Les Éditions du Blé

  • Dans "24 mouvements pour un soliste", Paul Savoie reprend un voyage intérieur qui s'est étalé sur plusieurs décennies, avec "À la Façon d'un charpentier", "Mains de Père", "À tue-tête". Ce récit, qui constitue le portrait autobiographique des oeuvres de l'auteur, va plus loin et plus clairement encore dans la voie de l'aveu, de la franchise, de la compréhension et de la reconnaissance. Ces mémoires jettent une lumière inédite sur le processus créateur de l'écrivain, ses sources d'inspiration, sa lutte avec ses anges et ses démons, le tiraillement avec son bilinguisme, et font apparaître, à travers tous les déplacements de l'auteur, un Saint-Boniface natal innommé dans ses écrits, mais indispensable à l'exégèse de son oeuvre.

  • Sondes

    J.R. Leveille

    Peu d'auteurs dans la francophonie canadienne tiennent un discours sur leur propre pratique artistique ainsi que celle des autres.
    J.R. Léveillé l'a entrepris en 1990 avec la publication d'une Anthologie de la poésie franco-manitobaine et l'a poursuivi, au cours des ans, dans divers essais ou conférences, ainsi que par des articles de magazines, livres et revues, regroupés, en 2005, dans Parade ou les autres et Logiques improvisées.

    Sondes rassemble la majeure partie des textes produits de 2005 à 2014 et offre une vitrine sur la modernité culturelle franco-manitobaine. On y trouve des réflexions de l'auteur sur sa propre pratique d'écrivain, une certaine théorisation de l'écriture, un aperçu des conditions sociales, politiques et culturelles qui ont conduit à la modernité, des entrevues et des portraits d'auteurs qui ont fondé le théâtre et la littérature et d'artistes qui en assurent l'évolution.
    Cette version de Sondes est enrichie par des liens qui mènent aux sites internet de la plupart des artistes énoncés dans l'ouvrage.

  • On pourra trouver curieux que l'auteur J.R. Léveillé, qui avoue n'avoir que faire de la communauté dans ses oeuvres, ait tout de même consacré une partie du Temps à écrire sur son milieu ainsi que sur ses auteurs et ses artistes dans une anthologie de poésie, dans des textes de conférence et des articles ainsi que dans des numéros spéciaux de diverses revues. Il n'y a pas de contradiction dans cette entreprise : sa perspective heisenbergienne relève d'une liberté sans nom... En effet, J.R. Léveillé a toujours cru que si les productions culturelles peuvent finir par témoigner d'une époque et définir une culture, elles sont avant tout des oeuvres d'exception. Parade, ou les autres par J.R. Léveillé réunit donc beaucoup de singularités : Histoire de la littérature franco-manitobaine. Interviews : Marie-Anna Roy, Roland Mahé. Essais sur Paul Savoie. L'identité franco-manitobaine. Le journal littéraire de Guy Gauthier. Les photographies de Dominique Rey. Écrits sur les arts. Deux siècles de poésie franco-manitobaine. Tombeaux et médaillons : Lionel Dorge, George Swinton, Roger LaFrenière, Charles Leblanc, Jean-Pierre Dubé, Alexandre de Laronde, Louis-Philippe Corbeil, Étienne Gaboury. Modernité du théâtre franco-manitobain.

  • TEXTES ÉTABLIS ET ANNOTÉS PAR GLEN CAMPBELL, THOMAS FLANAGAN ET GILLES MARTEL

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    Évoquer le souvenir de Louis Riel, c'est faire jaillir dans les esprits les années 1870 et 1885. Déjà, des historiens ont passé au tamis les faits et gestes de cet inoubliable chef de file de la Rivière-Rouge. Louis Riel Poésies de jeunesse remonte plus loin dans le temps, on découvre les écrits d'une personnalité attachante et un profil nouveau du jeune Riel.

    Le « calepin de poésies » de Riel avec d'autres poèmes de jeunesse sont publiés ici. Gilles Martel en donne le contexte historique et Glen Campbell analyse la « valeur littéraire de l'oeuvre ». Présentation de Gilles Martel, Glen Campbell et Thomas Flanagan. Préface de Yves Labrèche.

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    A historical and literary analysis of poems Louis Riel wrote while a student in Québec leads to the discovery of the writings of a young man seeking an identity, that of the Father of the Métis Nation.

  • Voix présente un choeur de douze voix riches d'idées, de mots, de manières de dire, à la fois régionales et universelles. Au fil de leurs confidences, sans doute ferez-vous quelques découvertes et reconnaitrez-vous ce que leurs accents doivent à l'exploration des territoires de la littérature et de ceux de l'humanité.

    Quarante ans, c'est le temps des bilans. L'occasion pour nous, au Blé, de faire le point sur le travail accompli afin d'enrichir la littérature franco-canadienne depuis la fondation de la maison en 1974. C'est à ces voix-là que nous rendons hommage dans cette série d'entrevues de douze de nos auteurs.

  • L'été à Ganiishomong : l'écriture poursuit la fiction dans l'extase du temps. Les souvenirs d'enfance (la nudité des cousines est désirable ; le piano de la mère un délice) se prélassent sur la plage d'une communauté métisse près de Saint-Laurent, dans le Far-West canadien, avec la musique de Bach et de Mozart, les poètes taoïstes et les penseurs présocratiques. Il y a place pour la Bible et Rimbaud. Baudelaire a trouvé le lieu. Geneviève Asse et Agnes Martin sont des habituées. Lacan y est passé. Les nonnes et abbesses zen l'habitent toujours. Glen Gould demeure un penseur incontournable. Il joue du piano comme si c'était un clavecin. Les mouettes passent, les vagues se lèvent et se taisent. La nuit est fraîche. Le champagne frais. On retrouve l'art comme pensée poétique, la poésie comme pensée philosophique et le roman comme poésie, avec la musique en arrière-fond cosmique.
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    EXTRAITS

    « Il y a des matins de grande indifférence. On se lève. On va vers le paysage, café à la main. Rien ne nous tente, rien ne nous indispose. Le soleil ne s'est pas encore étendu sur l'ensemble de la journée. Tout est neutre. Les oiseaux s'affolent déjà à la mangeoire. Les carouges ne cessent de jacasser. Le chien veut sortir. Alors, on s'assoit, on ouvre le grand cahier à dessin, on prend plume. Soudain tout s'éveille, tout prend vol. L'espace est mieux défini entre les branches et les feuilles. Les troncs et les branches davantage délimités. Ce n'est pas qu'il fasse plus jour. C'est qu'il y a eu transposition. Un rouge-gorge apparaît sur un tronc. Semblable au bouvreuil dans Le déjeuner sur l'herbe de Manet.

    Le rouge-gorge était là depuis longtemps; la brosse à la main l'aperçoit dans le décor qui prend vie. C'est du certain. Ça ne se passe pas autrement. La description est tout en littérature comme en art. Qu'est-ce que la description sinon la qualité des êtres et des choses. Là, quelques notes d'Arvo Pärt transpercent sur la chaîne audio et retiennent mon attention. Lui aussi prend son temps à ponctuer. Qu'est-ce que la ponctuation, si ce n'est une touche de description ? Voilà, cela est clairement établi. Enfin, entre le regard fixé sur la toile naturelle devant nous, et la main à la pâte, le temps s'est un peu étendu. On est prêt pour un autre café. L'on se dit que le grand Vide impassible n'est pas un néant. Joie latente. »



    « Des vagues de l'aube, il ne reste plus que l'écume des dernières à s'esclaffer sur la rive. Toujours un peu de vent. On le sent. Frais. Mais l'air se réchauffe. Dans deux heures, on sera nu au soleil. Pour le moment, les pieds bien ancrés dans le sable.
    J'entends une flûte jouer dans ma tête. La flûte est un instrument de voyage. Je ferme les yeux, je suis son enchantement, je rêve.
    Enfin, je me dis, en me réveillant, le son de ces vagues, c'est la voix du vent.
    Voilà, c'est déjà une bonne journée. »

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