• Né d'aucune femme

    Franck Bouysse

    • Audiolib
    • 11 Septembre 2019

    Dans le secret du confessionnal, on confie au père Gabriel une mission. Récupérer à l’asile voisin, sous la jupe d’une femme dont il doit bénir le corps, de mystérieux cahiers. C’est ainsi que sortent de l’ombre les carnets de la jeune Rose, ceux dans lesquels elle a conté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
    (C) et (P) Audiolib, 2019
    La Manufacture de livres, 2019
    Durée : 9h09

  • Le dernier enfant Nouv.

    Le dernier enfant

    Philippe Besson

    • Lizzie
    • 11 Mars 2021

    Que se passe-t-il dans le coeur d'une mère lorsque le dernier de ses enfants quitte la maison ? C'est tout l'enjeu de ce roman déchirant autour des vingt-quatre heures de la vie d'une femme, dont l'existence entière vacille à l'approche d'une séparation inéluctable. Sans se l'avouer, Anne-Marie redoutait cette échéance depuis des mois. Aujourd'hui, Théo, son plus jeune fils, quitte le nid familial. Du dernier petit déjeuner à trois, autour de la table de la cuisine, jusqu'au moment où la silhouette de son fils s'amenuisera dans le rétroviseur d'une camionnette de déménagement, il lui faudra affronter l'évidence : rien ne sera plus jamais comme avant. Au fil de cette journée particulière, Anne-Marie, tour à tour chancelante et confuse, maladroite et touchante, revisite les moments décisifs d'une existence en grande partie consacrée à la maternité, entre oubli de soi et joie intense d'être le centre de gravité familial. Tandis que son dernier enfant vole désormais de ses propres ailes, comment réapprendre à vivre seule aux côtés de Patrick, son mari taiseux et taciturne, et redonner un sens à l'avenir ? À quels repères se raccrocher ?
    Dans ce roman tout en nuances et en délicatesse, Philippe Besson parvient à hisser un événement ordinaire -; le départ d'un enfant -; au rang de moment sublime et poignant. De sa plume toujours élégante, précise et sans concession, il scrute jusque dans les moindres détails les sentiments contradictoires, les failles psychologiques, les pensées secrètes d'une femme simple, fragile, bouleversante de véracité. Impossible de ne pas s'identifier au vertige de cette mère, à sa peur du vide face à l'horizon inconnu qui s'ouvre devant elle.

  • Bonjour tristesse

    Françoise Sagan

    • Lizzie
    • 12 Mars 2020

    Amours, drogues, illusions perdues. Il est des chemins pour se perdre ou pour se retrouver : Les Chemins de Katmandou.

    À la fin des années 60, la jeunesse du monde se cherche une cause à défendre. Leurs parents ont fait la guerre ? Ils seront pacifistes ! La société ne veut que consommer ? Seul l'amour compte !Pour Olivier et Jane, deux adolescents qui rejettent la vie qu'on leur promet, la vérité se trouve à l'autre bout du monde, au Népal. Mais que l'on quitte les barricades parisiennes ou le brouillard londonien, il est bien long, le chemin qui mène à Katmandou...

    2 Autres éditions :

  • La chute

    Albert Camus

    Une nuit de novembre, à Paris, Jean-Baptiste Clamence, traversant un pont sur la Seine, entend le cri d'une femme qu'il vient de croiser. Celle-ci s'est jetée dans le fleuve et se noie. Il continue son chemin et ne fait rien pour la sauver. Mais comment continuer à vivre après? Le mur des certitudes d'une vie riche et brillante se lézarde. Jean-Baptiste Clamence sombre. Après maintes expériences pour tenter d'oublier cette funeste rencontre, ce cri déchirant, cette existence à jamais disparue, il se retire dans un bar à matelots d'Amsterdam où il devient juge-pénitent. François Berland est le lecteur de ce long et admirable monologue. Il est Jean-Baptiste Clamence, ancien avocat de renom qui se livre à une confession sous forme de prise de conscience. Une lecture sobre et poignante.

  • Nuit d'épine

    Christiane Taubira

    • Lizzie
    • 13 Août 2020

    La nuit, chacun la voit, la vit, la sent, l'apprivoise à sa manière. De celle de Guyane, trouée d'un faible lampadaire sous la lueur duquel, enfant, à la faveur de la moiteur et du silence, elle allait lire en cachette, à celle qui lui permettait de régler ses comptes avec les péchés capitaux que les religieuses lui faisaient réciter dans la journée, la nuit a souvent été, pour Christiane Taubira, une complice, une alliée, une sorte de soeur intime, un moment particulier. C'est la nuit des chansons qu'on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu'on annonce la mort d'une mère, la nuit des études passionnées et des yeux en feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C'est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l'Assemblée autour du mariage pour tous - un cathéter au bras et le courage en bandouillère. C'est enfin la nuit d'un tragique vendredi 13, bientôt suivie de celle où l'on décide d'un adieu. Ces nuits des espoirs, des questions, des inquiétudes parfois, des colères aussi sont un roman du vrai. Un récit littéraire où l'auteur montre que la vie est souvent plus forte, inventive, poétique, envoûtante, dure, terrible que bien des fictions.

  • Bel-Ami

    Guy de Maupassant

    • Lizzie
    • 10 Septembre 2020

    La Belle Époque. Georges Duroy se retrouve à Paris sans argent en quête d'ascension sociale. Un soir, il rencontre Forestier un ancien camarade de régiment qui va lui proposer un poste de journaliste à la Vie Française. Il fait alors la connaissance de Clotilde de Marelle, la cousine de Madeleine Forestier, qui va lui faire découvrir une éducation sentimentale très libre. Sa beauté et son charme lui ouvrent le coeur des autres femmes qu'il côtoie et peu à peu il occupe des postes plus importants au journal. Tout le monde adopte le surnom " Bel Ami " donné par Laurine, la fille de Clotilde.
    Lu par Thomas Solivéres. Acteur et comédien, il se fait connaître à l'écran dans le film
    Intouchables et sur scène dans
    Harold et Maude où il joue aux côtés de Line Renaud. Sa carrière se poursuit à la télévision où il est le personnage récurrent de plusieurs formats courts (
    Scènes de ménage, VDM la série...), au théâtre (dans des pièces classiques et contemporaines) et enfin au cinéma où il a notamment revêtu l'habit de groom de Spirou dans
    Les Aventures de Spirouet Fantasio (2018) ou encore le nez de Cyrano dans
    Edmond (2019).

  • - 50%

    Partant de l'analyse des interdits misogynes, solides remparts d'une supériorité masculine dont la réalité paraît sérieusement ébranlée, Virginia Woolf définit les conditions d'existence et la spécificité de la création pour les femmes. Il faut d'abord « une chambre à soi », dont la portée va bien au-delà du matériel.

    « Il suffit d'entrer dans n'importe quelle chambre de n'importe quelle rue pour que se jette à votre face toute cette force extrêmement complexe de la féminité... Car les femmes sont restées assises à l'intérieur de leurs maisons pendant des millions d'années, si bien qu'à présent les murs mêmes sont imprégnés de leur force créatrice.» V.W.

  • Isabelle, l'après-midi

    Douglas Kennedy

    • Lizzie
    • 9 Juillet 2020

    Après La Symphonie du hasard, Douglas Kennedy nous offre une oeuvre sensuelle, délicate, nostalgique, sur les amours contrariées, le destin que l'on se forge et les regrets qui peuvent jalonner l'existence. C'est aussi sa déclaration d'amour à Paris, ville de tous les possibles et de toutes les réinventions.
    Avant Isabelle, je ne savais rien du sexe Avant Isabelle, je ne savais rien de la liberté Avant Isabelle, je ne savais rien de la vie Paris, dans les années 1970. Dans une librairie de la rive gauche, un jeune homme rencontre une femme. Il est américain, étudiant, sans le sou, se destine à des études de droits et a débarqué à Paris pour assouvir ses fantasmes de la Ville Lumière ; elle est française, un peu plus âgée, sophistiquée, mystérieuse... et mariée... Entre Sam et Isabelle, le coup de foudre.
    Commence alors entre eux une liaison tumultueuse, des cinq à sept fiévreux, des rendez-vous furtifs, des moments volés.
    Mais Sam veut plus. Isabelle lui a ouvert la porte d'un futur qu'il voudrait différent, loin de la vie à laquelle il était destiné. Pour autant, Isabelle est-elle prête à tout sacrifier pour lui ? Cette passion qui les anime l'un et l'autre, saura-t-elle résister à l'épreuve du temps et du quotidien ?

  • Avec Le Duel, Frédéric Mitterrand nous fait vivre le terrible affrontement qui opposa deux géants de l'histoire : Napoléon III et Victor Hugo. Un récit écrit à hauteur d'homme, vivant, tendu, marqué par la passion et la violence, sur les convulsions de la haine en politique et le rapport de fascination entre hommes de pouvoir et écrivains.
    Le 2 décembre 1851, le président de la République Louis Napoléon Bonaparte viole la Constitution et s'empare de tous les pouvoirs avant de se faire proclamer empereur. Un homme suit pas à pas, depuis des mois, celui qu'on appelle désormais Napoléon III. Il le connaît fort bien et l'a souvent rencontré. Il dénonce son forfait et s'oppose à lui farouchement. C'est Victor Hugo, député de l'Assemblée dissoute et écrivain célèbre.
    Dans ce combat, l'empereur se révèle bien plus stratège et subtil que la caricature qu'on en a faite. Quant au second, il apparaît tel qu'il est vraiment : génial, égocentrique, autoritaire avec ses proches.
    Ce duel passionné entre le voleur et son ombre durera vingt ans. Jusqu'à la chute honteuse de l'aventurier politique et l'apothéose du prophète du retour de la République...

  • "Dans les épaisseurs de la nuit sèche et froide, des milliers d'étoiles se formaient sans trêve et leurs glaçons étincelants, aussitôt détachés, commençaient de glisser insensiblement vers l'horizon. Janine ne pouvait s'arracher à la contemplation de ces feux à la dérive. Elle tournait avec eux, et le même cheminement immobile la réunissait peu à peu à son être le plus profond, où le froid et le désir maintenant se combattaient."

  • Et soudain, la liberté

    ,

    lu par Gaëlle BILLAUT DANNO
    • Lizzie
    • 6 Septembre 2018

    Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
    À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu'au jour où elle lit
    Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C'est la naissance d'une conscience, le début de la liberté.
    De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l'avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s'ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n'a qu'un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu'elle y fera la rencontre d'un certain Fidel Castro...

  • « L'histoire d'Un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet : quand le perroquet est mort, elle le fait empailler, et, mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Ce n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même. » G.F. C'est ainsi que Flaubert présente lui-même Félicité, l'héroïne d'Un coeur simple, l'un des récits qui composent les Trois contes, qui furent, en 1877, la dernière oeuvre publiée du vivant de l'écrivain.

    1 autre édition :

  • Tout commence par les lettres que s'envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, jeune libraire suédoise introvertie que ne vit que pour les livres, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d'échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu'Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville. Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu'Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel...
    © Katarina Bivald, 2013 - Éditeur original : Forum bokforlag, - © Éditions Denoël, 2015
    © et (P) Audiolib, 2015
    Durée : 13 h

  • Comme dans une conversation familière et intime, Françoise Sagan nous dresse en mosaïque les portraits des grand·e·s de son époque qu'elle a eu la chance de côtoyer : Billie Holiday, Orson Welles, Rudolf Noureev, Jean-Paul Sartre... Pulsions, émotions, passions, admirations composent la musique pudique et singulière de ses souvenirs. Dix ans après avoir enregistré « Avec mon meilleur souvenir », le plus personnel et le plus accompli de ses livres, Françoise Sagan raconte dans « Derrière l'épaule » (Plon, 1998) cette expérience inédite : « Le studio donnait sur une cour, style Utrillo, où un enfant et un chat se succédaient. Contrairement aux prédictions pessimistes de l'ingénieur du son, je me débrouillai fort bien, ne bégayai pas et inscrivis ma voix sur un disque, comme une professionnelle, pendant trois jours... C'était l'été, je crois, et j'ai gardé un souvenir paresseux et réussi de ces trois jours. »

  • Sélection parmi le recueil de nouvelles « La Maison de Claudine » paru en 1922, le CD ouvre sur « Ma mère et les bêtes » lu par Colette elle-même en 1947. Sa voix aux couleurs de sa terre et ses voluptueux r roulés ensoleillent les oreilles. Puis la chaleureuse Anny Duperey prend sa suite avec panache pour nous lire comme autant de contes « La Petite », « La Noce », « Où sont les enfants ? », « Maternité », « Le Rire » et « La Noisette creuse ».

    «Que tout était féerique et simple, parmi cette faune de la maison natale... Vous ne pensiez pas qu'un chat mangeât des fraises? Mais je sais bien, pour l'avoir vu tant de fois, que ce Satan noir, Babou, interminable et sinueux comme une anguille, choisissait en gourmet, dans le potager de Mme Pomié, les plus mûres des "caprons blancs" et des "belles-de-juin". C'est le même qui respirait, poétique, absorbé, des violettes épanouies.» C.

  • Esclavage. Racisme. Ségrégation. Appauvrissement, peur et haine des NoirEs. Une histoire du Canada. Un livre à lire absolument.

    Présentation
    La vérité a souvent un goût amer. Nous ne savons comment accepter nos histoires. Faut-il s'en tenir aux faits et dire la vérité ? Cet ouvrage monumental si richement documenté est précieux, il nous tire de l'oubli
    et du silence. Que savons-nous de l'esclavage au Canada ? Que savons-nous de la répression exercée sur les femmes et les hommes noirs ? Que savons-nous du racisme systémique ? Que savons-nous de la détresse des Autochtones, des sans-papiers, des personnes réfugiées ? Enfin fort peu... Parce que l'État construit et déconstruit les récits à travers les institutions. Les citoyen.ne.s sont ainsi condamné.e.s à reproduire une histoire qui nous échappe.

    L'édition originale anglaise de NoirEs sous surveillance. Esclavage, répression et violence d'État au Canada (Policing Black Lives : State Violence in Canada from Slavery to the Present, Fernwood 2017) a été nommée parmi l'un des « cent meilleurs titres de 2017 » par le Hill Times, et est en nomination pour le Atlantic Book Award.

    Échos de presse
    « Robyn Maynard remet en question les discours dominants sur le multiculturalisme et l'inclusion au Canada en exposant l'ancrage complexe des structures du racisme et des idéologies du genre dans l'histoire
    esclavagiste et coloniale. NoirEs sous surveillance ne devrait pas être lu seulement par celles et ceux qui s'intéressent aux histoires canadiennes et aux mouvements de justice sociale ; il s'adresse à toute personne interpellée par le potentiel abolitionniste et révolutionnaire du mouvement Black Lives Matter. »
    Angela Davis

    « Lecture franche et incisive du racisme au Canada qui profiterait à tous les Canadiens, qu'ils soient noirs, blancs, autochtones ou autres. » Winnipeg Free Press

    L'auteure
    Auteure, militante féministe, activiste noire, Robyn Maynard est l'une des voix les plus écoutées sur les enjeux de la race, du genre et de la discrimination au Canada.

  • Après L'Iliade des femmes, Daniel Mesguich, fils aimé de la Muse française, et Emmanuel Lascoux, helléniste rêveur à haute voix de grec ancien, renouent avec la formidable épopée qui a donné naissance à la littérature. Naissance donnée par un choeur de femmes, à commencer par Hélène et jusqu'à la patiente Pénélope, dans cette Odyssée des femmes. Comme elle, Emmanuel Lascoux tisse et déploie, avec Daniel Mesguich, l'étoffe de ce chant autour des femmes et les déesses, brodeuses, amantes, guerrières, soeurs ou ennemies, qui en sont la force.

    « Je passe tout mon temps à me cuire le coeur aux regrets de mon Ulysse, mon Amour. Eux, ils veulent précipiter le mariage ; moi, je dévide le fil de mes ruses. Une étoffe, voilà l'idée que m'a soufflée une divinité : dresser un grand métier, dans mon palais, et me mettre à tisser, du travail surfin, une pièce interminable ! Après, je leur propose : « Jeunes gens, chers Prétendants, Ulysse est mort, ce dieu ! Patience, ne précipitez pas mon mariage, voyez-vous cette étoffe ? Attendez que je l'aie terminée - quel dommage de gâcher tout ce fil ! C'est un linceul pour Laèrte, ce héros, pour le jour où la destinée l'appellera, où la mort au deuil sans fin le prendra. » Voilà ce que je leur dis, et voilà qu'ils le gobent, ces braves ! Alors je passe mes journées à tisser à mon grand métier et mes nuits à tout défaire, aux lumières dont je m'éclaire. »

  • J'ai cherché...

    ,

    lu par Charles Juliet; Valérie Dréville

    « Celui qui veut à toute force se rendre libre a beaucoup à se battre. Mais si un jour il arrive à jeter bas les murs de son cachot, puis à déboucher en pleine lumière, il lui est donné d'accéder à la connaissance recherchée, et en lui, la peur, la haine de soi, l'angoisse et une certaine culpabilité cèdent la place à une paix, une force, une foi en la vie qui feront que son cercle ira toujours grandissant. » C.J.

  • Chère maître

    ,

    lu par Marie-France Pisier; Thierry Fortineau

    « Chère Maître », c'est en ces termes que Gustave Flaubert s'adresse à George Sand. Au fil de la correspondance qu'ils échangèrent, de 1866 à 1876, se révèlent deux conceptions du monde, deux esthétiques, deux tempéraments. La générosité et l'attention aux autres de George Sand et l'esprit torturé et solitaire de Gustave Flaubert. L'amitié forte et durable qui les unira ne sera interrompue que par la mort de George Sand. Cette correspondance, belle d'intelligence, pose sur la société du XIXe siècle, un regard d'une grande pertinence. Gustave Flaubert (1821-1880) a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci du réalisme, et par la force de son style dans de grands romans comme Madame Bovary (1857), Salammbô (1862), L'Éducation sentimentale (1869), ou le recueil de nouvelles Trois contes (1877). George Sand (1804-1876) se marie à dix-huit ans. Après la naissance de ses deux enfants, elle décide de vivre indépendante. Elle devient alors journaliste. En 1832, le succès de son premier roman Indiana, lui assure les moyens de vivre, comme elle le voulait, de sa création. Son oeuvre immense - 180 livres et 40 000 lettres -, témoin de tous les mouvements de l'époque, fut une des plus populaires du XIXe siècle. Adaptation française et mise en scène de Sandrine Dumas - Musique originale : Renaud Pion Création : Théâtre de la Gaîté-Montparnasse 16 septembre-31 décembre 2004

  • Fin 1902, un jeune homme de 20 ans envoie ses essais poétiques à Rainer Maria Rilke et lui demande de les juger. Une correspondance s'établit entre les deux hommes. Dix lettres constituent ce recueil, publié en 1929, après la mort de Rilke. « Vous me demandez si vos vers sont bons... Votre regard est tourné vers le dehors ; c'est cela qu'il ne faut plus faire. Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n'est qu'un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire ? Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de la nuit : "Suis-je vraiment contraint d'écrire ?" Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple "je dois", alors construisez votre vie sur cette nécessité. » R.M.R.

  • « Lorsque Irène, sortant de l'appartement de son amant, descendit l'escalier, de nouveau une peur subite et irraisonnée s'empara d'elle. Une toupie noire tournoya devant ses yeux, ses genoux s'ankylosèrent et elle fut obligée de vite se cramponner à la rampe pour ne pas tomber brusquement la tête en avant... Quand elle s'en retournait chez elle, un nouveau frisson mystérieux la parcourait auquel se mêlaient confusément le remords de sa faute et la folle crainte que dans la rue n'importe qui pût lire sur son visage d'où elle venait et répondre à son trouble par un sourire insolent. [...] Partir, tout en elle ne voulait plus que partir, quitter cet appartement, cette maison, sortir de cette aventure pour rentrer dans son paisible monde bourgeois. Puis venaient les ultimes paroles qui cherchaient en vain à la calmer, et que, dans son agitation, elle n'entendait plus. »

  • « Ces pages, lues à deux voix, sont tirées de Textes pour un poème (1949-1970) et de Poèmes pour un texte (1970-1991). Les deux livres présentent un choix, à travers quarante années de poésie. Les titres qui s'inversent voudraient refléter - comme dans un miroir - la même image, suggérer une même démarche. [...] Les guets-apens de l'événement et du temps, qui tentent d'enserrer chacun entre les parois de l'âge, des frontières, du milieu social devraient être très vite balayés par les souffles de la poésie. [...] La poésie n'est pas refus ou survol de la vie ; plutôt une manière de la féconder, de rendre compte de ses largesses. Elle témoigne aussi d'une soif qui nous hante, d'une interrogation qui nous garde en haleine. Chaque poème achevé devrait apparaître comme un caillou dans la forêt insondable de la vie ; comme un anneau dans la chaîne qui nous relie à tous les vivants. Le Je de la poésie est à tous Le Moi de la poésie est plusieurs Le Tu de la poésie est au pluriel. » A.C. Textes pour un poème, Flammarion, 1950 Poèmes pour un texte (1970-1991), Flammarion, 1991

  • « Le Français devina que, dans ce désert, sur ce rocher entouré par la mer, la religieuse s'était emparée de la musique pour y jeter le surplus de passion qui la dévorait. Était-ce un hommage fait à Dieu de son amour, était-ce le triomphe de l'amour sur Dieu ? Questions difficiles à décider. Mais, certes, le général ne put douter qu'il ne retrouvât en ce coeur mort au monde une passion tout aussi brûlante que l'était la sienne. » H.d.B. En 1833 Honoré de Balzac écrit La Duchesse de Langeais, avec le désir de se venger d'une femme dont il était amoureux et qui l'avait joué. Dans cette transmutation de la réalité en fiction, l'idée de vengeance se perd, et s'élève un chant qui porte l'amour au-delà des règles communes. Texte de passion sur la passion, où aimer et être aimé-e se joue à contretemps dans la cruauté du monde, La Duchesse de Langeais donne à l'amour la grandeur du sublime

  • « Ces Je me souviens ne sont pas exactement des souvenirs, et surtout pas des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien, de choses que, telle ou telle année, tous les gens d'un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine d'être mémorisées, elles ne méritaient pas de faire partie de l'Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d'État, des alpinistes et des monstres sacrés. Il arrive pourtant qu'elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu'on les a cherchées, un soir, entre amis : c'était une chose qu'on avait apprise à l'école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, [...] un geste, ou quelque chose d'encore plus mince, d'inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie. » G.P. Je me souviens, Sorbier, 1997, Fayard, 2013

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