Éditions du Noroît

  • Dans ce livre à la fois sombre et lumineux, le poète se demande comment vivre quand le bruit inquiétant du monde et d'une maladie incurable l'emporte sur celui du muscle cardiaque. Quoi faire pour retrouver l'appétit et la soif, le désir de vivre amoureusement ?

    Pour tenter d'y répondre, le poète invite à regarder sous les bateaux, les gros comme les petits, pour voir si l'eau est la même. À s'étendre sur le dos parmi les grands arbres de la forêt pour se sentir en paix. À retourner à l'amour et à l'enfance de ses plus grands projets. Un des siens : ne pas avoir peur de la vie. Aller à quatre pattes puis se tenir debout, se mettre à marcher, danser, courir sur du papier. Manger des mots pour survivre.

  • Le poète attentif à ce qui l'entoure est autant fouineur de ruelles qu'observateur sensible aux effets de lumière. À l'affût des moindres turbulences du vent, il s'imprègne des plus légers murmures tapis dans la mélopée des oiseaux piailleurs.
    Ainsi va-t-il, le corps en mouvement, prêt à capter l'infini colori des vagues dans le silence rageur que la nature lui offre. Le poète séduit par la lente marche des saisons, se nourrit d'aventures au hasard de la route et des chemins de travers.

  • Ce deuxième livre de l'autrice engage une réflexion dans laquelle la nature et le corps sont mis en scène côte à côte, dans un appel de la finitude prolongée par une méditation sur le sens de l'aventure. La présence de la mort, le malaise entre l'amour de la nature (du fait de l'observation à laquelle elle donne lieu) et ce à quoi elle ne permet pas de se poser, d'y vivre.
    « Comment réconcilier / la mémoire et l'attente », écrit-elle, sans pour autant donner de réponse, sinon dans le chemin que le poème érige peu à peu, comme le mensonge béni qui offre une issue : « mon poème aura toujours / sa source dans le mensonge ». Si bien que le malaise du corps, ses maladies sans doute, fait un écho au mal subit par la nature.

  • Ce recueil propose une suite de tableaux où la lumière et la période de l'année sont définies, mais pas le lieu. Dans l'engendrement du poème, l'activité de la mémoire et de la pensée répond à une impulsion musicale. Musique de l'esprit au sens mallarméen du terme, le poème emprunte les chemins sur lesquels la parole devient sonore pour atteindre une rythmique visuelle où les mots recouvrent une véritable matérialité musicale - comme le rêve d'un poème qui prolongerait un regard longuement porté sur le spectacle le plus simple : une fleur dans un vase, la courbe d'une colline, l'éclat d'un caillou, la douceur d'un visage. L'existence dans ce qu'elle a de profond et de durable n'est-elle pas silence, inaction, repos et présence à ce qui est ?

  • Ce recueil évoque la rencontre entre une femme et le territoire de la Côte-Nord. Les grands déserts de toundra, la mer, l'omniprésence du vent: que font ces choses à la voix, au corps? Comment est-ce qu'elles teintent le rapport à soi, mais également à l'autre? Plus qu'une rencontre, cela devient une inscription de cette femme dans la pleine nature, à la recherche dirait-on de la relation la plus simple qui soit à ce qui l'entoure et la touche. La fragilité ici est brute, la solitude induite par l'isolement et la vastitude des lieux est extrême; l'écriture est dès lors plus proche de soi et de l'autre.

  • Fin du labyrinthe Nouv.

    Fin du labyrinthe constitue le cinquième volet d'une méditation sur la mort, sous forme d'ascèse. Au terme d'un polyptique que forment Le Cimetière de Sinera, Les heures, Mrs. Death et Le marcheur et le mur, la langue se dépouille en quête de la clarté qui précède la lumière, de la lumière qui accueille le je sur la rive ombreuse. Le poème se fait tour à tour chemin, ascension et traversée «au coeur de l'hiver», dans l'espoir d'un «blé à venir», du point du jour jusqu'au coucher du soleil. Dans le langage en butte au silence, à la souffrance de l'homme arbre ou cerf, poursuivi par le temps, s'accomplit la quête de l'Absolu.

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