Les Belles Lettres éditions

  • Dans les sources médiévales, le vol humain est rarement abordé de front : la tentative catastrophique du moine anglais Eilmer de Malmesbury, la machine à voler rêvée par Roger Bacon ou la nef flottant au-dessus de l'air imaginée par Albert de Saxe et Nicole Oresme font figure d'exceptions célèbres. Pourtant, cette question des vols fut un véritable défi intellectuel pour la pensée médiévale. Qu'ils soient portés par la force naturelle des oiseaux, par les esprits (âmes, anges ou démons) ou encore par l'ingéniosité humaine, les vols mettent en jeu de riches spéculations explicites ou indirectes. Et ce fut une gageure pour la science scolastique de penser le possible maintien d'un corps lourd dans l'air par projection, grâce au feu ou à l'air chaud, grâce au magnétisme ou par l'effet de l'horreur du vide. Dans cet essai historique original, Nicolas Weill-Parot enquête sur la confrontation de la science avec la magie, la technique ou la théologie. Travaillant au plus près de nombreuses sources, il trace une nouvelle histoire de la pensée du vol dans les airs : celle de la conceptualisation scientifique d'une réalité inaccessible.

  • Je veux te révéler les principes des choses, te montrer où la nature puise les éléments dont elle crée, fait croître et nourrit toutes choses, où elle les ramène de nouveau après la mort et la dissolution. (I, 55-57)

  • Que les bêtes brutes possèdent par nature un certain sens moral et qu'elles partagent avec l'homme bon nombre de merveilleux privilèges qui ont été impartis aux humains, voilà bien quelque chose de grandiose. (Prologue)

  • Avec l'enthousiasme et la curiosité des grands explorateurs, Caspar Henderson se fraie un chemin au coeur de l'émerveillement, dans les royaumes du fascinant et de l'effrayant. Il invite à comprendre et à célébrer les phénomènes prodigieux se déployant sous nos yeux : l'existence de la lumière et la mort des étoiles, la vie sur Terre et le fonctionnement du corps humain, sans oublier la technologie et les changements profonds qu'elle laisse présager dans notre existence. Convoquant la philosophie, l'art, la théologie mais aussi l'histoire naturelle et la recherche scientifique la plus actuelle, Ma carte des merveilles est un guide inspirant pour regarder le monde sous un jour nouveau.

  • La thèse de cet ouvrage est qu'il faut prendre soin du monde et qu'une « anthropologie relationnelle » permet de penser ce soin. Une pensée spécifique de la relation devient particulièrement nécessaire en médecine, dans le monde du travail et vis-à-vis de l'environnement. Elle entend s'opposer à une attitude peu soigneuse qui se répand à l'égard des personnes et des différents contextes de vie. L'exigence du soin, se faisant catégorie critique, permet ainsi de relier des domaines souvent envisagés comme distincts où, à rebours de l'exploitation générale du monde, elle invite à porter attention aux relations humaines et aux différentes formes de vulnérabilité. Si la philosophie du care occupe désormais une place importante au sein de la philosophie contemporaine, cet ouvrage fait apparaitre la diversité des philosophies du soin, montre la pluralité des champs qu'elles investissent, et l'unité d'une démarche d'attention au monde.

  • D'attribution incertaine, les trois traités réunis dans ce volume ont pris place depuis la Renaissance dans les éditions des oeuvres complètes d'Aristote. Ils touchent au domaine de la philosophie naturelle et de la médecine. L'opuscule Des couleurs décrit les couleurs simples dans leurs rapports avec les éléments, les couleurs composées et leurs infinies variations sous différents effets, puis les teintes des végétaux et des animaux. Ce traité fut traduit par Goethe dans une collection de notices sur l'histoire de la couleur de l'Antiquité au XVIIIe siècle. L'auteur du traité Des sons analyse quant à lui le phénomène de la production du son par la voix et par les instruments, le rôle des organes dans sa production et la question de sa propagation. Dans le sillage de l'oeuvre biologique d'Aristote, l'opuscule Du souffle envisage la théorie du souffle inné, le rôle de la respiration, la théorie de la pulsation, la nourriture des tendons et des os, le rapport de l'âme avec le souffle et le chaud, et les problèmes posés par les animaux dépourvus de poumons et de sang.
    Michel Federspiel (1941-2013) a enseigné le grec à l'Université de Clermont-Ferrand. Il était traducteur de textes scientifiques et techniques (Apollonius de Pergé, Eutocius d'Ascalon, avec M. Decorps-Foulquier), spécialiste de la langue des mathématiques grecques, et a exploré en particulier des corpus techniques à la tradition méconnue. Il traduisit en 1969 l'ouvrage d'Árpád Szabó, Les débuts des mathématiques grecques.

    Jean-Yves Guillaumin est professeur émérite de latin à l'Université de Franche-Comté. Spécialiste d'histoire des sciences et des techniques, il a édité un très grand nombre de textes latins, comme les arpenteurs romains, Martianus Capella et Boèce pour la C.U.F.

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