Séguier

  • Était-ce sa beauté, son allure, son mystère ? Eugene McCown entrait dans une pièce et les bouches s'ouvraient toujours rondes. Arrivé à Paris en 1921, le jeune Américain fut successivement pianiste au légendaire cabaret du Boeuf sur le Toit, peintre à succès, journaliste et romancier. Redouté et admiré pour son esprit mordant, aimé et jalousé pour son charme magnétique, proche de Jean Cocteau, de Nancy Cunard, d'André Gide et du groupe de Bloomsbury, il s'offrit corps et âme au tourbillon de jazz, d'alcool et de drogues de cette décennie frénétique. Au risque de se laisser enfermer dans une image de phénomène mondain et de perdre de vue ses ambitions artistiques. Comme si tous, dans son entourage, avaient trop eu besoin de sa formidable énergie et l'avaient laissé la dilapider jusqu'à l'épuisement. Ainsi l'écrivain surréaliste René Crevel, son ancien amant, écrivait-il à son propos : « [Eugene] a une âme, malgré lui, malgré l'Amérique et, avouons-le, malgré nous qui aimions trop sa voix, ses mains, etc., pour ne pas l'avoir limité à cet amour trop terrestre. »

    Né en 1975, Jérôme Kagan signe avec Eugene McCown, démon des Années folles, fruit d'une enquête de plus de dix ans menée en France et aux États-Unis, son premier ouvrage.

    Né en 1975, Jérôme Kagan vit et travaille à Paris. Après plus de dix ans d'une enquête minutieuse, il publie ici son premier ouvrage.

  • Je suis L'Autre raconte une histoire vraie et pourtant in-croyable: celle de José Sáez « El Otro », un matador au physique si similaire à celui du plus célèbre torero du XXe siècle, Manuel Benítez « El Cordobés », qu'il se fit passer pour lui pendant de nombreuses années. Et s'il est plutôt aisé de doubler un acteur ou de jouer le sosie d'un chanteur, il est un peu plus risqué de descendre dans l'arène dans la peau d'un faussaire. Mais en Doppelgänger scrupuleux, José mit tout en oeuvre pour devenir L'Autre, au prix de sa propre identité et de sa propre existence. Entre gloire et misère, ambition et désillusion, le récit de cette imposture longtemps restée secrète nous livre une réflexion sur l'identité mais aussi sur le succès, sa construction médiatique et son impact sur l'existence.

  • Le Luxe semble avoir pris possession de la planète : d'une santé éclatante malgré la crise, de New York à Shanghai, il dicte nos rêves, sculpte nos corps, lisse nos peaux, redessine nos villes. Pour des millions d'individus, il définit le rêve ultime. Il a ses temples, ses messes, ses gurus, ses prêtres(ses), ses croisés - tout travaille à convertir nos âmes à sa nouvelle religion.
    Et si l'on retrouvait derrière ce phénomène l'avènement d'un esprit luciférien ? Non pas le Diable rouge, épouvantail d'une idéologie bigote, mais, en revenant aux sources mêmes de ce qu'il incarne, Lucifer comme principe de liberté, de rupture et de création.
    C'est la surprenante et troublante hypothèse de cet essai au style fluide et précis, qui se lit comme une enquête littéraire et sociétale, brassant les références à la fois pop et académique, de Lady Gaga à Annie Le Brun, de Marlowe à Morrison. Un point de vue à la fois expert et personnel, implacable, qui ambitionne de rafraichir le regard tout autant sur le luxe que sur Lucifer.

    Nicolas Chemla, consultant et spécialiste du luxe, propose un essai original et percutant, qui brasse les références pop et académiques, une enquete litteraire et sociétale au coeur d'un phénomène universel et contemporain. Un point de vue expert et personnel, implacable, qui rafraichit autant le luxe que la figure de Lucifer !

empty