Gallimard

  • La chute

    Albert Camus

    'Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation. [...] J'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau. Je m'arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement.'

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    Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, oeuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

    1 autre édition :

  • "Dans les épaisseurs de la nuit sèche et froide, des milliers d'étoiles se formaient sans trêve et leurs glaçons étincelants, aussitôt détachés, commençaient de glisser insensiblement vers l'horizon. Janine ne pouvait s'arracher à la contemplation de ces feux à la dérive. Elle tournait avec eux, et le même cheminement immobile la réunissait peu à peu à son être le plus profond, où le froid et le désir maintenant se combattaient."

  • "L'Histoire d'un coeur simple / est tout bonnement le récit d'une vie obscure, / celle d'une pauvre fille de campagne, / dévote mais pas mystique, dévouée / sans exaltation et tendre comme du pain frais. / Elle aime successivement un homme, / les enfants de sa maîtresse, un neveu, / un vieillard qu'elle soigne, / puis son perroquet [...]. / Cela n'est nullement ironique comme / vous le supposez, mais au contraire / très sérieux et très triste. / Je veux apitoyer, faire pleurer / les âmes sensibles / - en étant une moi-même." Flaubert, Lettre à Edma Roger des Genettes,19 juin 1876

  • Françoise Sagan n'a voulu se souvenir que des moments heureux et que des gens qu'elle a aimés. C'est ce qui rend ce livre si sympathique et ce qui a fait son succès auprès du public et de la critique. Billie Holiday, Orson Welles, Jean-Paul Sartre, Carson McCullers, Marie Bell, Rudolf Noureev, Tennessee Williams... Autant de portraits et d'histoires inoubliables.

  • Client fin de siècle d'une parfumerie des Champs-Élysées, un homme part à la recherche d'une fragrance unique, celle d'une femme masquée entrevue dans un bal... Un couple, en voyage au Mexique, ne communie plus au lit mais dans les nourritures exotiques,

  • Heidi, une jeune orpheline, part vivre chez son grand-père à la montagne. D'abord effrayée par ce vieil homme bourru et solitaire, elle apprend vite à l'aimer et découvre la beauté des alpages avec Peter, son nouvel ami. Mais la tante de Heidi, estimant qu'il ne s'agit pas là d'une éducation convenable, place la fillette dans une riche famille de la ville. Heidi va-t-elle supporter cette nouvelle vie ? Du grand air des montagnes suisses au coeur de la ville, le destin d'une héroïne courageuse et pleine de malice. Une histoire inoubliable, ode à l'amitié et à la nature.

  • J'ai réuni dans ce livre des articles que, pendant quarante ans, j'ai donnés au Nouvel Observateur. Une actualité littéraire fantasque les a souvent inspirés, les figures imposées du journal en ont toujours dicté la forme : c'est une brocante ou le hasard semble avoir plus ´r dire que la nécessité.
    Et pourtant, cette promenade buissonnicre ´r travers les livres dessine peu ´r peu un itinéraire familier. On retrouvera ici les aveux du roman, les mots des femmes, l'ombre portée de la Révolution sur les passions françaises, et un tableau de la France et des Français ou l'on voit une diversité obstinée tenir tete ´r la souveraine unité de la nation.
    Ces rencontres d'occasion avec les uvres et les figures du passé me renvoient donc ´r mes go"uts et ´r mes attaches. Je n'ai pas de peine ´r reconnaître en elles des voix amicales et des présences consolantes. Mais j'y vois aussi surgir l'événement intempestif, la rencontre inattendue, la surprise des sentiments. La littérature et l'histoire, sur la chaîne usée des destinées humaines, n'ont jamais fini de broder les motifs inépuisables de la complexité. Telle est la cause des livres.
    Mona Ozouf.

  • Lors d'un voyage au Népal, Andrew rencontre un sage. Celui-ci lui confie un remède pour qu'il le remette à la Kumari, jeune déesse vivante de Katmandu. Si Andrew ne s'était pas senti vieux, s'il n'avait pas mangé le Baume du dragon, il ne serait pas en train de rajeunir à vue d'oeil, en route vers un lac perdu de l'Himalaya avec l'exaspérante Kumari, afin de trouver un antidote. Car si le temps continue de remonter, Andrew va disparaître !

  • «On dit du vin qu'il délie les langues. Que dire du plaisir?
    Au XVIIIe siècle la langue de l'Église, le langage du droit, le discours médical s'inquiètent de l'assaut des belles-lettres contre l'autorité. Les prêtres dénoncent en chaire l'affaiblissement de la foi et les progrès du vice. Dieu souffre en silence. Comment ne serait-Il pas indigné, demande l'abbé Cambacérès, devant "et les blasphèmes de l'impiété, et les triomphes de l'hérésie, et les progrès du libertinage, et tous les ravages que l'ennemi fait dans le champ de son Église." La langue est le lieu d'un combat.» Patrick Wald Lasowski.

  • Corps mêlés

    Marvin Victor

    La narratrice, Ursulla Fanon, est une Haïtienne de 45 ans.
    Elle raconte sa vie dans le village de La Baie-de-Henne. Le récit commence par l'accouchement difficile de sa mère, entourée de pauvres hères plus ou moins alcooliques qui constituent sa famille. Ursulla grandit dans la pauvreté et la saleté dont elle portera à jamais l'odeur. Elle rencontre un jour Simon Madère, comme elle issu d'un milieu fruste et violent. Il deviendra photographe, et elle le retrouvera plus tard à Port-au-Prince, alors qu'elle est devenue mère d'une jeune fille destinée à devenir prostituée.
    Dans la capitale, elle aura du moins une amie : Roseline, femme généreuse et volcanique. Roseline et la fille d'Ursulla mourront dans un tremblement de terre. L'univers de Marvin Victor baigne dans une sensualité violente qui ne peut pas laisser indifférent. La première scène du roman, qui décrit un accouchement, est extraordinaire. De nombreux passages sont d'une force étonnante, entièrement due à l'efficacité d'un style ample et lyrique, parfois grinçant, déroulant le récit en longues phrases chargées d'images et de formules inattendues, excellant à restituer les odeurs, les saveurs, les sensations troubles des corps livrés à eux-mêmes.

  • Une génération s'en va dans les lettres modernes. Parmi les maîtres qui m'ont interpellé par-dessus les années, comme on se hcle d'une rive ´r l'autre quand la brume qui monte va rendre le passage difficile, bien peu ont mis formellement le feu au lac. Ce sont les plus classiques d'entre les modernes, et non les plus avant-gardistes. Ils viennent d'un temps d'outre-tombe, d'avant les linguisteries et les sociologismes, ou la musique importait, ou écrire n'était pas rédiger.
    Ils peuvent s'opposer en tout, mais ils ont en commun de savoir que Chateaubriand existe, au point, pour l'un d'entre eux, Sartre, d'aller compisser sa tombe au Grand-Bé. Ou le jet, aujourd'hui, ne frôlera plus la dalle que par inadvertance, faute de toilettes ´r proximité. L´r, côté miction, est la vraie ligne de partage des eaux, entre les derniers des Abencerage et nos nouveaux Américains.
    Régis Debray.

  • Retour d'Iwaki

    Christophe Fiat

    Avril 2011, Christophe Fiat passe trois semaines au Japon.
    Il visite Iwaki, une ville sinistrée par le tsunami du 11 mars et menacée par les rejets de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
    S'ensuit un périple qui l'emmène de Tokyo à Hiroshima où il rencontre une irradiée de 1945, une guide touristique, un professeur d'université, un responsable de la sécurité de l'énergie atomique et le fantôme du monstre le plus célèbre du cinéma japonais, Godzilla.
    Ce récit mêle témoignages authentiques et fiction romanesque dans une histoire aux accents ironiques.
    Il nous fait découvrir un Japon vivant jour après jour l'imminence de l'apocalypse atomique. Il nous invite aussi à réfléchir sur l'avenir de l'énergie nucléaire quand son usage se fait au détriment de la vie des gens ordinaires.

  • Gris, bruns, ou noirs, les rats infestent aujourd'hui le monde entier et ont même étendu leur empire jusque dans les plus petites îles de l'Océanie. Robert Goffin nous présente cet animal qui est lié au sort des conquêtes humaines, depuis les premiers siècles du christianisme, jusqu'à nos jours.

  • Gris, bruns, ou noirs, les rats infestent aujourd'hui le monde entier et ont même étendu leur empire jusque dans les plus petites îles de l'Océanie. Robert Goffin nous présente cet animal qui est lié au sort des conquêtes humaines, depuis les premiers siècles du christianisme, jusqu'à nos jours.

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