P.O.L

  • Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais ! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun'ichirô Tanizaki...
    Du xiie siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine, joliment illustrée.

  • Vingt ans après la Revue de littérature générale et ses deux numéros historiques, Olivier Cadiot a eu envie de revenir sur le sujet, mais cette-fois sans l'aide de sociologues, de philosophes, de musiciens ou de paysagistes. Avec les seuls moyens de l'écrivain contemporain. Sans plans, ni cartes, ni partitions, ni théorie. Cela donne un feuilleton en plusieurs épisodes, comique et sensible, une histoire en zig-zag émaillée de conseils à de futurs auteurs... et surtout à soi-même. Une suite de variations consacrées aussi bien au passé de la littérature qu'à son présent, à son avenir, à sa mort annoncée mais toujours différée. Ce n'est pas à proprement parler une fiction, bien que cela y emprunte des personnages, des « figures », des cas psychologiques et une vraie liberté de ton ; ce n'est pas non plus un essai bien que s'y retrouvent théories, hypothèses et débats : c'est un livre d'Olivier Cadiot.

  • Un mage en été

    Olivier Cadiot

    Cela commence par une célèbre et très belle photo de Nan Goldin, Sharon in the river, une photo qu´on ne voit pas mais que décrit le narrateur, ce « mage » qui donne son titre au livre et, de fil en aiguille, cela va très loin dans l´espace et dans le temps pour périodiquement revenir à cette photo, centre énigmatique du livre, irradiant de sensualité, avant de repartir encore pour de nouvelles aventures. Un mage ? ou un artiste, et pourquoi pas un écrivain ? Un écrivain, un artiste, un médium, doué d´une perception ultra-pénétrante tout autant des choses matérielles que mentales, imaginaires, mémorielles, présentes et passées. C´est un monologue d´une inventivité inouïe, d´une drôlerie vertigineuse, qui va de l´infiniment petit à l´infiniment grand, du plus intime et du plus autobiographique à l´évocation historique à grand spectacle. C´est une réflexion en mots et en images sur l´art, la représentation, le deuil, la souffrance et l´amour. Abondamment illustré d´images qui viennent baliser ce parcours narratif débridé, cela crépite de toutes parts pour, suprême élégance, masquer le coeur souffrant du livre.

  • Rapport de police

    Marie Darrieussecq

    L'accusation de plagiat est peut-être l'archétype de l'accusation littéraire, une tentative de meurtre symbolique, qui réussit parfois. Ce Rapport de police étudie les attaques des dénonciateurs ; et aussi, d'Apollinaire à Zola, de Freud à Mandelstam, de Daphné Du Maurier à Paul Celan, les réactions des accusés.
    La plagiomnie - la calomnie plagiaire - manifeste une surveillance de la fiction, qui passe par la notion de crime, voire de blasphème, et pose la question du sacré en littérature.
    C'est cette surveillance, qui vaut pour toute écriture non appropriée, dont est retracée ici la longue histoire, de Platon au goulag.

  • Au début de Moby Dick, Ismahel, sur le point d'embarquer, observe que le capitaine du Péquod porte le nom d'un roi biblique qui était «fameusement impie», et dont le corps fut livré aux chiens. Nombreux sont les héros de la guerre de Troie qui n'échappèrent que de justesse au même sort. Ainsi les rapports entre l'homme et le chien ne se bornent-ils pas à cette gentille histoire, aux circonstances controversées, de la domestication de l'un par l'autre : autant que la littérature universelle, les chiens errants sont là pour le prouver. Et c'est sur les traces de ces derniers - à moins que ce ne soit pour les fuir - que l'auteur d'Un chien mort après lui parcourt le monde, depuis des banlieues de Moscou jusqu'aux confins des déserts australiens.

  • à voix basse

    Charles Juliet

    En neuf chapitres, en neuf étapes, ce livre retrace litinéraire difficile, contrarié, de celui qui veut parler avec les seuls mots de lintériorité, de celui qui veut atteindre sa propre vérité. Le dépouillement, la fermeté de lécriture, la neutralité dune voix qui ne se donne pas de repos mènent progressivement à ce murmure où se reconnaît le bruissement de la source.
    Ces poèmes sadressent à 'ceux qui nont plus la force davancer', ils leur suggèrent quil existe une possibilité de trouver la lumière au cur des ténèbres, que la voie existe qui mène du malheur à louverture.

  • L'Entre-Images, Photo, Cinéma, Vidéo (Éditions de la Différence, 1990) rassemblait des essais échelonnés entre 1981 et 1990. L'Entre-Images 2, Mots, Images rassemble des essais publiés entre 1988 et 1999. D'un livre à l'autre, le champ et l'insistance sont les mêmes ? le changement de sous-titre suggérant, avec un infléchissement de perspective, la montée en puissance de l'ordinateur. Depuis l'apparition avec l'humain de deux niveaux de signes incompatibles, les mots et les images, il est la première machine susceptible de les traiter et de les transformer ensemble.
    Il y a désormais, de plus en plus, des images. Des passages entre les images. Parce que tout passe à la télévision et dans l'ordinateur. Parce que la vidéo et l'image digitale ont pu former, transformer toutes les images ? c'est le destin des 'nouvelles images'.
    Entre photo, cinéma, vidéo, infographie, l'entre-images est un lieu de passages. Le lieu où passent aujourd'hui les images. Entre immobilité et mouvement, figuration et défiguration. Et aussi, entre peinture et littérature ou langage. Entre ces images, ces passages, il faut choisir : les images, les oeuvres, par quoi faire exister encore un monde et un art.

  • «Il écrirait donc une histoire où les deux personnages les plus importants seraient lui et Hélène et qui raconteraient ce qu'ils avaient vécu pendant les dix derniers mois qui venaient de s'écouler.
    Elle commencerait au moment même où ils s'étaient rencontrés, ou plutôt, puisqu'ils ne s'étaient pas vus pour la première fois en même temps, au moment où il l'avait vue pour la première fois, où elle avait été annoncée à lui par son ombre sur la photo, la photo du désert.
    Ainsi commencerait le livre, sur l'image même de ce qu'il y serait dit : que notre vie est pareille à celle d'un désert. Le désert où rien jamais ne change, que l'illusion du changement que la lumière et le vent y apportent en y faisant succéder des apparences.
    Si bien que les états illusoirement successifs du désert sont comme ceux de notre vie où le désir et l'amour nous sont donnés pour vent et pour lumière.»

  • Qu'est-ce qu'on garde?

    Marie Depussé

    «Qu´est-ce qu´on garde?» est une question ridicule, un peu triste, comme celles que nous pose la vie. Elle se pose à quelqu´un dont le métier, bizarre, est d´enseigner la littérature. Enseigner la littérature est un exercice de magie ordinaire qui consiste à faire tourner, devant des corps parlants, le cercle où se tiennent, enchevêtrés, un savoir faire avec les mots, une familiarité avec la vie et le travail opéré sur cette vie, aussi pauvre que beaucoup d´autres, par les livres. Théoriquement, pour faire tourner le cercle, le corps est assis sur une chaise et porte, attachés à sa ceinture, deux petits sacs, un de chaque coté, pareils à ceux où le dieu Éole tenait enfermés les vents. Dans un des petits sacs, la vie, dans l´autre, les livres, et le corps qui puise tantôt dans l´un, tantôt dans l´autre. En vérité dans les deux sacs il trouve la même chose, de la vie oeuvrée, ouvragée par les livres.

  • Le premier amour

    Amigorena S H.

    J'avais dix-huit ans et j'étais amoureux, Ma vie n'avait qu'un seul but : la traduire. Mais comment trouver les mots justes pour la forme de la forme de ses seins ? pour le secret du secret de son sourire ? pour la profondeur ineffable de son regard sombre ? Je voulais la traduire comme on traduirait un poème d'une langue qu'on aime - mais qu'on ne comprend pas. Je voulais écrire sur elle - et sur elle. Je voulais décrire ses lèvres - et ses lèvres. Je voulais, pour toujours, la tenir tout entière sur le bout de ma langue. Malheureusement, les premiers amours, aussi éloquents soient-ils, ne sont jamais que les préludes des premières défaites.

  • Patraque

    Frédéric Boyer

    Patraque est un livre de littérature et de philosophie. Non pas un livre hybride qui hésiterait entre deux genres, entre deux registres mais un livre rare qui tresse la pensée à la littérature, une pensée déliée, libre, circulante, à la littérature dans ce qu'elle peut avoir d'intuitif, d'irrationnel. Cela donne un mixte très étonnant, extrêmement original dans sa facture comme dans sa tonalité. Familier, proche, et exigeant à la fois. Un livre qui se lit comme un roman, comme on dit, et qui cependant fouille, retourne et questionne notre présence au monde.
    On croise dans ce livre Wittgenstein, Bouvard et Pécuchet, Arendt, et beaucoup d'autres avec lesquels le narrateur engage un dialogue sans contraintes («Qui pourrait comptabiliser les voix qui nous parlent depuis que nous existons, depuis qu'existe la voix humaine? [...] J'entends des voix. Je suis hanté par d'innombrables voix. On peut dire ça comme ça.» Ces conversations viennent rythmer ce récit qui est celui d'une détresse contemporaine et le relancent en même temps qu'ils lui donnent un écho universel.

  • L'écrivain sirieix

    Richard Millet

    Sirieix, solitaire né en hiver, qui n'aime vraiment « la littérature, l'hiver et les paradoxes », est-il l'écrivain qu'il prétend être ? Et l'oeuvre n'existe-t-elle pas seulement dans le rêve qu'il nourrit d'elle, à quoi il soumet sa vie tout entière, rêve prodigieux et dérisoire où il ne cesse de s'inventer ? La lumière qui baigne ce bref récit, écrit dans le respect amoureux de la langue, qui est « l'essence et l'assomption du paysage français », provient tout autant des ciels crus du Limousin qui influent de façon inaliénable sur l'esprit et le corps que de l'éclat sombre d'un personnage qui mêle la morgue à l'humilité, l'imposture à la vérité nue. Avec L'Écrivain Sirieix, Richard Millet poursuit sur le mode romanesque de l'autobiographie, mode qui lui est cher, une réflexion sur l'art et la sainteté qui tend toute son oeuvre.

  • "Je me suis retiré du monde, pour qu'il ne me manque plus. Bon, ça n'est pas non plus le couvent. Je vois parfois un ou deux amis, dont la vie agitée me fait comme un souvenir lointain, et j'en croise d'autres en passant, au gré de mes journées vides : Alan Turing, Ana Wintour, Proust ou Tricky, Derrida et Gainsbourg dans un bar d'hôtel, Borg et McEnroe tout timides au Palace, Nan Goldin de mauvais poil, Hegel bougon à l'hospice, les Quatre Fantastiques en vrai, ou juste Mesrine et Blanqui pour une bière au comptoir - quand je ne me réveille pas en 1942, ou en 2042, dans une ville entière qui baise ou au fond d'une artère fémorale. Mais le plus souvent je veille à ce qu'il ne m'arrive rien. Je me contente de fixer le mur de l'autre côté de la cour, de noter quelques statistiques qui m'obsèdent ou, plus rarement, de balancer mes excréments sur des officiels grâce à mon propulseur enfin réparé. C'est ma vie, ou son absence - que ce journal égrène."

  • Chaosmos

    Christophe Carpentier

    «Le blast du Chaosmos a pulvérisé l'Amour J'ai fixé ma plume millénaire à un gun volé hier Muse, redresse-toi, et plonge avec moi au coeur des ténèbres Aide-moi à raconter le Chaosmos, ce grand broyeur d'os Alors ensemble, sans jamais demander pardon, nous nous ferons un nom.»

  • L'amour de la littérature est parfois un mobile irrépressible pour un assassin cultivé et de bon goût. Le commissaire, par la volonté d'une hiérarchie démagogue, se retrouve accompagné dans son travail quotidien par Christopher Plouf, pour parfaire la documentation de cet écrivain à ses yeux lamentable de romans policiers bon marché. Il va en effet comprendre de plus près, l'écrivain, ce que c'est qu'un assassin et ce que c'est qu'une victime, sans que son oeuvre ait le temps de bénéficier pour autant de ces nouvelles compétences.

  • Jean-Paul Manganaro n'est pas seulement un grand traducteur de l'italien, c'est aussi un essayiste aux multiples centres d'intérêt. Ce volume permet, du théâtre à la littérature, de la danse au cinéma, de prendre la mesure de son talent et de son érudition.

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