Editions Zoé

  • Franklin Starlight a tout juste seize ans lorsqu'Eldon, son père ravagé par l'alcool, le convoque à son chevet et lui demande de l'emmener au coeur de la montagne, là où, traditionnellement, on enterre les guerriers. Au cours de leur voyage, le fils affronte un jeune grizzly, ramène poisson ou gibier et construit des abris contre la pluie, tandis qu'Eldon lui raconte comment il a rencontré l'amour de sa vie, pourquoi il a sombré dans l'alcool et d'où vient leur patronyme qui évoque les temps indiens immémoriaux. Pendant ce périple, père et fils répondent, chacun à sa manière, à leur besoin d'apaisement identitaire. Ce roman au style brut et aux dialogues taiseux est un allé simple pour les terres sauvages du centre du Canada. Richard Wagamese appartient à la nation ojibwé. Il est le premier lauréat indigène d'un prix de journalisme national canadien et est régulièrement récompensé pour ses travaux. Il vit actuellement à Kamloops, en Colombie britannique. Les Étoiles s'éteignent le matin est son premier roman traduit en français.

  • En mai 1941, Annemarie Schwarzenbach embarque à Lisbonne pour Brazzaville, désormais la capitale de la France libre, dans l'espoir de rallier la Résistance. Mais au Congo, la guerre de propagande fait rage entre Vichy et les forces de la libertéAnnemarie, suspectée d'être un agent nazi, n'échappe pas à la censure.

    Les Forces de liberté regroupe des textes écrits par Schwarzenbach durant les neuf mois et demi que dure son voyage en Afrique. Pour la plupart inédits en français, ces reportages, récits et poèmes questionnent le rapport du journalisme à la vérité et donnent à lire la réalité méconnue du continent africain durant la Seconde Guerre. Ils offrent aussi à l'écrivain des moments de grâce, de plénitude, la description de contacts miraculeux avec le fleuve, la jungle ou la brousse.

    Journaliste de génie, écrivain, archéologue, Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) fut une femme libre, grande voyageuse. Ses reportages la menèrent sur les routes du monde, d'Istanbul à Persépolis, de l'Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrid à Tanger. Les grands lointains l'attiraient irrésistiblement, mais elle ne perdait jamais de vue le dramatique combat du moment en Europe, la lutte contre le nazisme.

  • Artémis. Seize mètres d'aluminium, douze tonnes, taillé pour les mers de glace. Pendant quarante jours, quatre architectes paysagistes embarquent sur ce voilier pour étudier le territoire du cercle polaire. En plein coeur d'une nature vertigineuse, mais soumis à un confinement qui ressemble à un huis-clos, ils vont être confrontés aux contraintes impitoyables tant du groupe qu'ils forment avec le capitaine du voilier et son adjoint que de ce désert glacé dont la nature est aussi toxique qu'ensorcelante.

    Anne-Sophie Subilia est membre de l'AJAR, elle a travaillé avec Philippe Rahmy et Noëlle Revaz à la Haute Ecole de Berne et Kenneth White à Montréal. Son écriture se fonde sur une expérience physique de l'espace et la volonté de révéler la profondeur de l'ordinaire qui nous constitue.

  • Grand national

    Roland Buti

    Grand National est le récit d'une crise dans la vie de Carlo. Sa mère disparaît, son employé - colosse sentimental au passé douloureux -, est roué de coups pour une mystérieuse raison, sa femme le quitte. Le voici face au manque, mesurant son intime connaissance de l'être aimé et découvrant la jeunesse romanesque de sa mère pendant la Seconde Guerre mondiale : l'occasion pour lui de porter un regard étonné et neuf sur le monde.

    Roland Buti a l'art de nous mettre tout contre ses personnages, de nous les rendre familiers de manière tactile, concrète et sensuelle. Le corps, le visage, les mouvements de chacun, la nature et les émotions sont saisis avec une infinie douceur, en dépit de la violence ou du comique des scènes.



    Roland Buti vit à Lausanne. Son précédent roman, Le Milieu de l'horizon (Zoé, 2013), a été traduit en sept langues et a reçu de nombreux prix littéraires. Il est adapté au cinéma en 2019.

    Les grands parents de Roland Buti étaient paysans et boulangers, il est professeur d'histoire et promène son regard étonné et curieux sur le monde avec une droiture rare et un humour rafraichissant.

    Son dernier roman Le Milieu de l'horizon a été traduit en six langues (dont l'anglais, l'italien, le danois et l'allemand) et a reçu de nombreux prix littéraires en Suisse et en Allemagne.

  • Il arpente campagne, forêts et bitume ; il hume, écoute, observe. Réinstallé dans le village de son enfance, il fréquente une poignée de paysans, s'occupe de Cyril, son filleul, s'éprend de Claire, bricole des meubles.
    Il parle peu, parle mal. La modernité et l'urbanisation de sa contrée le rongent. Quant au chantier qui s'érige non loin, il en a peur. Mais ce molosse le subjugue aussi, le hante et l'emplit d'une étrange colère.
    Dans une langue traversée d'oralité, Parti voir les bêtes parle d'un amour sans bornes pour une terre condamnée à disparaître. Ce roman fait entrer dans le regard de ceux qui éprouvent sans protection la beauté du monde.

    Anne-Sophie Subilia est née en 1982. Belgo-suisse ayant vécu au Québec, elle est l'auteure de Jours d'agrumes, un premier roman distingué par le prix ADELF-AMOPA 2014.

  • La fête

    Blaise Hofmann

    Juillet 2014 - juillet 2018 : le récit de quatre années dans la fabrique de la Fête des Vignerons 2019. En marge du gigantisme de cet événement, ce livre donne le point de vue intime de Blaise Hofmann, l'un des deux librettistes du spectacle. Voici dévoilées les coulisses à hauteur d'homme : de la première audition aux répétitions, en passant par les lectures, les archives, les rencontres avec les vignerons, les collaborations artistiques, la lente maturation des textes... C'est également durant cette période que l'écrivain voyageur reprend le petit domaine viticole de son père. Blaise Hofmann ouvre grands les yeux et les oreilles, tout autour comme à l'intérieur de lui-même. On assiste à une forme « d'exotisme du proche », un genre dans lesquel excelle l'auteur depuis Estive.

    L'auteur (500 s.)

    Né à Morges en 1978, Blaise Hofmann est l'auteur de sept romans et récits de voyage. Il reçoit en 2008 pour Estive le Prix Nicolas Bouvier au festival Étonnants voyageurs de Saint-Malo. Ses derniers ouvrages sont Marquises (2014), Capucine (2015), Monde animal (2016) et Les mystères de l'eau (2018).

  • En faisant parler Max le patriarche débonnaire et Mary sa femme américaine, puis Joson le grand-père voyageur et Dora la bien-aimée grand-mère, Marie Gaulis raconte le lieu aimé de l'enfance, une terre savoyarde à la fois réelle et rêvée. Dans le château familial, la peinture s'écaille, les canalisations gèlent, les guerres passent. Tandis que les aïeux, désormais âmes légères comme des oiseaux, se confient, honnêtes, la narratrice se souvient, réfléchit et se console. Dans Le Royaume des oiseaux, Marie Gaulis saisit la place que prennent parfois malgré nous les légendes et les rituels ancestraux et les confronte à la nature si sensuelle et à la vie d'aujourd'hui. Marie Gaulis vit à La Chaux-de-Fonds. Elle a écrit plusieurs ouvrages, parus aux éditions de l'Aire et chez Métropolis, avant de publier chez Zoé Lauriers amers et Le Rêve des Naturels. Elle a également traduit et adapté des pièces du théâtre d'ombres grec, Karaghiozis et le château des fantômes, pour Les Classiques du Monde (Zoé). Marie Gaulis a un fort penchant pour la sauvagerie primitive des mondes perdus, les vieilles mythologies, le paganisme méditerranéen et les salles de bain avec baignoire.

  • Le rêve des naturels

    Marie Gaulis

    Rêverie, méditation, réflexion ou fiction, il s'agit de l'exposé d'une tristesse anthropologique, du constat d'un paradis perdu, du rêve d'un état encore sauvage. Rousseau n'est pas loin, mais la narratrice est bien une femme du XXIe siècle, lucide, curieuse et joueuse, vivant dans le monde hybride d'aujourd'hui. A travers marches, rencontres et lectures, elle évoque les Aborigènes d'Australie, ces Naturels dont le mode de vie millénaire a basculé au moment de leur rencontre avec les Européens.
    Attentive à tout, au paysage qui l'entoure, à la brutalité de la nature comme à l'agitation de la ville, aux pulsations de son corps comme aux échappées de son imagination, la narratrice développe un état de réceptivité qui se creuse et s'affine, permettant à la fois d'exprimer ses propres rêves d'une sauvagerie perdue et d'accepter l'imperfection du monde dans lequel elle vit.

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