Les Éditions Perce-Neige

  • Les « littératures de l'exiguïté » liées aux diverses communautés francophones du Canada ont souvent été étudiées, dans la suite de François Paré, comme des lieux en quête de légitimité et d'autonomie propres à les distinguer. Plusieurs travaux se sont alors intéressés aux particularités des littératures selon les différentes régions de la francophonie canadienne (Acadie, Québec, Ontario français, Ouest canadien). Les contributions de ce recueil proposent une réflexion qui va au-delà de ces particularités régionales en posant l'étude des littératures francophones du Canada sous le signe du rapprochement. L'ouvrage réunit des études qui s'intéressent à l'aspect unitaire de ces littératures, à la reconfiguration des espaces identitaires et à des aspects moins étudiés de certaines auteurs (dont Victor-Lévy Beaulieu, Daniel Castillo Durante, Simone Chaput, André Christensen, France Daigle, Sergio Kokis, Georgette LeBlanc, Rachel Leclerc, Émile Ollivier, Jocelyne Saucier et Jacques Savoie)

  • Jonathan Roy revient en force avec un second recueil de poésie qui se déploie autour de l'image de la savèche (mot acadien désignant un papillon de nuit) pour transporter le lecteur dans l'univers contestable du Web. Il y remet en question le sens donné à la génération Y tout en construisant de poème en poème une prosodie qui lui est unique. Jonathan Roy compte sans aucun doute parmi les jeunes poètes les plus marquants de la production courante.

  • Depuis sa fondation en 1991, l'Association des professeurs des littératures acadienne et québécoise de l'Atlantique (APLAQA) demeure fidèle à son mandat de stimuler la réflexion sur les littératures acadienne et québécoise et à les mettre en rapport avec les autres littératures de langue française du monde. Les textes colligés dans cet ouvrage se distinguent par leur contribution respective au dépassement des notions de marginalité et de résistance reconnues aux espaces minoritaires, d'une part, et l'analyse d'expériences d'autonomie culturelle perceptibles dans la diversité des genres littéraires : roman, poésie, théâtre, nouvelle, essai, critique, d'autre part. Dans quelle mesure ces pratiques plurielles se distinguent-elles dans la mise en relief de l'altérité comme expression d'ouverture à la différence et à l'affranchissement des figures du repli identitaire jadis observées? En quels termes? Sous quelles conditions de possibilité? Autant de questions que nous avons soumises à la curiosité de chercheurs passionnés par ces enjeux littéraires et sociétaux contemporains.

  • Ronald Després n'a que vingt-deux ans lorsqu'il publie son premier recueil de poésie intitulé Silences à nourrir de sang, aux Éditions d'Orphée, à Montréal. D'une modernité insolente, ces poèmes bousculent l'attitude passéiste qui caractérise la poésie acadienne depuis ses débuts jusqu'à 1958.

  • Tout l'univers sonore et matériel de Moncton s'articule et se désarticule au coin des rues Saint-George et Robinson sous le regard malicieux d'un jongleur de mots. Les couleurs et les textures, les parfums et les bruits urbains virevoltent en tous sens, propulsés par un souffle langagier qui touche toujours la cible. le calorifère rouspète comme un kalimba d'enfer
    à travers la page
    les démons s'agitent

  • Empreinte d'une ironie cinglante, la poésie de Christian Roy articule un propos jonglant entre le vernis et le décapant, et dont l'étrangeté nait d'une rare fusion du réel, du virtuel et du merveilleux dans un projet bien à lui :

    Si le globe devait tomber par terre et se fracasser, il en recueillerait tous les chardons. Alchimiste, il les moulerait tous en personnages et leur demanderait d'expliquer le monde, de faire le tour du soleil. Sans les presser, il attendrait leur réponse, plume à la main, dans l'intimité des langues secrètes, des saisons vides et des personnes singulières.

  • Le roman acadien contemporain est « multipiste », ouvert à toutes les influences, à toutes les formes d'expression issues de la société acadienne. Antonine Maillet a remporté le prix Goncourt grâce à une oeuvre radicalement différente de toutes celles qu'elle avait publiées auparavant. Un chapitre consacré aux coulisses du prestigieux prix vaut le détour. Claude Le Bouthillier, après avoir écrit des romans de science-fiction, publie un roman sur la Déportation. Jacques Savoie traite de sujets contemporains et présente un roman qui s'érige contre l'absence d'amour et la famille divisée. Gérald Leblanc publie un roman éclaté qui retrace la Révolution tranquille acadienne et ouvre des voies narratives nouvelles. France Daigle donne ses lettres de noblesse au chiac et transforme Moncton en centre littéraire. Jean Babineau pousse l'expérience encore plus loin et écrit un roman entièrement en chiac. Fredric Gary Comeau et Daniel Leblanc-Poirier découpent le roman en une série de tableaux, en une oeuvre cubiste à recomposer par le lecteur.

    Certains écrivains poursuivent dans la veine du discours néonationaliste, d'autres s'engagent dans des voies plus personnelles afin de définir ce que cela veut dire, venir de l'Acadie. La quête de nouveauté et le combat individuel pour se faire entendre se confondent avec le combat pour le pays dans un vibrant plaidoyer pour une reconnaissance du caractère unique et irremplaçable de l'Acadie.

  • Dans la veine du réalisme magique, ce roman atypique de la littérature acadienne a charmé les lecteurs et lectrices de tous âges au moment de sa parution en 1989 aux Éditions d'Acadie. Il s'agit de l'histoire d'une femme excentrique qui a toujours voyagé dans les livres afin d'en faire un grand jeu pour y embarquer tous les gens de son village. En raison de l'ancrage local de l'action et de ses thèmes, ce roman est une source de réflexion sur le vivre-ensemble en Acadie qu'il s'avère essentiel de soumettre à l'interprétation de nouvelles générations de lecteurs.

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