Seuil

  • "Peter Brook n'est pas seulement un metteur en scène et pas seulement un théoricien, même pragmatique, du théâtre. Sans l'avouer, du moins dans ce livre, il a de plus grandes ambitions. Le théâtre est pour lui, à coup sûr, une fin. Mais il est aussi le moyen de fonder et d'entretenir une communauté d'hommes et de femmes capables de porter atteinte, par leur seul exemple, à un ordre établi, d'apporter une inquiétude et un bonheur que d'autres arts du spectacle, trop dépendants des forces économiques qu'ils pourraient dénoncer, ne peuvent faire éclore. Voici un livre indispensable à ceux qui aiment le théâtre et à ceux qui ne l'aiment pas. A ceux qui en font et à ceux qui y assistent. Car il y est autant question du public que des interprètes, acteurs ou metteurs en scène, grâce auxquels le théâtre, écrit ou non écrit, peut vivre." Extraits de la préface de Guy Dumur

  • S/Z

    Roland Barthes

    S/Z Sous ce titre, ou ce monogramme, transparaît une nouvelle particulièrement énigmatique de Balzac : Sarrasine. Texte qui se trouve ici découpé en « lexies », stratifié comme une partition inscrite sur plusieurs registres, radiographié, « écouté » au sens freudien du mot.

    « Si l'on veut rester attentif au pluriel d'un texte, il faut bien renoncer à structurer ce texte par grandes masses, comme le faisaient la rhétorique classique et l'explication de texte : point de construction de texte: tout signifie sans cesse et plusieurs fois, mais sans délégation à un grand ensemble final, à une structure dernière. » R. B.



    Roland Barthes (1915-1980) Sémiologue, essayiste, il a élaboré une pensée critique singulière, en constant dialogue avec la pluralité des discours théoriques et des mouvements intellectuels de son époque, tout en dénonçant le pouvoir de tout langage institué. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).

  • La fille de son père

    Anne Berest

    "Trois soeurs que la vie a éloignées se retrouvent chez leur père à l´occasion d´un dîner d´anniversaire. Dans la maison d´enfance, les souvenirs affleurent. Les gestes deviennent nerveux, les langues fourchent et les rancoeurs s´invitent autour de la table.
    Au dessert, un secret de famille est révélé. Une bombe à retardement qui va, sourdement, modifier le quotidien de chacune des filles.
    Un premier roman acéré, qui sonde les rapports doux-amers de trois jeunes femmes et d'un père."

  • Brut

    Dalibor Frioux

    Dans un futur proche, au milieu du XXIe siècle, le prix d'un baril de pétrole grimpe à 300 dollars. Tandis que le monde entier traverse une crise sans précédent, la Norvège fait figure de paradis : une démocratie exemplaire, une nature grandiose et du pétrole issu de la mer du Nord. Mais comment concilier argent et vertu ? Capitalisme et morale humaniste ? Petit à petit les rouages se détraquent : xénophobie, meurtres et violence sociale viennent ternir l'image de cette société idéale.

  • Figures 1

    Gérard Genette

    Figures I rassemble dix-huit études et notes critiques écrites entre 1959 et 1965. A travers des sujets aussi divers que Proust et Robbe-Grillet, Borges et L'Astrée, Flaubert et Valéry, le structuralisme moderne et la poétique baroque, mais liées ici par

  • La théorie littéraire se constitue à partir des années 1950 au carrefour de la nouvelle critique, de la mouvance structuraliste et de pratiques littéraires avant-gardistes (du Nouveau Roman à Tel Quel), avec le projet de défendre l´autonomie et la spécificité de l´espace littéraire.
    Dans quels contextes culturels une telle aventure a-t-elle pris forme ? Quels en étaient les enjeux ? Et pourquoi, vingt ans après son effacement du paysage intellectuel, continue-t-on de dénoncer ses effets délétères ? Pour répondre à de telles questions, Vincent Kaufmann propose une histoire raisonnée et personnelle de l´aventure de la théorie littéraire. Il éclaire des notions aussi centrales que la « réflexivité », la « mort de l´auteur ou la « production du texte, », souvent mal comprises. Il montre aussi que la « théorie » fut un lieu incontournable de résistance et d´anticipation : résistance au déclassement progressif de la chose écrite et anticipation des transformations des pratiques d´écriture et de lecture dans le nouveau monde numérique. Une manière de dire que les outils de la théorie littéraire n´ont jamais été aussi utiles qu´aujourd´hui, et que l´étude de la littérature reste inséparable d´une réflexion critique sur la place de l´écrit dans nos sociétés.

    Suivi d´entretiens avec : Jonathan Culler, Ottmar Ette, Jean-Joseph Goux, Gérard Genette Werner Hamacher, Julia Kristeva, Sylvère Lotringer, J. Hillis Miller, Michel Pierssens, Jean Ricardou, Avital Ronell, Elisabeth Roudinesco, Philippe Sollers, Karlheinz Stierle et Tzvetan Todorov.

  • Entre l'expérience de la "distension de l'âme" par le temps, telle qu'Augustin l'a décrite au livre XI des Confessions, et le travail de composition de l'intrigue, en lui-même achronique, tel qu'il est décrit par Aristote dans sa Poétique, il y a contraste. Or, c'est pourtant à l'intérieur de ce contraste que se trouve nécessairement placée toute figuration, et finalement toute pensée, du temps. Telle est la thèse maîtresse de cet ouvrage. En bref, le temps humain est un temps raconté. Paul Ricoeur montre d'abord que le récit comporte trois rapports mimétiques : au temps agi et vécu, à la mise en intrigue, au temps de la lecture. La première mise à l'épreuve de ce schéma devait être faite sur l'histoire : c'est qu'aujourd'hui elle se présente, qu'il s'agisse de la recherche d'"explications" ou de l'histoire "non événementielle" comme très éloignée du récit. Au terme d'une analyse fouillée des épistémologies de l'histoire, il apparaîtra que celle-ci reste, malgré tout, dans la mouvance du récit, fondée sur une quasi-intrigue. Un second tome traitera du récit de fiction, depuis l'épopée jusqu'au roman moderne. Et conclura par une étude du temps raconté, démontrant comment le mode historique et le mode fictif du récit s'y recroisent. Au terme de l'entreprise, c'est la poétique du récit qui sera en mesure de répondre aux apories contre lesquelles avait buté la phénoménologie de l'expérience du temps.

  • Poétique de la prose : la rhétorique classique nommait oxymoron ce type de rapprochement des contraires, cette exploitation et contestation du principe d'identité et de contradiction. Une même complicité des contraires traverse ce livre. Poétique et lecture : l'analyse d'un texte particulier transforme la théorie, mais n'est possible qu'à partir d'une théorie antérieure, qui ne peut venir que d'une autre analyse... Différence et ressemblance : ces deux catégories régissent le fonctionnement du récit, l'une contre l'autre, l'une à travers l'autre. Langage et littérature : celle-ci, disait déjà Valéry, "ne peut pas être autre chose qu'une sorte d'extension et d'application de certaines propriétés du langage"; mais le langage lui-même, peut-on le connaître sans interroger au préalable ce qu'on s'accordera à tenir pour sa théorie : la littérature ? Questions modulées et transformées, d'un chapitre à l'autre, à l'aide de textes comme l' Odyssée, la Quête du Graal, les Mille et une nuits, le Décaméron, les récits de Henry James ou à travers la réflexion de quelques "auteurs" : Constant, Khlebnikov, Artaud. A l'horizon de cette recherche nécessairement toujours à recommencer : une théorie formelle de la littérature.

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