Littérature générale

  • Nature ; société et solitude Nouv.

    Vers la fin de l'année 1844, Emerson acquiert à Concord, dans l'État du Massachusetts, un terrain au bord d'un vaste étang. Cet étang, c'est Walden. Thoreau y vivra pendant deux ans, dans une cabane, et de cette expérience tirera Walden, ou la Vie dans les bois. Sans Emerson, donc, pas de Walden. Ami et mentor de Thoreau, Emerson est l'un des premiers grands philosophes américains. Chef de file du transcendantalisme, il entre en scène avec un essai, Nature, où il défend l'idée que la nature est un grand tout, plein et harmonieux, dans lequel le Soi devrait se fondre. Il entérine par là une vision nouvelle de la nature, vivant de son existence propre, sans l'homme - à charge pour celui-ci de la célébrer et de la respecter. Nature s'ouvre sur ces mots : « Pour s'isoler l'homme a autant besoin de se retirer de son cabinet que de la société. » Trente-quatre ans plus tard, Société et solitude revient sur cette dialectique entre la vie en commun et la vie solitaire, et le moyen d'articuler « La civilisation » et « Les clubs » avec « La chose rustique »... Un parcours, du premier au dernier essai d'Emerson, qui a façonné une autre manière de voir (et de vivre) la nature.   Présentation par Hicham-Stéphane Afeissa

  • De l'Orénoque au Caxamarca Nouv.

    Autres climats, autre atmosphère : après Steppes et déserts, la suite des Tableaux de la nature nous conduit de l'embouchure de l'Orénoque jusque sur les hauteurs du plateau de Cajamarca, au Pérou. Et s'ouvre sur un mystère, resté non élucidé jusqu'en... 1951 : où l'Orénoque prend-il sa source ? À défaut de le découvrir, au moins Humboldt parviendra-t-il, accompagné du fidèle Bonpland, à établir qu'il existe un passage navigable entre ce fleuve et l'Amazone. Dans ce récit de voyage qui est en même temps un relevé scientifique et topographique unique en son temps, Humboldt croise des animaux de nuit, se pique de volcanologie, fait un peu d'archéologie des civilisations précolombiennes, met en évidence l'étagement de la végétation et s'emploie à observer les plantes non comme des espèces isolées, mais dans leur environnement, pressentant l'approche actuelle par écosystèmes. Humboldt ? Un génie trop oublié, et dont la redécouverte n'en est que plus urgente.   Présentation par Gilles Fumey et Jérôme Gaillardet  

  • L'Anthropocène, cette « ère de l'humain », nous met face à un défi sans précédent dans l'histoire de la Terre. Face à l'anéantissement total de la nature dont nous sommes les artisans, et donc aux dangers qui pèsent sur nos propres conditions d'existence, nous devons façonner une nouvelle éthique de la cohabitation - plus encore : de la solidarité profonde avec tous les autres êtres vivants. Dans ce manifeste, Andreas Weber et Hildegard Kurt posent les jalons de cette pensée neuve, qu'ils appellent « vitalité ». Partie intégrante d'un système terrestre où la culture est inséparable de la nature, l'être humain doit désormais se faire créateur. Une responsabilité nouvelle qui nous incombe et que le discours de l'Anthropocène entend affirmer. Plaidant pour une nouvelle politique du vivant, ce texte courageux, lumineux, écrit dans une langue fluide et puissante, touchera tous ceux qui cherchent des réponses à la crise globale que nous traversons.

  • La responsabilité humaine a changé d'échelle : désormais, la préser-vation de la Terre nous incombe. Comment penser cela ? Comment le fonder philosophiquement ? Roland Schaer nous invite à sortir des sentiers battus, à suivre la piste du vivant par deux chemins qui convergent.

    La voie éthique, d'abord, dévoile la responsabilité sous un jour nouveau : non plus l'apanage d'un sujet humain souverain mais une relation, partagée de tous. C'est le soin originel, parental, qui répond d'un autre plus vulnérable, sur fond de vulnérabilité commune, et qui se décline dans toutes les sphères, du médical jusqu'au politique en passant par la culture.

    Mais alors, à suivre ce fil iconoclaste d'une humanité dans le vivant : qu'est-ce qu'être, pour le vivant ? C'est habiter. Les organismes vivants se renouvellent en même temps qu'ils changent leur milieu. Parfois, ils l'appauvrissent, le polluent, le dévastent. Parfois, ils l'aménagent et construisent des nids, des maisons, des cités. Ce qui n'est pas « le propre de l'homme » rend le monde ici ou là plus habitable. Mais rien ne nous assure que nous ne sommes pas en train de rendre la Terre inhabitable.

    C'est ici, à la croisée, que surgit notre responsabilité, à même notre condition de vivants parmi les vivants.

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