• Ormuz

    Jean Rolin

    Cest par le détroit dOrmuz que transite de 20 à 30 % du pétrole et du gaz irriguant léconomie mondiale ; ce qui en fait, naturellement, un enjeu stratégique de premier ordre, particulièrement, depuis quelques années, dans le climat de tension croissante engendré par le programme nucléaire de lIran. À intervalles réguliers, des escadres de navires américains sy font voir, surveillées de près par des navires iraniens dune puissance infiniment moindre que les précédents, mais rompus aux tactiques les plus retorses de la guerre navale dite « asymétrique ». De telle sorte que le moindre incident pourrait entraîner une escalade incontrôlable, et que tous les pays de la région sont engagés dans une course aux armements très propice aux marchands de ces derniers.

    Il nest pas indifférent, dautre part, de noter que les paysages du détroit dOrmuz, tant sur la rive iranienne que sur la rive omanaise, sont dune grande beauté, ou dune grande étrangeté, au moins dans la mesure où la chaleur accablante qui y règne pendant six ou huit mois de lannée ménage des conditions acceptables pour les observer.

    Cest dans ce cadre, et dans ce contexte, que Wax, un personnage aux contours indécis, plus tout jeune, et sans doute un peu mythomane, a formé le projet de traverser à la nage le détroit dOrmuz, bien que, même dans sa partie la plus resserrée, jamais moins dune quarantaine de kilomètres nen sépare les deux rives. Afin de préparer cette performance par des repérages, des prises de contacts, des analyses plus ou moins fantaisistes de la situation politico-militaire... , et den tenir la chronique, Wax sest assuré le concours de celui qui dit « je » dans ce récit. Récit dont la trame est formée tant par les tergiversations de Wax que par les pérégrinations de ce narrateur, maritimes ou terrestres, dabord sur les eaux du Golfe puis sur les deux rives, larabe et la perse, de celui-ci. Et si faibles que paraissent ses chances de succès, Wax, pour finir, se lancera tout de même dans cette audacieuse tentative de franchir le détroit dOrmuz à la nage.

  • 'Je m'arrêterai à nouveau, essoufflé, hébété peut-être, échoué sur la pierre froide d'un seuil qui traverse le lit en diagonale, en suggérant un gué : l'eau se faufilera entre les galets plus gros où elle rebondira dans une mousse claire. Elle retombera avec un tintement de fontaine, puis courra se glisser sous les vergnes couchés au bord de l'eau. Je n'aurai rencontré personne depuis mon départ, j'aurai seulement croisé des voitures et des tracteurs, et entendu des animaux : je resterai allongé un instant sur le ventre avant de repartir. J'écouterai l'eau couler, sonner, sauter sur les cailloux, répéter sans se lasser son cliquetis cristallin, incapable de me représenter ce qui m'attend, jusqu'où cette eau va me porter, et encore moins comment. Je n'aurai rien préparé, j'aurai froid, j'aurai seulement décidé de partir sans réfléchir, sous le seul prétexte d'avoir envie de voyager, et d'aimer nager dans l'eau.'

  • Jasmine Lucas, une femme d'environ 45 ans, tente de faire le point sur sa vie sentimentale, sur une île perdue des Antilles néerlandaises, un paradis de la plongée sous-marine. Chef d'antenne célèbre de la télévision québécoise, elle a quitté Simon quelques années auparavant, lorsque ce dernier lui avait annoncé qu'il entretenait une liaison avec une autre femme. Or, Jasmine ne s'est toujours pas remise de cette rupture, et elle a honte de ne pas en guérir. Entre-temps, elle a tout de même rencontré Adam, un homme qui paraît avoir toutes les qualités requises pour faire un excellent conjoint.

    Pour compliquer les méandres de ses hésitations, lors de son séjour sur l'île Blanche, elle fait la rencontre de Macha Savaria, une psychiatre spécialisée dans les troubles de comportement. Belle et sophistiquée, cette femme mystérieuse révèle à Jasmine ses ambivalences sentimentales, face à un homme dont elle est amoureuse, qu'elle alterne sans scrupule avec Steeve, un amant occasionnel.

    Comment les deux femmes réussiront-elles à faire les bons choix? C'est ce qu'elles découvriront lorsqu'elles se rencontreront à nouveau deux mois plus tard, par hasard, dans un restaurant de la rue Saint-Denis, au coeur du centre-ville de Montréal.

  • Entre 1921 et 1926, le nageur Omer Perreault, accompagné d'Armand Vincent, un gérant ambitieux et impulsif, se rend en Europe à quatre reprises avec la forte ambition de traverser la Manche à la nage. Pour ces complices issus de quartiers ouvriers de Montréal, il s'agirait là d'un exploit exceptionnel, car Perreault s'inscrirait alors parmi les trois athlètes au monde ayant réussi à vaincre ce bras de mer séparant la France de l'Angleterre. Ainsi souhaitent-ils passer à l'histoire, mais leurs moyens financiers sont modestes et leurs expéditions souffrent d'un manque d'organisation. C'est néanmoins contre vents et marées qu'ils affrontent leurs difficultés, comme les caprices de Dame Nature qui agite les eaux troubles auxquelles ils font face. Perreault et Vincent relèveront-ils ce défi de taille ? Précurseurs dans leur domaine, ces aventuriers ouvrent la voie aux Jacques Amyot et Robert Cossette qui viendront ensuite. Chose certaine, les deux compagnons osent rêver d'un destin grandiose, à une époque où les Canadiens français ont bien peu d'occasions de s'illustrer. En les faisant revivre, Serge Gaudreau prend le lecteur à témoin de toute l'audace et de la détermination qui les animaient. Une monographie qui se lit comme un roman d'aventures!

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