Piranha

  • L'année 1913 est l'apogée du XXe siècle tout juste né : tout semble encore possible, ouvert et, en même temps, la lueur du déclin est déjà perceptible. Pour les peintres, les écrivains, les musiciens, il est évident que l'humanité a déjà perdu son innocence. À Paris comme à Londres, à Vienne comme à Berlin ou encore à Trieste ou Venise, les artistes agissent comme si il n'y avait pas de lendemain. Proust s'engage dans la recherche du temps perdu ; dans le hall d'un hôtel, Rilke et Freud débattent de la beauté et de la fugacité et, pendant que Stravinsky célèbre le sacre du printemps, à Munich, un barbouilleur de tableaux autrichien nommé Adolf Hitler vend des vues urbaines pittoresques. Duchamp fixe une roue de bicyclette sur un tabouret et Matisse apporte à Picasso un bouquet de fleurs. Armstrong apprend à jouer de la trompette. La petite boutique de chapeaux de Coco Chanel se développe et, en décembre, Malevitch peint un carré noir.

    Avec brio et sensibilité, Florian Illies dresse le portrait fascinant d'une année exceptionnelle.

  • Ostende 1936

    Volker WEIDERMANN

    Ostende, la station balnéaire huppée belge, le soleil, la mer, l'ambiance des cafés d'avant-guerre : pour les deux amis qui s'y retrouvent en cet été 1936, cela ressemble à de banales vacances où l'essentiel est de prendre du bon temps. Sauf que ces deux amis, ce sont Stefan Zweig, le richissime écrivain de bonne famille, et Joseph Roth, l'alcoolique miséreux mais génial, désormais indésirables dans une Allemagne nazie où leurs livres sont interdits. Les écrivains qui les rejoignent, dont Arthur Koestler, sont, comme eux, traqués, bannis, à mesure que la situation politique en Europe empire. Ostende 1936 est un « roman vrai » dans lequel Volker Weidermann raconte l'histoire envoutante d'un été pas comme les autres, à la veille des atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Un été au cours duquel Zweig, Roth et bien d'autres se sont réunis pour célébrer la vie comme on ne le fait que par désespoir. Une fête d'adieu à la culture européenne.

  • Qui est Hoppe ? La petite fille prénommée Felicitas, née en Allemagne dans la ville du « Joueur de flûte » et initiée au hockey sur glace au Canada après avoir été enlevée par un inventeur fou qui se prétend son père ? La jeune fille surdouée à l'imagination débordante appelée Hoppe qui parcourt les océans avant d'échouer dans une petite ville aux portes du désert australien où elle rencontre l'amour ? Ou est-ce l'auteur qui signe cet étrange et envoûtant roman d'aventures et d'initiation dans lequel elle s'amuse à déplacer sans cesse les frontières entre autobiographie et biographie rêvée ? C'est au lecteur de se faire sa propre opinion en parcourant cet incessant voyage entre deux mondes, l'un réel et l'autre fantasmé, dans lequel l'auteur prend ses aises avec les contingences de la réalité et jongle brillamment avec les démentis, les équivoques et les paradoxes en mêlant plusieurs niveaux d'écriture. Née en 1960 à Hamelin, Felicitas Hoppe vit entre Bâle et Berlin. Après avoir été journalisme, elle rencontre son premier succès littéraire grâce au Pique-nique des coiffeurs, son premier roman traduit en France aux éditions Jacqueline Chambon/Le Rouergue. Elle est l'auteur d'une dizaine de romans pour lesquels elle a reçu de nombreux prix, comme le prix de Brême pour la littérature et le prix Roswitha. En 2012, elle a reçu le prix littéraire le plus prestigieux d'Allemagne, le Georg Buchner Preis.

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