Les Presses de l'Université de Montréal

  • Cet ouvrage invite à suivre au plus près les mouvements d'oscilla­tion de l'écriture de Marguerite Duras - d'un genre médiatique à l'autre - et les modulations d'une trame narrative présente d'une oeuvre à l'autre : la romance, la jeune fille et l'amant, le bal... La « nature indécise » de la langue durassienne est ici révélée, décor­tiquée, par une relecture attentive et enthousiaste de l'auteure. Celle-ci met au jour un aspect inexploré de l'esthétique de l'artiste en comparant un triple corpus (littérature, théâtre, cinéma) et se penche notamment sur les croisements entre poétique et politique dans leur relation à l'Histoire, ainsi que sur les aspects subversifs qui marquent l'entrécriture de Marguerite Duras.

  • Cet ouvrage au titre ambitieux constitue moins un état des lieux qu'une interrogation sur un genre protéiforme dont l'expansion semble illimitée et qui occupe de plus en plus la scène littéraire. La première question concerne la notion de francophonie elle-même, ensemble hétérogène et extrêmement complexe. En effet, comment désigner les diverses littératures francophones sans les marginaliser ou les exclure, tout en prenant acte de leur statut singulier? L'écrivain francophone doit composer avec la proximité d'autres langues, avec une première deterritorialisation constituée par le passage de l'oral à l'écrit et avec cette autre créée par des publics immédiats ou éloignés. Condamné à penser la langue, il doit aussi penser les formes par lesquelles le monde se donne à voir ; son oeuvre, en jouant sur les codes des différents horizons culturels, devient une reconfiguration de la littérature.

    Qu'apporte le roman francophone à la forme roman? Quels en sont les modèles et de quelles manières s'y inscrit le palimseste? Quels types de rapports se sont créés entre ce genre d'origine européenne et les nouvelles littératures de langue française? Quelles redéfinitions ont été proposées et comment s'y décline le contemporain? Quel(s) savoir(s) véhicule-t-il? Dernière question, mais non la moindre : le roman, en tant que genre, n'est-il pas par définition suspect? Au lecteur d'en décider.

  • L´autobiographie, sous ses divers avatars, a connu une expansion sans précédent, au point de devenir le registre dominant de la littérature d´aujourd´hui. Ses frontières génériques sont plus incertaines que jamais et la distance du sujet à lui-même implique un questionnement qui touche inévitablement le nom.
    Par ailleurs, à côté de la linguistique du nom propre, très productive ces dernières années, les travaux sur l´écriture de soi se sont multipliés dans le sillage d´une nouvelle phénoménologie de l´identité. Le nom propre s´est ainsi retrouvé au coeur de la réfl exion sur les limites de la fi ction et de la non-fi ction. Voici qu´il apparaît, à l´égal du sujet ou de la vérité qu´il aurait fonction d´attester, comme une catégorie instable, sujette au doute et aux manipulations. L´être et l´identité sont désormais devenus friables.
    Le moment est donc venu de mettre à l´épreuve le modèle canonique proposé par l´école formaliste et sa confiance dans l´autorité du nom propre.

  • Depuis plus de vingt-cinq ans, Normand Chaurette écrit avec et contre Shakespeare. Dans Les Reines, la première pièce québécoise produite à la Comédie-Française, il a revu et corrigé Richard III du point de vue des personnages féminins. Entre un Othello inédit et sa récente traduction du Roi Lear, il a dû inventer une langue capable de rendre celle du dramaturge de Roméo et Juliette et du poète des Sonnets. Comment tuer Shakespeare est le récit de cet étonnant combat. Entre narration et essai, portraits et journal de création, ce livre est le regard singulier d´un homme de théâtre qui a l´audace de défi er la présence à la fois concrète et fantomatique d´un increvable Shakespeare. Dramaturge et traducteur reconnu, Normand Chaurette a écrit plus d´une douzaine de pièces de théâtre, notamment Le Petit Köchel, Stabat Mater II, Le Passage de l´Indiana, Les Reines, Fragments d´une lettre d´adieu lus par les géologues et Provincetown Playhouse, juillet 1919, j´avais 19 ans. Il a traduit pas moins de douze pièces de Shakespeare, qui ont connu un immense succès, et a signé des textes français d´oeuvres d´Ibsen et de Schiller. Il est également l´auteur d´un roman, Scènes d´enfants, et de quelques nouvelles. Ses pièces, créées à Montréal et traduites en plusieurs langues, ont été jouées dans les grandes villes canadiennes comme à New York, Paris, Bruxelles, Hambourg, Florence, Barcelone ou Édimbourg. Normand Chaurette est lauréat de nombreux prix et distinctions au Québec, au Canada et en Europe ; il a reçu l´Ordre du Canada en 2005.

  • Cet ouvrage présente une analyse exhaustive de la construction d'Albertine, en cinq temps de Michel Tremblay, depuis ses origines manuscrites jusqu'à ses réalisations scéniques les plus marquantes. Le lecteur pourra y suivre le processus créatif du dramaturge - pour ainsi dire par dessus son épaule - mais aussi de tous ceux qui ont contribué à faire connaître ce chef-d'oeuvre du théâtre québécois au Québec et à l'étranger. S'appuyant sur plusieurs documents inédits ou difficilement accessibles, l'auteure présente une étude génétique commentée de trois états manuscrits de la pièce, un examen de sa création par André Brassard en 1984 et de sa reprise par Martine Beaulne en 1995, ainsi que des entretiens exclusifs qu'elle a menés auprès de ses principaux artisans. Elle analyse également la diffusion et la réception d'Albertine au Québec, mais aussi ses mutations au Canada anglais, aux États-Unis, en France et en Grande-Bretagne.

    Ce livre incontournable s'adresse bien sûr aux professeurs et aux étudiants en études littéraires et théâtrales, mais aussi à tous ceux qui sont tombés sous le charme de l'oeuvre grandiose de Michel Tremblay.

  • Depuis les premières oeuvres importantes de Jules Vernes - figure fondatrice à la fois par le contenu de ses romans et par son succès populaire - jusqu'au début de la Deuxième Guerre mondiale, cet ouvrage porte sur l'anticipation dans la francophonie et en propose une archéologie. D'où vient ce nouveau genre? Comment s'est-il développé? Les désignations génériques « anticipation » et « science-fiction » n'étant intervenues que tardivement, comment cette identité a-t-elle pu se dégager au fil des décennies, tant dans l'espace médiatique que dans le discours social fin de siècle?
    Les auteurs de ce livre font valoir les dimensions historiques et sociales du genre et croisent des lectures axées sur la socialité des textes, tout en décodant les fictions et en les ancrant dans la réalité de leur époque. Ils offrent au lecteur - amateur de science-fiction, d'anticipation et, plus largement, d'histoire littéraire - une somme sur les premiers temps d'un genre indissociable des avancées de la science et des débats en cours.

  • À quelle époque le malheur est-il devenu une des clés de la réussite pour les gens de lettres ? Quand les écrivains ont-ils commencé à comptabiliser leurs souffrances, puis à les étaler aux yeux du public et de la postérité ? Pourquoi s'est-on mis un jour à croire qu'un écrivain malheureux pouvait être plus vrai, plus authentique, en un mot plus génial, qu'un écrivain tout bêtement heureux ?
    Cet ouvrage retrace les origines d'un mythe singulier, celui du poète maudit, que la plupart des critiques ont associé à la seule deuxième moitié du XIXe siècle. Pourtant, bien avant Verlaine ou Baudelaire, des hommes de lettres se sont constitué un « capital malheur » afin d'obtenir la sympathie d'un public sensible aux infortunes des grands hommes. Tout comme Jean-Jacques Rousseau, lui qui aimait dire qu'il avait la « célébrité des malheurs », des écrivains d'origine sociale diverse ont cru, avant le XIXe siècle, que leur persécution, leur pauvreté ou leurs maladies pouvaient s'avérer un excellent atout dans leur lutte pour accéder à la légitimité littéraire. C'est vrai d'inconnus comme Nicolas Gilbert et Victor Escousse, mais également de stars comme Chateaubriand et Hugo.
    En analysant leurs stratégies, Pascal Brissette veut montrer que l'association des termes « valeur » et « malheur » n'est pas toujours allée de soi dans le monde des lettres. Il fut un temps où l'écrivain le plus riche, le mieux protégé, le plus adulé, était aussi, et tout naturellement, le plus grand et le plus génial. À une époque, la nôtre, qui croit encore trop souvent qu'un grand écrivain ne saurait être heureux, il faut dire que le mythe de la malédiction littéraire est historique, et qu'il aura une fin.
    Pascal Brissette est chercheur postdoctoral au Département d'études françaises de l'Université de Montréal. Il a publié un livre, Nelligan dans tous ses états : un mythe national (Fides, 1998), et des articles (sur Jean-Jacques Rousseau, Nicolas Gilbert, François Lacenaire, Victor Hugo).

  • On a souvent dit que Cioran, dans son oeuvre en français, reprend les mêmes thèmes, qu´il tend au désistement, au repli sur soi et à l´exploration de sa propre intériorité. Pourtant, le présent essai révèle une subtile inflexion de la pensée du philosophe, d´un recueil à l´autre, et affirme que l´abstention est en fait une prise de position, dont il s´agit de déchiffrer les causes et les modalités. Partant du principe que l´art se définit comme autonomie et fait social, ne prenant forme qu´en opposition à la société, tout en tirant sa substance de celle-ci, Sylvain David avance que Cioran a développé son point de vue de l´univers moderne tout au long de son oeuvre fragmentaire, structurant ainsi son écriture même. À la fois lecture diachronique et étude thématique des écrits de Cioran, cet ouvrage démontre, au-delà de l´apparent éclatement des fragments, l´organisation d´un imaginaire où un va-et-vient entre l´être et le monde s´opère, où la distance que le sujet tente d´instaurer entre ses semblables et lui doit être constamment renégociée, où le marginal ne peut se définir que par rapport à la collectivité, qu´en fonction du groupe dont il choisit de s´exclure.
    Sylvain David est professeur adjoint au Département d´études françaises de l´Université Concordia, Montréal.

  • Les propos du professeur Claude Dauphin exposent les fondements de la pédagogie musicale, depuis les philosophes de l´Antiquité jusqu´aux grands innovateurs du xxe siècle. Tour à tour théorique et passionné, l´auteur inscrit son discours dans la réalité sociale et politique contemporaine et ne se prive pas de critiquer les dérives utilitaristes de certaines réformes. Contre le conformisme académique, rappelle-t-il, il n´est de meilleur remède que la transmission de l´amour de l´art. Il en fait une brillante démonstration dans ce livre, notamment par ses études sur les oeuvres de Mozart et de Beethoven, dans le contexte de la diversité des genres et du croise- ment des cultures.

  • Éloignées ou proches de Paris - et la distance n'est pas que kilométrique - les littératures dites « périphériques » de Belgique, de Suisse, du Québec, des Caraïbes, d'Afrique... subissent de multiples formes de domination mais y trouvent aussi leur « chance ». Celle-ci tient à une situation qui les contraint à s'affranchir ou à disparaître ; et donc à affirmer leur différence.
    Dès lors, ces littératures dites mineures se soustraient aux forces majeures qui régentent, depuis Paris, le bon usage de la langue littéraire, mais tissent avec d'autres cultures et d'autres langues des imaginaires et des formes largement irréductibles aux modèles français. Les études rassemblées dans ce volume apportent une contribution historique et sociologique aux rapports entre langue et littératures à travers des exemples québécois et belges de langue française.
    Langue majeure, au singulier, désigne le français dans toute sa puissance normalisatrice ; littératures mineures, au pluriel, les oeuvres qui se situent dans l'espace des Francophonies.

    Jean-Pierre Bertrand, professeur à l'Université de Liège et président du Centre d'Études québécoises, est spécialiste de la littérature fin de siècle en France et en Belgique francophone, et sociologue de la littérature.
    Lise Gauvin est écrivaine et professeure à l'Université de Montréal, où elle dirige le Département d'Études françaises. Spécialiste des rapports langue/littérature, elle tient également une chronique des « Lettres francophones » dans le journal Le Devoir.

  • La fin du XXe siècle a vu lémergence de la Chine comme puissance économique, mais le monde francophone connaît linfluence culturelle de la Chine depuis bien plus longtemps. Depuis 1880, des auteurs chinois utilisent la langue française pour sexprimer et pour élaborer des oeuvres variées, souvent polymorphes et transdisciplinaires. Cet ouvrage veut faire le point sur la francophonie chinoise et son histoire.

    François Cheng à lAcadémie française, Gao Xingjian prix Nobel de littérature, Yan Ming-Pei au Musée du Louvre, Ying Chen célébrée en Amérique du Nord, la communauté chinoise présente tous les signes dune réussite culturelle éclatante au sein du monde francophone. En multipliant les approches, ce livre rend compte de la richesse des créateurs franco-chinois. Il sintéresse aussi à des figures inconnues, comme un peintre oublié des années 1930 et une blogueuse audacieuse. Enfin, en saventurant sur des territoires inattendus, lAfrique par exemple, où les Chinois communiquent souvent en français, les auteurs explorent un champ de recherche qui montre déjà des potentialités esthétiques insoupçonnées.

    Ce livre est aussi une histoire damitiés entre quelques personnes, intellectuels, universitaires ou artistes, qui se connaissent depuis des années,partagent la même passion pour la Chine, et qui vivent sur différents continents.

  • Entre 1840 et 1918, l´imprimé et le livre, qui avaient déjà contribué à l´élaboration de l´histoire et de l´identité du peuple canadien, deviennent désormais les médias de communication prédominants. Plus que jamais la culture de l´imprimé participe aux transformations qui métamorphoseront la colonie en véritable État, unifiant les peuples qui le composent. C´est cette synergie qui constituera l´un des aspects historiques et culturels les plus fascinants de cette période qui est au centre de ce deuxième volume de l´Histoire du livre et de l´imprimé au Canada.
    L´expansion du territoire canadien grâce à l´immigration massive, sa traversée par le chemin de fer et par la télégraphie renouvellent entièrement la dynamique de l´imprimé, de Terre-Neuve à Dawson City. Après 1880, l´imprimé de masse voit le jour grâce à la nouvelle technologie qui permet d´imprimer plus rapidement et à moindre coût, et grâce à la constitution de nouveaux marchés desservis par les librairies. Du missel au journal en passant par le livre de recette, le catalogue d´Eaton et l´almanach, les Canadiens sont dorénavant en contact quotidien avec cet objet matériel qu´est l´imprimé. Dans ce contexte, l´auteur émerge lentement, soutenu par un marché de distribution à l´échelle nord-américaine, par un nombre croissant de bibliothèques publiques et par des droits conquis pour la protection de son oeuvre et sa diffusion.
    Yvan Lamonde est historien et professeur au Département de langue et littérature françaises de l´Université McGill.
    Patricia Lockhart Fleming est professeure à la Faculty of Information Studies et directrice du Collaborative Program in Book History and Print Culture de l'Université de Toronto.
    Fiona A. Black est directrice de la School of Information Management de la Dalhousie University à Halifax.

  • Étroitement liés à l'histoire du pays que deviendra le Canada, le livre et l'imprimé y ont fait leur apparition dès l'arrivée des premiers colons. Outils d'évangélisation, de colonisation, d'enseignement, de propagande religieuse et politique, mais aussi moyens d'exploration, de connaissance, de libération, le livre et l'imprimé ont contribué à la création d'une histoire nationale et à la construction de l'identité des peuples qui se côtoient désormais sur le territoire.

    Ce premier volume de l'Histoire du livre et de l'imprimé au Canada retrace le parcours de l'imprimé, depuis le débarquement des premiers colons en Nouvelle-France jusqu'aux Rébellions de 1837 et de 1838, en passant par l'apparition du premier imprimé à Halifax en 1752 et la constitution des premières bibliothèques publiques et privées. Il démontre avec clarté que l'imprimé sous toutes ses formes, que ce soit les placards, journaux, almanachs, illustrés, livres de cuisine ou ouvrages d'érudition, a fait partie intégrante de la vie quotidienne des Canadiens. Enfin, il dresse un portrait vivant de l'auteur et du lecteur, mais aussi de tous les artisans des métiers du livre et de l'imprimerie, de l'apprenti à l'éditeur imprimeur, en les replaçant dans leur contexte social et historique.

    Patricia Lockhart Fleming est professeure à la Faculty of Information Studies et directrice du Collaborative Program in Book History and Print Culture de l'Université de Toronto.
    Gilles Gallichan est bibliothécaire et historien à la Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec.
    Yvan Lamonde est professeur au Département de langue et littérature françaises de l'Université McGill.

  • Qu´ont en commun les proses de Saint-Denys Garneau, de Gabrielle Roy, de Claire Martin, de Gilles Marcotte, de Gilles Archambault, de Pierre Morency et du tandem Bernard Arcand-Serge Bouchard? Peut-on rassembler en une même catégorie journal intime et correspondance, Mémoires et essais, nouvelles et fables, lieux communs et petites proses?
    En toute liberté, Laurent Mailhot lit et relie ces oeuvres diverses, et leur trouve un dénominateur commun : le plaisir, les plaisirs. Les prosateurs dont il parle, sans toujours se connaître, se reconnaissent, partagent le même espace, le même travail sur la langue, le langage, les livres.
    Avec, après le plaisir des écrivains, vient celui du lecteur qui retrace les pas, ouvre des sentiers, habite à son tour la maison. Plaisirs de la prose : plaisirs d´incessants retours, départs, détours. Le critique devient à son tour prosateur.
    Laurent Mailhot est professeur émérite au Département d´études françaises de l´Université de Montréal. Il a fait paraître un livre sur Camus (PUM, 1973) et plusieurs, dont des anthologies, sur divers genres de la littérature québécoise (poésie, essai, monologue, théâtre) et sur son évolution, son histoire. Son plus récent livre est La littérature québécoise depuis ses origines (Typo, 1997).

  • Journaliste de combat, homme politique, fonctionnaire, Étienne Parent a donné ses lettres de noblesse au genre de la conférence publique. Les conférences qu´il a prononcées entre 1846 et 1848, à Montréal, et en 1852, à Québec, marquent la naissance de l´âge du positivisme dans la défense de la nationalité. Partisan du libre-échange et du laisser-faire capitaliste, Parent y esquisse une nouvelle trajectoire intellectuelle, politique et économique pour le Canada français.
    Claude Couture, professeur à l´Université de l´Alberta est l´auteur de La Loyauté d´un laïc, Pierre Elliot Trudeau et le libéralisme canadien. Professeur d´histoire et de littérature à l´Université McGill et lauréat du prix du Gouverneur général pour sa biographie de Louis-Antoine Dessaulles, Yvan Lamonde vient de publier Histoire sociale des idées au Québec (1760-1896). Il a établi l´édition critique d´Écrits de Louis-Antoine Dessaulles dans la « Bibliothèque du Nouveau Monde ».

  • Louis Dantin (pseudonyme d'Eugène Seers, 1865-1945) fut un observateur et un acteur exceptionnel de la culture québécoise. La période montréalaise de sa vie, après un séjour en Europe (1883-1894), culmine dans la publication de Émile Nelligan et son OEuvre (1904). Louis Dantin quitte ensuite sa communauté religieuse et s'installe à Boston. C'est de là qu'il exerce son activité de mentor auprès de nombreux écrivains et qu'il collabore à divers périodiques. L'édition critique rassemble les essais critiques (1920-1942) de Louis Dantin portant sur la littérature québécoise.

    Prix Jean-Éthier-Blais de la fondation Lionel-Groulx, 2003

  • « Je ne suis pas éloignée de croire que c´est pour en venir à écrire ce livre que je suis devenue écrivain », a dit Claire Martin à propos de ses mémoires. Avec une inexorable lucidité, tout empreinte pourtant d´humour et d´amour de la vie, elle y évoque son enfance et son adolescence dans une famille dominée par un père sadique et dans des pensionnats où la bêtise n´a d´égal que la cruauté. Récit d´une expérience personnelle, apparemment dépouillé de tout artifice, Dans un gant de fer, qui a suscité une vive controverse lors de sa parution, a une indéniable résonance collective, voire symbolique.
    Professeure de littérature québécoise à l´Université Carleton, Patricia Smart est l´auteure de Les femmes du Refus global (1998), Écrire dans la maison du père : l´émergence du féminin dans la tradition littéraire du Québec (1988, prix du Gouverneur général) et Hubert Aquin agent double (1983). Elle a publié une traduction anglaise de Écrire dans la maison du père (1991) et du Journal d´André Laurendeau (1991).

  • C'est à une « belle indiscrétion » que se livre le lecteur de Du Bellay lorsqu'il parcourt les Regrets. En effet, nombre de sonnets de cette oeuvre fondamentale de la poésie française sont adressés à des contemporains qui deviennent des locuteurs in absentia du poète. Du Bellay en profite ainsi pour faire part de son ennui à Rome et discuter des différents partis pris touchant la poésie d'alors. Mine de rien, c'est une part majeure de l'humanisme du XVIe siècle que Du Bellay dévoile sous le regard de la poésie. S'appuyant sur une remarquable érudition, Marc Bizer analyse en profondeur les sonnets de Du Bellay pour ramener à la surface les destinataires des Regrets, dont ses collègues de la Pléiade, Ronsard et Magny. L'étude attentive de la pratique épistolaire au XVIe siècle et de ses influences (Érasme, Cicéron...) jette un tout nouveau regard sur les liens unissant l'humanisme et la poésie de la Renaissance.

    Marc Bizer enseigne la littérature française de la Renaissance à l'Université du Texas (Austin). Auteur d'un précédent ouvrage, La Poésie au miroir : imitation et conscience de soi dans la poésie latine de la Pléiade, il se consacre actuellement à un travail de recherche sur les rapports entre littérature et identité française aux seizième et dix-septième siècles.

  • Louis Dantin (pseudonyme d'Eugène Seers, 1865-1945) fut un observateur et un acteur exceptionnel de la culture québécoise. La période montréalaise de sa vie, après un séjour en Europe (1883-1894), culmine dans la publication de Émile Nelligan et son OEuvre (1904). Louis Dantin quitte ensuite sa communauté religieuse et s'installe à Boston. C'est de là qu'il exerce son activité de mentor auprès de nombreux écrivains et qu'il collabore à divers périodiques. L'édition critique rassemble les essais critiques (1920-1942) de Louis Dantin portant sur la littérature québécoise.

    Prix Jean-Éthier-Blais de la fondation Lionel-Groulx, 2003

  • En dépit de l'intérêt marqué pour les textes autobiographiques depuis le début des années 1980, le journal intime continue de faire piètre figure, non seulement en tant qu'objet d'étude, mais aussi en tant que pratique littéraire. Cela n'est guère étonnant dans la mesure où le portrait du genre dressé par les théoriciens demeure, aujourd'hui encore, essentiellement négatif : genre sans forme, sans histoire et sans littérature... Il est ainsi un enfant mal-aimé des études littéraires et parfois des écrivains eux-mêmes.
    C'est en réponse à ce discours réducteur que cet ouvrage propose de revoir et de réévaluer un certain nombre de lieux communs sur le genre et d'en montrer la poétique, en postulant qu'il s'agit d'un genre littéraire à part entière. En parallèle, l'auteure offre un portrait fouillé des journaux publiés au Québec sur presque trois siècles. De ce panorama émergent ainsi différentes figures « d'écrivains-diaristes » et de « diaristes-écrivains » dont les oeuvres, souvent méconnues, signalent la complexité des enjeux esthétiques et éthiques soulevés par l'écriture et la mise en scène de soi.

    Manon Auger est agente de recherche à l'UQAM, chargée de cours et chercheure. Elle a publié plusieurs articles sur divers journaux intimes québécois. Ses champs de spécialité sont la littérature québécoise, les écritures (auto)biographiques, ainsi que les enjeux de la littérature et de la création littéraire contemporaines.

  • Ce livre entend combler une lacune, celle de la méconnaissance de la contre-culture au Québec, un phénomène majeur qui, au cours d'une décennie particulièrement effervescente, a traîné dans son sillage des milliers de jeunes gens que l'extrême gauche ou le néonationalisme - des courants rivaux, si l'on peut dire - n'attiraient pas. Assez étrangement, peu d'études existent sur ce mouvement, sa sensibilité particulière et ses manifestations symboliques, d'où l'intérêt de cet ouvrage qui vise précisément à dresser le panorama de ses artistes et de leurs productions les plus marquantes, de l'Infonie au Jazz libre du Québec, en passant par Victor Lévy-Beaulieu, Josée Yvon, Mainmise ou le Front de libération homosexuel. À partir de la contribution de spécialistes de divers domaines - musique, littérature, théâtre, cinéma, art visuel, sociologie -, le livre fait le point sur ce vent de contestation qui a balayé l'Amérique des années 1960 et 1970 et sur ce qu'il a semé dans un Québec « hors de la carte », selon les mots de Raôul Duguay, l'un des plus célèbres représentants de la mouvance québécoise.

  • Essai ludique au ton personnel, Fabrications raconte les huit années d'une passionnante enquête intellectuelle pendant lesquelles Louis Hamelin a écrit La constellation du Lynx. Ce roman a parfois été perçu comme un document politique ou un ouvrage historique ; à l'inverse, le présent essai sera peut-être pris pour une oeuvre de fiction. Pourtant, à part Samuel Nihilo, l'alter ego fictif de l'auteur, les personnages qu'on y rencontre existent ou ont déjà existé - même si leurs noms ont parfois été modifiés - et leurs propos sont rapportés avec le souci de traduire au mieux leur pensée.
    Où se trouve le plus de vérité ? Dans le patient réexamen des faits qui préside à la fabrication artisanale du romancier ou dans les récits tout aussi construits qui forment la « version officielle », avec sa narration univoque et ses prétentions à l'authenticité ? Il y a une histoire secrète qui, à l'instar de la littérature, fabrique des récits. D'une même matière surgissent des interprétations antagonistes, dont l'une s'imposera en repoussant les autres dans la fiction. Ici, le processus est soumis à un éclairage littéraire qui fait appel tant à l'expérience des Brigades rouges qu'à l'intelligence de quelques oeuvres phares, de Tolstoï à Mailer.
    Voici donc la vraie histoire de Samuel Nihilo.

    Chroniqueur de littérature au Devoir depuis 1999, Louis Hamelin est l'auteur de sept romans dont La rage (1989), prix du Gouverneur général en 1990, et La constellation du Lynx (2010), qui a été couronné par cinq prix littéraires dont celui des Libraires et celui des Collégiens. Il a aussi publié un recueil de nouvelles et deux essais.

  • À Paris, entre la fin du xixe siècle et le début des années 1930, le cinéma, le disque et la radio triomphent. Dans ce monde du divertissement de plus en plus dominé par l'artifice, le médiatisé et le « reproduit », le théâtre s'affirme comme l'une des ultimes enclaves de vérité, à cause, notamment, de la présence de « vrais » acteurs rencontrant un « vrai » public. Pourtant, ses artisans n'en recourent pas moins aux mêmes technologies de reproduction de l'image et du son que celles qui font le succès des grands médias.

    Par l'examen attentif de documents d'archives et de « relevés de mises en scène » de dizaines de spectacles, les auteurs de ce livre révèlent une histoire du théâtre de la modernité aux antipodes de celle vantée par le discours qui a traversé tout le xxe siècle et qui reste encore très prégnante à l'ère numérique. L'image qu'ils dégagent est celle d'un art qui n'hésite pas à intégrer tous les moyens susceptibles d'accroître l'efficacité et l'attractivité de la représentation. En examinant également les dynamiques intermédiales - entre théâtre, cinéma et littérature - qui s'instaurent avec le développement rapide des technologies électriques, les auteurs montrent bien comment le théâtre de la modernité perpétue une tradition plus de deux fois millénaire.

    Jean-Marc Larrue est professeur d'histoire et de théorie du théâtre à l'Université de Montréal. Giusy Pisano est professeure de cinéma à l'École nationale supérieure Louis-Lumière de Paris.

  • Le Québec moderne n'a jamais réellement habité la ville ; ou alors il n'a jamais habité la ville réelle. Peu importe, car cela ne l'a pas empêché d'en parler plus que de tout autre espace. Dans ce livre, je veux mesurer les conséquences de cette contradiction. Je veux chercher à lire la ville contemporaine au Québec, celle dont hérite le jeune xxi e siècle... Mais si on souhaite poursuivre ici, il faudra accepter d'abandonner le mot "ville" en chemin. C'est l'urbanisation et la littérature qu'il faudra aborder comme deux choses interdépendantes depuis les années 1960 au Québec. L'urbanisation et la ville ne sont pas la même chose du tout. La première est un processus, la seconde est son résultat. L'urbanisation est vivante et mobile alors que la ville est morte, ou en tout cas figée, abstraite. Bref, l'une existe, et l'autre pas. Il y a là un problème considérable. Dans ce livre, je parle d'étalement, de zonage, de friches, de banlieues, de chantiers et d'infrastructures - de ces espaces périurbains, depuis longtemps majoritaires dans le paysage nord-américain. J'en parle comme des lieux où la vie devrait pouvoir accéder à l'art. Et plus spécifiquement à l'art littéraire.

empty