour satisfaire ses besoins vitaux, l'homme développe un répertoire de techniques et, au contraire de l'animal, parvient à produire ce qui n'existe pas dans la nature. Mais ces actes le démarquent de l'état naturel et démontrent sa capacité à se détacher des stricts besoins vitaux. Là réside aussi sa particularité : sa promptitude à pourvoir à son bien-être mais, par là même, à lui-même créer ses besoins. Ce à quoi répond la technique. Par une succession de raisonnements limpides, le philosophe madrilène en vient à évoquer une "crise des désirs" engendrée par la technique.

    Le philosophe José Ortega y Gasset (1883-1955) a été professeur de métaphysique à l'université de Madrid, avant de parcourir l'Europe, l'Amérique du Sud et les États-Unis. Il est le fondateur en 1923 de la Revue de l'Occident. Au rayonnement considérable, sa métaphysique est à l'origine d'un renouveau de la philosophie espagnole, faisant de la métaphore un outil de la pensée. Il est l'auteur du Thème de notre temps (1923), de L'Espagne invertébrée (1921) et de La Révolte des masses (1930).

  • Ce livre traite de l'histoire des « communs » en France et dans l'Empire colonial français du XVIIe au XXIe siècle. Les « communs » sont la forme que prend, historiquement, la gestion collective des ressources et des environnements par les communautés locales : pâturages et forêts, zones humides, cours d'eau, zones de pêche... Ils ont représenté, sur le long terme, un pan essentiel de la vie des sociétés et des écosystèmes, ne relevant ni de la propriété privée, ni d'une gestion par l'État. Ce modèle des « communs » est aujourd'hui promu partout pour faire face aux défis de la crise environnementale. Ce livre en propose la première analyse historique d'ampleur pour la France et ses colonies, afin éclairer d'un nouveau regard, et l'histoire de nos sociétés et leurs futurs possibles.

    Fabien Locher est historien au CNRS. Il travaille sur l'histoire environnementale des mondes contemporains, et notamment sur l'histoire longue du changement climatique, sur les liens entre écologie et propriété et sur l'exploitation des océans. Il a récemment publié Posséder la nature. Environnement et propriété dans l'histoire (2018) (avec F. Graber) et il prépare un livre à paraître au Seuil sous le titre Les révoltes du ciel. Une autre histoire du changement climatique (avec J.B. Fressoz).


  • " ICEBERG, DROIT DEVANT ! "

    Le naufrage du Titanic est probalement l'une des catastrophes les plus connues de l'Histoire. Mais le Titanic ce n'est pas juste Kate Winslet survivant grâce à une planche et Léonardo DiCaprio agonisant dans l'eau. C'est aussi un drame qui a vu naître la première convention établissant des normes de sécurité internationales sur les navires. Car les catastrophes naturelles et industrielles ne sont pas uniquement des événements dramatiques qui font les choux gras des médias et du cinéma. Ce sont surtout des événements qui marquent l'Histoire. Saviez-vous que l'éruption du volcan de Santorin en 1600 av. J. -C. - qui a fait disparaître la ville d'Akrotiri - avait inspiré le mythe de l'Atlantide ? Ou encore que l'incendie du Bazar de la Charité en 1897 était à l'origine des progrès considérables de la médecine légale ? De l'Antiquité à nos jours, entre ouragans, tremblements de terre, inondations et épidémies, découvrez comment les 50 plus grandes tragédies de l'Histoire ont bouleversé son cours !

  • Initialement prévu pour une conférence en 1934, ce texte en conserve toute la sève. Ortega y Gasset y fait la critique de la raison scientifique et esquisse un modèle nouveau pour les sciences humaines. D'après lui, toute science doit avoir pour objet les croyances qu'on en a. Le philosophe distingue notamment croyance inerte et croyance vive. Par exemple, la foi en Dieu à la Renaissance constituait une croyance inerte, au contraire de la raison cartésienne, croyance vive à l'origine d'une confiance nouvelle dans les sciences. Or, cette croyance dans la science est à présent mise à mal. Si la nature peut se fonder sur des lois invariables, permettant à la science d'en fournir un modèle d'explication, celle-ci ne peut rendre compte de l'homme lui-même, insoumis à de telles lois. Aux yeux d'Ortega y Gasset l'idée de nature, fondée sur des invariants, n'est qu'un concept projeté sur le réel, alors que l'homme est fondamentalement changement. Il traverse des formes de vie qui, épuisées, accouchent de nouvelles formes. L'homme n'a donc pas de nature immuable mais une histoire.

  • Armes de destruction massive, pollution, extinction démographique : tout ce qui menace l'homme en tant qu'espèce vivante ne fait plus de doute. Mais il existe des facteurs qui, venant de l'homme lui-même, sapent son humanité propre. Ils ont beau être difficiles à saisir, c'est eux que Rémi Brague tâche de repérer à travers une analyse fulgurante et radicale de l'idée d'humanisme. Car il ne s'agit plus de savoir comment nous pouvons promouvoir la valeur homme et ce qui est humain. La question, désormais, est plus profonde : faut-il vraiment promouvoir un tel humanisme ? Nous ne pouvons plus nous bercer d'illusions. Il est facile de prêcher un humanisme réduit aux règles du vivre-ensemble, mais comment le fonder ? La pensée moderne est à court d'arguments pour justifier l'existence même des hommes. En cherchant à bâtir sur son propre sol, à l'exclusion de tout ce qui transcende l'humain, nature ou Dieu, elle se prive de son point d'Archimède. Est-ce une façon de dire que le projet athée des temps modernes a échoué ? C'est au lecteur d'en juger.

  • Il y a des paris qui viennent renverser l'ordre des choses. Celui de la pédagogie sociale consiste à ne pas agir en milieu confiné, à assumer la rue, la vie, l'altérité. Trois ou quatre enfants, un ou une pédagogue, les transports en commun et voici le monde source infinie de rencontres, d'expériences et de connaissances. La joie du dehors c'est ce sentiment du petit groupe qui part à l'aventure, c'est cet élan qui pousse vers l'inconnu. La joie du dehors c'est remplacer la peur par la confiance donnée aux parents, aux enfants et à toutes les personnes rencontrées sur le chemin. La joie du dehors c'est un pari pédagogique : et si le monde n'était pas infréquentable ? Et si côtoyer à la fois les marges et les centres, géographiques et symboliques, était une condition pour s'émanciper ?

    Guillaume Sabin est ethnologue, investi dans diverses expériences d'éducation populaire. Il est l'auteur de L'Archipel des égaux, luttes en terre argentine(Presses universitaires de Rennes, 2014).



    Le réseau des Groupes de pédagogie et d'animation sociale agit depuis les années 1980 sur différents territoires populaires de Bretagne. Initiateur de la pédagogie sociale en France, il est composé d'une vingtaine de pédagogues de rue qui pratiquent au quotidien la joie du dehors.

  • Avec une grande clarté, Giuseppe Rensi expose les concepts et théories qui ont émaillé l'oeuvre de Spinoza. Pour cela, il n'adopte pas la distance du chercheur ou de l'exégète mais se glisse dans la peau du penseur pour en communiquer le point de vue essentiel. Il pose après lui les grandes questions métaphysiques, toujours d'actualité : Qu'est-ce que l'être ? ; Quelle perception avons-nous de la réalité ? ; Est-ce que la nouveauté existe ? Rensi s'attache à nous rendre accessible la pensée du philosophe hollandais en démontrant la cohérence de ses différentes thèses, qu'elles soient métaphysiques, anthropologiques, morales ou politiques. La définition de l'Être comme substance éternelle est le point de départ d'une trajectoire dont les contradictions ne sont qu'apparentes. En tentant de les résoudre, Rensi nous propose une réflexion philosophique à part entière en livrant son interprétation personnelle des apports du penseur hollandais. Il va même jusqu'à impliquer directement le lecteur dans sa réflexion en ancrant la philosophie de Spinoza dans l'expérience. Le souci pédagogique de l'auteur, son recours à des images et des analogies, son enthousiasme même, dynamisent et rendent actuelle la pensée de Spinoza.

  • Dans cette Histoire de la campagne française, publiée pour la première fois en 1932 et devenue
    aujourd'hui un classique, l'écrivain « paysan » et historien Gaston Roupnel analyse avec lyrisme et
    sensibilité les structures agraires de la France.
    Les générations paysannes qui se sont activées depuis le Néolithique n'ont pas répondu seulement aux nécessités matérielles. Par le travail des champs et le soin aux animaux, elles ont communié avec la Nature, dans une expérience religieuse. Avec un humanisme mystique qui transcende les réalités agraires, Gaston Roupnel explique les liens culturels forgés entre l'homme et la terre et met en lumière les racines d'un attachement pluriséculaire.

  • L'amour de la nature, l'intérêt pour la nature, la joie éprouvée en présence des paysages et des êtres de la nature font partie des présupposés courants jamais remis en question. Notre civilisation est bien plutôt marquée par la haine de la nature. De la

  • Mystérieuse, ancestrale, sauvage ou à conquérir, la forêt fascine, effraie, attise la convoitise. La civilisation s´est construite contre, à côté mais aussi avec ces espaces largement inconnus et étranges. Lieu d´exil, de refuge et spiritualité, terrain de chasse et de jeux, la forêt nourrit l´imaginaire. Dans le même temps, réserve de matières premières et de ressources énergétiques, les bois ont permis à la population européenne de vivre et de survivre.
    Martine Chalvet embrasse le temps long, de la Gaule « chevelue » des Celtes aux protestations écologiques actuelles. Elle analyse les différentes facettes des paysages forestiers, mais aussi les logiques multiples et concurrentes qui se sont affrontées autour de la possession, de la domestication et de l´exploitation des territoires boisés, enjeu économique et stratégique, source de revenus vitaux pour les uns et symbole de richesse foncière pour les autres.

    Si 2011 est l´année de la forêt, ce livre lui restitue son histoire, sa grandeur comme les menaces qui pèsent sur elle.

  • Les traités d'Aristote sur le mouvement des animaux sont des textes fondamentaux pour les sciences du vivant et pour la théorie de l'action. Ils instituent une zoologie dynamique, qui explique pourquoi et comment les animaux se déplacent, et qui préfigure l'analyse contemporaine de la locomotion par la biomécanique animale. Ils montrent aussi que les animaux, l'homme y compris, se meuvent en vue des fins qu'ils se représentent : échapper à un danger, capturer une proie, atteindre un plaisir, accomplir une action moralement bonne. Ils tissent un lien étroit entre la physiologie, la théorie du mouvement animal, l'étude des facultés psychiques de désir et de connaissance, et l'analyse de la conduite. Tout en ouvrant des débats qui sont pour nous de pleine actualité, ils permettent ainsi d'aborder les questions majeures de la philosophie d'Aristote.
    © Flammarion, Paris, 2013.
    Virginie Berthemet © Flammarion

  • Trois chercheurs - un paléo-anthropologue, un neurobiologiste et un philosophe - réunis, pour tenter de répondre à une même question, plus que jamais d'actualité: «qu'est-ce que l'humain? ». Le paléo-anthropologue, Pascal Picq, considère l'homme à l'intérieur du monde vivant, en insistant plus sur les continuités que sur les ruptures. Selon lui, comment ne pas faire descendre l'homme de son piédestal d' « animal doué de raison », quand on sait que les primates ont développé des techniques relevant de la culture? Le neurobiologiste Jean-Didier Vincent, interroge quant à lui le «miracle» de la sélection génétique qui a fait qu'à un moment de l'évolution quelques gènes se sont mis soit à fonctionner plus longtemps soit à se dupliquer et à s'exprimer là où ils ne devaient pas l'être, dans le cerveau." Enfin, pour nouer nature et culture, la philosophie, en la personne de Michel Serres, relaie les savoirs scientifiques en méditant sur le temps. Nous savons aujourd'hui évaluer la durée gigantesque requise par la formation de l'univers inerte, des vivants et de l'homme. Comment définir ce dernier, sinon comme un vivant parti à la conquête de ce temps ? Comme "le premier vivant en voie d'auto-évolution"?

  • La thèse de cet ouvrage est qu'il faut prendre soin du monde et qu'une « anthropologie relationnelle » permet de penser ce soin. Une pensée spécifique de la relation devient particulièrement nécessaire en médecine, dans le monde du travail et vis-à-vis de l'environnement. Elle entend s'opposer à une attitude peu soigneuse qui se répand à l'égard des personnes et des différents contextes de vie. L'exigence du soin, se faisant catégorie critique, permet ainsi de relier des domaines souvent envisagés comme distincts où, à rebours de l'exploitation générale du monde, elle invite à porter attention aux relations humaines et aux différentes formes de vulnérabilité. Si la philosophie du care occupe désormais une place importante au sein de la philosophie contemporaine, cet ouvrage fait apparaitre la diversité des philosophies du soin, montre la pluralité des champs qu'elles investissent, et l'unité d'une démarche d'attention au monde.

  • Les créatifs culturels représentent une tendance émergente dans les sociétés modernes : celle de la prise de conscience de revisiter le lien fondamental qui existe entre les humains et la nature. Constituant environ un tiers de la population occidentale, ces individus incarnent des valeurs postmatérialistes de bien-être, et sont ainsi animés par une intention éthique et responsable d'habiter la planète. La spiritualité et le développement personnel semblent être au coeur de leur démarche. Ce livre éclaire le rôle et l'in uence de la spiritualité non-religieuse des créatifs culturels dans la construction d'une société humainement et écologiquement soutenable.
    Il apporte une compréhension de la vision critique de la société actuelle, de la foi en une société nouvelle et ainsi de la n de l'adhésion au mythe moderne du progrès. La spiritualité devient alors une voie d'action pour se changer d'abord soi, mais également pour soigner et réparer une société en pleine crise existentielle.

empty