Editions Zoé

  • Après ses Lettres, les Editions Zoé traduisent les proses de Walser parues dans le Berliner Tageblatt. Les quatre premiers textes (1907-1908) correspondent au genre prisé du jeune Walser : la composition. Ils font entendre la voix d'un écrivain déjà profondément singulier. Tous les autres, soixante-huit, sont écrits entre 1925 et 1933, spécialement destinés à ce quotidien berlinois au moment où Walser est à la tête d'une véritable entreprise de feuilletoniste pour les journaux de Suisse, d'Autriche, d'Allemagne et de Prague. Ils abondent en digressions, excentricités lexicales, rouerie langagière pour traiter les sujets du temps, nationalismes, émancipation de la femme, automobile, opéra, cinéma et littérature. Sa vitalité aiguise le sens du paradoxe et sape brillamment l'échelle des valeurs en cours.

  • A la frontière de la nature et de la civilisation surviennent ce que nous nommons des «catastrophes». Ces phénomènes ont fasciné nombre d'écrivains de la Suisse moderne qui ont contribué à la culture de la catastrophe par de multiples scénarios d'effondrement, dans les quatre langues du pays. Qu'est-ce qui les a incités à se passionner pour ce thème ?
    Peter Utz montre comment la littérature fait de la catastrophe le versant sombre de l'idylle alpine : lorsque au XIXe siècle, il s'agira de fonder l'identité d'une nation qui se construit sans ennemi extérieur, la catastrophe prendra une valeur essentielle en forgeant une communauté de destins. L'art de l'auteur est de développer la présentation des oeuvres choisies par période et par thème, ce qui ouvre d'innombrables pistes de lecture : Jeremias Gotthelf et Gottfried Keller, Cendrars et Ramuz, Friedrich Glauser, Friedrich Dürrenmatt figurent parmi des dizaines d'autres écrivains. La richesse des exemples fait de ce livre une référence sur la littérature suisse, mais aussi sur la culture littéraire de la catastrophe dans la modernité.

    Peter Utz, germaniste, est professeur à l'université de Lausanne. Il est le grand spécialiste de l'oeuvre de Robert Walser sur lequel il a publié Robert Walser : danser dans les marges.

  • L'énergumène a décidé de détruire le « Monde Ancien ». Son plan ? « Une conspiration fatale » où « tout le monde se soulève, les assujettissants autant que les assujettis », les Blancs comme les Noirs : il s'agit d'abolir le capitalisme, à commencer par les États-Unis. Son arme ? Le narrateur, dont il a lu le seul livre et qu'il vient dénicher dans l'improbable petite ville de la Chaux-de-Fonds pour le convaincre de coopérer. Mais le narrateur est un non-violent, qui met en place une palpitante stratégie pour faire avorter les desseins de l'énergumène.

    Dernier volet du cycle romanesque de Velan, ce huis-clos cousine avec Beckett comme Dostoïevski et atteste brillamment du rôle joué par la littérature aux yeux de l'auteur : une perpétuelle mise en question politique et esthétique.

    Yves Velan (1925-2017) a enseigné la littérature en Suisse et en Illinois. Il a reçu le grand prix CF Ramuz en 1990 pour l'ensemble de son oeuvre.

    Après Je (Seuil, 1959), salué par Roland Barthes, paraissent La statue de Condillac (Seuil, 1973) et Soft Goulag (Bertil Galland, 1977). Velan décide ensuite d'arrêter de publier mais pas d'écrire. Peu avant sa mort, il a décidé d'accepter la publication du Narrateur et son énergumène, un manuscrit devenu mythique à force d'être attendu.

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