Moebius

  • « Sel », « cheveux la critique » : en couverture du numéro 152 de Moebius s'affiche un titre des plus énigmatiques, et un graphisme qui l'est tout autant. Le double thème de la critique qui « vit, frise contamine; on la coupe, on l'épouille, mais elle marque » et des pouvoirs de la typographie (« que devient sel lorsqu'inséré entre guillemets? ») est tiré d'un vers de Roger Des Roches. Plus concrètement, quatre sections - fiction, poésie, les yeux fertiles et lettre à un écrivain - forment la structure de ce numéro d'hiver. Elles nous sont présentées dans le désordre, favorisant la surprise et la découverte au travers des textes de 13 auteurs. En conclusion, à Jean-Philippe Baril Guérard la mission d'écrire une lettre à Michel Houellebecq, « le porte-étendard du cynisme, l'über Chevalier des Ténèbres, le quintessentiel trou noir aspirant l'espoir et l'innocence de toute la France, voire du monde, mais je ne suis pas d'accord ». Comme le disait éloquemment l'introduction, « certaines oeuvres commencent « contre » ».

  • Cette édition 153 de la revue de création littéraire est dirigé par Marc-André Cholette-Héroux et Laurence Ouellet Tremblay. Son thème, la phrase sibylline et plutôt sombre « Ses plaisirs n'ont pas de remède, et ses joies restent sans espoir » est tirée de l'oeuvre du grand humaniste Albert Camus. Quatorze auteurs, six du côté fiction et huit du côté poésie, composent le coeur vivant de la revue. Débutons tout d'abord par un poème bilingue et dynamique au possible signé Maude Veilleux, puis poursuivons avec un florilège de formes extrêmement expressives : courts textes sans ponctuation, dialogues, énumérations, nouvelles pétries de détails ou au contraire d'une sobriété ascétique, Moebius nous propose une véritable fête de la littérature créative. Le numéro se clôt par deux « Lettres à un écrivain vivant » signées Paul Bélanger, la première à Philippe Jaccottet et la seconde à ce surprenant Prix Nobel qu'est « Bob Zimmermann ».

  • Mais l'ennui nous prend parfois par surprise, comme une mélancolie, le retour de cet antique amour du réel provient de Ce que dit l'écorce de Nicolas Lévesque et Catherine Mavrikakis et titre le numéro d'été de Moebius, dirigé par Jean-Philippe Michaud et Chloé Savoie-Bernard. L'ennui est-il l'occasion de retrouver dans le réel un éclat de vie qui nous aurait échappé dans le temps? Faire un pas de côté vers la mélancolie, laisser errer son âme l'instant de retomber, peut-être, amoureux du présent, c'est à cela que vous convie quatre prosateurs et dix poètes. Dans cet entre-deux temporel, ils ont les pieds sur un tremplin qui peut les mener au mieux comme au pire, avec devant les yeux l'encre de la mélancolie, et la perte comme moteur. Retrouvez aussi dans ce numéro, Jean-Marc Beausoleil et Laurence Pelletier dans la rubrique « les yeux fertiles » et la « lettre à un écrivain vivant » de Pierre-Luc Landry à Nicholas Giguère.

  • Tous les serpents connaissent le goût des fruits, ainsi se présente le numéro printanier de Moebius. Mais qu'est-ce qu'un serpent et qu'est-ce qu'un fruit ? « Dans un système sans friction, où l'herbe est souple, donnons au serpent ce qui ondule et au fruit ce qui mûrit lentement, perché ; donnons au serpent et au fruit la lenteur ; supposons les deux gorgés de soleil. Sur un même plan : la sinusoïde et la sphère ; le produit de l'oeuf et celui de la fleur. Si ce qui mord fraie avec ce qui invite, que peut-on observer? Quelles connaissances, quelles innocences? » (extrait du liminaire) Avec les vers de Marianne Lorthiois, Roseline Lambert, Sarah-Louise Pelletier-Morin, Anick Arsenault et la prose de Sándor Olivér Murányi, Tanya Vaillancourt, Kaliane Ung, Antoine Villard, Jason Roy, Christine Daffe et Frédéric Parrot. Lisez aussi les réflexions sur l'écriture de Simon Brousseau et la lettre à une écrivaine vivante de Valérie Forgues à Christiane Frenette.

  • Dirigé par Clara Dupuis-Morency et Gabrielle Giasson-Dulude, l'édition automnale de la revue Moebius « Cet animal m'a donné la vie » (Le feu de mon père, Michael Delisle) propose des textes d'Anne-Marie Alonzo (rubrique du fonds Moebius), Simon Brousseau (résidence d'écriture), Anne-Renée Caillé, Jean-Philippe Chabot, Marie-Hélène Constant, Marilou Craft (lettre à une écrivaine vivante), Marie-Ève Fleury, Kristina G. Landry, Catherine Lemieux, Catherine Morency, Camille Readman Prud'homme et Martin Tailly. « Ce pourrait être un animal impossible à reconnaître. [...] Ce pourrait être une colère, ou une joie, dont on survivrait, à répétition. [...] Ce pourrait être une personne venue de nulle part qui aurait échappé à l'une ou à l'autre de ses prisons de chair. Ou encore, un être qui doucement ou dangereusement s'approcherait. Peut-être, plusieurs fois dans une vie, l'étrangeté même et le miracle de vivre ou de revivre, peaux de serpent ou peaux d'âne, membranes, parures, tout ce que l'on emprunte pour fuir ou pour survivre. » (extrait de la présentation)

  • Moebius no 151

    Collectif

    • Moebius
    • 23 Mai 2017

    En cette année où fleuriront les célébrations du 375e anniversaire de la ville, le dernier numéro de la revue de création littéraire se titre Montréal est une ville de passages secrets. Le passage secret : quel thème évocateur! Réminiscences du ludisme de l'enfance, fantastique et possibilités, jeux du hasard, un motif qui inspire ici dix-neuf auteurs. Ceux-ci sont encore étudiants et nouveaux dans les pages de Moebius ou, au contraire, des plumes confirmées. « Qu'on l'entende au sens littéral ou figuré, bibliothèque pivotante ou altération subtile de la réalité, la découverte du passage secret est une expérience éminemment singulière », comme nous le dit Lucie Bélanger dans sa présentation. On parcourt des quartiers et des rues connues, et l'on en révèle le potentiel caché ou surprenant. C'est à un beau voyage au sein de la « ravissante étrangeté » que le numéro 151 de Moebius nous convie.

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