Le passeur

  • « Je vous intrigue ? À la bonne heure. Cest déjà cela. Je nai pas répondu à votre question ? Certes. Loin de moi le souhait de lesquiver, nayez crainte. Pourquoi clown, donc ? Mais, cher monsieur, nest-ce pas là le mystère des mutations, des métamorphoses de lâme ? Vous ne voyez pas de quoi je veux parler ? Allons bon. Une histoire fort curieuse en ce qui me concerne. Et je doute que nous ayons le temps de Vous cherchiez justement à le tuer ? Vous métonnez. Bien rare, de nos jours, davoir du temps à perdre. Qui plus est pour écouter de potentiels bouffons délirer dans un bistrot enfumé quelconque. Tuer le temps Tâche sisyphéenne ! Cest hélas lui qui nous consume à coup sûr, misérables créatures que nous sommes, telles ces nuées dinsectes aveugles brûlant leurs ailes aux ampoules incandescentes dinterminables soirs dété où lon étouffe. » A. N.
    Un monologue sidérant, en forme dhommage à La Chute dAlbert Camus, et une charge contre la modernité et la décadence, servis par une écriture tranchante.

  • Paul, jeune garçon solitaire, ne comprend pas pourquoi sa mère ne laime pas et pourquoi elle va jeter de la boue sur une tombe. Son père, toujours absent, garde un lourd secret dans son cur. Un mystère rôde dans la maison où lenfant ne trouve dévasion que dans le misérable cinéma du village. Les vieux films sont-ils plus réels que la vie ?
    À Lyon où il fait de précaires études, Paul croit se sauver de son désarroi grâce à lamour, mais il tombe entre les mains dune redoutable comédienne qui le viole. Le théâtre deviendra-t-il son nouvel univers, encore plus trompeur que lautre ? Un professeur, quil considère à tort comme son ami, lui conseillera de se plonger dans des livres qui, loin de lapaiser, le bouleversent. Parviendra-t-il à devenir écrivain ? Détranges circonstances le conduisent à aimer une jeune étudiante que la drogue a menée à la folie. Pourra-t-il la sauver grâce à un héritage inopiné dont il déteste pourtant la provenance ?
    Empêtré dans une société quil ne comprend pas, Paul se libérera de ses angoisses en apprenant la vérité sur ses véritables origines et en sengageant dans la résurrection mentale de celle quil aime.
    Ce personnage en quête de sens, emblème de nombreuses générations, aura traversé, durant des décennies, plusieurs romans de lauteur de La Geste serpentine et des Égarés, faisant de ce texte essentiel un des fils conducteurs de luvre de Frédérick Tristan.

  • Et sil ny avait pas de spectacle ? Si, pour une fois, après la montée du rideau rouge, le public était mis face à une scène vide, sans décor ni réplique ? Cest ce à quoi nous convie Pol Bouchard, clown de son état, et qui se fait ici guide du rien, commentateur du silence, saisi par lintrigue du simple fait dêtre là comme si le seul acte de présence suffisait à nous faire entrer dans une aventure plus vivante que les cinq actes du théâtre classique.
    Mais son invitation se change bientôt en parasitisme. Lui, qui chantait lespace nu, se met à le meubler autant que possible. Ce qui lémerveillait tout à lheure, et quil voulait vous faire partager, subitement le jette dans langoisse, et le voilà qui cherche à sen décharger sur vous. Il ne reste pas longtemps impuni, celui qui sest dérobé au divertissement. Sa joie de vivre se voit rongée par la fatalité davoir à mourir.
    Vous lavez compris : ce court récit vous propose une expérience métaphysique, celle de la gratuité de lexistence oscillant, en funambule à rechutes, entre labsurde et la grâce.

  • Été 2013. Un père tue sa femme et ses enfants de sang-froid avant de disparaître dans la nature. Après des semaines d'enquête infructueuse, la police contacte François Holzer, ex-flic au passé tourmenté et aux méthodes peu orthodoxes.
    « Voici la transcription exacte des enregistrements volés, effectués tout au long de mon enquête. Vous serez soumis à la même épreuve que moi, n'en saurez ni plus ni moins. Ce que j'ai entendu, vous l'entendrez. Ce que ces gens m'ont tu vous sera tu. Pas de narration bidon.
    Un flic n'est que l'archéologue de l'âme d'un assassin. Il lui faut creuser au plus profond, parfois jusqu'à une absurdité plus insaisissable que la folie. J'ai creusé, à en déchirer mes ongles jusqu'au sang, dans les bassesses les plus répugnantes.
    Cette enquête est de celles que j'aurais préféré ne jamais avoir vécu et enregistré. Elle m'a obligé à saisir aussi ma propre voix et à descendre, terrifié, jusqu'aux tréfonds de moi-même. Je vous invite à m'y accompagner et à décrypter ces voix. » Fr. Holzer.

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